Quand Grenoble suspendait déjà un jumelage…

Alten_Rathauses_InnsbruckAujourd’hui, alors que la suspension du jumelage de Grenoble avec la ville israélienne de Rehovot est en débat, il n’est pas inutile de rappeler un précédent avec la ville autrichienne d’Innsbrück.

En effet, le 14 février 2000 le conseil municipal de Grenoble votait à l’unanimité la suspension de ce jumelage. Les élus ADES publiaient alors ce communiqué pour en donner les raisons : « Le jumelage devait traduire le symbole de l’ouverture aux autres dans le respect et la tolérance, alors qu’aujourd’hui en Autriche l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite remet en cause ces principes et les droits fondamentaux des citoyen-ne-s. Les élu-e-s grenoblois-e-s expriment leur soutien à toutes les actions du peuple autrichien contre la main-mise du FPÖ, parti xénophobe et raciste, et sont solidaires des citoyen-ne-s de la ville d’Innsbrück mobilisé-e-s contre l’extrême-droite. »

Ce communiqué pourrait aujourd’hui être transposé à la ville de Rehovot, si ce n’est que l’arrivée au pouvoir municipal de l’extrême-droite ne date pas d’aujourd’hui, mais de novembre 2009 avec l’élection du nouveau maire, Rahamin Malul, membre important du parti ultra-religieux Shass. J’avais alors écrit sans succès à l’ancien maire de Grenoble pour demander d’appliquer cette jurisprudence municipale.

Des voix s’élèvent aujourd’hui à Grenoble pour demander au nouveau maire une prise de position semblable envers une municipalité qui refuse le droit à l’autodétermination du peuple palestinien et ne partage pas les valeurs républicaines qui sont les nôtres.

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Emprunts toxiques de la Métro : urgence

CAC-cartesCeux qui ont suivi ce blog avant sa mise en sommeil en 2015 se souviennent de mes alertes au sujet des emprunts toxiques souscrits par la Métro en 2007 pour financer le Stade des Alpes. Suite à plusieurs interventions en conseil et des interpellations de citoyens actifs, la président de la Métro avait fini par assigner en justice le banquier DEXIA et son repreneur public SFIL pour différents griefs dont l’absence du Taux Effectif Global (TEG) dans le contrat. Malheureusement une loi rétroactive est passée au Parlement avec l’appui du PS et du groupe EE-LV qui a ôté cette possibilité imparable de recours aux collectivités. Cette loi a été validée par le Conseil Constitutionnel en juillet 2014. Il ne reste plus que des arguments plus délicats à plaider comme l’absence d’information ou le taux d’intérêt dépassant le taux d’usure. La prochaine audience du recours de la Métro auprès du Tribunal de Grande Instance de Nanterre est fixée au 24 mars prochain. En attendant la décision du tribunal et un éventuel appel, la Métro ne verse plus les intérêts qui ont dépassé les 19 %, mais les inscrit en provisions dans ses comptes. Depuis janvier le montant de ses provisions dépasse les 8 millions d’euros…

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Circulez, il n’y a rien à voir !

Etat Eclairage PublicAprès la tempête de l’automne 2014 qui a agité la vile autour de la question de l’éclairage public à Grenoble, le silence est retombé sur ce dossier. Pourtant depuis septembre, le groupement Citeos, dans lequel on retrouve les multinationales Vinci et Bouygues, est en charge de ce marché. Une régie “Lumière” a même été créée par le conseil municipal pour définir le plan d’actions annuel et contrôler la bonne exécution de ce marché public.

En tant qu’habitant investi sur cette question de l’éclairage public depuis au moins  30 ans, j’ai demandé aux services directement ou au travers des unions de quartier et des copropriétés le remplacement de lampes cassées et la suppression de points noirs dans mon quartier Villeneuve.

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Villeneuve : le rapport caché par l’ancien maire

Rapport InterlandJ’ai déjà eu l’occasion de vous informer de mes démarches pour obtenir l’accès au rapport commandé par la Ville de Grenoble au groupement Interland, dont les partenaires sont cités ci-contre.

Après demande à la CADA (Commission d’Accès au Documents Administratifs) qui m’a donné raison, l’ancien maire a fait de la résistance et c’est le Tribunal Administratif qui a enjoint à la Ville de me communiquer ces documents le 10 juillet 2015… plus de deux ans après le dépôt de ma requête.

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Bonne année 2016 !

bonne anneeCertains diront que la nouvelle année 2016 ne pourra pas être pire que 2015. Gardons cet espoir et formulons le souhait que notre République saura se ressaisir et ne succombera pas aux sirènes de l’extrême droite qui ont pris le pas à la tête de l’Etat sur l’impérieuse nécessité de réaffirmer les valeurs qui ont fondé la République Française dont Grenoble se targue d’avoir vu naître ses prémisses en 1788.

Pour ma part après une trop longue absence de près d’un an de mon blog, j’ai pris la résolution de le réalimenter par des billets qui toucheront tous les sujets qui m’intéressent sans exclusive.

Encore une fois, que tous nos vœux s’accomplissent en 2016 !

 

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Chute de la parité euro/franc suisse : quel coût pour la Métro ?

taux Euro FSJ’ai déjà eu l’occasion de parler des emprunts toxiques basés sur la parité Euro/Franc suisse souscrits par la Métro en 2007 lors de la construction du Stade des Alpes. Depuis ce billet qui remonte à l’été 2013, plusieurs données ont changé.

D’abord pour suivre les recommandations du premier président de la Cour des Comptes, Didier Migaud, qui avait souscrit ces emprunts au temps de sa présidence de la Métro, le Parlement a voté en mai et juillet 2014 une loi interdisant aux collectivités d’attaquer en justice les banques ayant proposé des prêts toxiques pour la seule raison que le TEG (Taux Effectif Global) ne figurait pas dans les contrats. En faisant cela, les élus PS et EE-LV ont choisi de défendre l’État contre les collectivités. En effet, la branche de DEXIA en lien avec les collectivités a été sauvée de la faillite par la France et la Belgique qui l’ont nationalisée et les pertes de l’État français si les procès déjà gagnés sur ce fondement par certaines collectivités se généralisaient sont estimées à plusieurs dizaines de milliards d’euros. Une bonne analyse de cette loi est faite ici par Patrick Saurin, ancien cadre de Caisse d’Épargne, membre du CADTM. Or la Métro après bien des hésitations a fini par attaquer en justice la SFIL ayant repris les actifs de DEXIA justement au motif principal de l’absence de TEG dans les fax de confirmation des prêts toxiques. Depuis ce dépôt de plainte auprès du TGI de Nanterre très engorgé, la Métro ne verse plus les intérêts toxiques ayant dépassé les 13 % d’intérêts par an, mais les inscrit dans un compte spécial. Ainsi chaque année depuis deux ans, c’est 2 à 3 millions d’euros d’intérêts qui y sont placés en attente d’un jugement définitif qui peut prendre des années.

Or ce taux de 13 % a été atteint quand le rapport des taux de change entre l’Euro et le Franc Suisse était maintenu à 1,20 par la Banque Nationale Suisse qui avait décidé de lutter contre les spéculateurs en figeant ce rapport depuis septembre 2011 comme on le voit sur le graphique ci-dessus. Pour défendre sa monnaie la Suisse a cédé une part importante de ses devises, mais depuis quelques jours, la BNS a décidé d’arrêter son intervention sur les marchés. Aussitôt le rapport de 1,20 a chuté autour de 1, c’est-à dire que le change est passé à 1 Euro = 1 Franc suisse. A ce niveau, quel est le taux d’intérêt de ces emprunts toxiques basés sur ce rapport : 20 %, 30 % ? On n’ose pas y penser, mais si le procès en cours est perdu, ce qui est probable car l’absence de TEG était le motif d’annulation des prêts le plus sûr, c’est 5 à 6 millions d’euros qui vont être perdus chaque année pendant encore une bonne dizaine d’années et autant d’investissements en moins pour la Métro… On aimerait en savoir plus, merci aux médias d’enquêter. Pour ma part je compte écrire au président Ferrari pour vous faire connaitre la nouvelle politique de la Métro pour éviter d’en arriver là.

PS un nouvel article de Patrick Saurin paru dans Mediapart depuis l’envolée du franc suisse à lire ici.

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Pas d’austérité pour « Nano 2017 » !

CrollesDans l’indifférence générale, la conseil de Métro du 20 décembre dernier a accordé 10 millions d’euros sur 4 ans à la filière microélectronique appelée “Crolles 2017” à la Région, rebaptisée “Nano 2017” ici pour faire croire à l’intérêt communautaire.

Pourtant un an avant presque jour pour jour, unique écologiste dans ce conseil, j’avais été seul à voter contre cette aide sans contrepartie à l’industrie micro-électronique. Quelques mois auparavant les élu-es écologistes à la Région s’y étaient également opposé-es, la déclaration de leur président de groupe, Éric Piolle, étant sans ambiguïté. On peut d’ailleurs toujours la lire et l’écouter ici. Les arguments développés alors restent pourtant toujours valables : aides sans contrepartie notamment en matière d’emplois et sans retombées sur brevets en cas de bonne fortune. Même si la révision à 10 M€ de l’aide contre 25 M€ maximum votés l’an dernier est une avancée, celle-ci était rendue inéluctable par le contexte de restriction budgétaire de la Métro qui ne permet plus de financer d’avantage sans des coupes sombres dans des programmes sociaux comme l’aide au logement social.

Il est vrai qu’un habillage de l’aide a été obtenu en ne versant pas directement aux industriels, ce que l’Europe peut condamner par de fortes amendes si elle juge la concurrence faussée, mais à des laboratoires publics du CEA, comme le LETI. Cependant la convention liant les parties continue de parler longuement des activités de production de STMicroelectronics qui est d’ailleurs signataire en tant que « chef de file du programme Nano 2017 ». Il est intéressant d’ailleurs de relever le montant des investissements en jeu : 1 milliard et demi d’euros sur 4 ans. Que pèsent donc nos 10 millions d’euros face à de telles sommes et peut-on penser qu’ils sont décisifs pour l’avenir de la filière ?

Mais ce qui me choque le plus ce sont les estimations des emplois induits générés par les emplois directs présents à Grenoble et surtout à Crolles hors de la Métro. Les chiffres issus d’un rapport commandé en 2012 au cabinet Reverdy sont cités sans la moindre incertitude avec une précision du 10 000e ! Ce rapport m’a été présenté l’an dernier au bureau de la Métro par leurs auteurs. Il contient des formules macro-économiques non justifiées sur lesquels sont basés les calculs d’emplois induits. Les coefficients utilisés sont peu précis et figurent en pages 37 et 38 de ce rapport que j’ai pu me procurer et que chacun peut lire ici. Cela est même repris dans la convention qui sera signée par tous les partenaires qui fait figurer en annexe le chiffre précis de 8190 emplois induits créés sans aucune mise en garde.

Pour finir ce billet mais pas ce débat, on ne peut à la fois s’élever contre les mesures d’austérité gouvernementale et en même temps financer (si l’on croit ce que l’on nous dit) la recherche publique qui est de la seule compétence de l’État. Un peu de cohérence dans les actes aurait était souhaitable…

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Marc Minkowski se lâche…

Marc MinkowskiTrop c’est trop ! Les propos tenus par le chef d’orchestre à 13h ce dimanche sur Radio Classique (en ligne ici) dépassent les bornes admissibles. Qu’on en juge  par ces quelques citations :  « les électeurs font n’importe quoi…. les Musiciens du Louvre-Grenoble sont à la morgue, tout cela est derrière nous… Olivier Py disait “si le FN vient à Avignon, je m’en vais”… écologie rime avec néant…quand on veut diriger une grande ville, il faut avoir de l’expérience, du jugement… ». Je vous laisse découvrir la suite… Que l’on soit aigri après la décision de supprimer en 2015 la subvention annuelle de 438 000 € accordée à l’association « Orchestre de Chambre de Grenoble – Les Musiciens du Louvre » peut se comprendre mais que l’on vienne à comparer la municipalité de Grenoble avec le Front National est inexcusable, même pour un artiste si talentueux soit-il.

De quoi s’agit-il ? D’une association qui a un chiffre d’affaires de 3,7 millions d’euros, une réserve de plus de 400 000 €, une directrice dont le salaire mensuel serait de 8000 €. Quant au chef d’orchestre, il déclare toucher « un salaire symbolique », pourtant inscrit dans les comptes pour 53 000 €… Même s’il s’agit de brut cela représente 3 400 € ramené en salaire net mensuel.. Beaucoup de citoyens sont prêts à être payés ainsi symboliquement. Évidemment, cela est du pur populisme.. voire de la démagogie de rappeler cela.

Le talent ne fait rien à l’affaire. Il s’agit de fonds publics dont une collectivité est libre de juger de l’efficacité de leur utilisation. Un projet « L’Atelier des Musiciens du Louvre » avait été mis en avant par l’association pour y inclure une liste d’actions vers de nouveaux publics qui regroupait suivant la convention de 2005 :

  • des projets musicaux aux formats originaux adaptés à une diffusion dans et hors des réseaux ou des publics habituels de la musique classique ,
  • des projets pédagogiques à destination du jeune public,
  • des projets de formation professionnelle à destination des conservatoires du Département et de la Région.

Malgré mes demandes réitérées en commission culturelle de la Ville dont j’ai fait partie pendant 13 ans, il n’a jamais été possible de savoir quelle part du budget de l’association était destinée à ces activités faute de comptabilité analytique précise. Depuis l’Atelier a disparu et les subventions versées au même niveau chaque année servent autant à financer les cachets d’artistes reconnus mondialement que les concerts gratuits devant des publics inhabituels (hôpital, espaces publics…). Ce manque de visibilité fait aussi partie des critères qui peuvent conduire une collectivité à revoir son aide.

Faire aujourd’hui à la nouvelle municipalité le procès d’agir contre la culture comme le font les municipalités FN est indigne, s’agissant d’une ville qui supporte une Maison de la Culture sans que l’agglomération n’y participe, qui a un des réseau de bibliothèques les plus grands de France, qui possède un musée d’intérêt national, un muséum, un conservatoire régional, dans quelques jours une salle des musiques amplifiées et un foisonnement d’associations culturelles qui pourront voir leur subvention augmenter suite au Chantier des Cultures lancé il y a peu.

Marc Minkowski n’a jamais été très présent à Grenoble; sa décision aujourd’hui de quitter notre ville montre qu’il préfère développer une carrière internationale que se consacrer au projet culturel pour lequel il devrait rester financé en 2015 par l’État, le Département de l’Isère et la Région. Comment vont réagir ces autres partenaires ? L’avenir le dira.

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Apprendre son nouveau rôle d’opposant

Je me garderai bien de donner des conseils aux élu-e-s de Grenoble qui viennent de passer de la majorité à l’opposition au Conseil Municipal. Néanmoins on me pardonnera de signaler des manquements graves au nécessaire travail d’un-e élu-e, même d’opposition.

Ce fut d’abord le cas de Paul Bron, élu de Go citoyenneté, chargé de l’éducation et des universités dans le mandat 2008-2014. A propos d’une délibération proposée par le maire au dernier conseil municipal, il affirmait dans le Dauphiné Libéré du 26 mai : « Lors de ce conseil, la majorité va voter des subventions pour des écoles privées, (…) alors que lors du dernier mandat, les écologistes votaient toujours contre ce genre de délibérations. Maintenant qu’ils ne sont plus dans l’opposition, ils les proposent au vote.. étrange, non ? ». Désolé Paul, toi qui il y a quelques semaines me félicitait pour mon travail d’opposant sérieux et actif pendant tout le mandat, le minimum avant d’affirmer une chose est de la vérifier… Et pour ce vote prétendument contre, il n’y avait pas à chercher bien loin : le conseil du 10 février 2014 et même plus simple, le dossier du conseil du 26 mai dans lequel figurait l’adoption du compte-rendu de cet ancien conseil et que tu as voté sans le lire, il faut croire. En effet il y est précisé en toutes lettres que mon groupe ” Écologie et Solidarité ” n’a pas voté contre ces subventions aux écoles privées sous contrat, mais s’est abstenu au motif exposé par moi-même en séance que nous n’étions pas d’accord avec les éléments pris en compte dans le forfait du coût pour la Ville d’un élève dans une école publique qui sert au calcul de la somme versée aux écoles privées sous contrat avec l’État. En proposant d’appliquer encore une fois ce même calcul à la dernière école qui n’avait pas pu recevoir cette subvention au conseil de févier, l’adjoint à l’école a précisé qu’il comptait bien revoir ce forfait municipal pour 2015. Il parait donc normal de voter la même dotation à une école privée parmi les autres déjà pourvues. Rien d’étrange donc.

A force d’asséner des contre-vérités, les élu-e-s d’opposition finissent par en convaincre les journalistes. Il est vrai que ces derniers manquent aujourd’hui sérieusement de moyens pour enquêter. On peut juste leur suggérer de nous demander confirmation avant de publier une fausse information et même deux dans ce cas. Dans l’édition du 28 mai en effet, le Dauphiné libéré titrait « Quand la majorité vote des délibérations qu’elle avait l’habitude de critiquer…» . Si notre opposition aux subventions de la ville aux pôles de compétitivité qui n’entrent pas dans ses compétences est réelle, les deux autres votes supposés contre sont démentis par les procès-verbaux des conseils encore disponibles  en ligne. Il s’agit du club des mécènes du Musée de Grenoble que nous avons voté en nous en expliquant alors que le groupe communiste a voté contre bien que dans la majorité… Pareil pour le Pass’mobilité sur la Presqu’île avec encore une intervention de notre part toujours en ligne. Nous aurions pu demander un droit de réponse, mais nous comptons désormais sur la presse pour faire son travail de vérification, sinon on peut craindre d’autres vaines polémiques du même genre.

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Être ou paraitre …

8 mai 2014 à GrenobleDepuis les cérémonies commémoratives de la fin de la deuxième guerre mondiale le 8 mai à Grenoble, une polémique a été lancée concernant la tenue vestimentaire du nouveau maire.

Elle a d’abord été alimentée hier par le blog de l’ancien maire, lequel a publié la lettre d’une des anciennes élues de son équipe battue le 30 mars dernier. Aujourd’hui, elle fait l’objet d’un article dans le Dauphiné libéré plus grand que celui qui retrace les cérémonies du 10 mai autour de l’abolition de l’esclavage…

Je laisserai bien sûr Eric Piolle répondre, s’il le désire, à cette polémique stérile. Mais ayant été présent à la cérémonie aux côtés de nombreux élus actuels dont plusieurs adjoint-es portant l’écharpe tricolore, je tiens à apporter mon témoignage. D’abord, l’attitude du maire a été respectueuse de ce temps de mémoire. On peut en juger par exemple sur cette photo. Le reproche que j’ai entendu de la part des porte-drapeaux est de ne pas s’être présenté comme nouveau maire en leur serrant la main et pas sur sa tenue. Ensuite, l’important n’est-il pas d’être présent en nombre, chacun étant libre de rendre hommage aux combattants et aux civils tombés pendant la guerre à sa façon ? A ce sujet l’absence des principaux élus d’opposition au conseil municipal à cette cérémonie ne leur permet pas de donner des leçons à ceux qui se sont déplacés pour honorer la mémoire de nos valeureux aïeux. Enfin, pour ceux qui s’intéressent à l’Histoire, je leur conseille de relire les débats qui ont agité les maquis sur le port de l’uniforme que les militaires de carrière voulaient imposer aux résistants en particulier dans le Vercors. Cela permettra de prendre de la distance avec cette vaine polémique.

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Grenoble fête l’abolition de l’esclavage

Préfet de l'Isère le 10 mai 2014Comme chaque année depuis 2006, Grenoble a commémoré ce 10 mai la mémoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions sur le Parvis des Droits de l’Homme devant la plaque rendant hommage à Toussaint Louverture, esclave affranchi qui s’est battu contre les troupes du colonisateur dans l’île de Saint-Domingue et aujourd’hui héros national d’Haïti.

Des allocutions émouvantes ont été prononcés devant un nombreux public par Elisa Martin, première adjointe au Maire de Grenoble, par le Préfet de l’Isère Richard Samuel (photo) dont les origines guadeloupéennes ajoutaient à la sincérité des propos. Auparavant le président du Comité Traite négrière – Esclavage de Grenoble, Michel Raynaud avait demandé réparation pour les siècles de préjudices subis par des millions d’esclaves, dont la majorité n’a pas survécu aux sévices. Son propos a été émaillé de citations d’Alexandre Dumas, lui-même descendant d’esclaves, lues par les enfants de la Batukavi de la Villeneuve.

Un moment très émouvant.

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Les 9 condamnations de Jean-Marie Le Pen

Manifestation contre le venue de Le Penà GrenobleHier une manifestation de plus de 300 personnes a crié son opposition à la venue de Jean-Marie Le Pen pour un meeting à Grenoble. A ce sujet, il me semble utile de rappeler que ce député européen a été condamné à de multiples reprises par la justice.

Qu’on en juge à partir de cette liste établie par l’AFP :
« Neuf. C’est le nombre des condamnations qu’a connues Jean-Marie Le Pen jusqu’à présent. La dernière date du 19 décembre 2013 : 5.000 euros d’amende pour ses propos sur les Roms. Retour sur les autres affaires. 
 

  • 
8 février 2008. Trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende pour avoir dit, en 2005, dans la revue d’extrême droite Rivarol que l’occupation allemande n’avait pas été “particulièrement inhumaine”. Peine confirmée le 21 janvier 2009 par la cour d’appel de Paris.
  
  • 
24 fév 2005. La cour d’appel de Paris le condamne à 10.000 euros d’amende pour des propos publiés dans Le Monde du 19 avril 2003: “Le jour où nous aurons en France, non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont et les Français raseront les murs, descendront des trottoirs en baissant les yeux…”
  
  • 
25 nov 1998. Avec Bruno Mégret, ils doivent verser 10.000 francs (1.524 euros) de dommages-intérêts à l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) pour des propos sur “l’inégalité des races”.
   

  • 17 nov 1998. Il est condamné à Versailles à un an d’inéligibilité, 750 euros d’amende et 3 mois d’emprisonnement avec sursis pour “violences” envers une candidate socialiste à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, lors de la campagne des  législatives de 1997. Il perd en octobre 2000 ses mandats de conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de député européen mais la Cour de justice européenne de Luxembourg le rétablira dans son mandat européen le 26 janvier 2001.
   

  • 26 déc 1997. Les chambres à gaz, “détail de l’histoire”. Pour avoir répété ces propos, le tribunal de Nanterre le condamne à verser jusqu’à 750 euros à 11 associations. La cour d’appel confirmera le 13 septembre 1999 et il sera également condamné à Munich pour ces faits le 2 juin 1999, à une amende d’un montant non révélé et à un franc symbolique de dommages-intérêts.
   
  • 
4 juil 1997. 750 euros d’amende pour avoir traité de “gros zébu fou” le président de SOS-Racisme Fodé Sylla, le 2 août 1996.
   
  • 
3 juin 1993. La cour d’appel de Paris le condamne à 10.000 francs d’amende (1.524 euros) pour son jeu de mot injurieux de 1988, “Durafour crématoire”, visant le ministre Michel Durafour.
   
  • 
18 mars 1991. La cour d’appel de Versailles le condamne à verser 1,2 million de francs (183.000 euros) à 11 associations pour avoir déclaré sur RTL le 13 septembre 1987, à propos de l’existence des chambres à gaz nazies: “Je n’ai pas spécialement étudié la question, mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.” »

Il n’est pas possible de considérer comme républicain un parti qui confie sa présidence d’honneur à un multi-récidiviste. Le Maire de Grenoble était donc fondé à demander au Préfet de l’Isère l’interdiction d’une prise de parole publique d’un personnage qui n’a de cesse de développer des thèses racistes et négationnistes contraires à la loi.

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Et le vainqueur fut… Christophe Ferrari

Christophe FerrariLongue séance de votes et de conciliabules de couloir pour arriver à une décision logique : la Métro reste de gauche et écologiste confirmant ainsi le résultat des élections municipales dans les grandes communes de Grenoble et de sa banlieue qui apportent le plus de conseillers communautaires… Certes on m’objectera que Christophe Ferrari devenu président est un membre du PS dont on peut s’étonner que je le classe à gauche. Bien sûr, mais cette élection est d’abord celle d’un regroupement des groupes PS, mais aussi du Rassemblement comprenant des citoyens de gauche et écologistes qui sauront tirer l’attelage vers de bonnes politiques sociales et écologiques. Quant aux autres groupes qui sont censés participer aussi à cette union de progrès, on peut être plus circonspect sur leurs pratiques.

D’un côté, le groupe ADIS dit aussi des « petites communes » a joué un jeu très personnel. Formé à l’initiative de l’ancien président Marc Baietto qui y voyait une force d’appoint pour sa réélection, ce groupe suite à l’échec de Baietto à Eybens s’est vu pousser des ailes pour aller jusqu’à revendiquer à quelques jours du scrutin la présidence de la future Métropole… On peut, comme nous l’avons toujours dit, vouloir une métropole respectueuse de l’identité de chacun sans confier pour autant les clés de l’agglo à des communes ne représentant que quelques pourcents de la population.  Ajoutés à des intérêts personnels, cela a fini par une candidature à la présidence contre toute attente et en dépit des tentatives de gérer cela par des primaires entre groupes sans risquer de donner à la droite et au FN le soin d’arbitrer le conflit.

De l’autre côté, le jeu du groupe PCF a été encore plus pervers. Avec 12 élus, soit moins d’un dixième des membres du conseil, ce groupe prétendait obtenir 3 vice-présidents sur 15 soit un cinquième de l’exécutif. Pas acceptable pour la démocratie. Alors le groupe PCF en séance a soutenu la candidature de Jacques Nivon du groupe ADIS en se souvenant que ce dernier avait été au PCF avant de le quitter mais en gardant une étiquette Front de Gauche. La vraie raison de ce soutien était sûrement la promesse de 3 VPs faite par le groupe ADIS au PCF. Manque de chance le premier tour de vote donnait 60 voix à Christophe Ferrari et seulement 35 à Jacques Nivon qui se trouvait forcé de reconnaitre sa défaite et de se désister au 2e tour. Visiblement le groupe PC n’avait pas suivi son chef de file comme un seul homme (ou femme) et avait en partie voté pour Ferrari…  Entre les deux tours une longue interruption de séance n’a pas suffit à rassurer le PC, car les 12 bulletins blancs qui sont apparus sont sûrement pour une bonne part des votes PC. Ce groupe aura t-il ses 3 vices-présidents : je suis prêt à parier que non.

Au final, la démocratie n’est sûrement pas sortie vainqueur de cette élection. Même si le projet bâti avant le vote existe (je l’ai lu..) il est dommage que le vote ne se soit pas fait sur un projet et que certains n’aient pas autorisé la publication de l’accord majoritaire avant l’élection…

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Quelle présidence pour la Métro ?

Yannik Ollivier & Christophe FerrariVendredi 25 avril aura lieu le premier conseil de la communauté d’agglomération Grenoble-Alpes Métropole après son renouvellement des municipales. Beaucoup de changements ont eu lieu. Au premier titre duquel la présidence sera renouvelée. On ne tire pas sur une ambulance, aussi je m’abstiendrai de tout commentaire au sujet de l’ancien président Marc Baietto battu dans sa commune d’Eybens, mais les assidus de mon blog pourront se reporter à d’anciens billets dont celui-ci. Cette présidence était aussi revendiquée par le dauphin de l’ancien maire de Grenoble, Jérôme Safar. Mais battu lui aussi dans sa commune et même s’il reste conseiller communautaire, on voit mal comment il pourrait prétendre diriger l’agglomération alors que son programme a été désavoué par les électeurs de la ville-centre.

Depuis le 2e tour le 30 mars, les tractations vont bon train pour prendre le contrôle de la Métro. Fidèle à son habitude d’opacité, aucun débat public autour de questions d’avenir et de programmes pour la future Métropole ne transparait sur la place publique. Pourtant, les électeurs étaient censés voter les 23 et 30 mars aussi pour des conseillers communautaires fléchés sur les listes. Mais qui a entendu un vrai débat sur les enjeux de la Métro aux compétences élargies ? On assiste aujourd’hui à des luttes d’appareils, à des écuries qui se forment pour peser sur le vote et aussi, ne le cachons pas, pour se partager les places de vices-présidents qui de 40 ne seront plus que 15 au soir du 25 avril. Y aura t-il ce jour-là une “révolution des œillets” ? On m’excusera ce rappel historique, car personne ne pense que l’on va renverser la table ce jour-là. Il est probable que les premiers votes à la majorité absolue seront infructueux. Il y a donc un risque de voir passer un outsider au troisième tour où la présidence peut être élue à la majorité relative. Si l’on n’y prend pas garde, on peut assister contre toute attente à un basculement à droite de la Métro, alors que la ville-centre sort des élections avec une coloration rouge-verte renforcée et que la banlieue rouge a conservé ses bastions.

Quels sont les candidats en lice à gauche ? Le maire de Grenoble a dit depuis longtemps qu’il voulait être un maire à plein temps et ne revendiquerait pas la présidence de la Métro. Il a aussi ajouté qu’il ne souhaitait pas que la ville-centre marque une quelconque hégémonie sur l’agglomération. Il n’y aura donc pas de candidat issu des 22 élus du Rassemblement citoyen de gauche et écologiste élu à Grenoble. Le groupe communiste présenterait Renzo Sulli, le maire d’Echiroles. mais il ne parait pas crédible que celui-ci reste candidat après une figuration au premier tour pour compter son poids dans l’assemblée. Reste deux candidats issus du groupe PS et apparentés : Yannik Ollivier, maire de Saint Martin le Vinoux et Christophe Ferrari, maire du Pont-de-Claix (de gauche à droite sur l’image). Le choix entre les deux doit être fait jeudi par les adhérents PS. On peut encore déplorer que cela soit décidé en petit comité et en tractations obscures. Aussi je crois utile de donner mon avis ayant eu à côtoyer les deux depuis mon élection en 2009 dans le conseil d’agglomération. Bien sûr ce n’est pas la personnalité des hommes qui compte le plus, mais néanmoins on ne peut pas occulter l’investissement de chacun dans leur mandat. Devenir président d’une future métropole demandera un travail de tous les instants. A ce titre, il n’y a pas photo entre les deux prétendants. Tout le monde a pu juger en conseil du degré de préparation des dossiers de l’un et de l’autre. D’un côté, on a assisté à de longs monologues de Yannik Ollivier qui ne pouvait pas présenter une délibération sans la lire in extenso montrant ainsi qu’il la découvrait en séance, de l’autre j’ai eu l’occasion de croiser le fer avec Christophe Ferrari en particulier au sujet des emprunts toxiques de la Métro et j’ai toujours eu en face un élu qui avait travaillé ses dossiers et connaissait son sujet. Au sein des commissions, la même impression transparaissait. J’ai eu le sentiment que Yannik Ollivier ne s’intéressait pas du tout aux débats de la commission Déplacements dont il assumait la vice-présidence. Pour lui, il s’agissait plus d’une formalité de tenir une commission que d’un moyen d’enrichir la décision de l’exécutif. Tout le contraire en commission  Finances où Christophe Ferrari amenait des informations et prenait part aux débats en étant attentif à nos prises de position.

Aujourd’hui où la campagne est lancée, chacun essaye de convaincre les uns et les autres. C’est vrai en particulier pour le futur groupe du Rassemblement citoyen de gauche et écologiste qui pèsera de 22 à 28 voix. Si Christophe Ferrari n’a pas ouvertement tenté de se faire passer pour un écolo de toujours, ce n’est pas le cas pour son concurrent qui a rappelé son opposition à la défunte Rocade Nord comme maire d’une commune impactée. Mais il s’agissait plus d’une réaction de NIMBY : « pas de cela chez moi », qu’une prise de position fondée sur une analyse écologique de son impact. On pourrait aussi lui rappeler les différends qu’il a eus avec une adjointe écologiste de son conseil municipal auquel il a retiré sa délégation…. Christophe Ferrari de son côté défend le « caractère inéluctable de la chimie » dans sa commune… sans parler d’une transformation écologique de l’économie… On ne pourra donc pas départager les prétendants à l’investiture PS sur leurs engagements écologistes. Peut-être plus sur leurs capacités de travail comme je l’ai rappelé et sûrement sur un contrat de mandat à signer préalablement avec les groupes qui les soutiendront; cela devant absolument être connu de tous avant le vote.. mais on peut craindre le contraire et que tout ne se passe une fois de plus en dehors de toute publicité. Pourtant la démocratie en sortirait grandie si les citoyens avaient connaissance de ces tractations opaques. On peut toujours rêver !

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Un maire au milieu des habitants

Aujourd’hui a lieu le conseil municipal d’installation du nouveau maire de Grenoble, Eric Piolle, largement élu dimanche dans une quadrangulaire avec plus de 40 % des suffrages exprimés. Soucieux de combler le fossé qui souvent sépare les élus de leurs administrés, le nouveau maire de Grenoble a voulu profiter de cette semaine pour aller au contact de chacun. Cette image (cliquez dessus pour la voir en grand) d’un maire improvisant un match de foot avec les jeunes d’un quartier de Grenoble marque bien le nouvel esprit voulu par le « Rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes ».

Un nouvel espoir est né à Grenoble. La nouvelle équipe s’emploiera à ne pas le décevoir. Déjà ce soir l’engagement 14 de notre programme sera rempli : « Retransmettre le conseil municipal sur internet » : ici sur le site de la ville ou sur celui de FR3 Alpes.

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Valls dégage !

"Valls dégage" : Villeneuve mobiliséeJ’avais prévu d’écrire mon premier billet après notre victoire historique à Grenoble sur nos résultats qui en ont surpris plus d’un. Mais l’actualité en a décidé autrement : malgré le signe fort envoyé par les électeurs de mettre fin à la politique de droite du gouvernement, c’est Manuel Valls qui plait le plus aux Françaises et Français mettant en avant la sécurité et la chasse aux étrangers que François Hollande a choisi comme nouveau premier ministre. Quelle erreur de casting ! Celui qui n’avait obtenu que 6% aux primaires du PS passe numéro 2 de l’Etat. Qui François Hollande veut-il convaincre ? Après le perte importante de son électorat traditionnel, pense t-il que son salut se trouve à droite en faisant en plus des clins d’œil au FN ?

Au moins les choses seront claires, la politique menée par le gouvernement est bien une politique de droite. Le bon côté de cette désignation est la sortie du gouvernement de Cécile Duflot et Pascal Canfin. Ils auraient dû le quitter depuis longtemps. Espérons qu’aucun débauchage d’autres élus d’Europe Ecologie n’aura lieu et qu’il n’y aura plus d’adhérent de ce parti dans un gouvernement dirigé par Manuel Valls.

Ce dernier était venu à Grenoble le 20 mars soutenir le candidat Jérôme Safar, son ami de toujours alors investi par le PS. Les habitants de Villeneuve l’attendaient de pied ferme (photo), mais il a préféré choisir un quartier non prévu au programme où il a pu rencontrer des habitants sélectionnés au préalable dans une salle filtrée par sa police…. une belle conception de la démocratie. Cela annonce des luttes sociales à venir, à commencer par les manifestations du 12 avril contre l’austérité qui nous est imposée.

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Une femme libre soutient Eric Piolle et notre liste

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Un homme seul refait l’histoire

Marc Baietto et Jérôme Safar à la MétroSuite au refus de Jérôme Safar, dauphin désigné par le maire sortant Michel Destot, d’accepter la fusion de sa liste avec celle menée par Eric Piolle largement arrivée en tête au soir du premier tour, le candidat PS tente de justifier sa décision en refaisant l’histoire. Selon la presse, il aurait affirmé : « La gauche à Grenoble est déjà divisée par l’histoire. Les écologistes ne se sont jamais désistés depuis près de 10 ans aux élections cantonales, ils ont même fait battre des candidats socialistes. » Espère t-il que la mémoire des Grenoblois leur fasse défaut ? Faut-il lui rappeler que lorsque des écologistes se sont maintenus au deuxième tour, il ne restait plus que deux candidats en lice ? C’était le cas en 2004 dans le canton 1 où Olivier Bertrand, candidat des Verts, s’est maintenu derrière Jean-Paul Giraud, candidat PS. Le « désistement républicain » pratiqué à gauche comme à droite a toujours opéré des retraits pour ne pas faire gagner un candidat de l’autre camp, pas pour empêcher l’électeur de choisir le meilleur candidat du même camp au 2e tour. Dire que les écologistes « ont même fait battre des candidats socialistes » n’est pas la réalité : les candidats écologistes ont même BATTU les candidats socialistes, puisque Olivier Bertrand a battu Jean-Paul Giraud lors de ce 2e tour ! Mais là où l’outrance n’a plus de limites est le fait qu’en 2010 lors de la cantonale suivante, c’est Céline Deslattes, la candidate PS qui est arrivée en deuxième place derrière Olivier Bertrand, le candidat sortant Europe-Ecologie. Pensez-vous que le PS se soit désisté ? Que nenni.. Mais la différence est que ce maintien n’a pas fait battre le candidat écologiste qui a été réélu… Donc pour Jérôme Safar le désistement est à sens unique, seulement pour le PS. Trop  fort ! Espérons que son entêtement ne donnera pas la ville sur un plateau à la droite… Mais quand on met son intérêt particulier avant l’intérêt général, on est prêt à faire prendre tous les risques à la démocratie…

A Eybens, fief depuis 31 ans de l’actuel président de la Métro, la situation est la même. Marc Baietto étant arrivé en 2e place derrière la liste de gauche citoyenne et écologiste se maintient. Lui aussi tente de justifier le fait qu’il s’accroche à ses indemnités par le maintien d’une candidate écologiste aux cantonales où encore une fois seuls deux candidats de gauche restaient en lice au 2e tour. Aujourd’hui entre Marc Baietto qui souhaite un sixième mandat et la liste de Francie Mégevand « Eybens nouveau souffle » le choix est vite fait. Comme à Grenoble, un renouvellement des équipes, de leurs pratiques et de leurs programmes s’impose. Espérons que celui dont je disais à son élection comme Président de la Métro que je ne savais pas comment l’appeler tellement il portait de casquettes, tombera de son piédestal.

Les destins de ces deux potentats locaux sont liés, même si, par malheur ils étaient réélus, une guerre fratricide s’engagerait aussitôt pour la présidence de la future Métropole. En effet depuis deux ans Jérôme Safar est le premier vice-président de Marc Baietto à la communauté d’agglomération.

Vivement que dimanche un souffle nouveau de démocratie leur fasse perdre leurs sinécures qui leur procurent aux frais du contribuable un revenu substantiel au point qu’ils en oublient l’essentiel.

Votez et faites voter pour la liste menée par Eric Piolle à Grenoble !

 

 

 

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Un autre Grenoble est possible !

Le rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes à GrenobleLe droit de vote est un bien trop précieux pour la démocratie pour ne pas remplir son devoir électoral. Nous qui avons ce droit encore nié à nos concitoyens étrangers à l’Europe, nous nous devons de l’utiliser.
Dimanche 23 mars, je figurerai sur la liste conduite par Éric Piolle en position non éligible pour marquer mon soutien. Je ne vous dis donc pas « votez pour moi » qui, après 13 ans et deux mandats, ai choisi de laisser la place aux jeunes, aux femmes et à toutes celles et ceux qui ont été trop absents dans les conseils municipaux. Je vous demande de voter pour nous qui depuis près d’une année avons élaboré avec vous un programme de 120 engagements à lire ici.

La liste du rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes a été construite en effet à l’image de la diversité des Grenobloises et des Grenoblois qui sont l’âme de notre ville. Elle est bien différente des listes écologistes qui ont précédé celle-ci en 1995, 2001 et 2008. Elle regroupe non seulement les écologistes auxquels la presse voudrait la circonscrire, mais aussi des citoyennes et citoyens engagés à gauche qu’ils soient dans un parti ou non. Le réseau citoyen qui avait envisagé un temps de faire sa liste a choisi aussi de nous rejoindre pour ensemble porter des projets communs que l’on peut retrouver résumés en 10 bonnes raisons de voter pour nous dans ce document.

Alors dimanche, votez et faites voter pour nous. Sinon vous risqueriez de laisser passer une occasion qui ne reviendra pas avant six ans.

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« Ils » ne voteront pas aux prochaines élections municipales !

Grenobloise sans droit de vote« Ils », ce sont les résidents et résidentes étrangers issus de pays extérieurs à l’Union européenne, présents depuis de nombreuses années en France. Ces femmes et ces hommes, nous les connaissons, nous les côtoyons tous les jours.
« Ils », sont des nounous, des médecins « étrangers » qui font fonctionner l’hôpital public avec leurs collègues français et européens, des ouvriers, des cuisiniers, des informaticiens, des commerçants, des artisans, des chercheurs, des artistes en provenance de tous les pays et les continents du monde, qui ont choisi la France comme patrie de destin.
« Ils », sont ceux avec qui nous travaillons, voyageons quotidiennement dans les transports en commun, attendons ensemble nos enfants à la sortie des écoles, accompagnons et suivons leurs activités sportives, votons dans les élections professionnelles et syndicales.
« Ils », ne pourront pas voter en 2014 car le président François Hollande n’a pas eu le courage d’engager la réforme constitutionnelle nécessaire à l’élargissement du droit de vote, prévue dans sa 50e promesse de candidat.
« Ils », seront écartés de ce temps démocratique que sont les élections municipales alors qu’« Ils » participent pleinement à la vie économique, sociale, culturelle, associative et sportive de nos cités, comme tous les citoyens français et européens. En mars prochain, dans certaines villes, des milliers d’acteurs de la vie locale ne pourront pas voter au seul motif qu’« Ils » sont nés quelque part, mais pas ici. Cela est injuste et dangereux pour la démocratie.

Les quatre derniers présidents de la République se sont prononcés, durablement ou non, en faveur du droit de vote des étrangers aux élections locales. Certains l’ont intégré dans leurs promesses électorales mais abandonné aussitôt au motif que « le peuple » n’y serait pas prêt, ou encore que le contexte social ou économique ne serait pas favorable. Pourtant, les sondages effectués chaque année, depuis 1994 par La Lettre de la citoyenneté, indiquent qu’une majorité des personnes consultées y sont favorables depuis plus de dix ans.
En dehors de quelques voix courageuses, les élus du centre et de l’UMP se contentent, au mieux, de considérer que ce n’est pas le moment, mais, le plus souvent, surfent sur les vagues xénophobes prédisant le risque d’un vote communautaire. Ce risque est infirmé par l’observation des pratiques en cours chez nos voisins européens, qui ont en majorité ouvert le droit de vote aux élections locales à leurs résidents étrangers.
Ici, plutôt que de débattre et réfléchir à l’avenir de notre démocratie, des élus affirment le lien « indéfectible » posé par la Constitution entre la nationalité et la citoyenneté, infirmé par l’octroi du droit de vote et d’éligibilité aux élections locales et européennes aux résidents étrangers de l’Union européenne, à la suite du traité de Maastricht de 1992. Pourtant la Constitution a été plusieurs fois modifiée sur ce point, puisque pendant longtemps le droit de vote n’était ouvert qu’aux hommes de plus de 21 ans. Faudrait-il, au nom de principes prétendument immuables, revenir sur le droit de vote des femmes obtenu en 1944, 150 ans après la Révolution, quand la France fut un des derniers pays de l’Europe à le faire, revenir sur le droit de vote à partir de 18 ans obtenu en 1974 ?

Notre pays est-il condamné par l’immobilisme de ses élus à rester dans le peloton de queue des pays démocratiques, en regard du progrès que constitue l’ouverture du droit de vote à l’ensemble de ses résidents ?
Pour éviter les clivages partisans habituels, le débat sur ce sujet devra gagner en hauteur et en sérénité. Aujourd’hui, il est urgent que le président de la République engage un chantier sur les enjeux démocratiques et politiques liés au droit de vote, en invitant des personnalités politiques, associatives et culturelles à le conduire. Ce processus permettra l’étude des pratiques dans les autres pays, la nécessité de revoir le modèle d’intégration, l’analyse de l’intérêt à ouvrir le droit de vote à tous les résidents pour conforter le lien économique, social, culturel entre tous les habitants de nos communes. Fort de ce travail, nos Assemblées et les élus seront prêts à examiner à nouveau un projet de loi constitutionnelle ouvrant le droit de vote et d’éligibilité à tous les résidents étrangers aux élections municipales. Il faut rappeler que ce projet devra ensuite être adopté par le Congrès, à la majorité qualifiée des 3/5e des suffrages exprimés.
Pour cela, il faudra dépasser le clivage politique actuel avec la conviction que l’égalité des droits et la citoyenneté pour tous les résidents, qui participent à chaque instant à la vie économique et culturelle de nos communes, est un atout pour la démocratie, et qu’il sera un outil pour faire reculer la xénophobie et le racisme qui menace notre pays.
A ces conditions, nous pouvons espérer qu’aux prochaines élections municipales de 2020, tous les résidents qui vivent la citoyenneté dans nos cités pourront y participer sans discrimination, et qu’« Ils » pourront enfin voter.

Collectif Droit de vote 2014 :
Mohamed Ben Saïd, Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR)
Habiba Bigdade, Ligue des droits de l’Homme (LDH)
Michel Butez, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap)
Souad Chaoui, Association des Marocains en France (AMF)
Bernard Delemotte, Lettre de la citoyenneté
Alain Esmery, Ligue des droits de l’Homme (LDH)
Pierre Gineste, Association pour une citoyenneté européenne de résidence (Acer)
Vincent Rebérioux, Ligue des droits de l’Homme (LDH)
François Sauterey, Fédération syndicale unitaire (FSU)
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