Le titre de ce billet est celui d’un communiqué du Parti Socialiste qui à juste titre dénonce l’exploitation médiatique par le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux de la sauvage agression dont a été victime un jeune étudiant le 9 avril en plein centre de Grenoble. Le texte du PS conclut : « Vendredi dernier, seule la présence de policiers ou de gendarmes dans les rues de Grenoble aurait été utile au jeune homme agressé. » Depuis des années, j’interviens régulièrement sur ce site, dans mes courriers au maire et au conseil municipal sur l’inutilité démontrée de la vidéosurveillance pour prévenir les délits. Depuis l’agression au couteau dont a été victime ce jeune tous les médias ont repris pendant plusieurs jours ce fait divers que nous dénonçons bien sûr, mais dont la famille très digne a dit aussi qu’elle aurait préféré être moins sous les projecteurs du zapping permanent des infos. Plusieurs politiciens se sont emparés de l’affaire au niveau local et national. Il est toujours bon de faire diversion des problèmes concrets vécus par nos concitoyens. La sécurité reste une valeur sûre pour redorer sa popularité. Je me suis gardé d’intervenir à chaud. Aujourd’hui au début du prochain conseil municipal, la droite grenobloise divisée pose deux questions orales au maire. Nous avons décidé de ne pas laisser ce dernier dans un dialogue à droite. Sa majorité étant muselée sur ce sujet, nous interviendrons donc pour dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, sans nous faire des illusions sur la décision déjà prise de répondre oui à Nicolas Sarkozy et son plan de 60 000 caméras dans nos villes d’ici fin 2011. Mais ce ne sont pas ces dépenses inutiles qui permettront de remettre des policiers et des travailleurs sociaux sur le terrain,  seuls à même de prévenir et d’intervenir avant que les bagarres ne dégénèrent !

Vendredi, lors du vernissage d’une exposition sur la mémoire de la résidence Sonacotra (aujourd’hui Adoma) à Grenoble-Beauvert, j’ai eu l’occasion de visiter l’appartement-témoin de la nouvelle résidence sociale et d’échanger avec les locataires actuels. Ces bâtiments datant des JO de 68 devaient être réhabilités, mais le projet ne prévoit que 150 F1 de 18 m2 pour remplacer les 410 chambres de 7 m2. Le reste de l’opération est destiné à des familles pour créer de la « mixité ». Les vieux travailleurs dont beaucoup ont passé plus de 40 ans dans la résidence sont inquiets pour leur devenir. Contrairement aux locataires d’opérations classiques de réhabilitation, ils n’auront pas le droit de choisir où ils continueront à vivre. L’obligation de proposer trois relogements ne s’impose pas pour les locataires de foyers de vieux migrants. Seuls pourront rester sur place et bénéficier d’un logement décent ceux qui ont le moins de revenus, car bénéficiant alors d’une APL maximale qui leur laissera un loyer résiduel au même niveau que leur loyer actuel. Les autres qui touchent des revenus à peine moins modestes devront aller, qu’ils le veuillent ou non, dans d’autres résidences Adoma souvent en mauvais état et où ils n’ont aucune connaissance. À 70 ans et parfois plus, ce déracinement sera douloureux. Mais qui se soucie de ces vieux travailleurs qui ont construits nos villes ? Ils ne votent pas et revendiquent rarement pour leurs droits…

Savoir reconnaitre et tirer les conséquences de ses erreurs est le propre d’une grande personnalité. À Grenoble, ces hommes et femmes politiques ne courent pas les rues. Ici c’est plutôt : « avant l’heure, c’est pas l’heure, après l’heure c’est plus l’heure ! ».

Le 20 novembre dernier, j’ai écrit au Président Migaud pour lui demander d’inscrire un débat avec vote sur le projet de rocade nord au conseil de communauté alors que tous les habitants de l’agglomération étaient appelés à répondre à l’enquête publique en cours. Il me répondit le 14 décembre dernier qu’il « soumettra le rapport de la commission d’enquête de la rocade nord aux instances de la Métro, dès que celui-ci sera disponible au début de l’année 2010 ». Aussitôt ce rapport rendu public, j’ai écrit à son successeur Marc Baïetto pour lui rappeler la promesse de son prédécesseur et lui demander d’inscrire sans délai une délibération en ce sens au prochain conseil de Métro fin avril. Sa réponse a été la suivante : « Je convoquerai un débat sur le rapport de la commission d’enquête après une instruction technique et une concertation avec les partenaires de ce projet, ce qui, à mon sens, me permet pas d’inscrire ce débat au prochain conseil d’avril ». Conclusion : pas de débat et de vote des instances délibératives avant… que le projet nouveau ne soit défini par un cercle restreint de grands élus…

Pendant ce temps le Conseil Général, maître d’ouvrage de la Rocade Nord, a gelé les 9 millions d’euros prévus cette année pour ce mauvais projet au budget 2010, mais il a continué à faire des économies tant sur le logement social où ses subventions sont désormais limitées aux logements très sociaux, qu’à la subvention au Syndicat Mixte des Transports en Commun (SMTC) qui pour la première fois n’est pas à la hauteur de celle de la Métro, puisque sa hausse prévue de 5% par an n’est pas appliquée cette année.

La Ville de Grenoble de son côté refuse aussi tout débat sur cette question qui empoisonne la vie de nos concitoyens depuis au moins 10 ans.  Le maire malgré deux questions orales de la droite divisée et une de nous répond : « Je vous propose de tenir prochainement une réunion de l’ensemble des conseillers municipaux sur ce sujet des déplacements permettant à chacun d’entre nous de faire des propositions concrètes et aux services de la Ville de nous apporter des éléments d’information sur l’évolution à apporter à nos projets et à notre plan de circulation en l’absence de rocade. ». Plus fort que lui, tu meurs ! Michel Destot prétend inventer le débat à huit clos, sans vote, ni public, ni journaliste. Sur une question aussi importante qui a ces dernières années mobilisée 26 millions d’euros en études, acquisitions foncières et enquêtes-bidon du Conseil Général, le Maire veut baillonner son conseil municipal… avec une simple réunion interne des conseillers municipaux qui n’a aucun statut réglementaire.

Pendant ce temps perdu, une politique vraiment alternative à la voiture n’est que timidement mise en place avec des retards reconnus pour les nouvelles lignes de tram comme la ligne E de Grenoble au Fontanil. Quant à celles vers Meylan et vers Pont-de-Claix, elles ne sont pas planifiées.

Après Jean-Yves Le Gall l’an dernier, l’inspectrice d’académie récidive : elle vient de retirer la direction de leur école à deux directeurs de l’Isère au motif que ceux-ci refusent de renseigner le fichier Base Élèves. Pourtant les parents d’élèves ont refusé de leur accorder ce droit par écrit, estimant ne pas pouvoir contrôler l’usage qu’il sera fait des données concernant leur enfant. C’est pourtant le droit de chacun (ou de ses parents pour les mineurs) de refuser que ses données personnelles entrent dans un fichier. Mieux le 10 décembre dernier, l’ONU a adressé une lettre d’observations au gouvernement français , qui n’y a pas encore répondu à notre connaissance : « la Rapporteuse spéciale, conjointement avec le Rapporteur spécial sur le droit à l’éducation et le Rapporteur spécial sur les droits de l’homme des migrants, a envoyé une lettre d’allégation au Gouvernement reçues au sujet de la mise en œuvre d’un logiciel de données « Base-élèves premier degré » au sein de l’Éducation nationale dans lequel sont inscrites des données nominatives concernant les enfants scolarisés dans les établissements scolaires, et dont les directeurs d’écoles sont dans l’obligation d’y inscrire tous les élèves scolarisés dans leur établissement ». Cette obstination de l’administration devant des enseignants qui ne font que défendre les droits des enfants et encourent une perte de salaire et une mutation d’office ne peut qu’être rapprochée des heures sombres quand d’autres fonctionnaires ont appliqué les ordres qu’ils recevaient. Au lieu de sanctions, ces directeurs d’école courageux devraient être montrés en exemple. Ils rejoignent le mouvement des éducateurs désobéisseurs qui se développe contre les réformes liberticides. Nous avons été hier une centaine à les soutenir et à leur décerner les « palmes académiques » (au propre et au figuré).

Aujourd’hui, le Conseil Général de l’Isère était réuni pour sa session budgétaire 2010. Pendant deux heures l’assemblée départementale a été présidée… par le président du Conseil d’Agglomération, pardon, par le premier vice-président en l’absence du président Vallini de retour de l’Assemblée. Marc Baïetto d’ailleurs, à la question de savoir ce que l’exécutif du conseil général propose après l’avis défavorable à l’utilité publique de la Rocade Nord, a répondu « …le Président de la Métro s’exprimera demain, accessoirement le vice-président du Conseil Général et le président du SMTC (syndicat mixte des transports en commun) ». Son interlocuteur a ajouté alors perfidement : « J’espère que tous les présidents que vous citez seront d’accord entre eux ! ». Quant au député-maire de Grenoble, il est loin de sa ville comme à l’habitude, puisque président de l’Association des Maires des Grandes Villes de France, il participe à un colloque de l’ONU à Rio au Brésil. Lui aussi saura donner son avis sur ce projet lundi en conseil municipal, sans que ce dernier n’ait JAMAIS donné un avis sur cette rocade nord. Quelle triste image d’une démocratie détournée au profit de quelques uns. Bien sûr,  ils sont tellement bons à concevoir des projets qui reçoivent une telle volée de bois vert qu’ils ne peuvent laisser à d’autres certains de leurs mandats. Il est temps que les électeurs leur fassent comprendre que le temps des cumuls est passé.

La commission d’enquête sur le projet de Rocade Nord de Grenoble du Conseil Général vient de rendre ses conclusions (à décharger et lire attentivement). À l’unanimité la commission d’enquête a émis un AVIS DÉFAVORABLE. Cette nouvelle apprise hier a fait l’effet d’une bombe. Ni ses partisans, ni ses opposants (dont je suis) ne s’attendaient à un tel avis qu’il faut saluer pour l’indépendance et le sens de l’intérêt général dont ont fait preuve les commissaires-enquêteurs.

Les arguments avancés font mouche. Le rapport commence par regretter que « lors de la consultation citoyenne de 2007, aient été associés d’une manière inappropriée, dans une même formulation les termes de rocade et de réduction des bouchons aux entrées de l’agglomération grenobloise, créant des confusions et parfois une adhésion infondée à la rocade pour ce motif, lors de l’enquête publique, alors qu’il était déjà connu que l’ouvrage n’apporterait pas de solution radicale à ce problème ». En d’autres termes, la manipulation des sondés que nous avons toujours dénoncée est confirmée par les enquêteurs. Après avoir noté que la rentabilité économique du projet a été surévaluée de 4 fois et que son coût doit être considéré en l’état comme un ordre de grandeur, la commission note une hausse globale des déplacements en voitures et une baisse de la part des déplacements en transports en commun. Elle relève l’augmentation de la pollution de zones sensibles comme l’Hôpital et de zones appelées à se densifier (Presqu’île et La Tronche). L’intégration urbaine du projet ne répond pas à l’objectif affiché de « vouloir que ce projet puisse favoriser le développement urbain harmonieux des communes traversées ». L’impact visuel de sa partie aérienne (sur le montage ci-joint) est aussi dénoncé. Le projet « ne semble guère en conformité avec les orientations de l’article 10 du Grenelle 1 de l’Environnement ». Enfin les commissaires notent des incertitudes dans le projet sur la non-prise en compte des heures creuses pendant lesquelles le gain de temps de déplacement n’est pas probant, du prix du péage (1 € dans le dossier, mais plutôt 2 ou 3 pour assurer la rentabilité), de l’élargissement de l’A480 qui doit être faite en parallèle mais pour laquelle l’État qui en est le maître d’ouvrage n’a pas fixé de calendrier. Bref que des arguments que nous avions déjà mis en avant.

Il est temps de changer de politique dans l’agglomération. Les électeurs nous l’ont demandé ces derniers dimanches. Merci aux commissaires-enquêteurs de nous donner l’occasion de le faire sans attendre 2012 ou 2014…

C’est le résultat obtenu par la liste d’union de gauche et écologiste dans le bureau de vote Baladins 2 que j’avais l’honneur de présider dimanche. En face la liste UMP est passée de 5 à 12 suffrages, les 17 voix Modem du premier tour se partageant entre les listes restantes; le Front National avec 18 voix et 4,5 % fait un des plus bas scores des bureaux de Grenoble (en 3e place).

Le résultat plus intéressant est l’excellent report de voix entre les deux tours. Les 92,5% dépassent même un peu le pourcentage qui aurait été obtenu par la somme des voix de premier tour des listes de gauche et écologistes (90,8 %).

Sur l’ensemble de Grenoble, le report est moins bon puisque le résultat pour la liste Queyranne aurait dû être de plus de 70% au lieu des 64,84% finalement obtenus, ces derniers venant pour moins de la moitié des voix de la liste PS de premier tour (27,6%). Ceci montre que sur l’ensemble de la ville qui est moins militante que mon quartier, il y a une réticence certaine à appliquer les consignes de vote et une défiance au PS justifiée par l’impasse politique dans laquelle le maire s’est engagée en 2008 en s’alliant aux perdants du Modem contre les écologistes, vrais gagnants de ce scrutin qui sont les seuls à progresser sur Grenoble. Rendez-vous en 2011 pour les cantonales…. en espérant un sursaut citoyen et un retour aux urnes.

Jeudi midi, nous étions quelques uns à fêter ensemble autour d’un repas les deux ans de fonctionnement du café social appelé d’un nom plus évocateur « Pays’Âges ». Au milieu de ces retraités dont les racines sont sur l’autre rive de la Méditerranée, je ne pouvais m’empêcher de penser que notre démocratie continue à les discriminer. Pourquoi ces personnes, qu’on est souvent venu chercher au pays et qui ont travaillé dur ici pour construire notre ville, n’auraient-elles pas le droit de choisir celles et ceux qui décideront de l’usage de leurs impôts et taxes ?

Le conseil consultatif des résidents étrangers aujourd’hui mis en voie d’extinction par la majorité droite-gauche de Grenoble a longtemps lutté  pour ce droit. Hier au meeting final de la liste d’union, ils avaient même amené leur banderole demandant le droit de voter et d’être élu pour tous les résidents, mais personne à la tribune n’a repris cette exigence démocratique… Une occasion manquée de se rassembler autour de valeurs bien partagées celles-là. Espérons que les enfants de ces vieux travailleurs qui ont la nationalité française iront voter dimanche et comme l’un d’eux me l’a dit un jour : «  je vais voter pour mes parents après leur avoir demandé de choisir « .

À l’instant des obsèques de Jean Ferrat alors que le Front National contre lequel il s’est toujours battu progresse, il est bon de rappeler en particulier aux jeunes l’importance d’aller voter dimanche contre le retour à des sombres moments de notre histoire. Lors d’une de ses dernières apparitions en public à l’occasion d’un banquet républicain sur la place de son village d’Antraigues en Ardèche, Jean Ferrat a prononcé ces mots, qu’il a bien voulu adresser par la suite aux militants de Ras l’Front de Voiron pour publication :

«... nous sommes entrés depuis quelques années dans une de ces périodes de régression que j’évoquais à l’instant, un moment de l’histoire où nous pourrions replonger dans l’ombre, ou la nuit semble s’étendre sur la pensée et le brouillard sur nos fragiles certitudes.

Il m’est intolérable en effet, de savoir qu’ici même, à Antraigues qui eut dès 89, deux députés du Tiers état élus à la Convention, Antraigues, dont le passé rebelle et républicain a toujours été sans faille, Antraigues centre de la résistance au nazisme, il m’est intolérable de savoir que 10 % de mes concitoyens votent pour le contraire des idées de justice, de solidarité, de fraternité. Alors, je me dis que nous n’avons pas fait ce qu’il fallait. Qu’il faudra faire autre chose, qu’il faudra faire autrement.

Je ne me résous pas au rejet, à l’exclusion.
Je ne me résous pas à la haine.
Je ne me résous pas à la bêtise du désespoir.

Ma présence ici, ce soir, parmi vous, n’a d’autre signification que de vous en convaincre et de vous assurer que, pour les combattre, je serai toujours à vos côtés ! »

Jean Ferrat

Les résultats du premier tour des régionales sur Grenoble malgré la forte abstention (moindre qu’aux européennes) montrent l’état des forces politiques en présence. Pour la première fois depuis les présidentielles de 2007 les électrices et les électeurs ont pu faire un choix clair du mouvement vers lequel allait leur confiance. Le PS avec 27,60 % devance tout juste Europe Écologie à 26,50 %; le Front de Gauche est à 8%; le Front National augmente son score comme ailleurs en France, mais reste bas en comparaison avec moins de 9 %. L’UMP avec 19,40 % s’effondre un peu plus sur la ville; quant au Modem avec 4,5 % il montre sa vraie influence sur Grenoble que Michel Destot avait surévaluée en le plaçant comme deuxième groupe sur sa liste aux municipales de 2008. Cette liste recueille avec ses 44 éluEs moins de 40 % des suffrages; quand la droite est sous les 20 % et Europe Ecologie avec 26,5 % (sans compter un report des électeurs NPA que nous avons eu il y a deux ans) a fait un score de 4 points supérieur à 2008.

Quel mauvais attelage nous a proposé le maire pour notre ville en 2008 ! Les résultats d’hier dont il se glorifie parce que le PS est devant de justesse sonnent comme un désaveu de sa politique d’alliance à droite. Combien de temps va t’il encore rester sourd aux signaux qu’il reçoit ? Il est grand temps de changer de politique pour notre ville et d’appliquer enfin un vrai programme social et écologique que demandent vote après vote nos concitoyens.

Hier a eu lieu l’élection du remplaçant de Didier Migaud installé jeudi par Nicolas Sarkozy comme Premier Président de la Cour des Comptes. Après de longues tractations et de petits arrangements, une fumée blanche (et non grise comme l’a dit Michel Issindou hier…) s’était élevée quelques jours auparavant. Un nouveau président était né après le retrait de plusieurs prétendants : Christophe Ferrari jugé trop jeune à 41 ans et Michel Destot, qui découvre subitement qu’il a trop de mandats. Ce sera donc Marc Baïetto, maire d’Eybens depuis 83, conseiller général depuis 88, premier vice-président du Conseil Général, président du Syndicat Mixte des Transports en Commun…. La liste est longue des mandats et fonctions de ce professionnel de  la politique. Mais j’ai été le seul à le signaler; la droite qui a obtenu les miettes qu’elle demandait (quelques présidences et vice-présidences de commissions) n’a même pas présenté de candidat à la Présidence de la Communauté d’Agglomération et s’est seulement abstenue. Quelle est triste cette démocratie de deuxième niveau, où aucun compte n’est rendu aux citoyens. Quant à la parité, la photo des 17 vice-présidents hommes pour deux femmes dans le journal de ce matin est suffisamment éloquente. La politique menée par La Métro a peu de chance de changer, Marc Baïetto m’ayant déjà répondu dans son interview d’après élection qu’il valait mieux une Métro endettée qui réalisait des projets que le contraire. Il y a donc à redouter une nouvelle hausse de la fiscalité, car l’endettement ne pourra augmenter après les alertes de la Cour des Comptes… Seul le style du Président risque d’être bouleversé, la patience et l’écoute de Didier Migaud seront regrettées. Mais jugeons le nouveau président aux actes comme je l’ai dit hier en conseil. Nous serons vite fixés sur sa politique qu’il veut remettre au centre des débats. Chiche !

Aujourd’hui, les personnels du secteur public de la Petite Enfance étaient en grève. Pas pour défendre leurs salaires alors qu’ils seraient en droit d’exiger une hausse comme tous les personnels de l’État et des collectivités, mais pour la qualité du service public de la petite enfance. Le gouvernement vient en effet par décret de permettre de baisser à la fois le nombre d’adultes par enfant en crèche, mais aussi la qualification exigée des personnels. Dans un but évident d’économies, l’État tire un trait sur la fonction éducative de la garde des enfants. Avec plus d’enfants confiés à chaque adulte, la crèche deviendra un simple garderie ou « consigne » comme le dénonce le collectif de syndicats et d’associations en lutte. De plus, en ne retirant pas la petite enfance de la directive européenne Services (plus connu du nom de son auteur Frits Bolkenstein), la droite va placer ce service public éducatif en concurrence avec le secteur marchand. Ces nouvelles mesures vont permettre au privé d’être plus compétitif et de pouvoir remporter des marchés au détriment de la qualité du service rendu pour les familles et les enfants. Nous entrerons ainsi de plein pied dans la concurrence libre et non faussée que certains ont appelé de leurs vœux en faisant voter oui au traité constitutionnel en 2005. Aujourd’hui les mêmes jouent les vierges effarouchées…


Après une longue bataille pour renouveler l’offre politique à gauche du PS menée en particulier par mon parti les Alternatifs, force est de constater qu’une fois de plus la division reste de mise. D’un côté le NPA a tenu à se compter sous sa nouvelle étiquette qui ne renouvelle pas vraiment l’ex LCR comme il l’aurait voulu ; de l’autre le PCF allié au Parti de Gauche de Mélenchon a voulu garder l’hégémonie sur ce « rassemblement » qui en fait ne va guère au delà du « Front de Gauche » qui s’est présenté sous cette étiquette aux Européennes. L’obstination du PCF à défendre ses candidats sortants n’a pas laissé place au renouvellement des listes. Dans l’Isère les seuls candidats éligibles avec 7% des voix sont trois conseillers régionaux sortants. Parmi eux, Patrice Voir est adjoint au maire de Grenoble, aux côtés du Modem et de la droite qui a toujours soutenu l’ancien maire corrompu Alain Carignon. Quelle  crédibilité accorder à une liste qui n’est pas capable d’imposer des candidats ou candidates qui ont montré leur éthique en politique ? Comment faire confiance à ceux qui, une fois élus, ont déjà soutenu des politiques de droite ?

Alors quelle alternative pour mon vote ? Pas question bien sûr de donner ma voix au PS dont la politique régionale n’est pas différente de celles qui sont menées localement dans l’agglomération : soutien aux groupes privés sans contrepartie sociale, méga-projets comme Center-Parc ou OL-land à Lyon, pas d’engagement pour sortir du nucléaire… La liste est longue des renoncements d’une politique dont on peut chercher ce qui la différencie de celle d’une «droite moderne». Reste le vote pour Europe Écologie Rhône-Alpes. De loin, leur programme est le plus concret pour la région. C’est la somme d’un vrai travail collectif au plus près des besoins et des demandes des habitants. La liste EE est largement ouverte à d’autres sensibilités que Les Verts; elle ne défend pas ses sortants à tous prix. Malgré le peu de mobilisation citoyenne dans cette campagne des régionales, cette liste a su attirer 1200 personnes jeudi soir à Grenoble pour un grand meeting « national » avec les têtes de listes régionales et nationales. Un moment festif et attentif aux déclarations de Noël Mamère, Eva Joly, Michèle Rivasi, Augustin Legrand (Les Enfants de Don Quichotte) et bien sûr de Philippe Meirieu, tête de la liste régionale. Bien sûr si le programme d’EE est clair sur les questions écologiques,  il n’a pas su tirer encore toute ses conclusions au sujet du capitalisme qu’il faut dépasser pour ne pas connaître à nouveau les mêmes catastrophes engendrées par la recherche insensée du profit par et pour quelques-uns. Néanmoins, il n’est pas irréaliste de penser arriver un jour à l’unité des rouges et verts comme nous l’avons démontré depuis des années à Grenoble.

Je voterai donc sans hésiter pour la liste Europe Ecologie le 14 mars pour une vraie rupture sociale ET écologique dans la politique menée à la région.

Alors que les commissaires-enquêteurs n’ont pas encore rendu leur rapport au sujet de l’enquête publique sur le projet de Rocade Nord de Grenoble menée par le Conseil Général, déjà des travaux ont commencé le mois dernier sur les lieux du péage prévu sur la commune de La Tronche. Sur un terrain appartenant à l’État, des bûcherons ont abattu tous les arbres d’un vaste terrain sur lequel plusieurs familles roumaines avaient trouvé refuge. Aujourd’hui, elles sont désemparées au milieu des arbres à terre et m’ont dit leur angoisse de la suite des travaux du « tunnel ». Plusieurs enfants en bas-âge jouent parmi les gravats. En raison de la période hivernale, la plupart dorment en ce moment en hôtel la nuit et viennent le jour cuisiner sur ce terrain, ce qui leur est interdit dans leur chambre. Mais qu’adviendra t-il d’elles après le 31 mars ? Pour le Préfet, la seule solution est l’expulsion qui fera monter son compteur auprès d’Eric Besson, alors qu’il sait très bien que les familles reviendront légalement en car ici pour une centaine d’euros par personne. Jusqu’à quand va t’on traiter ces familles de la sorte ? Cette question intercommunale ne peut trouver une issue positive qu’en créant, comme le projettent des associations, des structures d’insertion pour accueillir ces familles qui bien qu’étant européennes sont discriminées par rapport à d’autres nationalités.

Le président de La Métro, le député PS de l’Isère Didier Migaud, vient d’être nommé président de la Cour des Comptes par Nicolas Sarkozy en Conseil des Ministres ce matin. Comme d’autres, je tiens d’abord à le féliciter pour cette nomination qui après la présidence de la Commission des Finances de l’Assemblée montre qu’il sait rester consensuel et plaire aussi à la droite. Mais ne boudons pas notre plaisir de voir un Isérois même d’adoption prendre place à la tête de cette institution qu’il saura, j’en suis sûr, dépoussiérer et rendre encore plus efficace dans sa lute contre le gaspillage d’argent public. S’occupera t’il des dépenses somptuaires de l’Elysée ? L’histoire le dira…

Je n’ai côtoyé directement Didier Migaud qu’au cours des six derniers mois en prenant place en septembre dans le conseil d’agglomération qu’il préside. Mon témoignage sur l’homme politique sera donc très limité. Sa principale qualité est de savoir rester à l’écoute même de ses adversaires politiques. Il a aussi montré qu’il pouvait reconnaitre et assumer les erreurs commises sous sa présidence de La Métro. Pour preuve un échange de courrier que j’ai eu vendredi avec lui (lettre remise et réponse reçue quelques heures après !). Je lui signalais un changement important intervenu dans une délibération sans que les élus en soient informés explicitement avant de la voter en connaissance de cause. Il m’a répondu aussitôt avoir « donné instruction aux services de la Métro de ne pas transmettre cette délibération à la Préfecture et de prévoir de la soumettre (…) au prochain conseil de communauté afin que chaque conseiller communautaire puisse pendre connaissance dans le détail des sommes définitivement affectées sur cette opération et cela afin que l’erreur de procédure qui a été faite, n’entache pas la validation de cette décision.». Être respectueux des procédures, c’est ce qu’on attend de lui dans ses nouvelles fonctions. Bonne suite de carrière, Didier !

L’adjoint au maire de Grenoble Philippe de Longevialle vient de monter une opération de déstabilisation de la liste régionale de son parti, le Modem, car il n’a pas été sélectionné pour être tête de liste du Modem en Isère.
Il vient de reconnaître être l’auteur d’un « vrai-faux » courriel mettant en cause son parti et les constitutions des listes du Modem. L’adjoint au maire a usurpé l’identité d’un conseiller général du Rhône pour tenter de déstabiliser la campagne du Modem. Ce dernier a déposé plainte.
Lors des élections municipales de 2008 à Grenoble, nous avions dénoncé l’alliance contre nature que Michel Destot avait signé avec des personnes de droite coutumières par le passé et particulièrement à Grenoble de telles pratiques (faux tracts ou faux journaux écolos et même fausses affiches…). J’attends du Maire de Grenoble qu’il se désolidarise publiquement et rapidement de tels comportements.

Pour ma part, je continuerai à dénoncer ces méthodes politiques et à m’opposer à ceux qui les pratiquent. Il est de bon ton de se plaindre de la désertion des électeurs à chaque scrutin. La crédibilité des hommes et des femmes politiques s’acquiert par le respect d’une éthique et d’une déontologie dans l’action politique ; ce sont les seuls moyens qui redonneront du sens à cette noble tâche.

Hier soir, la Fondation Abbé Pierre représentée à Grenoble par l’association Un Toit Pour Tous présentait au Musée son rapport annuel sur le mal logement en France et particulièrement dans l’Isère. Ce travail précis et argumenté avec toutes les données à l’appui n’avait attiré aucun autre élu. Il est vrai que l’adjoint à l’Urbanisme est plus préoccupé par ses vrais-faux mails que l’état du logement dans la commune dont il à en charge la construction… Tous étaient bien sûr pris ailleurs, mais cela montre au moins dans quelle priorité, ils placent la question essentielle du manque criant de logements sociaux sur l’agglomération.

Justement le rapport de la Chambre Régionale des Comptes qui vient d’être adressé au président Migaud et sera débattu aujourd’hui en conseil de Métro consacre 30 pages au logement social dans l’agglomération. On y lit que bien sûr la loi SRU qui impose au moins 20% de logements sociaux dans les communes de plus de 3500 habitants n’est pas appliquée dans plusieurs communes dont celle du président ! Dans ce calcul, sont comptés les logements dits PLS qui, plus chers sont destinés aux cadres moyens. Hier nous avons appris, que non seulement ces logements devraient être exclus du comptage (ce que le Grand Lyon a décidé d’appliquer), mais qu’en plus ils ne trouvent pas preneur… Or dans l’agglomération le rapport de la CRC montre que 30 à 40 % des constructions de logements sociaux sont restés en PLS et seulement 10 à 15% en PLAI destinés aux ménages les plus précaires. Bien d’autres données sont fournies en particulier sur le financement du logement social qui de plus en plus fait appel aux fonds propres des organismes HLM  et non pas aux subventions qui progressent 10 fois moins. Ce rapport est disponible en ligne ici (attention 8,8 Mo). Pour le rapport de la Fondation Abbé Pierre, son site donne tous les éléments et aussi des présentations en vidéo. Bonne lecture ou écoute.. A méditer.

Depuis quelques jours, Grenoble est citée dans les gazettes pour son taux de cadres de 14% qui la place parmi les premières villes françaises derrière Paris et juste devant Toulouse et Lyon. Ce rapport de l’INSEE est pris par certains élus comme une justification de leur politique tournée essentiellement vers les aides à la recherche et aux entreprises de haute technologie qui délocalisent dès qu’elles ont fini de toucher les subsides publics. D’autres comme le maire de Grenoble ont vu le risque en cette période électorale de mécontenter les 86% de non-cadres de sa ville « Depuis 1995, nous nous battons pour que la solidarité soit au cœur de nos politiques. ». Le problème est que les chiffres ne lui donnent pas raison. La carte ci-dessus n’est pas celle du taux de cadres, mais du taux de précarité dans l’agglomération établie par un autre rapport de l’INSEE il y a un peu plus d’un an. On y voit que Grenoble est encore largement en tête pour cet indice de précarité, contrairement aux idées reçues qui veulent que celle-ci soit plus importante dans la première couronne.

La communauté d’agglomération, dont le maire de Grenoble est l’un des vice-présidents distribue aux communes une Dotation de Solidarité Communautaire qui peut aider les communes qui doivent faire face aux difficultés sociales de leurs habitants. Mais cette dotation est loin de correspondre aux mesures de précarité de l’INSEE. Qu’on en juge sur cette carte. Grenoble (16e sur 27 communes) touche  environ 40 € par habitant, quand Pont-de-Claix et Saint-Martin d’Hères sont à plus de 100€/hab. Vous allez me dire : il n’y a qu’à corriger cette répartition de l’aide. Impossible : depuis la création dans notre dos (exclus du conseil de Métro en 2008) d’un nouvel impôt payé directement par les ménages au profit de la Métro, la loi impose de figer ce versement de DSC.

Au lieu d’augmenter les impôts locaux à Grenoble, le maire aurait dû se battre à La Métro et ailleurs pour obtenir des contributions des autres collectivités à la hauteur de nos besoins. Mais il était plus préoccupé par d’autres horizons, comme les JO 2018 !

Samedi après-midi, la Ligue des droits de l’Homme organisait à Grenoble une rencontre régionale sur le thème « Urgence pour les libertés, pour les droits ». Dans une salle remplie malgré un samedi après-midi ensoleillé, Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH et plusieurs membres du comité central ont égrené la longue liste des menaces qui pèsent sur nos libertés : fichage généralisé, justice aux ordres, exclusion sociale, discriminations… Des syndicalistes de Caterpilar et des travailleurs sans-papiers ont apporté leur témoignage sur les atteintes aux droits du travail.

Je suis intervenu pour alerter sur la nécessaire vigilance de toutes et tous pour ne pas accepter la moindre concession au respect des droits du citoyen. Plusieurs exemples récents montrent que la gauche n’est pas la dernière à tomber dans le piège sécuritaire tendu par Nicolas Sarkozy. La ville de Grenoble installe dans la plus grande opacité ses caméras de surveillance (déjà tout autour de la mairie et du stade sans aucune mise en garde). Il a fallu que je pose une question sur un marché de vidéosurveillance en fin de conseil municipal lundi pour que l’on apprenne qu’un projet d’extension est prêt sans aucune information, ni contrôle citoyen. Les mêmes avaient voulu il y a quelques années remplacer les urnes transparentes par des machines à voter opaques dépossédant le citoyen du droit de vérifier si son vote est bien compté. Ils se sont aussi empressés de mettre en place les passeports biométriques en mairie 6 mois avant d’en être obligé par la loi sans se poser la moindre question sur les risques de  dissémination de données biologiques qui devraient être rendues inviolables. Nous ne devons pas relâcher notre combat avant qu’il ne soit trop tard et que nous n’ayons plus la liberté d’en parler…

Jeudi dernier avait lieu en grandes pompes en mairie la présentation du projet de l’architecte Christian de Portzamparc pour le quartier de l’Esplanade de Grenoble. L’architecte reconnu mondialement a avoué avoir été pressé par la Ville pour sortir  un projet si vite. Pour eux c’est la première fois qu’ils doivent présenter une pré-maquette avant même d’avoir rencontré les habitants. Leur habitude est plutôt de prendre leur temps, et de présenter un projet après discussion avec la population. Mais ils ont dit être capables de s’adapter à tout ! Encore une nouvelle entorse à la Charte de la Démocratie Locale de décider avant débat avec les habitants…
Un grand absent de ce projet, comme d’ailleurs sur celui de la Presqu’île au premier plan sur la maquette, est le viaduc de la Rocade Nord prévue par le Conseil Général à cet endroit. Pourtant le site du CAIRN qui s’oppose à ce projet a simulé la sortie du tube autoroutier juste à quelques mètres de la tour de 100 m prévue par le cabinet d’architecte. Comment ne pas avoir vu cette proximité impossible ? A moins que ce projet de rocade d’un autre âge ne soit enterré….

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