janvier 2010


Samedi après-midi, la Ligue des droits de l’Homme organisait à Grenoble une rencontre régionale sur le thème « Urgence pour les libertés, pour les droits ». Dans une salle remplie malgré un samedi après-midi ensoleillé, Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH et plusieurs membres du comité central ont égrené la longue liste des menaces qui pèsent sur nos libertés : fichage généralisé, justice aux ordres, exclusion sociale, discriminations… Des syndicalistes de Caterpilar et des travailleurs sans-papiers ont apporté leur témoignage sur les atteintes aux droits du travail.

Je suis intervenu pour alerter sur la nécessaire vigilance de toutes et tous pour ne pas accepter la moindre concession au respect des droits du citoyen. Plusieurs exemples récents montrent que la gauche n’est pas la dernière à tomber dans le piège sécuritaire tendu par Nicolas Sarkozy. La ville de Grenoble installe dans la plus grande opacité ses caméras de surveillance (déjà tout autour de la mairie et du stade sans aucune mise en garde). Il a fallu que je pose une question sur un marché de vidéosurveillance en fin de conseil municipal lundi pour que l’on apprenne qu’un projet d’extension est prêt sans aucune information, ni contrôle citoyen. Les mêmes avaient voulu il y a quelques années remplacer les urnes transparentes par des machines à voter opaques dépossédant le citoyen du droit de vérifier si son vote est bien compté. Ils se sont aussi empressés de mettre en place les passeports biométriques en mairie 6 mois avant d’en être obligé par la loi sans se poser la moindre question sur les risques de  dissémination de données biologiques qui devraient être rendues inviolables. Nous ne devons pas relâcher notre combat avant qu’il ne soit trop tard et que nous n’ayons plus la liberté d’en parler…

Jeudi dernier avait lieu en grandes pompes en mairie la présentation du projet de l’architecte Christian de Portzamparc pour le quartier de l’Esplanade de Grenoble. L’architecte reconnu mondialement a avoué avoir été pressé par la Ville pour sortir  un projet si vite. Pour eux c’est la première fois qu’ils doivent présenter une pré-maquette avant même d’avoir rencontré les habitants. Leur habitude est plutôt de prendre leur temps, et de présenter un projet après discussion avec la population. Mais ils ont dit être capables de s’adapter à tout ! Encore une nouvelle entorse à la Charte de la Démocratie Locale de décider avant débat avec les habitants…
Un grand absent de ce projet, comme d’ailleurs sur celui de la Presqu’île au premier plan sur la maquette, est le viaduc de la Rocade Nord prévue par le Conseil Général à cet endroit. Pourtant le site du CAIRN qui s’oppose à ce projet a simulé la sortie du tube autoroutier juste à quelques mètres de la tour de 100 m prévue par le cabinet d’architecte. Comment ne pas avoir vu cette proximité impossible ? A moins que ce projet de rocade d’un autre âge ne soit enterré….

Cette photo insolite du stade de Grenoble sous la neige a été prise le 4 janvier lors des vœux de La Métro depuis les salons nord. Malgré la bâche chauffante, qui en ce moment fonctionne à plein, la neige a été la plus forte et le match prévu le samedi suivant a dû être reporté. Mais qu’en est-il des coûts réels de fonctionnement de cet équipement à usage privé construit sur deniers publics pour une société anonyme ?

Malgré les questions qui sont régulièrement posées par moi et d’autres à La Métro qui en est le propriétaire, jusqu’à ce jour nous n’avons pu obtenir une analyse de ces coûts. Mais je doute que l’on obtienne un jour le chiffre consolidé de toutes les dépenses faites par les collectivités et par l’État pour le plaisir (n’ironisons pas sur la place actuelle du club…) de 13 336 supporters comme hier soir pour l’affiche de l’année face au leader Bordeaux.

En effet, la Ville de Grenoble mobilise à chaque match l’essentiel de ses policiers municipaux qui sont alors absents du reste de la ville, alors que cette action de sécurité autour d’une manifestation privée ne lui incombe pas. Elle répare les dégâts presque systématiques qui sont commis en ville et autour du stade à chaque match (mobilier public, lampadaires cassés…). L’État mobilise sa police et souvent les gendarmes mobiles pour canaliser les exactions des plus excités. 420 policiers et gendarmes n’ont pas suffi samedi pour les empêcher de casser 325 sièges pour au final une simple amende de 300 € à un seul supporter de Saint-Étienne… Quand on a déjà  assisté aux audiences de flagrants délits au tribunal, on peut s’étonner de cette clémence… Qui va payer cette casse ? La Métro…

Ceux qui ont fait la promotion de ce stade, nous ont parlé de son intérêt pour l’image de Grenoble. Je me suis bien gardé depuis le début de la saison de tirer sur l’ambulance. Je respecte le travail de l’équipe et de son encadrement qui font leur possible pour sortir le club de ce mauvais pas. Mais je ne peux rester silencieux sur ces dépenses incontrôlées, alors que tant de personnes se dévouent bénévolement pour venir en aide aux plus démunis et auraient bien besoin d’une subvention à la hauteur de l’État et des collectivités. Rappellerais-je que la politique, c’est faire des choix ?

Jeudi dernier devant un amphi comble à l’École de Commerce de Grenoble, j’ai eu le plaisir d’assister à nouveau à une conférence de Richard Stallman qui a fondé la « Free Software Foundation » (fondation du logiciel libre) et reste l’un des promoteurs les plus fervents du libre à la base entre autres la licence GNU qui permet la libre redistribution en y apportant si nécessaire des ajouts personnels de logiciels comme le navigateur Firefox, certaines versions de Linux et bien d’autres. D’ailleurs, l’outil que j’utilise pour publier ce blog wordpress est du logiciel libre. Depuis son dernier show à Grenoble qui doit remonter à plus de dix ans devant un amphi bien moins fourni, Richard Stallman n’a pas changé. À l’époque il vendait des pins pour la FSF où il était écrit en anglais : « Éloignez vos avocats de mon ordinateur ! ». Cette fois-ci il est venu avec un déguisement de gourou qu’il a revêtu à la fin avec un plateau de disque dur des années 70 en guise d’auréole !

Son discours, qui à l’époque du démarrage de Linux pouvait encore sembler celui d’un illuminé, a aujourd’hui toute sa pertinence. Le modèle économique du libre a prouvé son efficacité, puisque rien n’interdit de faire du commerce avec des adaptations sur mesure de logiciels libres et de nombreuses sociétés parmi les plus grandes en bourse s’y sont lancées avec succès. Il reste à convaincre de grandes administrations comme la Ville de Grenoble de prendre ce virage. Le moins que l’on puisse dire aujourd’hui est que le chemin sera long avant d’arriver à ce but, quand on connait les refus d’installation de logiciels libres en mairie parce que ceux-ci risqueraient de mettre en danger la sécurité du réseau interne ! Peut-être qu’en 2014 après un changement de majorité, la Ville pourra entrer dans ce monde et faire des économies substantielles sur les redevances payées à Microsoft qui dépassent le million d’euros annuels.

Quel effroi suscité par ces images de corps gisant dans les gravas que personne n’a eu les moyens ou le temps de couvrir. Haïti est à 7 000 km de Grenoble, mais néanmoins combien proche. Le 14 mai 2005 notre ville a honoré le libérateur de la première république noire au monde en 1804, Toussaint Louverture, en présence d’un conseiller d’ambassade d’Haïti à Paris. Depuis cette plaque est chaque 10 mai le lieu de la commémoration par le Préfet au nom de l’État de le mémoire de la traite négrière et de l’esclavage. Mes pensées vont ce jour à la communauté haïtienne de Grenoble avec laquelle nous avons toujours fait connaître la lutte de son peuple contre les dictatures comme celle de la famille Duvalier qui n’a pas attendu longtemps le droit de se réfugier en France accueillie en février 1986 par Christian Nucci encore Ministre de la Coopération !

Grenoble votera au prochain conseil municipal une aide symbolique de 20 000 € pour les victimes du séisme. Je suis sûr que les Grenobloises et Grenoblois par leur générosité vont multiplier largement ce montant.


Pour vous souhaiter la bonne année, je vous offre une carte animée illustrée de photos choisies parmi mes sorties 2009 en montagne.
Meilleurs vœux de bonheur à toutes et tous pour 2010 !