Exposition "OQTF" au Musée de la Résistance et la Déportation Hier soir avait lieu l’inauguration de l’exposition de Guillaume Ribot (photographe) et Vincent Karle (écrivain) au Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère.  A deux pas de la Préfecture de l’Isère qui continue de discriminer les usagers selon le service demandé (accueil en quelques minutes pour une carte grise, en …trois jours pour une demande d’asile), cette exposition retrace le parcours d’une famille réfugiée à Grenoble, que j’ai soutenue en 2009 comme beaucoup d’autres à l’occasion de rassemblements de soutien et de lettres adressées au Préfet. En vain, aujourd’hui la famille Ayari n’a toujours pas obtenu un titre de séjour définitif.

L’exposition retrace le parcours de la famille à travers leurs peines et leurs joies, les arrestations et les soutiens. Elle a tout sa place dans le Musée de la Résistance, car, comme l’ont déclaré hier les auteurs, le rapprochement avec la chasse aux étrangers qu’ils ont étudiée par ailleurs pendant les périodes noires de la dernière guerre est manifeste. Les rafles sont organisées comme alors pour faire du chiffre. A ce propos le témoignage d’un ex-policier de la PAF (Police Aux Frontières) est saisissant.

Un détour à faire dans ce musée cet été surtout avec des enfants pour créer et renforcer la solidarité avec leurs camarades dont les parents sont sans papiers.

Mazdak Kafai (photo François Frualdo - DL) Après avoir renoncé à voter pour Michel Destot (PS) ou Patrice Voir (Front de Gauche-PCF) dans un article précédent, j’avais promis dans un deuxième temps d’indiquer mon choix et les raisons de mon vote. À ce point de réflexion, je suis obligé de comparer deux candidats (parmi les 16 qui se présentent dans ma circonscription…) à savoir Yann Mongaburu pour Europe Écologie – Les Verts et Mazdak Kafaî pour le NPA soutenu par Les Alternatifs.

Je connais depuis longtemps Yann Mongaburu qui a été notre attaché de groupe plusieurs années à la mairie de Grenoble. Il a pour lui la jeunesse, un engagement écologiste sans faille et une volonté réelle d’aller au bout et de remplir son rôle de député qui décoiffe… et donnera un coup de jeune à cette assemblée de notables. Mais il est très improbable qu’il figure au 2e tour au vu des résultats catastrophiques d’EELV à la présidentielle et l’accord national signé cette fois-ci avec le PS fera qu’il apportera nos voix sur un plateau à Michel Destot contre lequel je m’affronte tous les jours à la mairie. Sur le fond, EELV a montré que ce parti plaçait les postes avant les idées et était prêt à de nombreux reculs sur des points non négociables au départ. Chaque jour nous le montre : aujourd’hui la dépénalisation du cannabis, demain l’aéroport ND des Landes ou la fermeture de centrales nucléaires pourtant en fin de vie. On ne peut leur faire confiance.

J’apprécie aussi de plus longue date Mazdak Kafaï à côté duquel il m’arrive souvent de militer par exemple pour les droits des sans papiers. Je ne partage pas toutes les analyses de son parti le NPA, sinon j’y aurai adhéré. Néanmoins compte-tenu de la collusion constante dans l’agglomération du PS et du PCF qui siègent côte à côte dans tous les exécutifs des grandes villes et de l’agglo et mènent des politiques souvent anti-écologiques pour la défunte rocade par exemple, il nous a semblé aux Alternatifs que le rassemblement ne pouvait se faire avec le Front de Gauche pour ces élections, mais avec le NPA. Nous pensons en effet que l’action politique ne se mène pas que dans les urnes, mais aussi dans les luttes. Alors pourquoi ne pas nous associer pour les élections avec ceux qui nous rejoignent dans l’action ? De plus, sur des questions qui nous tiennent à cœur comme le féminisme et l’écologie, le NPA a bien progressé et nous nous sommes retrouvés par exemple ensemble dans la chaîne humaine pour sortir du nucléaire, quand le PS et le PCF étaient aux abonnés absents. Au niveau des qualités humaines, Mazdak Kafaî est aussi encore jeune, très investi dans les luttes et saura défendre les sans droits. Mon choix est fait.

Deux géants en osier à VilleneuveCe week-end le quartier de la Villeneuve de Grenoble fêtait ses 40 ans. Parmi les nombreuses manifestations parfois gâchées par la pluie, je retiendrai la rencontre samedi soir entre Nissa la géante construite l’an dernier et son compagnon fabriqué pour les 40 ans. Une déambulation festive en lumière et en musique dans le parc Jean Verlhac a précédé ce moment. De nombreux habitants ont suivi le parcours dans les recoins et les bosquets, beaucoup participant à l’action en poussant les praticables, en actionnant les mécanismes pour faire bouger les géants ou en les éclairant avec des lampes torches dissimulées dans des valises. Il faut saluer le travail de la compagnie l’Homme Debout qui a su créer ces personnages lors d’ateliers avec les habitants. Cette année, cette idée de donner ce spectacle de nuit est bienvenue car Grenoble manque de manifestations populaires de nuit comme il en existe souvent dans les villes méditerranéennes. J’avais déjà apprécié en leur temps les toros de fuegos venus dans le parc et plus récemment la déambulation de MC2 à Hoche de la compagnie Xarxa Teatre. Souhaitons le retour d’autres évènements où l’on sente une si forte communion du public avec les acteurs.

Michel Destot, député et maire de Grenoble J’ai pris l’habitude de dire pour qui je vote, pas pour quelles raisons je ne vote pas pour d’autres candidats. Cette fois-ci, je pense le faire en deux temps : d’abord dire quels sont les candidats que j’écarte avant de choisir. J’habite à Villeneuve dans la troisième circonscription dont le député sortant est aussi le maire de Grenoble Michel Destot. Rien que ce cumul suffirait à ne pas accorder ma voix au sortant. Combien de fois celui-ci a t-il dit qu’il était contre ce cumul pour en même temps en profiter. Aujourd’hui il affirme qu’il renoncera à un de ses mandats quand son parti le décidera, c’est-à dire probablement pas avant 2014… Mais plus encore, mon refus de faire confiance à Michel Destot vient de sa quasi absence dans l’hémicycle et aussi en commission même quand il en est vice-président.. Quel tour de force ! Il lui est même arrivé après avoir déposé très rarement une question écrite de ne pouvoir rester en séance pour la poser oralement. Parlez-en à son voisin François de Rugy auquel Michel Destot a eu le culot de demander de la lire pour lui… Sur le fond, je ne peux être en accord avec un social libéral qui le revendique : il a d’ailleurs  soutenu jusqu’au bout du bout DSK. Il est aussi membre actif du lobby pro-nucléaire et les rares rapports auxquels il participe à l’Assemblée portent sur ITER,  l’innovation ou la technologie. Le Réseau Sortir du Nucléaire a d’ailleurs rédigé une fiche à son sujet.

Michel Destot prétend que son cumul sert sa ville. Mais il va d’échec et échec. Après avoir vu Grenoble disqualifiée dès le premier tour pour les JO de 2018, il a défendu la Rocade Nord qui n’a pas été jugée d’utilité publique. Il vient nationalement de subir des échecs cuisants, soutenant Aubry contre les autres aux primaires, pour se rallier à Hollande… et voir lui échapper le maroquin de ministre qu’il attendait ardemment allant jusqu’à abandonner son conseil municipal pour parader aux côtés du Président de la République. En vain… Mais arrêtons de tirer sur une ambulance. Son cas est entendu. Les électeurs jugeront ce que son mandat de député peut ou a pu apporter à notre ville…

Un autre candidat que j’écarte dans ce billet est le candidat du Front de Gauche, Patrice Voir. Non pas que je ne sois pas d’accord avec les idées contenues dans le programme du Front de Gauche. Même si j’ai dénoncé sa faiblesse sur le nucléaire et sa conception toujours productiviste du développement humain, cela n’est pas suffisant pour ne pas voter pour son candidat. Non, l’essentiel se juge aussi aux actes politiques des candidats et pour Patrice Voir on ne peut passer à pertes et profits son alliance à la mairie avec la droite et le Modem. Cela n’est pas assez su, mais Patrice Voir a accepté de siéger dans une majorité droite-gauche qui contient des anciens élus du temps du maire corrompu Alain Carignon et pas des moindres. Il cautionne la politique libérale en votant toutes les délibérations qui portent sur la bétonisation de la ville avec les constructions effrénées proposées par l’adjoint à l’immobilier ancien tête de file du Modem. Il a voté en particulier pour la destruction du 50 galerie de l’Arlequin. Patrice Voir donne dans le double jeu et beaucoup de ses soutiens ignorent son action à la Ville dans cette majorité hétéroclite que son parti avait jurée de ne pas rejoindre pour au final y retrouver un groupe dit communiste comme sur cette photo de campagne de février 2008. Cela je ne peux l’oublier non plus.

Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe Écologie – Les Verts déclarait lors du rassemblement de juillet 2011 que l’abandon de l’aéroport Notre Dame des Landes près de Nantes était un préalable à tout accord avec le Parti Socialiste. Puisqu’elle vient d’entrer au gouvernement, on est en droit de s’attendre à une annonce officielle prochaine par le Premier Ministre encore maire de Nantes de la fin de ce projet inutile, anti-écologique et coûteux. Il est vrai que l’accord PS-EELV pour les législatives se contentait de constater un désaccord des deux formations. Mais alors pourquoi entrer dans un gouvernement dirigé par le promoteur de ce mauvais projet ?
Il en est de même d’autres “incontournables” pour l’ensemble des écologistes comme l’arrêt des réacteurs ayant dépassé largement leur durée de fonctionnement et pas seulement Fessenheim.
Le passé se répéterait-il comme sous le gouvernement Jospin avec Dominique Voynet obligée d’avaler des couleuvres ?
Espérons un sursaut d’Europe Écologie – Les Verts…

Discours admirables de Grenoble Samedi malgré les bourrasques de vent, une trentaine de discours de Grenoble sélectionnés par un jury ont été lus dans le kiosque à musique du Jardin de Ville. Le résultat est très riche allant de slams déclamés par de jeunes auteurs à des discours témoignages de vie en passant par des textes plus politiques faisant contrepied à l’infâme discours raciste et xénophobe de l’ex-président prononcé le 30 juillet 2010 dans notre ville.

Répondant à la demande des organisateurs, j’ai écrit un court texte politique qui a été sélectionné et que j’ai lu samedi :

« Ne me parlez-pas de Grenoble ! » pourrait-on dire après Fernand Raynaud suite à l’odieux discours du président des riches prononcé le 30 juillet 2010 dans une préfecture assiégée par les forces de l’ordre. Justement si, parlons-en pour lui apprendre le glorieux passé d’une ville qu’il n’a pas pu connaître lors de son parachutage de quelques heures dans notre cité.

Révolutionnaire, révoltée, indignée Grenoble l’a toujours été. Depuis la journée des Tuiles du 7 mai 1788 qui marque le début des soulèvements qui conduiront à la Révolution jusqu’au 11 novembre 1943 où des milliers de Grenoblois se sont levés contre l’occupant nazi. Sans oublier plus près de nous,  la manifestation des « rappelés » de la guerre d’Algérie en mai 1956, celle du 9 décembre 1996 où plus de 20 000 manifestants se sont opposés à la venue de Le Pen. ; enfin le 27 avril 2002 la plus grande manifestation de province contre les menaces pour les libertés que la présence de Le Pen au deuxième tour faisait peser : au moins 40 000 personnes se sont mobilisées.

Et c’est cette ville que celui qu’on voudrait oublier a choisi pour prononcer un discours raciste et xénophobe ! Mais à quoi servent ses conseillers ? Ils auraient dû l’avertir que Grenoble s’est mobilisée dix ans durant pour demander le droit de vote des résidents étrangers. Chaque année depuis 2002 des centaines de militants français et étrangers organisent une « votation citoyenne » sous le mot d’ordre « Votons pour qu’ils votent ». Les résultats sont tellement favorables à l’octroi de ce droit de voter et d’être élu pour tous les résidents que le Front National ne fait même plus campagne pour le non, sûr d’être archi battu.  Dans cette ville se côtoient de très nombreuses nationalités et plus encore de Grenobloises et Grenoblois dont les familles sont venues ici depuis moins d’un siècle. Cette richesse de la diversité qui a forgé Grenoble est un désaveu cinglant au discours d’exclusion prononcé ici un certain 30 juillet 2010.

Les noms de rue, les plaques rappellent partout les sacrifices des résistants qui ont lutté pour la liberté, l’égalité et la fraternité. Et même la justice comme il est ajouté sur la fontaine des Trois Ordres érigéee place Notre-Dame pour fêter le premier centenaire de la journée des Tuiles. Oui, la justice pour toutes et tous, à laquelle nul ne peut se soustraire comme le président des riches entend le faire. « La Société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. » est-il écrit dans la déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen. Quand viendra donc le tour d’être jugé pour l’auteur du discours de Grenoble que l’on va vite oublier ?

Les sans-papiers à la manif du premier mai à Grenoble Mardi dernier lors d’une manifestation du premier mai bien plus importante malgré le pont qu’à l’habitude, des centaines de militants et de sans-papiers lançaient ce slogan à Grenoble. Même s’il ne faut pas donner le résultat avant le vote, il est important de rappeler les engagements des candidats et de leur parti. En 2009 dans un discours, la première secrétaire du PS déclarait : « Le PS doit défendre une régularisation large des sans-papiers ». Ceci était repris peu après par Arnaud Montebourg : « régularisation large, selon des critères ». Depuis le candidat socialiste est revenu sur ce point parlant de « régularisation au cas par cas » marchant ainsi dans les pas de son adversaire qui n ‘a cessé de dire la même chose et de l’appliquer. Tout serait donc lié aux cas qui seraient présentés. Drôle de conception des droits humains. Un droit est un droit et ne se discute pas. C’est ce que les sans-papiers venus le 15 mars en délégation au siège du PS ont dit : « Le cas par cas, on n’en veut pas !  Depuis 2008, à l’appel de 44 organisations, nous menons une campagne pour dénoncer le racket et l’injustice fiscale que subissent les travailleurs et travailleuses sans papiers. La majorité d’entre eux travaillent de manière déclarée et paient des cotisations sociales sans pouvoir bénéficier des prestations qui y sont attachées (allocation chômage, retraite…). Nous estimons que l’État français encaisse plusieurs centaines de millions d’euros par an sans jamais rien décaisser ! Par ailleurs, toutes et tous paient des impôts : sur le revenu pour les travailleurs déclarés et sur la consommation via la TVA. Pourtant, l’Etat français ne leur accorde aucun droit et s’obstine à les chasser ». Dimanche soir en cas de victoire, que je souhaite, du candidat socialiste, des Grenobloises et Grenoblois seront déjà dans la rue place de Verdun afin d’exprimer les exigences sociales et politiques à l’égard du futur président.

Chaine humaine à Grenoble contre le nucléaireA l’appel du Réseau Sortir du Nucléaire 38, une chaine humaine a traversé les rues du centre ville de Grenoble samedi pour rappeler la mémoire des liquidateurs de Tchernobyl et dire plus jamais ça. Ceux-ci étaient plus d’un demi-million à courir enlever un déchet sur le toit éventré de la centrale, des centaines de milliers sont aujourd’hui invalides, des dizaines de milliers en sont morts. Combien d’autres succomberont des suites de leur intervention il y a un an et encore aujourd’hui à Fukushima qui est loin d’être sous contrôle ? Comment se dire que ces catastrophes ne pourront avoir lieu chez nous dans la région la plus nucléarisée d’Europe ? Pour avoir entendu les témoignages d’ouvriers et techniciens qui assurent de plus en plus les opérations de maintenance des centrales nucléaires françaises pour le compte de sociétés sous-traitantes sans la nécessaire formation, on ne peut qu’être inquiet.

Ce débat sur la sortie du nucléaire que beaucoup de nos voisins ont décidée (Suisse, Allemagne, Autriche, Italie, Belgique..) a été complètement occulté d’une campagne électorale décevante. Il faut à tout prix que cette décision soit un point non négoçiable des accords gouvernementaux à venir après la défaite attendue de Sarkozy. Il y va de notre avenir et de celui de nos enfants.

Publicité sur le téléphérique de Grenoble Une nouvelle fois, le téléphérique de Grenoble qui sert souvent d’emblème à notre ville est recouvert de publicité. Déjà à l’automne, une première tentative de publicité pour une banque avait été affichée quelques jours avant que la polémique ne fasse comprendre à la société qu’elle y perdait en image et que les bulles ne retrouvent leur aspect normal. Cette semaine deux séries de publicités sont apparues : l’une pour le Salon de l’Aménagement en Montagne sur un train de bulles, l’autre pour la société Pomagalski, constructeur grenoblois de téléphériques.

La décision de vendre ces espaces pour de la publicité a été révélée par notre groupe au dernier conseil municipal. Elle avait été prise par le directeur de la Régie du Téléphérique et aussi de l’Office du Tourisme, sans que le président de la Régie, un collègue élu, ne soit au courant. Il n’est pas normal de dégrader ainsi un site classé, la Bastille, et de masquer aussi la vue des usagers qui empruntent les cabines pour voir le panorama qu’elles offrent sur la ville et les massifs alentours. Pour se justifier, le directeur n’a rien d’autre à dire que :« je prends l’argent où il est ». Pour 2500 € il est donc prêt à dégrader l’image de la ville. Bravo pour celui qui devrait au contraire la promouvoir…

AG à EVE lundi 23 avril 2012 Le titre de ce billet mérite des explications pour celles et ceux qui ne fréquentent pas les universités de Grenoble. EVE (Espace Vie Étudiante) est un bâtiment construit par la Métro (communauté d’agglomération) pour le compte des universités en 2003. L’histoire de ce lieu et de sa gestation est résumée ici. Ce bâtiment est géré depuis ses débuts par une association étudiante qui aujourd’hui compte plus de 1600 adhérents et à laquelle les universités ont confié une délégation de service public (DSP) pour cela. EVE offre des services (bar, restauration légère, accès wifi, aide spécifiques aux étudiants étrangers pour leur accueil et leurs démarches, salles de réunion et de concerts,…) et aussi l’hébergement d’autres associations dont une radio étudiante : radio campus 90,8. Elle a aussi créé une  pépinière pour aider les associations en gestation. Bref c’est un lieu unique géré pour et par les étudiants, qui ne ferme pas à 20h comme les lieux du CROUS et où les prix sont presque sans marge.

Trop beau pour ne pas attirer les convoitises… Au prétexte d’un déficit annoncé sans des subventions d’équilibre à la hauteur, l’Université Pierre Mendès-France gestionnaire du lieu décidait l’an dernier de remettre en cause cette DSP et de lancer un nouvel appel d’offres à géométrie variable : l’animation pour les associations étudiantes candidates, le bar, la restauration et la gestion du lieu pour le CROUS ou le privé qui “savent faire”. Tollé chez les étudiants qui mobilisent vite et largement. Une pétition “Sauver EVE” recueille à ce jour 1974 signatures. Je fais aussi un billet au début de l’année sur cette question dans le journal de la Métro. Entre temps le regroupement des universités dans la future “Université de Grenoble” fait transférer EVE de l’UPMF au Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur de Grenoble (PRES), embryon de l’université unique. Changement de braquet : les activités ne seront plus séparées dans deux DSP, mais resteront confiées au même gestionnaire.. Un dernier appel d’offres est lancé pour une réponse demain au plus tard auprès des associations ou entreprises candidates. Tout semble aller pour le mieux, mais… un coup de force tente de prendre le contrôle de l’association qui gère EVE depuis huit ans; d’abord par des candidatures au Conseil d’Administration qui semblent amicales, mais se révèlent lourdes d’intentions cachées. Le nouveau CA issu de la dernière AG décide plusieurs choses : changement du bureau et de la présidence de l’association, décision de ne pas candidater à l’appel d’offres et dévolution des biens de l’association (environ 100 000 € estimés) au PRES. Il s’agit essentiellement d’ordinateurs, de mobiliers, de matériels scéniques. Cette manœuvre est orchestrée par l’UNEF qui a perdu beaucoup d’influence parmi les étudiants comme le montrent les dernières élections. Elle me rappelle les luttes d’influence et les batailles d’AG entre l’UNEF-ID et l’UNEF-SE dans les années 70.. Les pratiques ne changent guère..

Hier une AG était convoquée pour la forme par la nouvelle équipe. J’y suis allé pour être informé de cette question qui regarde aussi la Métro qui a financé et construit le bâtiment. L’accueil était spécial : personnel de sécurité, mise en place de barrières pour éviter toute tentative d’intrusion en force, filtrage strict des entrées des adhérents… Dès le début la nouvelle présidente annonçait que l’AG ne pouvait se tenir en vertu de nouveaux statuts qui auraient été adoptés en CA : majorité absolue requise (soit plus de 1600 personnes) contre 60 prévus dans les statuts précédents. La séance était levée et malgré 180 étudiants qui voulaient débattre la dizaine de membres de la nouvelle équipe battait en retraite en parlant d’aller en justice… Néanmoins l’ancienne équipe faisait alors remarquer que tout cela était illégal, que des statuts se modifient en AG pas en CA et que rien n’avait été déposé comme il se doit en Préfecture. L’AG continuait donc et votait à l’unanimité toutes les résolutions qui défaisaient les décisions prises récemment. Cela peut se terminer en justice dont on connait la lenteur avec le risque d’une fermeture d’EVE et l’arrêt de ce service aux étudiants. Cette triste situation désespérait d’ailleurs les promoteurs d’EVE que j’ai rencontrés sur place.. Suite dans quelques semaines après l’étude des réponses à la DSP et leur prise en compte ou non par le PRES. Il serait grand temps pour les universités et les collectivités de réagir et de siffler la fin de partie.

Jean-Luc Mélenchon de passage à GrenobleMon parti politique Les Alternatifs a choisi dès octobre de soutenir le candidat du Front de Gauche par un vote des adhérents avec une courte majorité. J’ai fait partie de ceux qui pensaient que nous ne pouvions passer à côté d’une telle séquence électorale en ne donnant aucune consigne de vote, même si nous menons plus souvent nos combats dans la rue que dans les urnes.
Depuis, l’excellente campagne de Jean-Luc Mélenchon nous a donné raison, même si des thèmes auxquels nous tenons sont trop absents du programme du candidat et de ses meetings. Parmi ceux-ci l’écologie reste le parent pauvre suite à un compromis passé avec le PCF sur le nucléaire qui malgré Fukushima n’est pas désigné comme le danger qui menace l’avenir de l’humanité. L’autogestion qui nous est chère, le respect des cultures régionales sont aussi l’objet de débats internes mais non tranchés dans le Front de Gauche.

Sans occulter ces lacunes, nous devons reconnaitre que Jean-Luc Mélenchon a su entrainer avec lui une partie de l’électorat qui se sent vraiment à gauche et refuse que des mesures d’austérité soient appliquées à ceux qui souffrent déjà le plus de la crise sociale. Sa défense sans faille des services publics, la hausse enfin du pouvoir d’achat des plus démunis sont autant de raisons pour espérer que son score soit le plus haut possible pour pousser la “gauche” dans le camp qu’elle n’aurait pas dû quitter. Faisons aussi ce qu’il faut pour qu’il passe au 3e rang devançant le parti de la haine.

Certains me diront : pourquoi en tant qu’écologiste vous ne votez pas pour Eva Joly ? Justement parce que celle-ci s’est découvert une fibre écologiste bien tardivement. Derrière elle aussi, trop d’ambitieux prêts à tout pour garder ou prendre un mandat acceptent tous les accords comme ils l’ont montré avant que ne démarre la campagne. On ne peut compter sur eux pour marquer des limites à leurs partenaires socialistes auxquels ils vont s’associer dès le soir du premier tour sans états d’âme en passant par pertes et profits leurs revendications sacrifiées sur l’autel du rassemblement “de gauche et écologiste” comme la fermeture immédiate des réacteurs nucléaires les plus anciens et l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes. L’avenir dira si mon analyse est juste : rendez-vous dans une semaine au plus.

 

Raymond Aubrac inaugurant l'école Lucie Aubrac à Grenoble Une figure de la Résistance nous a quitté. J’avais eu l’occasion de rencontrer Raymond Aubrac à plusieurs reprises. Toujours prêt avec sa femme Lucie à venir parler de l’Histoire avec un grand H qu’ils avaient contribué à écrire. Je me souviens d’un débat à Saint Martin d’Hères où vivent sa fille et son gendre autour du film “Les réquisitions de Marseille” qui relate la réquisition en 1944 de 15 entreprises à Marseille sur les ordres de Raymond Aubrac alors commissaire de la République. Jusqu’au bout il a défendu le programme du Conseil National de la Résistance se rendant encore en 2009 au plateau des Glières au rassemblement annuel qui regroupe de plus en plus de citoyens épris de liberté et soucieux de la défendre face aux menaces.

Je l’ai une dernière fois rencontré lors de l’inauguration de l’école élémentaire Lucie Aubrac (photo). Avec ses enfants, il avait visité toute l’école s’intéressant aux conditions d’étude des élèves. Pour terminer, il avait prononcé un discours sans notes qui nous avait tous touché. J’adresse particulièrement mes condoléances à son gendre, collègue à l’université, dont j’ai appris tardivement le lien de parenté avec Raymond et Lucie.

La géante de VilleneuveDepuis le discours discriminant de Grenoble prononcé par M. Sarkozy le 30 juillet 2010 dans une Préfecture de l’Isère assiégée par les forces de l’ordre, beaucoup d’habitants de mon quartier ont souhaité combattre l’image négative laissée par les médias et le chef de l’état. Un collectif d’associations et de citoyens a alors décidé de se regrouper sous le nom de « Villeneuve debout ». Plusieurs initiatives ont vu le jour. Parmi elles, la fabrication d’une géante en osier articulée comme on le voit ici. Celle-ci qui symbolise le renouveau de Villeneuve sera t’elle prête à donner le jour à son bébé en 2012 ? Sûrement si on en juge toutes les actions positives qui s’annoncent pour le 40e anniversaire du quartier.

Parmi celles-ci, Villeneuve debout organise un concours de discours admirables pour faire oublier l’odieux discours de Grenoble. Tout le monde peut concourir avant le 15 avril* en envoyant une ou deux pages à l’adresse villeneuvedebout@gmail.com Un jury d’écrivains et d’acteurs du quartier aura la lourde tâche de sélectionner les meilleurs discours pour faire oublier la diatribe du président. Alors, à vos plumes…

*[MAJ] prolongation jusqu’au 30 avril

Premier PACS en mairie de Grenoble le 24 mars 2012 Après beaucoup d’acharnement de notre groupe d’éluEs et pas mal de réticences vaincues, un premier PActe Civil de Solidarité (PACS) a pu être enfin célébré samedi 24 mars à l’Hôtel de Ville de Grenoble avec toute la solennité qui sied aux mariages ou parrainages républicains qui s’y déroulent déjà. Pour y parvenir, il nous a fallu déposer un vœu voté après amendements au conseil du 23 juin 2008. Malgré cela, force était de constater que la mise en application de ce vœu n’était pas effective. Le maire répondait alors à une question orale de notre groupe posée au conseil du 17 mai 2010 : « La célébration des PACS en mairie est en effet possible, sous réserve que des demandes me soient adressées. ». Après plusieurs tentatives  ayant essuyé un refus tacite des services, nous avons dû écrire au Directeur Général des Services qui répondait par lettre le 5 mars dernier : « Je vous confirme que la célébration pourra bien se tenir à la date indiquée », laquelle a enfin eu lieu ce samedi.

Nous nous réjouissons de cette possibilité pour les couples quels qu’ils soient de pouvoir célébrer leur union dans un lieu plus digne de leur engagement qu’un bureau de greffier au tribunal d’instance. Ce premier PACS en mairie ayant eu lieu entre un  homme et une femme n’a pas attiré la presse. Nul doute qu’il n’en sera pas de même du premier PACS homo qui pourra désormais y être aussi célébré. Un droit nouveau est ouvert aux couples à Grenoble. A eux d’en user.

Yvette Levy parlant aux lycéens à AuschwitzUne nouvelle fois, j’ai eu l’occasion cette semaine d’accompagner avec quelques élus des classes de première à Auschwitz sur les lieux de l’extermination de près d’un million de juifs, mais aussi de tsiganes, de prisonniers politiques, d’homosexuels… Le décompte macabre est présenté ici par notre guide polonaise. Une déportée, Yvette Lévy, qui dans son malheur a pu revenir de cet enfer, nous accompagnait malgré ses 86 ans. Son témoignage que l’on peut retrouver ici a été essentiel pour toucher les lycéens au plus profond d’eux-mêmes. Les lieux sont déjà très émouvants, mais en entendre parler par ceux qui ont vécu ici ne serait-ce que quelques mois est incomparable. C’est une chance d’avoir de tels témoins qui acceptent de dire l’indicible. Malheureusement, l’âge venant, Yvette nous a appris qu’elle ne se sentait plus la force de refaire une nouvelle fois ce voyage fatiguant pour elle physiquement, mais surtout moralement en pensant à toutes ses camarades disparues. Les lycéens ont été très émus par ses paroles et pourront s’en faire l’écho auprès des jeunes de leur âge. C’est tout le sens de ces missions que la ville de Grenoble subventionne pour que la mémoire du génocide ne s’efface jamais.

L'eau de Grenoble puisée à 30 m dans la nappe à Rochefort Demain démarre à Marseille le FAME (Forum Alternatif Mondial de l’Eau) qui se déroule en parallèle avec le Forum Mondial de l’Eau 2012.  Quand ce dernier donne aussi la parole aux multinationales de l’eau dont beaucoup ont leur siège en France (Suez, Veolia …), le FAME milite résolument pour sortir l’eau, bien commun de l’humanité, des logiques de profit.

À Grenoble, après la corruption de l’ancien maire par la Lyonnaise des Eaux et le passage de la régie municipale de l’eau en affermage au privé, il a fallu batailler bien après la condamnation de l’ancien maire et le retour à une mairie de gauche et écologiste pour arriver à faire sortir le privé du contrôle de notre eau. Contrairement aux dires de l’actuelle majorité à Grenoble répétés encore vendredi dans le discours de l’adjoint au forum local de l’eau, ce n’est pas le maire actuel M. Destot qui a ramené l’eau en gestion directe par une régie municipale : il l’a fait contraint par la justice administrative après une période de création d’une SEM où le corrupteur, la Lyonnaise, avait encore toute sa place. Ces tentatives de refaire l’histoire à son profit ne sont pas dignes du premier magistrat de la ville. Mais les historiens sauront rétablir la vérité malgré la méthode Coué qui est utilisée pour faire croire une contre-vérité à force de l’entendre répétée.

En attendant, j’ai pu visiter vendredi le site de captage de l’eau de Grenoble qui est une des rares eaux de grandes villes de France non traitée. Sur la photo ci-dessus, on devine à 30 m dans la nappe au confluent du Drac et de la Romanche l’eau directement puisée pour être envoyée dans le réseau qui dessert Grenoble, Sassenage, le campus et pourrait aller au delà si les rivalités entre régie et syndicat mixte des communes de la ceinture grenobloise cessaient et qu’une régie intercommunale de l’eau voyait le jour. Mais nous n’y sommes pas encore : il faut le déplorer mais aussi continuer à y croire pour le bien de tous.

Manifestation de soutien au peuple grec à Grenoble le 18 février 2012Ce week-end ont eu lieu à Grenoble comme dans beaucoup de villes de France et d’Europe des manifestations de soutien au peuple grec qui lutte contre les plans d’austérité à répétitions que l’Europe aux mains des banquiers veut lui imposer. Samedi une manifestation composée surtout d’étudiants et de grenobloises et grenoblois d’origine grecque s’est rendue en cortège devant le Consulat de Grèce. Le matin même interviewé par France Bleu Isère, le consul avait déclaré : « Le grec a essayé depuis deux ans à se restreindre et qu’est-ce qui se passe : de nouvelles restrictions. (…) La plupart des sommes allouées ne vont pas au peuple, mais à l’extérieur du pays. » Demain aura lieu à Bruxelles une réunion décisive des ministres des finances de la zone Euro. À la suite de la décision du gouvernement grec votée difficilement par le Parlement cette semaine du nouveau plan d’austérité, de nouveaux prêts à des taux élevés seront consentis à la Grèce pour payer les banques dont plusieurs banques françaises qui détiennent la dette souveraine de la Grèce.

Le coût social de ce nouveau plan ne sera pas payé par ceux qui comme le premier ministre grec ont maquillé les comptes de la Grèce quand il était gouverneur de la Banque de Grèce, puis vice-président de la Banque Centrale Européenne. Ils le seront par le peuple grec dont les retraites baisseront de 12% et le salaire minimum déjà bas à 740 € de 22 %. Imaginez cela en France ! Comment ne pas comprendre la révolte des grecs qui manifestent plusieurs fois par jour dans Athènes et les autres grandes villes de Grèce en n’oubliant jamais de remercier les peuples solidaires d’Europe qui ne les oublient pas.

Non décidément, ce n’est cette Europe que l’on nous a vendu et on aimerait entendre les partis politiques français prendre parti plus nettement. Ce week end, désertant la campagne présidentielle franco-française, seule Eva Joly a fait le voyage d’Athènes et a déclaré : « Faire supporter les mesures d’austérité par le peuple grec, sans faire rentrer les sommes des riches grecs dans les paradis fiscaux, cela signifie que l’on n’agit pas au bon endroit ». On ne peut qu’approuver, quand on connait le montant par exemple des avoirs grecs en Suisse : près de 200 milliards d’euros, autant que les avoirs allemands !

Conseil de Métro du 27 janvier 2012 Beaucoup de collectivités ont souscrit dans les années 2006-2007 des emprunts qui aujourd’hui sont à qualifier de toxiques, car la crise financière que nous traversons révèle leur dangerosité cinq ans après pour les finances publiques. C’est le cas de la communauté d’agglomération de Grenoble, la Métro, qui en 2007 a souscrit auprès de DEXIA, “banque des collectivités” aujourd’hui en faillite, un emprunt courant jusqu’en 2032 basé sur un rapport de devises entre l’euro et le franc suisse. Le taux obtenu restait à 3,57 % pour plus de 20 millions d’euros empruntés, tant que ce rapport €/FS restait supérieur à 1,43, sinon il risquait de s’envoler vers des taux que l’on pourrait qualifier d’usuraires pour des particuliers. Début 2011, ce rapport entre notre monnaie et le franc suisse est passé sous cette barre de 1,43 et depuis s’est effondré arrivant même à la parité 1 € = 1 FS en août dernier. J’ai voulu savoir si le risque qui avait été pris en 2007 en valait la chandelle.. Même pas, m’a répondu la vice-présidente aux finances d’alors, au lieu du taux de 3,57 % il était possible d’obtenir alors un prêt à taux fixe un peu plus cher, mais à moins de 4 % …. Pourquoi alors avoir spéculé avec notre argent pour un surcoût aussi faible ? En mars 2011, le nouveau vice-président aux finances déclarait encore en séance malgré l’effritement déjà de l’euro : “Franchement, la question du degré de risque et notamment de la parité Euro/Franc suisse n’est quand même pas le plus risqué que nous puissions trouver aujourd’hui. ” Quelques mois après avec l’effondrement de l’euro déjà amorcé depuis le début de l’année, le taux de ce prêt dépassait les 25 %…Heureusement pour la Métro, la banque nationale suisse décidait de réagir en septembre pour maintenir le rapport €/FS à au moins 1,20, ce qui entrainait pour notre prêt toxique un taux de 11,5%. Mais encore une fois une mauvaise décision a été prise et la Métro ne croyant pas à la capacité de la Suisse de faire face aux spéculateurs décidait de “sécuriser” ce taux pour l’échéance annuelle du premier janvier dernier à 13,05%. Encore perdu : quelques centaines de milliers d’euros s’envolaient, car la banque helvétique avait des coffres assez pleins pour faire face et maintenir le rapport €/FS à 1,20. Seule la Métro en doutait. Au final et pour cette seule année 2012, c’est 1,9 million d’euros perdus en intérêts toxiques entre le taux de base de 3,57% initial et celui de 13,05% finalement payé… Face à cela d’autres ont été plus prévoyants. Romans par exemple a sécurisé début 2011 deux échéances à un taux de 4,25%, pendant que la Métro laissait faire pour finalement s’affoler quand il était trop tard. Tout le contraire d’une gestion sage des deniers publics.

Aujourd’hui, des citoyens demandent des comptes à la Métro. Il n’est plus possible de leur confier notre dette ainsi sans contrôle. Le collectif pour un audit citoyen de la dette publique a demandé à être reçu et entendu au dernier conseil de Métro. Le président n’a pas accepté cette intervention publique et a préféré renvoyer la réception de ce collectif à la prochaine commission des finances mercredi prochain. Je lui avais pourtant écrit dès septembre pour lui demander de rejoindre l’association des collectivités « Acteurs publics contre les emprunts toxiques » qui engagent des procès souvent gagnés comme par Saint-Etienne contre les banquiers qui les ont mal conseillés. La président Baietto m’a alors répondu « Nous n’avons jamais jusqu’à présent  envisagé d’attaquer la banque en justice ». Jusqu’à quand, alors qu’il est impossible de sortir de ce prêt jusqu’en 2032 sauf à payer une indemnité égale à deux fois le capital restant dû.. Va t’on perdre 2 M€ d’intérêts pendant 20 ans sans rien faire ?

Olivier Audéoud, recteur d'académie de Grenoble (Photo © Dauphiné Libéré)Suite à la nomination le 21 juillet 2010 d’un Préfet-policier à Grenoble, la nomination en conseil des ministres du nouveau recteur quelques jours après était passée au second plan. Pourtant Olivier Audéoud est visiblement aussi arrivé dans l’Isère en mission commandée. Son parcours est éloquent. Pour un universitaire comme moi, il n’a pas hésité dans sa carrière à sauter sur les opportunités commençant à la Sorbonne, passant à Nancy 2, retournant à Paris pour l’université de Nanterre dont il devient président de haute lutte (au 4e tour) en 2003. Il s’y fait connaitre pour avoir appelé la police contre les étudiants lors des manifestions de l’automne 2007 contre la loi LRU. Son mandat n’étant pas renouvelé en 2008, il garde néanmoins sa place dans la «Conférence des Présidents d’Université » où il est chargé des relations internationales. En janvier 2010, il  rejoint le conseil d’administration du pôle universitaire privé Léonard-de-Vinci (PULV) à La Défense, surnommé fac Pasqua, du nom de son créateur et toujours président de l’association de gestion. Olivier Audéoud indique d’ailleurs dans une interview avoir rencontré quelques années auparavant le président du conseil général des Hauts-de-Seine Nicolas Sarkozy avec lequel il aurait échangé 3/4 d’heure sur la fac Pasqua, université décriée dès sa création en 95 comme une université privée construite et financée sur fonds publics. La Cour des Comptes l’a d’ailleurs souvent épinglée. Aujourd’hui après sa nomination comme recteur en juillet 2010, Olivier Audéoud est toujours président du Conseil Scientifique et Pédagogique de cette université privée. Étonnant, non ? Il est vrai qu’il y retrouve un collègue, le recteur de Corse !

Pourquoi je vous raconte cela, me direz-vous ? Simplement pour jeter un éclairage nouveau sur les attaques contre le lycée Mounier qui au passage sont très bien mises en pages, interviews et images ici. À plusieurs reprises, ce recteur s’est montré particulièrement irrespectueux des personnes (lycéens, parents, enseignants) qui ont eu le tort de ne pas laisser disparaitre le lycée sous les bulldozers des démolisseurs parmi lesquels au premier rang il figure avec le président de région. « Celles-ci feraient mieux d’aller voir un psychiatre », a t’il dit. Rappelons que la fermeture du lycée pour prétendue dangerosité a été annoncée au CA du lycée en septembre 2010 quelques mois après la nomination d’Olivier Audéoud, comme recteur. Quel rôle a t’il joué dans cette décision ? On ne peut imaginer qu’elle ne puisse n’être que le fait du président de région, Jean-Jack Queyranne. Jeudi dernier, une délégation de Mounier a rencontré le recteur pendant 2h30. Ce dernier n’a pas changé d’un iota son discours même après que le Tribunal Administratif ait cassé pour erreur manifeste d’appréciation les décisions de fermeture des bâtiments prises par la Région. Il maintient contre vents et marées les prétendus dangers contredits par les experts mandatés par la Région elle-même ! En effet, les bâtiments respirent en suivant exactement les courbes de températures extérieures. Quoi de plus normal ! Alors quel est le but poursuivi par ce recteur qui fait la part belle au privé dans ses activités ? Je vous laisse le soin de le deviner. Allez-voir les effectifs des secondes dans les lycées privés alentours depuis la rentrée et la diminution à Mounier de 7 à 3 classes de secondes en septembre…

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