Olivier Audéoud, recteur d'académie de Grenoble (Photo © Dauphiné Libéré)Suite à la nomination le 21 juillet 2010 d’un Préfet-policier à Grenoble, la nomination en conseil des ministres du nouveau recteur quelques jours après était passée au second plan. Pourtant Olivier Audéoud est visiblement aussi arrivé dans l’Isère en mission commandée. Son parcours est éloquent. Pour un universitaire comme moi, il n’a pas hésité dans sa carrière à sauter sur les opportunités commençant à la Sorbonne, passant à Nancy 2, retournant à Paris pour l’université de Nanterre dont il devient président de haute lutte (au 4e tour) en 2003. Il s’y fait connaitre pour avoir appelé la police contre les étudiants lors des manifestions de l’automne 2007 contre la loi LRU. Son mandat n’étant pas renouvelé en 2008, il garde néanmoins sa place dans la «Conférence des Présidents d’Université » où il est chargé des relations internationales. En janvier 2010, il  rejoint le conseil d’administration du pôle universitaire privé Léonard-de-Vinci (PULV) à La Défense, surnommé fac Pasqua, du nom de son créateur et toujours président de l’association de gestion. Olivier Audéoud indique d’ailleurs dans une interview avoir rencontré quelques années auparavant le président du conseil général des Hauts-de-Seine Nicolas Sarkozy avec lequel il aurait échangé 3/4 d’heure sur la fac Pasqua, université décriée dès sa création en 95 comme une université privée construite et financée sur fonds publics. La Cour des Comptes l’a d’ailleurs souvent épinglée. Aujourd’hui après sa nomination comme recteur en juillet 2010, Olivier Audéoud est toujours président du Conseil Scientifique et Pédagogique de cette université privée. Étonnant, non ? Il est vrai qu’il y retrouve un collègue, le recteur de Corse !

Pourquoi je vous raconte cela, me direz-vous ? Simplement pour jeter un éclairage nouveau sur les attaques contre le lycée Mounier qui au passage sont très bien mises en pages, interviews et images ici. À plusieurs reprises, ce recteur s’est montré particulièrement irrespectueux des personnes (lycéens, parents, enseignants) qui ont eu le tort de ne pas laisser disparaitre le lycée sous les bulldozers des démolisseurs parmi lesquels au premier rang il figure avec le président de région. « Celles-ci feraient mieux d’aller voir un psychiatre », a t’il dit. Rappelons que la fermeture du lycée pour prétendue dangerosité a été annoncée au CA du lycée en septembre 2010 quelques mois après la nomination d’Olivier Audéoud, comme recteur. Quel rôle a t’il joué dans cette décision ? On ne peut imaginer qu’elle ne puisse n’être que le fait du président de région, Jean-Jack Queyranne. Jeudi dernier, une délégation de Mounier a rencontré le recteur pendant 2h30. Ce dernier n’a pas changé d’un iota son discours même après que le Tribunal Administratif ait cassé pour erreur manifeste d’appréciation les décisions de fermeture des bâtiments prises par la Région. Il maintient contre vents et marées les prétendus dangers contredits par les experts mandatés par la Région elle-même ! En effet, les bâtiments respirent en suivant exactement les courbes de températures extérieures. Quoi de plus normal ! Alors quel est le but poursuivi par ce recteur qui fait la part belle au privé dans ses activités ? Je vous laisse le soin de le deviner. Allez-voir les effectifs des secondes dans les lycées privés alentours depuis la rentrée et la diminution à Mounier de 7 à 3 classes de secondes en septembre…

Agressions rue Germain Depuis près d’un mois que je n’ai pas publié de billet, bien des évènements se sont passés sur Grenoble. Parmi ceux qui ne sont pas dans les journaux, je voudrais mettre en avant la montée du racisme inquiétante contre les populations les plus exclues. Peu après le 50e anniversaire des sinistres « ratonnades » de la police de Papon jetant des centaines d’algériens à la Seine en 1961, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec le traitement que fait subir notre Préfet et sa police aux populations d’origine roms venus se réfugier dans notre ville. L’évêque de Toulouse avait lui osé faire en août 2010 le rapprochement avec le traitement subi par les juifs sous Vichy. Évidemment et heureusement à Grenoble il n’y a pas mort d’hommes comme à Paris où un homme a péri brûlé vif dans un campement incendié le 24 octobre rue des Pyrénées. Pourtant cela aurait pu arriver ici où par deux fois des individus masqués se sont introduits dans une maison occupée rue Germain par des dizaines de familles venant d’ex-Yougoslavie en attente d’un droit d’asile en France. Des vitres ont été cassées à coup de battes de base-ball, des balles ont été tirées (impact en bas à gauche sur la photo) pendant que les enfants apeurés hurlaient à l’intérieur. La police n’a même pas recherché les balles, ni ramassé une batte cassée abandonnée sur place. Quelques jours plus tard, un feu de cheminée providentiel permettait à la police de faire évacuer la maison, puis de conduire les occupants en grande majorité à l’Hôtel de Police et certains en centre de rétention à l’aéroport de Lyon. Pendant ce temps la maison était soigneusement murée par des ouvriers prêts à intervenir sur l’heure, une police en civil sans brassard « Police » armée de mitraillettes brandies sous le nez éloignant ceux qui voulaient reprendre leurs affaires à l’intérieur (je le sais pour en avoir fait les frais..). Il suffit de lire le récit de ces faits ici pour être édifié sur le comportement de la police légitimé depuis le discours xénophobe de Nicolas Sarkozy à Grenoble fin juillet 2010. Aujourd’hui la centaine de personnes qui vivaient là se sont rendues invisibles occupant les squats plus sordides; les enfants scolarisés ont quitté leurs écoles de peur que la police ne remonte à leurs parents. Pire, une famille est retenue depuis cette intervention au centre de rétention risquant d’être séparée : le père macédonien et ses trois enfants sous la menace d’une expulsion vers le Danemark pays par lequel il est entré dans l’espace Schengen et la mère bulgare vers son pays. Une des raisons invoquées par l’Etat pour justifier cette séparation illégale contraire aux conventions européennes est que la mère n’apporte pas la preuve qu’il s’agit bien de ses enfants. Et pour cause : ses documents d’état-civil sont murés dans la maison rue Germain ! Il faut signer la pétition en ligne sur le site du réseau éducation sans frontières ici. Le Père Noël passera t’il au CRA de Saint-Exupéry ? Pas sûr avec cette haine. Comme le disait l’archevêque l’an dernier parlant des populations d’origine rom : « Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier. »

N.B. : la famille a été relâchée le 29 décembre du centre de rétention de Saint Exupéry, mais sa situation reste fragile ici sans titre de séjour.

Manifestation des Mounier en mairie le 15 octobre 2010Depuis la lecture des jugements du tribunal administratif vendredi matin, je n’ai pas agi comme certains en envoyant des communiqués de presse tous azimuts. Pourtant, membre du Conseil d’Administration du Lycée Mounier depuis avril 2008, ayant participé à la lutte des Mounier et étant le seul élu présent à l’audience du 3 novembre au cours de laquelle le rapporteur public a lu ses conclusions, j’aurais pu tenter de faire parler de moi. Sachons rester aux côtés des luttes et ne pas les instrumentaliser comme le font certains de nos collègues du conseil municipal. Revenons-en donc aux faits :

Le jugement du Tribunal Administratif non seulement a indiqué des motifs d’annulation de forme des décisions du président de Région M. Queyranne, mais aussi et surtout il a remis en cause la prétendue dangerosité des bâtiments ayant servi de prétexte à la fermeture d’un bâtiment et à la désaffectation partielle du lycée brisant le projet éducatif mis en place. Même s’il s’agit de termes juridiques, je crois important de citer mot pour mot le jugement à ce propos : « Considérant (..) qu’il ressort des pièces du dossier, et notamment des rapports établis par la société Concrete Pathology à la demande de la région Rhône-Alpes, que les désordres constatés sur le bâtiment D du lycée Mounier n’affectent pas la stabilité de sa structure et que ce bâtiment peut continuer à être exploité sous réserve de l’installation d’une surveillance continue et renforcée; qu’une télésurveillance du bâtiment a été mise en place au moyen de capteurs de déplacement et d’inclinomètres, laquelle déclenche des alarmes sous forme de SMS téléphoniques en cas de dépassement des seuils préalablement définis; que les rapports de suivi de cette télésurveillance n’ont permis de constater que des mouvements d’une amplitude très faible, liés aux températures extérieures; que le rapport de l’expertise établie à la demande de Mme X. mentionne que l’effondrement de la structure est hautement improbable à court terme et “qu’en l’état des désordres et sans nette évolution future, nous estimons possible d’exploiter (..) sur la totalité du bâtiment D et sur la partie sud du bâtiment E, pour une durée d’au moins 5 ans ”; que compte tenu de la convergence des rapports sur l’absence de risque à court terme quant à l’intégrité de la structure du bâtiment D, et alors même que sa déconstruction est recommandée du fait de l’impossibilité de reprendre en sous-œuvre ses fondations, le président de conseil régional a commis une erreur manifeste d’appréciation en décidant de la désaffectation de ce bâtiment dès la rentrée scolaire 2011 au motif de son instabilité; Considérant qu’il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à soutenir que la décision attaquée est illégale; (…) la décision du 6 juin 2011 de la région Rhône-Alpes (de cesser d’utiliser les bâtiments C et D du lycée Emmanuel Mounier de Grenoble, de transférer le service de cantine de l’établissement au lycée Guynemer, de transférer les personnels concernés vers d’autres établissements et de reloger des personnels dans d’autres établissements) est annulée »

Il s’agit d’un désaveu non seulement du président « socialiste » M. Queyranne de la région, mais aussi du Maire de Grenoble M. Destot qui bien que présidant toutes les commissions de sécurité qui se tenaient à Mounier tous les ans et donnaient des avis favorables sans réserves à la poursuite de l’activité a embrayé de suite sur la fausse question de la sécurité. Il y a un an jour pour jour, le Maire me répondait en conseil municipal de Grenoble suite à une question orale que j’avais déposée : «Ce qui a interrompu ce projet de reconstruction, Monsieur Kuntz, c’est la découverte de problèmes concernant le bâti. Toute autre explication, toute autre affirmation est intellectuellement malhonnête, tout comme l’est la présentation tronquée de mes propos sur certains sites internet.» Aujourd’hui que répond le Maire aux juges ? Sur ce point de la prétendue insécurité, silence radio.

Comme le demandaient il y a un an les Mounier : où est donc le lézard dans cette affaire ? Qui avait intérêt à fermer ce lycée et à récupérer ce tènement ? Pour y faire quoi ? Nous attendons des réponses..avec les personnels, les lycéens et les parents toujours mobilisés.

Danielle MiterrandÀ plusieurs reprises, Danielle Miterrand avait fait le déplacement de Grenoble pour mener son combat pour l’eau, bien public de l’humanité. J’avais eu l’occasion de la rencontrer très humble dans cette salle de la Maison des Associations de Grenoble venu faire partager ses convictions aux militants qui luttent plus que jamais pour un maintien de l’eau en régie municipale. Pas d’accueil du PS local qui visiblement n’a jamais mis ici la lutte pour les services publics en avant… mais laissons de côté la politique et donnons en ce jour douloureux la parole à France Libertés, association qu’elle a créée, et aussi à Danielle elle-même en guise d’épitaphe :

« Agée de 87 ans, Danielle Mitterrand a porté jusqu’au bout ses idées. Elle fêtait le mois dernier le 25è anniversaire de sa Fondation entourée et écoutée, pour son plus grand bonheur, de nombreux jeunes.

Celle qui se reconnaissait dans les mots de Jean Paul Sartre « Il n’est pas juste de vouloir traiter les souffrances des hommes sans sʼengager dans la lutte contre les causes même de ces souffrances » avait créé France Libertés pour toujours rester à lʼécoute des peuples et de leurs droits et retransmettre leurs attentes.

De la résistance à la libération de Nelson Mandela en passant par le soutien du peuple Kurde ou la défense du peuple tibétain, Danielle Mitterrand a ainsi marqué son époque par sa ferveur et son énergie.

Inlassable militante, l’accès à l’eau pour tous était devenu, ces dernières années, au centre de son action et lʼobjectif de toute une vie.
Malgré son départ, Danielle Mitterrand nous laisse un message d’espoir, qui montre la voie d’un monde plus juste aux générations qui inventeront le monde de demain : »
« Nouveaux résistants à l’ordre néolibéral, bâtisseurs d’un monde où chacun trouve sa part de vie, de liberté et d’action, expérimentateurs de solutions alternatives aux problèmes du temps… Qu’ils se rassemblent, s’unissent, fusionnent partout dans le monde pour mettre un terme à la dictature économique et financière, suppôt des dictateurs politiques. Celles-ci semblent être, enfin, ébranlées par la colère des peuples. C’est heureux mais ce n’est qu’un début. Je souhaite de tout cœur que nos propositions en faveur des biens communs du vivant soient comprises de tous et participent à l’urgente et indispensable métamorphose de la société humaine vers une nouvelle civilisation».

Musée de la STASI à Berlin À mes lecteurs : désolé pour le manque de billet ces temps-ci, mais ce dernier trimestre est très chargé et ne laisse pas le temps d’écrire…

Au début du mois, j’ai eu une nouvelle fois la chance d’aller à Berlin, ville dont on n’a jamais fini de découvrir les charmes. Son passé est encore très présent, même si les Berlinois ont voulu dès la chute du mur gommer les cicatrices qui défiguraient leur ville. Un nouveau musée sur l’histoire de la STASI a même été ouvert cette année. On y trouve d’une façon vivante des témoignages à la fois de victimes de cet appareil de répression d’état, mais aussi de nombreux informateurs de la STASI; les noms sont donnés, les voix et les films sont proposées. Imaginez la même chose en France 20 ans après la fin de la dernière guerre au sujet de la mémoire de la collaboration ! Un autre musée appelé de la RDA (DDR en allemand) attire des foules considérables. J’y suis allé un matin à l’ouverture et la queue était déjà grande; beaucoup d’allemands y viennent non pas pour l’ « ostalgie« , mais surtout pour comprendre ce que certains à l’est ont vécu et d’autres à l’ouest ont imaginé. Les présentations sont interactives et ludiques; il est possible de toucher et feuilleter les documents mis à disposition du public. Beaucoup d’enfants sont très intéressés par les activités proposées. Je conseille vivement la visite de ce musée tout près du dôme, que j’ai trouvé plus intéressant et moins commercial que le Musée du Mur qui lui draine des cars entiers de touristes, mais peu d’allemands, car il s’agit plus d’une collection d’objets divers et de témoignages uniquement centrés sur le mur et non pas un travail quasiment d’ethnologue sur la vie dans l’ex-RDA.

Débat à Pays'âges le 17 octobre 2011C’est le titre du film de Yasmina Adi qui vient de sortir et qu’il faut aller voir avant qu’il ne disparaisse de l’affiche. Lundi dernier, nous commémorions comme chaque année à Grenoble la mémoire des disparus et morts du 17 octobre 1961 où à Paris la police sous les ordres du Préfet de Police Maurice Papon a exécuté des centaines d’algériens qui manifestaient pacifiquement avec femmes et enfants pour protester à l’appel du FLN contre le couvre-feu qui leur était imposé. Beaucoup ont été jetés vivants à la Seine où ils se sont noyés. C’était le plus grand massacre d’ouvriers en France depuis la Commune de Paris. Le 17 octobre dernier, il y avait juste 50 ans….

L’association Pays’âges avait organisait lundi après-midi une rencontre avec les anciens travailleurs immigrés, comme on disait, qui ont pu échanger leurs souvenirs de cette journée. Car à Grenoble comme dans d’autres villes a eu lieu aussi une manifestation de protestation contre le couvre-feu. Mais ici malgré les ressentiments entre police et travailleurs algériens, des organisateurs ont pu éviter le pire. A part les « ratonnades » habituelles et des arrestations, il n’y a pas eu de blessés.

Au delà de Papon qui a été jugé et condamné pour génocide des juifs pendant la deuxième guerre, c’est tout le gouvernement de l’époque et De Gaulle au dessus de lui qui sont forcément impliqués dans cette tragédie. Nous demandons que l’État français reconnaisse ses erreurs 50 ans après maintenant que les ressentiments se sont apaisés. Il en va de l’honneur de notre pays si cher à certains.

Le logo Picasso des premiers Macintosh d'Apple Difficile d’ajouter ses mots au déluge médiatique qui s’est répandu dans la presse depuis la mort annoncée de Steve Jobs un des deux co-fondateurs d’Apple avec l’autre Steve, Wozniak ou Woz, qui a accompagné Jobs dans les premiers temps lors du mythe des ordinateurs construits dans le garage familial. Vous allez me demander pourquoi y ajouter un billet ? Simplement parce qu’à titre professionnel, j’ai suivi l’aventure Apple depuis presque ses tous débuts. Mon équipe de recherche informatique à l’université a été la première au sein du laboratoire IMAG du CNRS à acheter dès 1978 les premiers ordinateurs Apple II. La SCOP ALMA que j’ai fondée avec d’autres l’année suivante a été un des premiers revendeurs Apple de Grenoble. Il y a peu de modèles d’ordinateurs Apple que je n’ai pas eu entre les mains. Je garde quelques exemplaires de ceux que je trouve les plus innovants comme le Mac Cube et l’iMac G4 inspiré d’une lampe virtuelle « Luxo Junior » figurant dans le logo de Pixar autre société fondée par Steve Jobs. Je conserve aussi ces machines pour en faire don à l’association ACONIT qui possède une large gamme des ordinateurs Apple et à ma connaissance ne possède pas ces modèles dans sa collection.

Je ne reviendrai pas sur ce que tout le monde connait : l’origine californienne contestataire d’Apple (« Think different« ), ni l’importance attachée à l’adhésion presque affective à l’univers Apple. Le logo ci-dessus affiché à chaque démarrage des premiers Macintosh couleurs est l’exemple d’une image rassurante. Je me rappelle les présentations de l’interface des premiers Lisa, puis Macintosh où les concepteurs insistaient sur les coins ronds des fenêtres pour « arrondir des angles droits jugés trop durs« . Ceci peut sembler puéril, mais Jobs a compris tout de suite l’importance de l’adhésion de l’utilisateur qui devait se retrouver dans un monde connu et rassurant à chaque démarrage de son ordinateur.

J’ai classé cette rubrique aussi dans la catégorie « Politique » de mon blog pour dire deux choses. Longtemps les ordinateurs Apple ont été proscrits de certains laboratoires et entreprises et c’est encore le cas à la mairie de Grenoble où l’informatique malgré les 5@ décernées à la ville de Grenoble est loin d’être innovante… Je tiens aussi à souligner qu’Apple qui est devenu la deuxième capitalisation boursière US après le pétrolier Exxon n’a jamais touché le moindre crédit fédéral ou de l’État de Californie pour survivre, même au creux de la vague quand son action était tombée à quelques dollars. Cela devrait faire réfléchir celles et ceux qui continuent de verser ici de l’argent public en pure perte dans les entreprises privées du high tech local. Cela n’empêche pas celles-ci quelques années après avoir touchées les mannes publiques de délocaliser recherche, comme production.

Zone à Trafic Limité (ZTL) à Turin Mardi 20 septembre, je me suis rendu à Turin en car avec une délégation de la Métro (mais seulement trois élus..) pour étudier la mise en place effective depuis un an d’une ZTL (Zone à Trafic Limité) dans le centre historique de Turin. Cette action a été rendue obligatoire par la congestion du centre ville. Les élus nous ont expliqué qu’il n’y a pas eu de débat pour ou contre tellement il fallait agir à l’évidence. Les mandats de maire en Italie étant de deux fois cinq ans non renouvelables, il était aussi plus facile de prendre une mesure qui a priori pouvait sembler impopulaire.

Aujourd’hui une vaste zone est filmée par des caméras au passage de portiques signalés par des panneaux comme celui-ci. Ces images ne servent qu’à identifier les plaques des véhicules en infraction et sont contrôlées par des opérateurs avant de le recouvrement d’une amende dissuasive de 60 €. Cette limitation est mise en place de 7h30 à 10h30; de nombreuses dérogations sont proposées aux riverains, aux commerçants, aux personnes devant se rendre à l’hôpital…  Les résultats en terme de baisse des pollutions aux particules fines par exemple sont impressionnants avec des valeurs aujourd’hui en dessous des limites européennes. Parallèlement des voitures électriques en autopartage et un parc important de vélos en libre-service sont proposés aux Turinois.

A Grenoble, une ZAPA (Zone d’Actions Prioritaires pour l’Air) est à l’étude sous la pression de l’Europe qui inflige à la France des amendes devant son inaction à juguler la pollution de nos villes qui est la cause directe à Grenoble de plus d’une centaine de morts prématurées par an. Mais les réflexes d’adaptation de la ville à la voiture ne sont pas faciles à oublier pour les services de l’Etat qui proposent de passer à 2×3 voies l’autoroute urbaine A480 le long du Drac. Un contre sens de l’histoire des déplacements devant le réchauffement climatique et le coût croissant des énergies fossiles… Mais les élus sont prêt à y aller même si l’Etat ne donne pas le cinquième des crédits nécessaires pour une voirie qui lui appartient !

Sommet de la Francophonie à Ouagadougou en 2005 Accompagnant pour mon groupe d’élus une délégation de la Ville de Grenoble en visite à Ouagadougou, ville jumelle, j’ai eu l’occasion en 2005 d’être plongé dans le monde de la Françafrique à l’occasion du sommet de la Francophonie qui se tenait au Burkina Faso.

Aujourd’hui alors que des seconds couteaux aux ordres confessent leurs missions de porteurs de valises qu’ils ont rendues pour le compte d’hommes politiques au sommet de l’État, les photos que j’ai pu prendre de ces instants publics où chefs d’état français et africains de tous bords montrent leur connivence me reviennent en mémoire. Jacques Chirac n’était pas le moins enthousiaste en me souriant à pleines dents me prenant pour un photographe de presse…

Quelques mois plus tard, je recevais François-Xavier Verschave, président de l’association Survie à l’Hôtel de Ville de Grenoble dans le cadre du Conseil Consultatif des Résidents Étrangers Grenoblois. Ce dernier dans une remarquable intervention devant 150 personnes a fait le procès de la Françafrique en nous disant qu’il était honoré de pouvoir le faire pour la première fois dans une salle de conseil municipal. Un mois après il disparaissait des suites d’un cancer nous laissant des ouvrages comme « Noir silence » qui dénoncent  ces rapports néocoloniaux qu’entretient encore l’ancien colonisateur avec les pays africains au profit d’intérêts privés de sociétés multinationales comme Total ou Areva, ou de versement occultes finançant des partis ou d’autres activités plus blâmables. La Ville de Grenoble qui continue de collaborer avec le maire de Ouagadougou (entre J. Chirac et B. Delanoë) récemment dénoncé comme chef des milices lancés contre des manifestants de la faim ferait bien de prendre ses distances avec ces réseaux.

Cabanes en cours de destruction dans le camp des GlaironsJeudi dernier au petit matin, les portes des cabanes du camp des Glairons (120 personnes dont 50 enfants) volaient en éclats sous les coups des gardes mobiles encerclant ce campement de fortune, mais bien organisé dans un terrain privé loin des habitations dans une zone industrielle de Saint Martin d’Hères en banlieue de Grenoble. Ces familles roumaines d’origine rom avaient fui leur village de Barbulesti en Roumaine suite à de terribles inondations du Danube ayant emporté leurs fragiles maisons en 2006. Depuis, elles errent de camp en camp d’où elles sont chassés comme ici sans ménagement, ni respect de leurs droits élémentaires. France24 avait fait l’an dernier un reportage sur leur exil visible ici.

Après le passage des bulldozers

Une partie a été emmenée vers 3 centres de rétention administrative à Lyon, Paris et Rouen; certains ont été depuis relâchés, d’autres expulsés souvent en séparant les familles sur des vols différents… La plupart a reçu une injonction à quitter la France sous 30 jours. Aucun respect de leurs affaires qui ont été ensevelies au bulldozer dans l’heure sous le regard de tous avant le départ des cars. Trois caravanes ont pu échapper au massacre sous la pression des militants, le Préfet ayant donné une heure pour les sortir du campement; celles qui n’étaient pas en état de rouler ont été broyées. Dans la précipitation, certains ont perdu leurs papiers à jamais enfouis ce qui a empêché leur expulsion… Cette action a eu lieu à quelques jours de la rentrée pour laquelle de nombreux enfants avaient été inscrits dans les écoles avec l’aide des militants.

Saint-Martin d’Hères étant dirigée par une majorité communiste, on aurait pu penser que ces personnes allaient bénéficier d’un soutien actif de la municipalité. Au lieu de cela, le maire, par ailleurs médecin, a répondu aux Roms venu lui demander en conseil municipal un terrain où s’établir : « Je ne m’opposerai pas à une expulsion« . Au point que jeudi, pas un élu de la majorité n’est venu sur place assister les personnes, pas plus que ce maire communiste n’était venu auparavant les rencontrer. Cette attitude d’hostilité ne peut m’empêcher de me rappeler les bulldozers utilisés à Vitry-sur-Seine, aussi ville communiste, contre un foyer d’immigrés en 1980… Vraiment le sarkozisme gangrène la vie politique; les dernières frasques d’A.Marleix seront sûrement dénoncées par le PCF, mais celui-ci devrait d’abord balayer devant sa porte…

Meeting du Front de Gauche à Grenoble le 28 août 2011 Invité à y représenter mon parti, j’étais présent ce matin en bonne place au meeting marquant la fin du « remue méninges » du Parti de Gauche. Pour la deuxième année consécutive, le PG organisait ses journées d’été au campus de Saint Martin d’Hères. Mais cette fois-ci, après la désignation de Jean-Luc Mélenchon comme candidat du Front de Gauche à la Présidentielle en 2012, le meeting de clôture s’était déplacé en ville dans la halle Clémenceau où sa capacité a permis d’accueillir les 1500 personnes qui y sont venues un dimanche matin de fin août. D’ailleurs cette réunion a réuni bien plus de militants et sympathisants qu’avant, puisqu’il était placé sous l’égide du Front de Gauche et que de nombreux militants du PCF ont participé à l’organisation et ont été très présents dans le meeting agitant du nombreux drapeaux du Front de Gauche. À la tribune aussi, en plus de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, on reconnaissait Martine Billard, députée transfuge des Verts, et fait nouveau, Clémentine Autain, ancienne adjointe apparenté PCF à la mairie de Paris et représentant la FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique) qui vient à une courte majorité de décider de rejoindre le Front de Gauche.

Les Alternatifs ont décidé de ne pas franchir ce pas, car nous avons avec le programme de celui-ci des divergences profondes sur l’écologie – très absente ce matin sauf au moment où Mélenchon a promis, s’il venait au pouvoir, un référendum sur la sortie du nucléaire -, aussi sur la planification étatique de l’économie au lieu d’une place laissée à l’initiative populaire et à l’autogestion, sur le nationalisme et le risque de repli sur soi au lieu de promouvoir les échanges entre les peuples d’Europe et de tous les continents. La fin du meeting a d’ailleurs été ponctuée par une Marseillaise venant il est vrai après l’Internationale, mais aussi par des drapeaux tricolores agités pendant tout le meeting. Certains à la tribune ont d’ailleurs eu bien du mal à entonner l’hymne national qui marque plutôt la fin des meetings de droite…

Malgré cela, la candidature Mélenchon peut porter pour la population l’espoir qu’une autre voie est possible entre la droite et le PS qui commence aussi à prendre à son compte des mesures d’austérité qui vont frapper les plus précaires. Non, le traitement que la finance fait subir à la Grèce n’est pas inéluctable, le retour à marches forcées à une dette contenue n’est pas la priorité; seul compte l’emploi pour tous dans une économie au service des besoins sociaux et en route vers sa conversion écologique.

Dans ce cadre, mon (petit) parti devra se déterminer bientôt pour le soutien ou non à la candidature Mélenchon. Le débat sera le plus large possible avec une consultation de tous les adhérents, mais pour ma part mon sentiment est que nous devons nous engager dans ce combat et ne pas une fois de plus rester en dehors des débats même si le mode de l’élection présidentielle est biaisé et tend à conforter un bipartisme.

Pancarte "Honneur à notre élu" à VillecomtalEn route vers le Sud-Ouest pour des vacances touristiques et patrimoniales, quelle ne fut pas ma surprise de trouver un peu avant d’arriver à Conques dans un autre village moyennâgeux, une pancarte et des drapeaux placés en l’honneur d’un élu sous une fenêtre de son domicile. Plus loin j’ai retrouvé cette tradition en Périgord avec même des pancartes « Honneur au patron » . Après quelques recherches, j’ai trouvé l’origine de cette pratique qui remonte aux arbres de mai décorés pour le retour du printemps et qui étaient plantés devant le domicile des notables qui ensuite devaient régaler les administrés ou les ouvriers venus les fêter.

Aujourd’hui, je ne crois pas qu’il vienne à l’idée de nos concitoyens de fêter ainsi leurs élus surtout quand ceux-ci  tiennent cachés leur adresse personnelle et se font retirer des annuaires de peur d’être dérangé.

Autres temps, autres mœurs !

Cavendish au départ du contre la montre de GrenobleComme d’autres grenoblois, je suis allé samedi matin voir passer les coureurs cyclistes du Tour de France à 200 m de chez moi vers l’avenue Jean Perrot. Sur la photo ci-contre, le coureur anglais Mark Cavendish porteur du maillot vert du meilleur sprinter et vainqueur de l’étape des Champs Elysées passe à la limite de Grenoble et d’Eybens en position de recherche de vitesse. Il devra attaquer après la montée de Tavernolles puis plus loin celle de Saint Martin d’Uriage où il sera moins à l’aise terminant à 8’35″ du premier.

Comme beaucoup de Français, j’ai suivi depuis mon enfance cette épopée qui marque le début de l’été. A chaque fois que la « Grande Boucle » passait près de chez moi, j’allais voir la caravane et les coureurs qui souvent défilaient en quelques minutes devant nous. A l’époque, nous ne connaissions pas le dopage qui sévissait dans le peloton, mais était moins sophistiqué qu’aujourd’hui. On parlait bien du « pot belge » dans quelques brèves, sans que des contrôles puissent prouver quoi que ce soit. Des coureurs comme l’anglais Simpson sur les pentes du Ventoux y avaient pourtant déjà laissés leur vie. D’autres ont certainement eu leur vie écourtée comme Anquetil, Pantani ou Fignon l’an dernier.

Aujourd’hui après les scandales passés, personne ne peut nier que le cyclisme professionnel est en fait une course entre les tricheurs et les contrôleurs du dopage souvent impuissants devant des règlements qui permettent de se doper sur ordonnance pour soigner soi-disant de l’asthme. Avez-vous remarqué le nombre impressionnant d’asmathiques parmi les cyclistes professionnels ? Les prélèvements permis ne sont aussi pas suffisants. Pendant longtemps aucune prise de sang n’était par exemple effectuée. Des techniques de dopage incontrôlables aujourd’hui comme l’autotransfusion sont connues et pratiquées. Avez-vous remarqué que cette année le vainqueur du Tour de France 2010 Alberto Contador s’est refait une santé juste après la journée de repos pour se retrouver en difficulté deux jours après à l’Alpe d’Huez, les effets de ses traitements étant retombés ? Dans quelques jours le Tribunal Arbitral du Sport dira si le « vainqueur » du Tour 2010 subira on non le même sort que Floyd Landis déchu de son titre de 2006. S’il restait un doute, la lecture de l’article suivant du Monde paru le 14 juillet écrit par un repenti de l’équipe Festina dopée en 1998 « à l’insu de son plein gré » devrait le lever.

Que faire me direz-vous ? Déjà en parler au lieu d’entendre des commentateurs éluder la question ou même la nier. Une ville doit-elle se porter candidate à accueillir cette grande hypocrisie ? Cette année Grenoble aura payé 173 420 € à l’organisateur du Tour de France, la société Amaury Sport Organisation. Mais la contribution de la commune a été bien au delà avec la mise à disposition de personnels, de barrières sur des kilomètres et d’espaces publics privatisés pour l’occasion. Comme je l’ai dit en conseil municipal, il serait plus logique que la société Amaury paye les villes-étape pour leurs apports en nature plutôt que le contraire. Devant l’importance de cette animation pour la ville et malgré tout ce que j’ai écrit, cette année mon groupe s’est abstenu sur cette délibération, le contre la montre décisif pour le gain du Tour ayant exposé Grenoble dans le monde entier cette année.

Il n’en reste pas moins qu’il est grand temps d’agir pour la santé des coureurs souvent malgré eux et leur entourage.

Vinci, dégage !La semaine dernière avait lieu près de Nantes le rassemblement national contre la construction du nouvel aéroport à Notre Dame des Landes. En plein bocage dans la zone maraichère de la région, Jean-Marc Ayrault, maire PS de Nantes, en accord avec la droite, a confié le saccage de cette région superbe au profit exclusif du géant du BTP Vinci.  À cette occasion, les Alternatifs avaient invité une militante russe qui avec des milliers de manifestants lutte chaque jour contre la progression d’une autoroute construite aussi par Vinci dans le « bois de Boulogne » de Moscou. Vous pouvez écouter ici son intervention lors de l’université des Alternatifs qui se tenait à Nantes au même moment.

Lors du grand meeting politique sur le site prévu contre l’aéroport dans un chapiteau accueillant des milliers de manifestants, Evgenia Tchirikova a lancé ce cri « Vinci dégage ! » repris en cœur par la foule et tracé par des milliers de manifestants le lendemain dans la praire. Ouest France en présente ici la réalisation.

Cette lutte des écologistes russes est emblématique des combats menés partout dans le monde contre la corruption qui gangrène la vie politique. Là-bas, les militants avec l’aide de l’ONG Bank Watch ont pu remonter le réseau qui passe par un oligarque russe, ami de Poutine, à travers des fonds transitant par les îles Vierges et le Liban. Ici à Grenoble, une autre multinationale de l’eau, la Lyonnaise des Eaux, avait été condamnée pour corruption de l’ancien maire de Grenoble, Alain Carignon. Que se cache t’il derrière ces projets démesurés sans réalité économique ? Eva Joly présente sur les lieux a reçu avec intérêt le dossier remis par la militante russe. Je suis sûr qu’elle a gardé assez de contacts dans les juridictions financières pour en faire bon usage.

Nicolas Hulot et Eva Joly en débat à GrenobleAvec 900 grenoblois et grenobloises, j’ai assisté hier jeudi au seul débat public d’entre deux tours des candidats aux primaires restants en lice chez Europe Écologie. Dans une salle dédiée aux sports de glisse peu utilisée pour les meetings politiques, mais qui collait bien avec l’image d’une campagne décalée voulue par les Verts, l’assistance nombreuse avait pu pour la plupart s’installer devant des écrans largement disposés à l’extérieur ne laissant que quelques centaines d’heureux éluEs entrer à l’intérieur. Mais les sympathisants studieux ont pu très bien suivre le débat télévisé par les chaînes parlementaires quelle que soit leur place.

En fait, il s’agissait d’un face à face et non d’un face au public. A ce jeu, Nicolas Hulot, vieil habitué des plateaux, était comme un poisson dans l’eau. Eva Joly moins percutante, n’ayant pas préparé les formules-chocs qui vont bien pouvait passer pour battue d’avance. Mais les propositions qu’elle avançait au fil des questions montraient qu’elle maîtrisait mieux son sujet, même si son débit en français n’était pas aussi fluide que celui de son adversaire.

Alors qu’une partie très démonstrative de l’exécutif d’EELV montrait à tout moment son inclination bruyante pour Nicolas Hulot, il m’a bien semblé que chacun est reparti fort des ses convictions trouvant dans les propos du candidat choisi au premier tour des raisons de confirmer son vote. Si tel est bien le cas dans huit jours, la campagne d’Europe Écolgie-Les Verts pourra démarrer derrière Eva Joly au moment où le Parti Socialiste se déchirera encore sur les dates de ses primaires et ne fera son choix qu’en octobre après une bataille qui s’annonce dure et dont les traces risquent de ne pas être cicatrisées 6 mois après au moment de l’élection. Sur ce point le Front de Gauche et EELV ont bien eu raison de faire leur choix assez tôt.

Projet Presqu'île présenté à la presse (photo DL C.Agostinis)L’annulation de deux délibérations du conseil municipal de Grenoble par le Tribunal Administratif  le 16 mai dernier suite à une requête que j’ai cosignée avec l’ADES  marque un coup d’arrêt aux projets décidés directement par le Maire sans son conseil, ni ses administrés. Le Tribunal a voulu affirmer ainsi que le droit devait être respecté et que le conseil municipal ne pouvait être dessaisi de ses prérogatives; de même pour la concertation qui devait être menée largement pour une révision normale et non simplifiée du Plan Local d’Urbanisme. Dans le dossier de la presqu’île qui est l’objet de ces requêtes, la situation est en effet toute autre. D’un côté une convention foncière entre parties (CEA, Schneider, Ville de Grenoble,…) permettait de se céder des terrains entre amis sans l’avis pourtant obligatoire du conseil municipal pour ce qui concerne les terrains de la commune. De l’autre, la révision simplifiée du PLU pour une presqu’île de 245 hectares permettait « d’aller plus vite » comme l’a dit à l’audience l’avocat de la ville.. Le tribunal a fait justement remarquer que l’importance du projet ne donnait pas le droit de s’affranchir des procédures obligatoires de concertation. Certains semblent en effet vouloir être au dessus des lois. Nous avions indiqué lors de l’enquête publique nos réserves sur ces points : le maire n’a pas voulu en tenir compte. Il en porte l’entière responsabilité.

Le projet Presqu’île comme celui de l’Esplanade n’a pas été présenté aux élus. Une seule présentation d’une maquette à la presse a eu lieu en avril (photo du DL ci-dessus à cette occasion). L’architecte en chef Christian de Portzamparc pourrait une nouvelle fois répéter ce qu’il a dit pour l’Esplanade : « c’est la première fois que je conçois un projet avant d’avoir rencontré les habitants« . Comme ce serait plus facile de faire de la politique hors sol, sans les élus d’opposition ni les habitants ! Mais la loi est là pour rappeler à l’ordre ceux qui l’oublient.

intervention au sujet de la pollution au Conseil Municipal de Grenoble le 10 juillet 2003 Le 16 mai dernier, je participais au premier comité de pilotage de la ZAPA (« Zone d’Action Prioritaire pour l’Air« ) réunissant sous l’égide de la Métro tous les partenaires. Enfin, nos demandes qui remontent à huit ans et plus commencent à être prises en compte. Le 10 juillet 2003 par exemple nous intervenions (photo ci-contre) avec notre groupe sur la question de la centaine de morts prématurés par an dus à la pollution de l’air dans l’agglomération. À l’époque nos interventions entrainaient souvent des sourires et des dénégations : « pas si grave que cela« .

Aujourd’hui, l’Europe étant sur le point de sanctionner lourdement la France de ne pas avoir pris les mesures nécessaires à temps, le lancement des ZAPA a été annoncé pour faire diversion. Espérons qu’enfin la parole des experts sera entendue. Je cite un paragraphe du rapport remis au comité de pilotage :  » L’OMS a montré qu’environ 42 000 personnes décédaient chaque année en France pour cause de maladies dues à la pollution par les particules dans l’air (décès en moyenne 10 ans plus tôt pour cause notamment de maladies cardio-vasculaires, respiratoires et cancers). Cela touche donc chaque année 5% des décès en France et représente une baisse d’espérance de vie de 8 mois dans les villes françaises « . Le professeur Slama nous a brossé le tableau des effets sanitaires de cette pollution de l’air.  Je vous laisse le soin d’en prendre connaissance ici :

L’ASCOPARG, agence locale chargée de surveiller la qualité de l’air nous a aussi présenté un tableau alarmant de la situation :

Les études se poursuivent; le 20 septembre nous irons à Turin étudier sur place la mise en œuvre d’une zone de limitation de la pollution atmosphérique. Espérons que ceux que ne gênait pas l’augmentation du trafic automobile liée à la défunte rocade nord sauront revenir aux réalités de santé publique qui doivent présider nos actions.

50 Galerie de l'Arlequin à Grenoble La question de la démolition de logements sociaux est au centre des débats sur la rénovation urbaine des quartiers qui souvent ont été bâtis trop vite dans les années d’après-guerre quand l’urgence du relogement de familles vivant en bidonvilles primait sur tout. C’était l’hiver 54 et le début des luttes de l’abbé Pierre. Aujourd’hui, les crédits de l’ANRU (Agence Nationale pour le Renouvellement Urbain) sont souvent assortis d’injonctions à démolir avant de reconstruire mieux et ailleurs. À Grenoble, nous avons approuvé les démolitions d’immeubles condamnés à terme en raison de leur mauvaise construction à base de mâchefer comme à Jean Macé. Au sujet des démolitions des barres Strauss dans le quartier Mistral, l’approbation de leur destruction a été accordée avec réserves, car il s’agissait ici de bâtiments encore habitables, bien que mal placés entre deux voiries autoroutières.

Par contre, la démolition votée sans nos voix le 18 avril dernier du n°50 de la galerie de l’Arlequin à Villeneuve (partie orangée avec balcons de la photo ci-dessus) procède d’une logique qui demande à être décryptée. Pour être aidée dans sa prise de décision, la ville de Grenoble avait choisi un cabinet d’architectes réputé, INterland, et en particulier Anne Lacaton qui a reçu en 2008 le Grand Prix National de l’Architecture et a travaillé sur la requalification de nombreux quartiers en Europe et dans la monde et en particulier à Paris, Bordeaux, Londres, Osaka ou Dublin. Elle parle dans cette interview de l’importance de conserver en les requalifiant des bâtiments qui font partie de notre patrimoine. À ce titre quel est le quartier de Grenoble qui a été le plus visité par les urbanistes depuis 40 ans ? Pourquoi certaines parties sont même classées «Patrimoine du XXe siècle», comme celle où j’habite ? Cette étude n’a pas été communiqué aux élus malgré nos demandes réitérées au maire. Il s’agirait d’une étude «préalable à la décision», donc à ce titre considérée comme non publique, car non finalisée. La CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs) tranchera suite à ma requête. En fait, ce qui gênait le maire est que cette étude allait à l’encontre de sa volonté de marquer de son empreinte ce quartier faute de mieux en en démolissant une partie, laquelle avait déjà été condamnée par l’ancien maire corrompu Alain Carignon. Comme on peut le voir sur le plan dans le rectangle pointillé cette prétendue ouverture n’en est pas une, car elle donne sur une autre façade qui cache le parc derrière. Alors est-ce pour améliorer cette fameuse mixité sociale dont le déséquilibre serait la source de tous les maux du quartier ? Qui peut croire que 68 familles déplacées sans considération pour leur histoire et les solidarités qui se sont tissées avec le voisinage seront suffisantes pour cela ? Autre question : quel sera le coût de cette décision ? Nul ne le sait, mais il se chiffrera en dizaines de millions d’euros vu l’imbrication des réseaux, le manque de murs de refend, les ascenseurs à déplacer… Avec ces fonds, combien d’appartements auraient pu être isolés par l’extérieur au lieu de voir exploser les charges de chauffage au profit de la SEM Compagnie de Chauffage et ses actionnaires, dont la Ville qui possède plus de 50 % des parts ? Des questions dont on attend les réponses de cette majorité que l’on sait divisée sur ce point comme sur d’autres, mais qui le cache. Jusqu’à quand ?

Manifestation appelée par le reseau Sortir du Nucléaire à Grenoble le 16 avril 2011Tel est le titre d’un article du Dauphiné Libéré suite à la manifestation appelée samedi 16 avril à Grenoble. Près de 2000 manifestants de tous âges se sont rassemblés malgré le week end ensoleillé pour aller du centre ville au CEA sur la Presqu’île en criant leur refus du nucléaire. Le réseau Sortir du Nucléaire qui regroupe de nombreuses associations dont les Alternatifs avait appelé et organisé cette action unitaire qui faisait suite à la catastrophe de Fukushima, mais aussi des autres comme Tchernobyl dont l’anniversaire est proche. L’autocollant des Alternatifs « Eclairés un jour, irradiés toujours » a connu un franc succès et a été largement distribué. Il faut noter l’absence quasi totale des éluEs et en particulier celle du maire PS de Grenoble dont les rares interventions à l’assemblée sont dictées par le lobby nucléaire avec par exemple un rapport sur ITER, le réacteur nucléaire en construction en zone sismique à Cadarache..  Toujours difficile pour Michel Destot de couper le cordon ombilical avec le CEA ….

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