ven 3 sept 2010
Depuis les évènement de la mi-juillet dans le quartier de l’Arlequin à Villeneuve, quels ont été les résultats de l’enquête de police ? Bien minces… Malgré une médiatisation des interventions à chaque fois accompagnées des micros et des caméras, force est de constater que les fins limiers descendus de Paris n’ont pas élucidé grand chose. Les seuls effets constatés par les habitants sont les portes de témoins fracassées au petit matin et les murs de locaux collectifs éventrés quand le blindage de la porte rendait l’effraction plus pénible.
Tous les interpellés sauf un ont été relâchés sans mise en examen au bout de la garde à vue; celui qui a été condamné en comparution immédiate l’a été pour 400 g de cannabis… Il n’était pas nécessaire de lancer ces branle-bas de combat pour n’arrêter qu’un dealer connu des voisins. Mais voilà, cela fait des années que la Police Nationale est coupée de la population dans les quartiers. Seules des unités spéciales (BAC, Unité TErritoriale de Quartier) interviennent de manière quasi-militaire pour pacifier ce quartier hostile. Pour quels résultats ? Pourquoi la Police n’a pas d’obligation de résultat ? Quant un enseignant ne fait pas le programme prévu, il est sanctionné. Quant un policier ne fait pas baisser la délinquance, ce n’est pas sa faute mais celle des circonstances. Et qu’on ne me dise pas que c’est la loi de l’omerta qui est responsable parce que soit disant personne ne parle. Pour avoir été de multiples fois déposer plainte pour cambriolage, je peux témoigner que les renseignements que l’on peut apporter sur les suspects n’intéressent pas la Police qui se contente d’empiler jour après jour les dépôts de plainte sans jamais revenir vers les victimes.
Lundi soir et mardi matin le nouveau Préfet-policier installé par N. Sarkozy le 30 juillet dernier parlait dans les médias : FR3 le soir et France Bleu le matin. Il disait le lundi soir que nous allions avoir du nouveau dans l’enquête. Effectivement mardi au petit matin avant son interview à la radio, le supposé complice du braqueur abattu le 16 juillet au bas de sa montée à l’Arlequin était arrêté dans un appartement d’amis à 8 kilomètres de Grenoble. Le Juge des Libertés et de la Détention a pris hier soir la décision de le laisser libre sous contrôle judiciaire. Dans la même séance ce juge qui n’est pas laxiste a maintenu en détention plusieurs prévenus dont des mineurs. Doit-on rappeler que la mise en détention provisoire doit être l’exception et la libération sous contrôle la règle. La France est d’ailleurs régulièrement rappelée à l’ordre par l’Europe au sujet de ses trop nombreux détenus sans jugement. Que n’entend pas depuis hier soir ? « Forfaiture » dit un syndicat de Police proche du FN; « absolument inacceptable », dit la procureure; « inadmissible, intolérable et scandaleux » dit un autre syndicat.
B. Hortefeux se dit « consterné »; l’omni-président juge «difficilement compréhensible» cette décision. Depuis le temps que Président et Ministres ne respectent plus la séparation des pouvoirs, nous nous sommes presque habitués à ces appréciations, mais pour ma part je me dis que le dossier doit être bien mince pour que le JLD en ait décidé ainsi. La Police Scientifique n’aurait donc retrouvée aucune empreinte ou dépôt d’ADN du suspect dans le véhicule qui a servi au braquage ? Seuls les juges et les avocats ayant accès au dossier peuvent le dire. N’oublions pas les précédents ayant servi au pouvoir pour leurs rodomontades à destination des électeurs du FN comme Tarnac qui ont fait flop aussi…
Après l’évacuation forcée d’un camp d’une centaine de roms à Saint-Martin d’Hères hier, c’est un autre campement sur la commune de La Tronche qui est dans le collimateur de l’État et de son nouveau Préfet policier de l’Isère. J’ai déjà eu
Malgré une ville en état de siège et des cordons de CRS bloquant l’accès au lieu du rassemblement,
Assurément quand on relit les paroles du Déserteur, même dans la version pacifiste : « Monsieur le Président, Si vous me poursuivez, Prévenez vos gendarmes, Que je n’aurai pas d’armes, Et qu’ils pourront tirer »; la version initiale « Que je tiendrai une arme , Et que je sais tirer... » aurait sûrement entraîné une comparution immédiate de Boris Vian… Aujourd’hui le ministre récemment condamné pour injure raciale annonce avoir déposé plainte contre deux sites web pour « injure et diffamation publiques contre la police ». Brice Hortefeux pour les faits dont il a été jugé coupable pouvait être condamné à 45 000 € d’amendes et un an d’emprisonnement alors que les poursuites qu’il engage contre les directeurs de publication (s’ils sont identifiables) de ces sites web ne sont passibles que de la même amende mais pas d’emprisonnement.
Au lieu d’afficher une fois de plus les voitures brûlées que j’ai vues avec d’autres habitants samedi matin vers 7 heures, je préfère montrer cette image de la chorale des enfants de Villeneuve prise le 5 juin dernier. Pas ou peu de journalistes présents ce jour-là pendant ce moment de grande solidarité entre tous les habitants quelles que soient leurs histoires et leurs difficultés… Aujourd’hui en pleine nuit, on voit les voitures des télés et radios nationales sillonner le quartier à la recherche du moindre témoignage ou image de dégradation. Reviendront-elles à la prochaine fête du quartier ? J’en doute.
Telle est la déclaration que tous les téléspectateurs du journal de 20 heures de France 2 ont pu entendre mardi soir de la bouche du journaliste Etienne Leenhardt au tableau électronique pour faire plus sérieux. Le site
Tous les deux ans se tient le
Hier à l’occasion de la journée nationale d’actions, Grenoble a une nouvelle fois dépassé en mobilisation beaucoup d’agglomérations de même taille en France. La manifestation était compacte et il est difficile d’avoir le bon chiffre, mais tout le monde s’accorde pour dire qu’elle dépassait largement celle du 27 mai. Quand on se souvient de la montée des protestations contre le CPE qui ont démarré bien plus tard alors que la loi était déjà dans la navette parlementaire, on peut dire que cette fois encore la résignation n’est pas de mise. Au moment où les affaires s’étalent au sommet de l’État, les Françaises et les Français ne sont pas prêts de croire que le recul des acquis sociaux est inéluctable.
Le week end dernier se tenaient à Grenoble les premiers « États généraux du Renouveau » sous l’égide de Libération et du Nouvel Observateur. Faisant suite au Forum Libération qui a quitté Grenoble et la Maison de la Culture, la nouvelle formule m’a attiré pour l’intérêt des thèmes abordés et des intervenants annoncés. Même si des grandes messes PS avec Rocard, Hollande et consorts sont toujours organisées, d’autres ateliers rompaient avec les face à face sans réelle intervention du public des forums Libé. C’est ainsi que j’ai pu assister en particulier à « Humilier pour punir : le cas de la fouille intégrale » avec l’Observatoire International des Prisons et un député PS qui s’engage (pas comme notre député-maire qui n’exerce pas son droit de visite); aussi « Les retraites » avec la fondation Copernic, Gérard Filoche, Attac, la CFTC et le Modem (Benhamias). Mais s’il est un atelier à retenir, c’est celui sur le thème « Vers une société du contrôle et de la norme ? » (photo) avec Evelyne Sire-Martin (ex-présidente du Syndicat de la Magistrature), Caroline Mecary (présidente de la fondation Copernic), Marie-José del Voglio qui a lancé avec d’autres l’
Hier matin, une opération de police d’envergure a expulsé 6 familles roms (10 adultes et 13 enfants dont certains de moins de 2 ans) de leurs abris sur la commune de Saint Martin d’Hères à côté de Grenoble. Les CRS n’ont même pas laissé la possibilité aux familles de prendre leurs affaires et avec leurs enfants celles-ci ont assisté à la destruction immédiate de leurs refuges (une station Total désaffectée et une usine fermée) avec leur maigres biens dedans. Ce traitement inhumain que la France continue d’appliquer à ces européens qui fuient la misère et les discriminations qu’ils subissent dans leurs pays, dont la Roumanie pour la majorité de ceux qui sont arrivés à Grenoble, n’est pas digne des valeurs de la République. Les roms, qui ne peuvent demander le droit d’asile, les pays de l’Union Européenne étant tous réputés sûrs, seront s’ils sont expulsés contraints de se payer un retour en car ici dans quelques semaines. Tout ceci n’a aucun sens, si ce n’est d’augmenter le compteur d’expulsions du Préfet. Des enfants scolarisés ne peuvent terminer leur année scolaire; tout le travail d’aide à l’insertion réalisé par des associations comme Roms action est mis à mal. La situation de ces familles avait été décrite dans
Presque deux ans jour jour jour après
« En tant que Vice-président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, j’ai interpellé ce matin Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères et européennes, sur les conditions de libération de Clotilde Reiss,… » ainsi commence le billet de Michel Destot sur son blog jeudi dernier. Est-ce en raison de la sortie du
Lundi soir à 17h, le conseil municipal de Grenoble s’annonçait tendu. Des appels avaient été lancés sur le Web pour venir y exprimer son opposition à l’installation de caméras de vidéosurveillance dans notre ville. L’ordre du jour prévoyait une délibération sur la mise en place d’un « collège d’éthique de la vidéosurveillance » à Grenoble. Au lieu de placer ce point en tête de l’ordre du jour pour permettre au public d’être présent sans assister à 45 autres délibérations, le maire avait choisi comme pour chaque sujet délicat ne faisant pas consensus dans sa majorité hétéroclite de le renvoyer vers la fin de l’ordre du jour et donc 6 heures après le début du conseil. Cela n’était pas supportable pour le public venu entendre ce débat. Suite à plusieurs interruptions des collègues par des cris et slogans venus du public, le maire a préféré faire intervenir la gendarmerie nationale en nombre pour évacuer vers 20h la tribune du public.
Lundi dernier, j’étais au côté du Préfet de l’Isère pour déposer des gerbes à la mémoire de l’esclavage et de la traite négrière devant la plaque que la Ville de Grenoble a apposée il y a quelques années en hommage à Toussaint Louverture, esclave haïtien affranchi qui a pris sous Napoléon la tête de la révolte contre le colonisateur. Malgré la pluie battante, cette cérémonie officielle a été emprunte de dignité et d’une détermination sans faille pour lutter aujourd’hui comme hier contre l’esclavage moderne. En tant qu’élu chargé pendant sept ans des Droits des Étrangers, j’ai eu souvent l’occasion de correspondre et de rencontrer les Préfets qui se sont succédés place de Verdun depuis 2001. Aujourd’hui, ces échanges feutrés ne suffisent plus devant les mesures d’éloignement qui s’abattent sans aucune humanité sur des familles. Aussi j’ai décidé d’utiliser ce mode public de communication pour demander à Monsieur le Préfet de reprendre la main sur le service des étrangers qui depuis des mois semble agir sans discernement, ni contrôle.
Jeudi dernier, nous étions environ 200 à nous rassembler puis à défiler en soutien au peuple grec place Victor Hugo devant le siège de banques qui sont les premières responsables de la situation. Le niveau d’endettement de la Grèce est mis en avant pour tenter de justifier des reculs sociaux injustifiables. Pourtant, les dettes de pays comme l’Italie, la Belgique, la France et même l’Allemagne, sont tout aussi préoccupantes. Sur
Qui aurait cru qu’un camp de réfugiés puisse être installé à Grenoble ? Certainement pas le docteur Allemand, président de l’antenne grenobloise de Médecins du Monde qui en a vu beaucoup dans le monde, mais pas encore ici. L’urgence est telle qu’avec l’association ADA (Aide aux Demandeurs d’Asile), ils ont décidé de mener cette action forte dans le parc de l’Alliance devant la volonté de l’État de laisser à la rue des personnes isolées ou même en famille avec enfants en bas âge.
Après la fin proche de deux saisons de Ligue 1 du GF38, le coût réel du Stade des Alpes en investissements comme en fonctionnement n’est toujours pas rendu public. À mes questions en commission à La Métro propriétaire, il m’est répondu «c’est trop tôt : nous sommes encore en régime transitoire…». Je rappellerai à ce sujet l’article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : «La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. »
Le titre de ce billet est celui d’