Après une longue bataille pour renouveler l’offre politique à gauche du PS menée en particulier par mon parti les Alternatifs, force est de constater qu’une fois de plus la division reste de mise. D’un côté le NPA a tenu à se compter sous sa nouvelle étiquette qui ne renouvelle pas vraiment l’ex LCR comme il l’aurait voulu ; de l’autre le PCF allié au Parti de Gauche de Mélenchon a voulu garder l’hégémonie sur ce « rassemblement » qui en fait ne va guère au delà du « Front de Gauche » qui s’est présenté sous cette étiquette aux Européennes. L’obstination du PCF à défendre ses candidats sortants n’a pas laissé place au renouvellement des listes. Dans l’Isère les seuls candidats éligibles avec 7% des voix sont trois conseillers régionaux sortants. Parmi eux, Patrice Voir est adjoint au maire de Grenoble, aux côtés du Modem et de la droite qui a toujours soutenu l’ancien maire corrompu Alain Carignon. Quelle  crédibilité accorder à une liste qui n’est pas capable d’imposer des candidats ou candidates qui ont montré leur éthique en politique ? Comment faire confiance à ceux qui, une fois élus, ont déjà soutenu des politiques de droite ?

Alors quelle alternative pour mon vote ? Pas question bien sûr de donner ma voix au PS dont la politique régionale n’est pas différente de celles qui sont menées localement dans l’agglomération : soutien aux groupes privés sans contrepartie sociale, méga-projets comme Center-Parc ou OL-land à Lyon, pas d’engagement pour sortir du nucléaire… La liste est longue des renoncements d’une politique dont on peut chercher ce qui la différencie de celle d’une «droite moderne». Reste le vote pour Europe Écologie Rhône-Alpes. De loin, leur programme est le plus concret pour la région. C’est la somme d’un vrai travail collectif au plus près des besoins et des demandes des habitants. La liste EE est largement ouverte à d’autres sensibilités que Les Verts; elle ne défend pas ses sortants à tous prix. Malgré le peu de mobilisation citoyenne dans cette campagne des régionales, cette liste a su attirer 1200 personnes jeudi soir à Grenoble pour un grand meeting « national » avec les têtes de listes régionales et nationales. Un moment festif et attentif aux déclarations de Noël Mamère, Eva Joly, Michèle Rivasi, Augustin Legrand (Les Enfants de Don Quichotte) et bien sûr de Philippe Meirieu, tête de la liste régionale. Bien sûr si le programme d’EE est clair sur les questions écologiques,  il n’a pas su tirer encore toute ses conclusions au sujet du capitalisme qu’il faut dépasser pour ne pas connaître à nouveau les mêmes catastrophes engendrées par la recherche insensée du profit par et pour quelques-uns. Néanmoins, il n’est pas irréaliste de penser arriver un jour à l’unité des rouges et verts comme nous l’avons démontré depuis des années à Grenoble.

Je voterai donc sans hésiter pour la liste Europe Ecologie le 14 mars pour une vraie rupture sociale ET écologique dans la politique menée à la région.

Alors que les commissaires-enquêteurs n’ont pas encore rendu leur rapport au sujet de l’enquête publique sur le projet de Rocade Nord de Grenoble menée par le Conseil Général, déjà des travaux ont commencé le mois dernier sur les lieux du péage prévu sur la commune de La Tronche. Sur un terrain appartenant à l’État, des bûcherons ont abattu tous les arbres d’un vaste terrain sur lequel plusieurs familles roumaines avaient trouvé refuge. Aujourd’hui, elles sont désemparées au milieu des arbres à terre et m’ont dit leur angoisse de la suite des travaux du « tunnel ». Plusieurs enfants en bas-âge jouent parmi les gravats. En raison de la période hivernale, la plupart dorment en ce moment en hôtel la nuit et viennent le jour cuisiner sur ce terrain, ce qui leur est interdit dans leur chambre. Mais qu’adviendra t-il d’elles après le 31 mars ? Pour le Préfet, la seule solution est l’expulsion qui fera monter son compteur auprès d’Eric Besson, alors qu’il sait très bien que les familles reviendront légalement en car ici pour une centaine d’euros par personne. Jusqu’à quand va t’on traiter ces familles de la sorte ? Cette question intercommunale ne peut trouver une issue positive qu’en créant, comme le projettent des associations, des structures d’insertion pour accueillir ces familles qui bien qu’étant européennes sont discriminées par rapport à d’autres nationalités.

Le président de La Métro, le député PS de l’Isère Didier Migaud, vient d’être nommé président de la Cour des Comptes par Nicolas Sarkozy en Conseil des Ministres ce matin. Comme d’autres, je tiens d’abord à le féliciter pour cette nomination qui après la présidence de la Commission des Finances de l’Assemblée montre qu’il sait rester consensuel et plaire aussi à la droite. Mais ne boudons pas notre plaisir de voir un Isérois même d’adoption prendre place à la tête de cette institution qu’il saura, j’en suis sûr, dépoussiérer et rendre encore plus efficace dans sa lute contre le gaspillage d’argent public. S’occupera t’il des dépenses somptuaires de l’Elysée ? L’histoire le dira…

Je n’ai côtoyé directement Didier Migaud qu’au cours des six derniers mois en prenant place en septembre dans le conseil d’agglomération qu’il préside. Mon témoignage sur l’homme politique sera donc très limité. Sa principale qualité est de savoir rester à l’écoute même de ses adversaires politiques. Il a aussi montré qu’il pouvait reconnaitre et assumer les erreurs commises sous sa présidence de La Métro. Pour preuve un échange de courrier que j’ai eu vendredi avec lui (lettre remise et réponse reçue quelques heures après !). Je lui signalais un changement important intervenu dans une délibération sans que les élus en soient informés explicitement avant de la voter en connaissance de cause. Il m’a répondu aussitôt avoir « donné instruction aux services de la Métro de ne pas transmettre cette délibération à la Préfecture et de prévoir de la soumettre (…) au prochain conseil de communauté afin que chaque conseiller communautaire puisse pendre connaissance dans le détail des sommes définitivement affectées sur cette opération et cela afin que l’erreur de procédure qui a été faite, n’entache pas la validation de cette décision.». Être respectueux des procédures, c’est ce qu’on attend de lui dans ses nouvelles fonctions. Bonne suite de carrière, Didier !

L’adjoint au maire de Grenoble Philippe de Longevialle vient de monter une opération de déstabilisation de la liste régionale de son parti, le Modem, car il n’a pas été sélectionné pour être tête de liste du Modem en Isère.
Il vient de reconnaître être l’auteur d’un « vrai-faux » courriel mettant en cause son parti et les constitutions des listes du Modem. L’adjoint au maire a usurpé l’identité d’un conseiller général du Rhône pour tenter de déstabiliser la campagne du Modem. Ce dernier a déposé plainte.
Lors des élections municipales de 2008 à Grenoble, nous avions dénoncé l’alliance contre nature que Michel Destot avait signé avec des personnes de droite coutumières par le passé et particulièrement à Grenoble de telles pratiques (faux tracts ou faux journaux écolos et même fausses affiches…). J’attends du Maire de Grenoble qu’il se désolidarise publiquement et rapidement de tels comportements.

Pour ma part, je continuerai à dénoncer ces méthodes politiques et à m’opposer à ceux qui les pratiquent. Il est de bon ton de se plaindre de la désertion des électeurs à chaque scrutin. La crédibilité des hommes et des femmes politiques s’acquiert par le respect d’une éthique et d’une déontologie dans l’action politique ; ce sont les seuls moyens qui redonneront du sens à cette noble tâche.

Hier soir, la Fondation Abbé Pierre représentée à Grenoble par l’association Un Toit Pour Tous présentait au Musée son rapport annuel sur le mal logement en France et particulièrement dans l’Isère. Ce travail précis et argumenté avec toutes les données à l’appui n’avait attiré aucun autre élu. Il est vrai que l’adjoint à l’Urbanisme est plus préoccupé par ses vrais-faux mails que l’état du logement dans la commune dont il à en charge la construction… Tous étaient bien sûr pris ailleurs, mais cela montre au moins dans quelle priorité, ils placent la question essentielle du manque criant de logements sociaux sur l’agglomération.

Justement le rapport de la Chambre Régionale des Comptes qui vient d’être adressé au président Migaud et sera débattu aujourd’hui en conseil de Métro consacre 30 pages au logement social dans l’agglomération. On y lit que bien sûr la loi SRU qui impose au moins 20% de logements sociaux dans les communes de plus de 3500 habitants n’est pas appliquée dans plusieurs communes dont celle du président ! Dans ce calcul, sont comptés les logements dits PLS qui, plus chers sont destinés aux cadres moyens. Hier nous avons appris, que non seulement ces logements devraient être exclus du comptage (ce que le Grand Lyon a décidé d’appliquer), mais qu’en plus ils ne trouvent pas preneur… Or dans l’agglomération le rapport de la CRC montre que 30 à 40 % des constructions de logements sociaux sont restés en PLS et seulement 10 à 15% en PLAI destinés aux ménages les plus précaires. Bien d’autres données sont fournies en particulier sur le financement du logement social qui de plus en plus fait appel aux fonds propres des organismes HLM  et non pas aux subventions qui progressent 10 fois moins. Ce rapport est disponible en ligne ici (attention 8,8 Mo). Pour le rapport de la Fondation Abbé Pierre, son site donne tous les éléments et aussi des présentations en vidéo. Bonne lecture ou écoute.. A méditer.

Depuis quelques jours, Grenoble est citée dans les gazettes pour son taux de cadres de 14% qui la place parmi les premières villes françaises derrière Paris et juste devant Toulouse et Lyon. Ce rapport de l’INSEE est pris par certains élus comme une justification de leur politique tournée essentiellement vers les aides à la recherche et aux entreprises de haute technologie qui délocalisent dès qu’elles ont fini de toucher les subsides publics. D’autres comme le maire de Grenoble ont vu le risque en cette période électorale de mécontenter les 86% de non-cadres de sa ville « Depuis 1995, nous nous battons pour que la solidarité soit au cœur de nos politiques. ». Le problème est que les chiffres ne lui donnent pas raison. La carte ci-dessus n’est pas celle du taux de cadres, mais du taux de précarité dans l’agglomération établie par un autre rapport de l’INSEE il y a un peu plus d’un an. On y voit que Grenoble est encore largement en tête pour cet indice de précarité, contrairement aux idées reçues qui veulent que celle-ci soit plus importante dans la première couronne.

La communauté d’agglomération, dont le maire de Grenoble est l’un des vice-présidents distribue aux communes une Dotation de Solidarité Communautaire qui peut aider les communes qui doivent faire face aux difficultés sociales de leurs habitants. Mais cette dotation est loin de correspondre aux mesures de précarité de l’INSEE. Qu’on en juge sur cette carte. Grenoble (16e sur 27 communes) touche  environ 40 € par habitant, quand Pont-de-Claix et Saint-Martin d’Hères sont à plus de 100€/hab. Vous allez me dire : il n’y a qu’à corriger cette répartition de l’aide. Impossible : depuis la création dans notre dos (exclus du conseil de Métro en 2008) d’un nouvel impôt payé directement par les ménages au profit de la Métro, la loi impose de figer ce versement de DSC.

Au lieu d’augmenter les impôts locaux à Grenoble, le maire aurait dû se battre à La Métro et ailleurs pour obtenir des contributions des autres collectivités à la hauteur de nos besoins. Mais il était plus préoccupé par d’autres horizons, comme les JO 2018 !

Samedi après-midi, la Ligue des droits de l’Homme organisait à Grenoble une rencontre régionale sur le thème « Urgence pour les libertés, pour les droits ». Dans une salle remplie malgré un samedi après-midi ensoleillé, Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH et plusieurs membres du comité central ont égrené la longue liste des menaces qui pèsent sur nos libertés : fichage généralisé, justice aux ordres, exclusion sociale, discriminations… Des syndicalistes de Caterpilar et des travailleurs sans-papiers ont apporté leur témoignage sur les atteintes aux droits du travail.

Je suis intervenu pour alerter sur la nécessaire vigilance de toutes et tous pour ne pas accepter la moindre concession au respect des droits du citoyen. Plusieurs exemples récents montrent que la gauche n’est pas la dernière à tomber dans le piège sécuritaire tendu par Nicolas Sarkozy. La ville de Grenoble installe dans la plus grande opacité ses caméras de surveillance (déjà tout autour de la mairie et du stade sans aucune mise en garde). Il a fallu que je pose une question sur un marché de vidéosurveillance en fin de conseil municipal lundi pour que l’on apprenne qu’un projet d’extension est prêt sans aucune information, ni contrôle citoyen. Les mêmes avaient voulu il y a quelques années remplacer les urnes transparentes par des machines à voter opaques dépossédant le citoyen du droit de vérifier si son vote est bien compté. Ils se sont aussi empressés de mettre en place les passeports biométriques en mairie 6 mois avant d’en être obligé par la loi sans se poser la moindre question sur les risques de  dissémination de données biologiques qui devraient être rendues inviolables. Nous ne devons pas relâcher notre combat avant qu’il ne soit trop tard et que nous n’ayons plus la liberté d’en parler…

Jeudi dernier avait lieu en grandes pompes en mairie la présentation du projet de l’architecte Christian de Portzamparc pour le quartier de l’Esplanade de Grenoble. L’architecte reconnu mondialement a avoué avoir été pressé par la Ville pour sortir  un projet si vite. Pour eux c’est la première fois qu’ils doivent présenter une pré-maquette avant même d’avoir rencontré les habitants. Leur habitude est plutôt de prendre leur temps, et de présenter un projet après discussion avec la population. Mais ils ont dit être capables de s’adapter à tout ! Encore une nouvelle entorse à la Charte de la Démocratie Locale de décider avant débat avec les habitants…
Un grand absent de ce projet, comme d’ailleurs sur celui de la Presqu’île au premier plan sur la maquette, est le viaduc de la Rocade Nord prévue par le Conseil Général à cet endroit. Pourtant le site du CAIRN qui s’oppose à ce projet a simulé la sortie du tube autoroutier juste à quelques mètres de la tour de 100 m prévue par le cabinet d’architecte. Comment ne pas avoir vu cette proximité impossible ? A moins que ce projet de rocade d’un autre âge ne soit enterré….

Cette photo insolite du stade de Grenoble sous la neige a été prise le 4 janvier lors des vœux de La Métro depuis les salons nord. Malgré la bâche chauffante, qui en ce moment fonctionne à plein, la neige a été la plus forte et le match prévu le samedi suivant a dû être reporté. Mais qu’en est-il des coûts réels de fonctionnement de cet équipement à usage privé construit sur deniers publics pour une société anonyme ?

Malgré les questions qui sont régulièrement posées par moi et d’autres à La Métro qui en est le propriétaire, jusqu’à ce jour nous n’avons pu obtenir une analyse de ces coûts. Mais je doute que l’on obtienne un jour le chiffre consolidé de toutes les dépenses faites par les collectivités et par l’État pour le plaisir (n’ironisons pas sur la place actuelle du club…) de 13 336 supporters comme hier soir pour l’affiche de l’année face au leader Bordeaux.

En effet, la Ville de Grenoble mobilise à chaque match l’essentiel de ses policiers municipaux qui sont alors absents du reste de la ville, alors que cette action de sécurité autour d’une manifestation privée ne lui incombe pas. Elle répare les dégâts presque systématiques qui sont commis en ville et autour du stade à chaque match (mobilier public, lampadaires cassés…). L’État mobilise sa police et souvent les gendarmes mobiles pour canaliser les exactions des plus excités. 420 policiers et gendarmes n’ont pas suffi samedi pour les empêcher de casser 325 sièges pour au final une simple amende de 300 € à un seul supporter de Saint-Étienne… Quand on a déjà  assisté aux audiences de flagrants délits au tribunal, on peut s’étonner de cette clémence… Qui va payer cette casse ? La Métro…

Ceux qui ont fait la promotion de ce stade, nous ont parlé de son intérêt pour l’image de Grenoble. Je me suis bien gardé depuis le début de la saison de tirer sur l’ambulance. Je respecte le travail de l’équipe et de son encadrement qui font leur possible pour sortir le club de ce mauvais pas. Mais je ne peux rester silencieux sur ces dépenses incontrôlées, alors que tant de personnes se dévouent bénévolement pour venir en aide aux plus démunis et auraient bien besoin d’une subvention à la hauteur de l’État et des collectivités. Rappellerais-je que la politique, c’est faire des choix ?

Jeudi dernier devant un amphi comble à l’École de Commerce de Grenoble, j’ai eu le plaisir d’assister à nouveau à une conférence de Richard Stallman qui a fondé la « Free Software Foundation » (fondation du logiciel libre) et reste l’un des promoteurs les plus fervents du libre à la base entre autres la licence GNU qui permet la libre redistribution en y apportant si nécessaire des ajouts personnels de logiciels comme le navigateur Firefox, certaines versions de Linux et bien d’autres. D’ailleurs, l’outil que j’utilise pour publier ce blog wordpress est du logiciel libre. Depuis son dernier show à Grenoble qui doit remonter à plus de dix ans devant un amphi bien moins fourni, Richard Stallman n’a pas changé. À l’époque il vendait des pins pour la FSF où il était écrit en anglais : « Éloignez vos avocats de mon ordinateur ! ». Cette fois-ci il est venu avec un déguisement de gourou qu’il a revêtu à la fin avec un plateau de disque dur des années 70 en guise d’auréole !

Son discours, qui à l’époque du démarrage de Linux pouvait encore sembler celui d’un illuminé, a aujourd’hui toute sa pertinence. Le modèle économique du libre a prouvé son efficacité, puisque rien n’interdit de faire du commerce avec des adaptations sur mesure de logiciels libres et de nombreuses sociétés parmi les plus grandes en bourse s’y sont lancées avec succès. Il reste à convaincre de grandes administrations comme la Ville de Grenoble de prendre ce virage. Le moins que l’on puisse dire aujourd’hui est que le chemin sera long avant d’arriver à ce but, quand on connait les refus d’installation de logiciels libres en mairie parce que ceux-ci risqueraient de mettre en danger la sécurité du réseau interne ! Peut-être qu’en 2014 après un changement de majorité, la Ville pourra entrer dans ce monde et faire des économies substantielles sur les redevances payées à Microsoft qui dépassent le million d’euros annuels.

Quel effroi suscité par ces images de corps gisant dans les gravas que personne n’a eu les moyens ou le temps de couvrir. Haïti est à 7 000 km de Grenoble, mais néanmoins combien proche. Le 14 mai 2005 notre ville a honoré le libérateur de la première république noire au monde en 1804, Toussaint Louverture, en présence d’un conseiller d’ambassade d’Haïti à Paris. Depuis cette plaque est chaque 10 mai le lieu de la commémoration par le Préfet au nom de l’État de le mémoire de la traite négrière et de l’esclavage. Mes pensées vont ce jour à la communauté haïtienne de Grenoble avec laquelle nous avons toujours fait connaître la lutte de son peuple contre les dictatures comme celle de la famille Duvalier qui n’a pas attendu longtemps le droit de se réfugier en France accueillie en février 1986 par Christian Nucci encore Ministre de la Coopération !

Grenoble votera au prochain conseil municipal une aide symbolique de 20 000 € pour les victimes du séisme. Je suis sûr que les Grenobloises et Grenoblois par leur générosité vont multiplier largement ce montant.


Pour vous souhaiter la bonne année, je vous offre une carte animée illustrée de photos choisies parmi mes sorties 2009 en montagne.
Meilleurs vœux de bonheur à toutes et tous pour 2010 !

Cette année anniversaire a été l’occasion de fêter la chute du mur de Berlin à gauche sur la photo. Mais combien de murs dans le monde séparent encore les hommes ? Je pense bien sûr au mur autrement plus imposant à droite qui coupe la Palestine en plusieurs morceaux, mais aussi à celui qui se creuse en ce moment entre l’Égypte et Gaza sous forme d’un mur d’acier pour couper les tunnels qui servent d’abord à alimenter une population de plus d’un million d’habitants qui va peut-être mourir de faim dans sa prison à ciel ouvert sans réaction de la communauté internationale.

Courrier International met régulièrement à jour un dossier spécial sur les murs dans le monde que  nous avons souvent oubliés : Corée, Chypre, Mexique-USA, Belfast, Ceuta-Mellila, Irak, Sahara occidental, Pakistan… La liste est longue de ces murs ou barrières de séparation selon l’euphémisme habituel.

Espérons que l’année 2010 verra plus de ponts jetés entre les hommes que de murs érigés…

Il est normal que les éluEs soient indemnisés en proportion du temps qu’ils consacrent à l’exercice de leur mandat au détriment de leur vie professionnelle et de famille. Ce qui l’est moins, c’est la professionnalisation des éluEs qui n’ont aucune autre ressource et considèrent que leurs indemnités remplacent un salaire ou une autre source de revenu.   À Grenoble, quand nous étions dans la majorité, nous avons toujours refusé les hausses inconsidérées des indemnités d’élus. Depuis mars 2008 et la nouvelle majorité droite-gauche, les rênes ont été lâchés et une des premières décisions a été de voter des augmentations de 25 à 30 % des indemnités. Ceci, la même année où le Maire a fait voter une violente augmentation des impôts locaux de 9 % en taux, mais en réalité de près de 13 %.. L’enveloppe consacrée aux indemnités dépasse aujourd’hui le million d’euros, soit un point de taux des impôts. Ce n’est pas si neutre que certains voudraient le laisser croire.

Lors du dernier conseil municipal de lundi consacré au vote du budget, notre groupe a proposé six amendements au budget 2010 permettant de revenir aux taux d’impôts restés inchangés de 1998 à 2008. L’un deux, que j’ai porté, consistait à baisser cette enveloppe des indemnités de 176 000 € en mettant en avant les nombreux cumuls présents dans notre assemblée (députés et maire ou adjoint, adjoints et conseillers généraux ou régionaux) sans compter les présidences de SEM et les jetons de présence dans certains conseils d’administration qui sont aussi indemnisés. Tollé sur les bancs de la majorité : un élu, que l’on voit sur la photo très peu attentif au conseil, allant même jusqu’à parler d’amendement « nauséabond » ! Pourtant quand on additionne les indemnités des uns et des autres, on arrive pour beaucoup à des revenus qui vont bien au delà de ceux de cadres même supérieurs.

J’ai donc décidé comme beaucoup de Grenobloises et  Grenoblois le demandent de rendre public mes maigres indemnités de conseiller municipal à Grenoble (272,31 € nets) et de conseiller communautaire à La Métro (204,24 € nets). Nous devons cette transparence à nos concitoyens qui contribuent en partie par leurs impôts locaux à ces versements. L’élu qui m’a apostrophé a promis de rendre public ses indemnités.. Attendons…

Parmi les nombreux musées de Berlin, le musée juif est l’un de ceux qu’il ne faut pas rater. Construit dans le quartier de Kreuzberg à Berlin Est, il a été l’objet d’une rénovation complète en 1999 par l’architecte américain Daniel Libeskind. L’ancien Berlin Museum, dont on voit ici l’entrée, a été agrandi par des bâtiments futuristes faits de blocs de béton aveugles et de couloirs lugubres donnant une impression de malaise pour nous faire entrer dans l’univers concentrationnaire. Les salles présentent l’histoire des juifs en Europe et leurs différentes migrations à la suite des violences dont ils ont été les victimes bien avant la Shoah. Une part importante est laissée à la culture juive avec la reconstitution de toutes les traditions et rites qui perpétuent l’identité juive au fil des siècles. J’ai bien apprécié la visite avec audioguide en français donnant quand on le désire des explications très complètes. Il faut prévoir au moins deux heures de visite à compléter par celle du Mémorial de l’Holocauste près de la Porte de Brandebourg. Pour avoir plus d’explications et de photos du musée, je vous conseille d’aller visiter cet excellent site d’un photographe français.

Demain samedi auront lieu à l’initiative du Réseau Sortir du Nucléaire, près de 200 actions coordonnées dans une dizaine de pays sous le mot d’ordre « Don’t nuke the climate ! ». J’ai ramené cette photo de Berlin où j’étais en fin de semaine dernière en visite de quatre jours dont je vous reparlerai ici.

À Grenoble une action se déroulera à partir de 16h rue Félix Poulat à l’appel de nombreuses associations et partis, dont les Alternatifs. Le PS et le PCF ne s’y associent pas, puisque ces partis n’ont pas encore compris que le nucléaire n’est pas une solution « propre » pour répondre à l’urgence climatique et sociale. Vous trouverez depuis le lien précédent tous les arguments contre cette tromperie nucléaire : énergie dangereuse et polluante, mais aussi émettant considérablement de gaz à effet de serre, quand on considère toute la chaine de production de l’extraction de l’uranium (en pillant le Niger !)   jusqu’au démantèlement des centrales qui durera plus d’un demi-siècle par exemple à Malville.

Michel Destot, maire de Grenoble formé au CEA, peut pavaner à la télé et prêcher sa conversion récente à l’écologie : ses actes ne sont pas en accord avec ses paroles. On ne compte plus les mauvaises décisions anti-écolos qu’il a prises malgré nos demandes : refaire la plus grande verrière de Grenoble sur une halle métallique Eiffel sans le moindre panneau solaire, mettre toujours en option non choisie au final la construction HQE (Haute Qualité Environnementale)… Il est vrai que son ralliement récent au discours écologique à la suite de notre travail, mais aussi d’un calcul politique, lui permet  aujourd’hui de mettre en avant des réalisations que nous avons portées comme l’éco-quartier de Bonne. Au fait pourquoi n’a t’il pas défendu à France 2 mardi l’autoroute urbaine qu’il prône ici ?

Samedi, le collectif Palestine dont fait partie les Alternatifs organisait à Grenoble au Centre œcuménique Saint-Marc 10 heures pour la Palestine. Préparée de longue date par des militants dévoués, cette manifestation a réuni plusieurs centaines de personnes comme on peut le juger sur la photo ci-contre. Plusieurs temps forts ont émaillé cet après-midi et la soirée. Un film a d’abord montré la véritable annexion par Israël que subit Jérusalem Est (Jérusalem, the East Side Story, de Mohammed Alatar). Puis Jean-Michel Asselin, journaliste grenoblois et auteur de « Gaza ? Gaza ! », qui a pu entrer dans Gaza quelques jours seulement après la fin de l’intervention israélienne en janvier dernier a  donné la parole aux gazaouites en lisant leurs témoignages qu’il a recueillis sur place. Enfin, le collectif avait invité Ilan Pappé, historien et universitaire israélien qui a dû l’an dernier quitter son pays suite aux menaces de mort qu’il a reçues. Celles-ci se sont faites plus nombreuses depuis la parution de son dernier ouvrage intitulé « Le nettoyage ethnique de la Palestine » paru en 2006. Ce livre qu’il a pu écrire à la suite de l’ouverture des archives apporte des données nouvelles sur l’exil des populations palestiniennes en 47-48 qui a été planifié par les activistes sionistes. Ilan Pappé apporte un nouvel éclairage qu’il convient d’étudier sur cette guerre de 1947-48 qui a été l’objet d’une histoire officielle qui demande à être revisitée. La soirée s’est terminée par un moment festif musical toujours très apprécié. Bravo aux organisateurs qui n’ont pas compté leur peine pour la réussite de ce moment d’échange.

Nous venons de fêter les 10 ans du jumelage entre les villes de Grenoble et de Ouagadougou. À cette occasion le maire de Ouagadougou, M. Simon Compaoré, a été invité à Grenoble à la tête d’une délégation de 38 personnes parmi lesquelles essentiellement des élus et des proches du maire. En tant que maire de la capitale du Burkina Faso, pays classé parmi les six derniers du monde suivant l’Indice de Développement Humain, Simon Compaoré a pu passer plus de dix jours dans notre ville malgré les problèmes graves que subit sa population durement frappée début septembre par des pluies torrentielles ayant fait des milliers de sans-abris à Ouagadougou même. Le conseil municipal de Grenoble a d’ailleurs voté en septembre une aide de 20 000 € à Ouagadougou, qui est bien peu à la fois au vu des besoins, mais aussi des dépenses engagées pour cet anniversaire. Ces coopérations de ville à ville prennent souvent un tour plus politique que citoyen. C’est aussi le cas pour celle-ci menée avec Ouagadougou, où les dépenses protocolaires de voyage des uns et des autres dépassent largement le budget alloué aux aides directes pour des échanges culturels, sportifs, artistiques ou éducatifs.

Depuis son dernier voyage à Ouagadougou il y a moins d’un an, le maire ne cesse d’ailleurs de répéter la même anecdote. Demandant à un instituteur de Ouaga les besoins des ses élèves, il s’entendit répondre : « Pour pouvoir étudier, mes élèves doivent d’abord manger à leur faim. » Michel Destot, maire d’une ville d’à peine 160 000 habitants a donc pris l’engagement de résoudre les problèmes d’alimentation d’une ville comme Ouagadougou qui compte un million d’habitants de plus ! La dernière annonce qu’il a faite lors des cérémonies il y a huit jours a été de promettre d’y envoyer un élu en charge de la restauration et le directeur du service pour voir ce qu’il est possible de mettre en place… Depuis près d’un an qu’il évoque cette demande, rien n’a été fait, ce qui montre bien que ce n’est pas sur ces bases humanitaires que peut se bâtir une coopération entre deux villes aussi dissemblables.

Nous demandons qu’à l’occasion de ces jumelages des échanges d’habitants soient développés dans les deux sens en impliquant en priorité la population civile et en limitant les voyages d’élus à des rencontres techniques des élus délégués à cette politique de coopération décentralisée et que soient mises en œuvre des actions durables qui favorisent le rapprochement et la paix entre les territoires et les peuples, la compréhension et l’ouverture à des cultures et des savoir-faire différents, source d’enrichissement réciproque et d’innovation. Pour cela, il s’agit de mettre en place des instances citoyennes de suivi et d’évaluation ayant le souci de respecter la transparence des actions, l’information auprès des habitants, l’évaluation par chacun des acteurs des deux territoires disposant d’une voix égale et d’un réel droit de regard et enfin la capitalisation des actions et leur diffusion auprès de tous. On en est loin…

Samedi était inaugurée la bibliothèque la plus proche de chez moi à Teisseire, mais je devrais dire plutôt Teisseire-Malherbe puisque les deux quartiers sont désormais jumelés pour plus de mixité sociale. Cet équipement a attendu son ouverture dix ans, puisque c’est le temps qui s’est écoulé entre la démolition de l’ancienne bibliothèque et sa reconstruction. Mais entre temps les ouvrages, le personnel et les lecteurs ont pu migrer dans deux classes vides d’une école voisine.

Ce bâtiment est composé de deux parties : la bibliothèque au rez-de chaussée et des logements sociaux au dessus, ce qui permet de mieux maitriser les coûts et d’assurer une présence constante dans les équipements. La bibliothèque est une réussite avec de larges baies vitrées et même une partie galbée avec vue imprenable sur les platanes préservés de l’abattage par leur âge vénérable.

Les bibliothécaires avaient organisé pour l’évènement une chaine humaine pour faire passer symboliquement des ouvrages de l’ancienne bibliothèque provisoire à la nouvelle : un exploit puisque la distance les séparant est d’environ 300 mètres. Plusieurs centaines d’habitants ont donc accepté de se prêter à cette action montrant l’unité entre les quartiers. Un bel exemple du vivre ensemble que le Maire a raté en arrivant trop tard.

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