CONSEIL MUNICIPAL DE GRENOBLE DU 24/09/2007


Vœu présenté par Gilles Kuntz, Adjoint délégué à la Lutte contre les Discriminations et aux Droits des Étrangers
au nom du groupe des écologistes ADES, Verts, Alternatifs

présenté par la majorité municipale

Le Gouvernement a soumis le 18 septembre à la discussion de l’Assemblée nationale un nouveau projet de loi relatif à « la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile ».

Durant la précédente législature, trois lois ont déjà été votées, 26 novembre 2003 sur l’immigration, 10 décembre 2003 sur le droit d’asile et enfin le 24 juillet 2006 sur le Code de l’entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d’asile (CESEDA). En 4 ans, la procédure de regroupement familial a ainsi été modifiée par deux lois, mais aussi par deux décrets (17 mars 2005 et 8 décembre 2006), trois circulaires (17 janvier 2006, 27 décembre 2006 et 22 février 2007) et un arrêté (28 septembre 2006).

Le présent projet vient donc s’ajouter à cette longue liste. Il restreint considérablement les droits des étrangers et particulièrement celui à une vie de famille normale grâce au regroupement familial, un amendement parlementaire prévoyant m^me l’utilisation de tests génétiques jusque là réservés à la recherche ou à des procédures judiciaires, le plus souvent criminelles.

Finançant de nombreuses associations comme l’ADATE ou l’ODTI, soutenant l’action des centres de santé, et directement impliquée dans la gestion des écoles maternelles et élémentaires, du service de santé scolaire, et, avec le CCAS, de centres sociaux, du centre d’hébergement d’urgence et du dispositif d’urgence hivernal, la Ville de Grenoble est pleinement partie prenante d’une politique d’accueil des étrangers, quelles que soient leurs situations administratives, qui relève pourtant des compétences premières de l’État.

Aussi, les élus du Conseil Municipal s’inquiètent de constater que le climat généralisé de suspicion vis à vis des étrangers entretenu par ces lois successives aboutit à un recul grave en terme d’accès à des droits humains fondamentaux (logement, santé, éducation) et constitue de fait un frein à l’action d’associations et de services publics dont les missions sont universelles. Représentant une Ville dont l’identité multiculturelle est liée à la présence successive sur son territoire de personnes provenant des cinq continents, qui en ont fait la richesse, parfois au cœur des pires drames de l’Histoire, les élus du Conseil Municipal refusent la logique de criminalisation des solidarités à l’égard des étrangers, et demandent au gouvernement de garantir le bon fonctionnement de l’action universelle des services publics.

En conséquence, le Conseil Municipal de Grenoble réuni le 24 septembre 2007, demande au Président de la République et au Premier Ministre de retirer ce projet de loi de l’ordre du jour du Parlement.

Ce vœu sera adressé au Président de la République et au Premier Ministre.