dim 13 mai 2012
Villeneuve debout et les contre discours de Grenoble
Envoyé par Gilles Kuntz sous PolitiquePas de commentaire
Samedi malgré les bourrasques de vent, une trentaine de discours de Grenoble sélectionnés par un jury ont été lus dans le kiosque à musique du Jardin de Ville. Le résultat est très riche allant de slams déclamés par de jeunes auteurs à des discours témoignages de vie en passant par des textes plus politiques faisant contrepied à l’infâme discours raciste et xénophobe de l’ex-président prononcé le 30 juillet 2010 dans notre ville.
Répondant à la demande des organisateurs, j’ai écrit un court texte politique qui a été sélectionné et que j’ai lu samedi :
« Ne me parlez-pas de Grenoble ! » pourrait-on dire après Fernand Raynaud suite à l’odieux discours du président des riches prononcé le 30 juillet 2010 dans une préfecture assiégée par les forces de l’ordre. Justement si, parlons-en pour lui apprendre le glorieux passé d’une ville qu’il n’a pas pu connaître lors de son parachutage de quelques heures dans notre cité.
Révolutionnaire, révoltée, indignée Grenoble l’a toujours été. Depuis la journée des Tuiles du 7 mai 1788 qui marque le début des soulèvements qui conduiront à la Révolution jusqu’au 11 novembre 1943 où des milliers de Grenoblois se sont levés contre l’occupant nazi. Sans oublier plus près de nous, la manifestation des « rappelés » de la guerre d’Algérie en mai 1956, celle du 9 décembre 1996 où plus de 20 000 manifestants se sont opposés à la venue de Le Pen. ; enfin le 27 avril 2002 la plus grande manifestation de province contre les menaces pour les libertés que la présence de Le Pen au deuxième tour faisait peser : au moins 40 000 personnes se sont mobilisées.
Et c’est cette ville que celui qu’on voudrait oublier a choisi pour prononcer un discours raciste et xénophobe ! Mais à quoi servent ses conseillers ? Ils auraient dû l’avertir que Grenoble s’est mobilisée dix ans durant pour demander le droit de vote des résidents étrangers. Chaque année depuis 2002 des centaines de militants français et étrangers organisent une « votation citoyenne » sous le mot d’ordre « Votons pour qu’ils votent ». Les résultats sont tellement favorables à l’octroi de ce droit de voter et d’être élu pour tous les résidents que le Front National ne fait même plus campagne pour le non, sûr d’être archi battu. Dans cette ville se côtoient de très nombreuses nationalités et plus encore de Grenobloises et Grenoblois dont les familles sont venues ici depuis moins d’un siècle. Cette richesse de la diversité qui a forgé Grenoble est un désaveu cinglant au discours d’exclusion prononcé ici un certain 30 juillet 2010.
Les noms de rue, les plaques rappellent partout les sacrifices des résistants qui ont lutté pour la liberté, l’égalité et la fraternité. Et même la justice comme il est ajouté sur la fontaine des Trois Ordres érigéee place Notre-Dame pour fêter le premier centenaire de la journée des Tuiles. Oui, la justice pour toutes et tous, à laquelle nul ne peut se soustraire comme le président des riches entend le faire. « La Société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. » est-il écrit dans la déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen. Quand viendra donc le tour d’être jugé pour l’auteur du discours de Grenoble que l’on va vite oublier ?
Mardi dernier lors d’une manifestation du premier mai bien plus importante malgré le pont qu’à l’habitude, des centaines de militants et de sans-papiers lançaient ce slogan à Grenoble. Même s’il ne faut pas donner le résultat avant le vote, il est important de rappeler les engagements des candidats et de leur parti. En 2009 dans un discours, la première secrétaire du PS déclarait : « Le PS doit défendre une régularisation large des sans-papiers ». Ceci était repris peu après par Arnaud Montebourg : « régularisation large, selon des critères ». Depuis le candidat socialiste est revenu sur ce point parlant de « régularisation au cas par cas » marchant ainsi dans les pas de son adversaire qui n ‘a cessé de dire la même chose et de l’appliquer. Tout serait donc lié aux cas qui seraient présentés. Drôle de conception des droits humains. Un droit est un droit et ne se discute pas. C’est ce que les sans-papiers venus le 15 mars en délégation au siège du PS ont dit : « Le cas par cas, on n’en veut pas ! Depuis 2008, à l’appel de 44 organisations, nous menons une campagne pour dénoncer le racket et l’injustice fiscale que subissent les travailleurs et travailleuses sans papiers. La majorité d’entre eux travaillent de manière déclarée et paient des cotisations sociales sans pouvoir bénéficier des prestations qui y sont attachées (allocation chômage, retraite…). Nous estimons que l’État français encaisse plusieurs centaines de millions d’euros par an sans jamais rien décaisser ! Par ailleurs, toutes et tous paient des impôts : sur le revenu pour les travailleurs déclarés et sur la consommation via la TVA. Pourtant, l’Etat français ne leur accorde aucun droit et s’obstine à les chasser ». Dimanche soir en cas de victoire, que je souhaite, du candidat socialiste, des Grenobloises et Grenoblois seront déjà dans la rue place de Verdun afin d’exprimer les exigences sociales et politiques à l’égard du futur président.
A l’appel du Réseau Sortir du Nucléaire 38, une chaine humaine a traversé les rues du centre ville de Grenoble samedi pour rappeler la mémoire des liquidateurs de Tchernobyl et dire plus jamais ça. Ceux-ci étaient plus d’un demi-million à courir enlever un déchet sur le toit éventré de la centrale, des centaines de milliers sont aujourd’hui invalides, des dizaines de milliers en sont morts. Combien d’autres succomberont des suites de leur intervention il y a un an et encore aujourd’hui à Fukushima qui est loin d’être sous contrôle ? Comment se dire que ces catastrophes ne pourront avoir lieu chez nous dans la région la plus nucléarisée d’Europe ? Pour avoir entendu les témoignages d’ouvriers et techniciens qui assurent de plus en plus les opérations de maintenance des centrales nucléaires françaises pour le compte de sociétés sous-traitantes sans la nécessaire formation, on ne peut qu’être inquiet.
Une nouvelle fois, le téléphérique de Grenoble qui sert souvent d’emblème à notre ville est recouvert de publicité. Déjà à l’automne, une première tentative de publicité pour une banque avait été affichée quelques jours avant que la polémique ne fasse comprendre à la société qu’elle y perdait en image et que les bulles ne retrouvent leur aspect normal. Cette semaine deux séries de publicités sont apparues : l’une pour le Salon de l’Aménagement en Montagne sur un train de bulles, l’autre pour la société Pomagalski, constructeur grenoblois de téléphériques.
Le titre de ce billet mérite des explications pour celles et ceux qui ne fréquentent pas les universités de Grenoble.
Mon parti politique
Une figure de la Résistance nous a quitté. J’avais eu l’occasion de rencontrer Raymond Aubrac à plusieurs reprises. Toujours prêt avec sa femme Lucie à venir parler de l’Histoire avec un grand H qu’ils avaient contribué à écrire. Je me souviens d’un débat à Saint Martin d’Hères où vivent sa fille et son gendre autour du film «
Depuis
Après beaucoup d’acharnement de notre groupe d’éluEs et pas mal de réticences vaincues, un premier PActe Civil de Solidarité (PACS) a pu être enfin célébré samedi 24 mars à l’Hôtel de Ville de Grenoble avec toute la solennité qui sied aux mariages ou parrainages républicains qui s’y déroulent déjà. Pour y parvenir, il nous a fallu déposer un vœu
Une
Demain démarre à Marseille le
Ce week-end ont eu lieu à Grenoble comme dans beaucoup de villes de France et d’Europe des manifestations de soutien au peuple grec qui lutte contre les plans d’austérité à répétitions que l’Europe aux mains des banquiers veut lui imposer. Samedi une manifestation composée surtout d’étudiants et de grenobloises et grenoblois d’origine grecque s’est rendue en cortège devant le Consulat de Grèce. Le matin même interviewé par France Bleu Isère, le consul avait déclaré : « Le grec a essayé depuis deux ans à se restreindre et qu’est-ce qui se passe : de nouvelles restrictions. (…) La plupart des sommes allouées ne vont pas au peuple, mais à l’extérieur du pays. » Demain aura lieu à Bruxelles une réunion décisive des ministres des finances de la zone Euro. À la suite de la décision du gouvernement grec votée difficilement par le Parlement cette semaine du nouveau plan d’austérité, de nouveaux prêts à des taux élevés seront consentis à la Grèce pour payer les banques dont plusieurs banques françaises qui détiennent la dette souveraine de la Grèce.
Beaucoup de collectivités ont souscrit dans les années 2006-2007 des emprunts qui aujourd’hui sont à qualifier de toxiques, car la crise financière que nous traversons révèle leur dangerosité cinq ans après pour les finances publiques. C’est le cas de la communauté d’agglomération de Grenoble, la Métro, qui en 2007 a souscrit auprès de DEXIA, « banque des collectivités » aujourd’hui en faillite, un emprunt courant jusqu’en 2032 basé sur un rapport de devises entre l’euro et le franc suisse. Le taux obtenu restait à 3,57 % pour plus de 20 millions d’euros empruntés, tant que ce rapport €/FS restait supérieur à 1,43, sinon il risquait de s’envoler vers des taux que l’on pourrait qualifier d’usuraires pour des particuliers. Début 2011, ce rapport entre notre monnaie et le franc suisse est passé sous cette barre de 1,43 et depuis s’est effondré arrivant même à la parité 1 € = 1 FS en août dernier. J’ai voulu savoir si le risque qui avait été pris en 2007 en valait la chandelle.. Même pas, m’a répondu la vice-présidente aux finances d’alors, au lieu du taux de 3,57 % il était possible d’obtenir alors un prêt à taux fixe un peu plus cher, mais à moins de 4 % …. Pourquoi alors avoir spéculé avec notre argent pour un surcoût aussi faible ? En mars 2011, le nouveau vice-président aux finances déclarait encore en séance malgré l’effritement déjà de l’euro : « Franchement, la question du degré de risque et notamment de la parité Euro/Franc suisse n’est quand même pas le plus risqué que nous puissions trouver aujourd’hui. » Quelques mois après avec l’effondrement de l’euro déjà amorcé depuis le début de l’année, le taux de ce prêt dépassait les 25 %…Heureusement pour la Métro, la banque nationale suisse décidait de réagir en septembre pour maintenir le rapport €/FS à au moins 1,20, ce qui entrainait pour notre prêt toxique un taux de 11,5%. Mais encore une fois une mauvaise décision a été prise et la Métro ne croyant pas à la capacité de la Suisse de faire face aux spéculateurs décidait de « sécuriser » ce taux pour l’échéance annuelle du premier janvier dernier à 13,05%. Encore perdu : quelques centaines de milliers d’euros s’envolaient, car la banque helvétique avait des coffres assez pleins pour faire face et maintenir le rapport €/FS à 1,20. Seule la Métro en doutait. Au final et pour cette seule année 2012, c’est 1,9 million d’euros perdus en intérêts toxiques entre le taux de base de 3,57% initial et celui de 13,05% finalement payé… Face à cela d’autres ont été plus prévoyants. Romans par exemple a sécurisé début 2011 deux échéances à un taux de 4,25%, pendant que la Métro laissait faire pour finalement s’affoler quand il était trop tard. Tout le contraire d’une gestion sage des deniers publics.
Suite à la nomination le 21 juillet 2010 d’un Préfet-policier à Grenoble, la nomination en conseil des ministres du nouveau recteur quelques jours après était passée au second plan. Pourtant Olivier Audéoud est visiblement aussi arrivé dans l’Isère en mission commandée. Son parcours est éloquent. Pour un universitaire comme moi, il n’a pas hésité dans sa carrière à sauter sur les opportunités commençant à la Sorbonne, passant à Nancy 2, retournant à Paris pour l’université de Nanterre dont il devient président de haute lutte (au 4e tour) en 2003. Il s’y fait connaitre pour avoir appelé la police contre les étudiants lors des manifestions de l’automne 2007 contre la loi LRU. Son mandat n’étant pas renouvelé en 2008, il garde néanmoins sa place dans la «Conférence des Présidents d’Université » où il est chargé des relations internationales. En janvier 2010, il rejoint le conseil d’administration du pôle universitaire privé Léonard-de-Vinci (PULV) à La Défense, surnommé fac Pasqua, du nom de son créateur et toujours président de l’association de gestion. Olivier Audéoud indique d’ailleurs dans une interview avoir rencontré quelques années auparavant le président du conseil général des Hauts-de-Seine Nicolas Sarkozy avec lequel il aurait échangé 3/4 d’heure sur la fac Pasqua, université décriée dès sa création en 95 comme une université privée construite et financée sur fonds publics. La Cour des Comptes l’a d’ailleurs souvent épinglée. Aujourd’hui après sa nomination comme recteur en juillet 2010, Olivier Audéoud est toujours président du Conseil Scientifique et Pédagogique de cette université privée. Étonnant, non ? Il est vrai qu’il y retrouve un collègue, le recteur de Corse !
Depuis près d’un mois que je n’ai pas publié de billet, bien des évènements se sont passés sur Grenoble. Parmi ceux qui ne sont pas dans les journaux, je voudrais mettre en avant la montée du racisme inquiétante contre les populations les plus exclues. Peu après le 50e anniversaire des sinistres « ratonnades » de la police de Papon jetant des centaines d’algériens à la Seine en 1961, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec le traitement que fait subir notre Préfet et sa police aux populations d’origine roms venus se réfugier dans notre ville. L’évêque de Toulouse avait lui osé faire en août 2010 le rapprochement avec le traitement subi par les juifs sous Vichy. Évidemment et heureusement à Grenoble il n’y a pas mort d’hommes comme à Paris où un homme a péri brûlé vif dans un campement incendié le 24 octobre rue des Pyrénées. Pourtant cela aurait pu arriver ici où par deux fois des individus masqués se sont introduits dans une maison occupée rue Germain par des dizaines de familles venant d’ex-Yougoslavie en attente d’un droit d’asile en France. Des vitres ont été cassées à coup de battes de base-ball, des balles ont été tirées (impact en bas à gauche sur la photo) pendant que les enfants apeurés hurlaient à l’intérieur. La police n’a même pas recherché les balles, ni ramassé une batte cassée abandonnée sur place. Quelques jours plus tard, un feu de cheminée providentiel permettait à la police de faire évacuer la maison, puis de conduire les occupants en grande majorité à l’Hôtel de Police et certains en centre de rétention à l’aéroport de Lyon. Pendant ce temps la maison était soigneusement murée par des ouvriers prêts à intervenir sur l’heure, une police en civil sans brassard « Police » armée de mitraillettes brandies sous le nez éloignant ceux qui voulaient reprendre leurs affaires à l’intérieur (je le sais pour en avoir fait les frais..). Il suffit de lire le récit de ces faits
Depuis la lecture des jugements du tribunal administratif vendredi matin, je n’ai pas agi comme certains en envoyant des communiqués de presse tous azimuts. Pourtant, membre du Conseil d’Administration du Lycée Mounier depuis avril 2008, ayant participé à la lutte des Mounier et étant le seul élu présent à l’audience du 3 novembre au cours de laquelle le rapporteur public a lu ses conclusions, j’aurais pu tenter de faire parler de moi. Sachons rester aux côtés des luttes et ne pas les instrumentaliser comme le font certains de nos collègues du conseil municipal. Revenons-en donc aux faits :
À plusieurs reprises, Danielle Miterrand avait fait le déplacement de Grenoble pour mener son combat pour l’eau, bien public de l’humanité. J’avais eu l’occasion de la rencontrer très humble dans cette salle de la Maison des Associations de Grenoble venu faire partager ses convictions aux militants qui luttent plus que jamais pour un maintien de l’eau en régie municipale. Pas d’accueil du PS local qui visiblement n’a jamais mis ici la lutte pour les services publics en avant… mais laissons de côté la politique et donnons en ce jour douloureux la parole à
À mes lecteurs : désolé pour le manque de billet ces temps-ci, mais ce dernier trimestre est très chargé et ne laisse pas le temps d’écrire…
C’est le titre du film de Yasmina Adi qui vient de sortir et qu’il faut aller voir avant qu’il ne disparaisse de l’affiche. Lundi dernier, nous commémorions comme chaque année à Grenoble la mémoire des disparus et morts du 17 octobre 1961 où à Paris la police sous les ordres du Préfet de Police Maurice Papon a exécuté des centaines d’algériens qui manifestaient pacifiquement avec femmes et enfants pour protester à l’appel du FLN contre le couvre-feu qui leur était imposé. Beaucoup ont été jetés vivants à la Seine où ils se sont noyés. C’était le plus grand massacre d’ouvriers en France depuis la Commune de Paris. Le 17 octobre dernier, il y avait juste 50 ans….