Allemagne : la xénophobie aussi…

De passage à Berlin la semaine dernière, j’ai pu constater que de l’autre côté du Rhin la tentation xénophobe se faisait aussi jour. La grande différence est qu’elle n’est pas venue là-bas du plus haut sommet de l’État, mais d’un banquier Thilo Sarrazin, ancien sénateur SPD de Berlin qui a été forcé à démissionner. Son livre intitulé « Comment l’Allemagne court à sa perte » y allait fort avec une résurgence des sinistres thèses biologiques n’hésitant pas à évoquer « un gène partagé par tous les juifs » et à stigmatiser tous les musulmans incapables à ses yeux de s’intégrer en Allemagne. Ce livre qui a eu un écho favorable dans certains milieux a aussi suscité beaucoup de réactions d’hostilité et de manifestations antiracistes. On peut néanmoins s’interroger sur le développement en Allemagne de groupuscules d’extrême-droite qui distillent leur venin dans les esprits. La Loi fondamentale allemande, qui permet à la Cour Constitutionnelle de dissoudre tout parti xénophobe, reste impuissante devant des mouvements non déclarés. En période de crise sociale, la politique du bouc émissaire a du succès des deux côtés du Rhin, mais là-bas au moins elle n’est pas mise en œuvre au sommet de l’État. C’est toute la différence avec notre pays qui reste montré du doigt par toute l’Europe.

A propos Gilles Kuntz

Ancien conseiller municipal et d'agglo de Grenoble Habitant la Villeneuve Adhérent à Ensemble!
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