mars 2010


Aujourd’hui, le Conseil Général de l’Isère était réuni pour sa session budgétaire 2010. Pendant deux heures l’assemblée départementale a été présidée… par le président du Conseil d’Agglomération, pardon, par le premier vice-président en l’absence du président Vallini de retour de l’Assemblée. Marc Baïetto d’ailleurs, à la question de savoir ce que l’exécutif du conseil général propose après l’avis défavorable à l’utilité publique de la Rocade Nord, a répondu « …le Président de la Métro s’exprimera demain, accessoirement le vice-président du Conseil Général et le président du SMTC (syndicat mixte des transports en commun) ». Son interlocuteur a ajouté alors perfidement : « J’espère que tous les présidents que vous citez seront d’accord entre eux ! ». Quant au député-maire de Grenoble, il est loin de sa ville comme à l’habitude, puisque président de l’Association des Maires des Grandes Villes de France, il participe à un colloque de l’ONU à Rio au Brésil. Lui aussi saura donner son avis sur ce projet lundi en conseil municipal, sans que ce dernier n’ait JAMAIS donné un avis sur cette rocade nord. Quelle triste image d’une démocratie détournée au profit de quelques uns. Bien sûr,  ils sont tellement bons à concevoir des projets qui reçoivent une telle volée de bois vert qu’ils ne peuvent laisser à d’autres certains de leurs mandats. Il est temps que les électeurs leur fassent comprendre que le temps des cumuls est passé.

La commission d’enquête sur le projet de Rocade Nord de Grenoble du Conseil Général vient de rendre ses conclusions (à décharger et lire attentivement). À l’unanimité la commission d’enquête a émis un AVIS DÉFAVORABLE. Cette nouvelle apprise hier a fait l’effet d’une bombe. Ni ses partisans, ni ses opposants (dont je suis) ne s’attendaient à un tel avis qu’il faut saluer pour l’indépendance et le sens de l’intérêt général dont ont fait preuve les commissaires-enquêteurs.

Les arguments avancés font mouche. Le rapport commence par regretter que « lors de la consultation citoyenne de 2007, aient été associés d’une manière inappropriée, dans une même formulation les termes de rocade et de réduction des bouchons aux entrées de l’agglomération grenobloise, créant des confusions et parfois une adhésion infondée à la rocade pour ce motif, lors de l’enquête publique, alors qu’il était déjà connu que l’ouvrage n’apporterait pas de solution radicale à ce problème ». En d’autres termes, la manipulation des sondés que nous avons toujours dénoncée est confirmée par les enquêteurs. Après avoir noté que la rentabilité économique du projet a été surévaluée de 4 fois et que son coût doit être considéré en l’état comme un ordre de grandeur, la commission note une hausse globale des déplacements en voitures et une baisse de la part des déplacements en transports en commun. Elle relève l’augmentation de la pollution de zones sensibles comme l’Hôpital et de zones appelées à se densifier (Presqu’île et La Tronche). L’intégration urbaine du projet ne répond pas à l’objectif affiché de « vouloir que ce projet puisse favoriser le développement urbain harmonieux des communes traversées ». L’impact visuel de sa partie aérienne (sur le montage ci-joint) est aussi dénoncé. Le projet « ne semble guère en conformité avec les orientations de l’article 10 du Grenelle 1 de l’Environnement ». Enfin les commissaires notent des incertitudes dans le projet sur la non-prise en compte des heures creuses pendant lesquelles le gain de temps de déplacement n’est pas probant, du prix du péage (1 € dans le dossier, mais plutôt 2 ou 3 pour assurer la rentabilité), de l’élargissement de l’A480 qui doit être faite en parallèle mais pour laquelle l’État qui en est le maître d’ouvrage n’a pas fixé de calendrier. Bref que des arguments que nous avions déjà mis en avant.

Il est temps de changer de politique dans l’agglomération. Les électeurs nous l’ont demandé ces derniers dimanches. Merci aux commissaires-enquêteurs de nous donner l’occasion de le faire sans attendre 2012 ou 2014…

C’est le résultat obtenu par la liste d’union de gauche et écologiste dans le bureau de vote Baladins 2 que j’avais l’honneur de présider dimanche. En face la liste UMP est passée de 5 à 12 suffrages, les 17 voix Modem du premier tour se partageant entre les listes restantes; le Front National avec 18 voix et 4,5 % fait un des plus bas scores des bureaux de Grenoble (en 3e place).

Le résultat plus intéressant est l’excellent report de voix entre les deux tours. Les 92,5% dépassent même un peu le pourcentage qui aurait été obtenu par la somme des voix de premier tour des listes de gauche et écologistes (90,8 %).

Sur l’ensemble de Grenoble, le report est moins bon puisque le résultat pour la liste Queyranne aurait dû être de plus de 70% au lieu des 64,84% finalement obtenus, ces derniers venant pour moins de la moitié des voix de la liste PS de premier tour (27,6%). Ceci montre que sur l’ensemble de la ville qui est moins militante que mon quartier, il y a une réticence certaine à appliquer les consignes de vote et une défiance au PS justifiée par l’impasse politique dans laquelle le maire s’est engagée en 2008 en s’alliant aux perdants du Modem contre les écologistes, vrais gagnants de ce scrutin qui sont les seuls à progresser sur Grenoble. Rendez-vous en 2011 pour les cantonales…. en espérant un sursaut citoyen et un retour aux urnes.

Jeudi midi, nous étions quelques uns à fêter ensemble autour d’un repas les deux ans de fonctionnement du café social appelé d’un nom plus évocateur « Pays’Âges ». Au milieu de ces retraités dont les racines sont sur l’autre rive de la Méditerranée, je ne pouvais m’empêcher de penser que notre démocratie continue à les discriminer. Pourquoi ces personnes, qu’on est souvent venu chercher au pays et qui ont travaillé dur ici pour construire notre ville, n’auraient-elles pas le droit de choisir celles et ceux qui décideront de l’usage de leurs impôts et taxes ?

Le conseil consultatif des résidents étrangers aujourd’hui mis en voie d’extinction par la majorité droite-gauche de Grenoble a longtemps lutté  pour ce droit. Hier au meeting final de la liste d’union, ils avaient même amené leur banderole demandant le droit de voter et d’être élu pour tous les résidents, mais personne à la tribune n’a repris cette exigence démocratique… Une occasion manquée de se rassembler autour de valeurs bien partagées celles-là. Espérons que les enfants de ces vieux travailleurs qui ont la nationalité française iront voter dimanche et comme l’un d’eux me l’a dit un jour : «  je vais voter pour mes parents après leur avoir demandé de choisir « .

À l’instant des obsèques de Jean Ferrat alors que le Front National contre lequel il s’est toujours battu progresse, il est bon de rappeler en particulier aux jeunes l’importance d’aller voter dimanche contre le retour à des sombres moments de notre histoire. Lors d’une de ses dernières apparitions en public à l’occasion d’un banquet républicain sur la place de son village d’Antraigues en Ardèche, Jean Ferrat a prononcé ces mots, qu’il a bien voulu adresser par la suite aux militants de Ras l’Front de Voiron pour publication :

«... nous sommes entrés depuis quelques années dans une de ces périodes de régression que j’évoquais à l’instant, un moment de l’histoire où nous pourrions replonger dans l’ombre, ou la nuit semble s’étendre sur la pensée et le brouillard sur nos fragiles certitudes.

Il m’est intolérable en effet, de savoir qu’ici même, à Antraigues qui eut dès 89, deux députés du Tiers état élus à la Convention, Antraigues, dont le passé rebelle et républicain a toujours été sans faille, Antraigues centre de la résistance au nazisme, il m’est intolérable de savoir que 10 % de mes concitoyens votent pour le contraire des idées de justice, de solidarité, de fraternité. Alors, je me dis que nous n’avons pas fait ce qu’il fallait. Qu’il faudra faire autre chose, qu’il faudra faire autrement.

Je ne me résous pas au rejet, à l’exclusion.
Je ne me résous pas à la haine.
Je ne me résous pas à la bêtise du désespoir.

Ma présence ici, ce soir, parmi vous, n’a d’autre signification que de vous en convaincre et de vous assurer que, pour les combattre, je serai toujours à vos côtés ! »

Jean Ferrat

Les résultats du premier tour des régionales sur Grenoble malgré la forte abstention (moindre qu’aux européennes) montrent l’état des forces politiques en présence. Pour la première fois depuis les présidentielles de 2007 les électrices et les électeurs ont pu faire un choix clair du mouvement vers lequel allait leur confiance. Le PS avec 27,60 % devance tout juste Europe Écologie à 26,50 %; le Front de Gauche est à 8%; le Front National augmente son score comme ailleurs en France, mais reste bas en comparaison avec moins de 9 %. L’UMP avec 19,40 % s’effondre un peu plus sur la ville; quant au Modem avec 4,5 % il montre sa vraie influence sur Grenoble que Michel Destot avait surévaluée en le plaçant comme deuxième groupe sur sa liste aux municipales de 2008. Cette liste recueille avec ses 44 éluEs moins de 40 % des suffrages; quand la droite est sous les 20 % et Europe Ecologie avec 26,5 % (sans compter un report des électeurs NPA que nous avons eu il y a deux ans) a fait un score de 4 points supérieur à 2008.

Quel mauvais attelage nous a proposé le maire pour notre ville en 2008 ! Les résultats d’hier dont il se glorifie parce que le PS est devant de justesse sonnent comme un désaveu de sa politique d’alliance à droite. Combien de temps va t’il encore rester sourd aux signaux qu’il reçoit ? Il est grand temps de changer de politique pour notre ville et d’appliquer enfin un vrai programme social et écologique que demandent vote après vote nos concitoyens.

Hier a eu lieu l’élection du remplaçant de Didier Migaud installé jeudi par Nicolas Sarkozy comme Premier Président de la Cour des Comptes. Après de longues tractations et de petits arrangements, une fumée blanche (et non grise comme l’a dit Michel Issindou hier…) s’était élevée quelques jours auparavant. Un nouveau président était né après le retrait de plusieurs prétendants : Christophe Ferrari jugé trop jeune à 41 ans et Michel Destot, qui découvre subitement qu’il a trop de mandats. Ce sera donc Marc Baïetto, maire d’Eybens depuis 83, conseiller général depuis 88, premier vice-président du Conseil Général, président du Syndicat Mixte des Transports en Commun…. La liste est longue des mandats et fonctions de ce professionnel de  la politique. Mais j’ai été le seul à le signaler; la droite qui a obtenu les miettes qu’elle demandait (quelques présidences et vice-présidences de commissions) n’a même pas présenté de candidat à la Présidence de la Communauté d’Agglomération et s’est seulement abstenue. Quelle est triste cette démocratie de deuxième niveau, où aucun compte n’est rendu aux citoyens. Quant à la parité, la photo des 17 vice-présidents hommes pour deux femmes dans le journal de ce matin est suffisamment éloquente. La politique menée par La Métro a peu de chance de changer, Marc Baïetto m’ayant déjà répondu dans son interview d’après élection qu’il valait mieux une Métro endettée qui réalisait des projets que le contraire. Il y a donc à redouter une nouvelle hausse de la fiscalité, car l’endettement ne pourra augmenter après les alertes de la Cour des Comptes… Seul le style du Président risque d’être bouleversé, la patience et l’écoute de Didier Migaud seront regrettées. Mais jugeons le nouveau président aux actes comme je l’ai dit hier en conseil. Nous serons vite fixés sur sa politique qu’il veut remettre au centre des débats. Chiche !

Aujourd’hui, les personnels du secteur public de la Petite Enfance étaient en grève. Pas pour défendre leurs salaires alors qu’ils seraient en droit d’exiger une hausse comme tous les personnels de l’État et des collectivités, mais pour la qualité du service public de la petite enfance. Le gouvernement vient en effet par décret de permettre de baisser à la fois le nombre d’adultes par enfant en crèche, mais aussi la qualification exigée des personnels. Dans un but évident d’économies, l’État tire un trait sur la fonction éducative de la garde des enfants. Avec plus d’enfants confiés à chaque adulte, la crèche deviendra un simple garderie ou « consigne » comme le dénonce le collectif de syndicats et d’associations en lutte. De plus, en ne retirant pas la petite enfance de la directive européenne Services (plus connu du nom de son auteur Frits Bolkenstein), la droite va placer ce service public éducatif en concurrence avec le secteur marchand. Ces nouvelles mesures vont permettre au privé d’être plus compétitif et de pouvoir remporter des marchés au détriment de la qualité du service rendu pour les familles et les enfants. Nous entrerons ainsi de plein pied dans la concurrence libre et non faussée que certains ont appelé de leurs vœux en faisant voter oui au traité constitutionnel en 2005. Aujourd’hui les mêmes jouent les vierges effarouchées…


Après une longue bataille pour renouveler l’offre politique à gauche du PS menée en particulier par mon parti les Alternatifs, force est de constater qu’une fois de plus la division reste de mise. D’un côté le NPA a tenu à se compter sous sa nouvelle étiquette qui ne renouvelle pas vraiment l’ex LCR comme il l’aurait voulu ; de l’autre le PCF allié au Parti de Gauche de Mélenchon a voulu garder l’hégémonie sur ce « rassemblement » qui en fait ne va guère au delà du « Front de Gauche » qui s’est présenté sous cette étiquette aux Européennes. L’obstination du PCF à défendre ses candidats sortants n’a pas laissé place au renouvellement des listes. Dans l’Isère les seuls candidats éligibles avec 7% des voix sont trois conseillers régionaux sortants. Parmi eux, Patrice Voir est adjoint au maire de Grenoble, aux côtés du Modem et de la droite qui a toujours soutenu l’ancien maire corrompu Alain Carignon. Quelle  crédibilité accorder à une liste qui n’est pas capable d’imposer des candidats ou candidates qui ont montré leur éthique en politique ? Comment faire confiance à ceux qui, une fois élus, ont déjà soutenu des politiques de droite ?

Alors quelle alternative pour mon vote ? Pas question bien sûr de donner ma voix au PS dont la politique régionale n’est pas différente de celles qui sont menées localement dans l’agglomération : soutien aux groupes privés sans contrepartie sociale, méga-projets comme Center-Parc ou OL-land à Lyon, pas d’engagement pour sortir du nucléaire… La liste est longue des renoncements d’une politique dont on peut chercher ce qui la différencie de celle d’une «droite moderne». Reste le vote pour Europe Écologie Rhône-Alpes. De loin, leur programme est le plus concret pour la région. C’est la somme d’un vrai travail collectif au plus près des besoins et des demandes des habitants. La liste EE est largement ouverte à d’autres sensibilités que Les Verts; elle ne défend pas ses sortants à tous prix. Malgré le peu de mobilisation citoyenne dans cette campagne des régionales, cette liste a su attirer 1200 personnes jeudi soir à Grenoble pour un grand meeting « national » avec les têtes de listes régionales et nationales. Un moment festif et attentif aux déclarations de Noël Mamère, Eva Joly, Michèle Rivasi, Augustin Legrand (Les Enfants de Don Quichotte) et bien sûr de Philippe Meirieu, tête de la liste régionale. Bien sûr si le programme d’EE est clair sur les questions écologiques,  il n’a pas su tirer encore toute ses conclusions au sujet du capitalisme qu’il faut dépasser pour ne pas connaître à nouveau les mêmes catastrophes engendrées par la recherche insensée du profit par et pour quelques-uns. Néanmoins, il n’est pas irréaliste de penser arriver un jour à l’unité des rouges et verts comme nous l’avons démontré depuis des années à Grenoble.

Je voterai donc sans hésiter pour la liste Europe Ecologie le 14 mars pour une vraie rupture sociale ET écologique dans la politique menée à la région.

Alors que les commissaires-enquêteurs n’ont pas encore rendu leur rapport au sujet de l’enquête publique sur le projet de Rocade Nord de Grenoble menée par le Conseil Général, déjà des travaux ont commencé le mois dernier sur les lieux du péage prévu sur la commune de La Tronche. Sur un terrain appartenant à l’État, des bûcherons ont abattu tous les arbres d’un vaste terrain sur lequel plusieurs familles roumaines avaient trouvé refuge. Aujourd’hui, elles sont désemparées au milieu des arbres à terre et m’ont dit leur angoisse de la suite des travaux du « tunnel ». Plusieurs enfants en bas-âge jouent parmi les gravats. En raison de la période hivernale, la plupart dorment en ce moment en hôtel la nuit et viennent le jour cuisiner sur ce terrain, ce qui leur est interdit dans leur chambre. Mais qu’adviendra t-il d’elles après le 31 mars ? Pour le Préfet, la seule solution est l’expulsion qui fera monter son compteur auprès d’Eric Besson, alors qu’il sait très bien que les familles reviendront légalement en car ici pour une centaine d’euros par personne. Jusqu’à quand va t’on traiter ces familles de la sorte ? Cette question intercommunale ne peut trouver une issue positive qu’en créant, comme le projettent des associations, des structures d’insertion pour accueillir ces familles qui bien qu’étant européennes sont discriminées par rapport à d’autres nationalités.