Samedi, le collectif Palestine dont fait partie les Alternatifs organisait à Grenoble au Centre œcuménique Saint-Marc 10 heures pour la Palestine. Préparée de longue date par des militants dévoués, cette manifestation a réuni plusieurs centaines de personnes comme on peut le juger sur la photo ci-contre. Plusieurs temps forts ont émaillé cet après-midi et la soirée. Un film a d’abord montré la véritable annexion par Israël que subit Jérusalem Est (Jérusalem, the East Side Story, de Mohammed Alatar). Puis Jean-Michel Asselin, journaliste grenoblois et auteur de « Gaza ? Gaza ! », qui a pu entrer dans Gaza quelques jours seulement après la fin de l’intervention israélienne en janvier dernier a donné la parole aux gazaouites en lisant leurs témoignages qu’il a recueillis sur place. Enfin, le collectif avait invité Ilan Pappé, historien et universitaire israélien qui a dû l’an dernier quitter son pays suite aux menaces de mort qu’il a reçues. Celles-ci se sont faites plus nombreuses depuis la parution de son dernier ouvrage intitulé « Le nettoyage ethnique de la Palestine » paru en 2006. Ce livre qu’il a pu écrire à la suite de l’ouverture des archives apporte des données nouvelles sur l’exil des populations palestiniennes en 47-48 qui a été planifié par les activistes sionistes. Ilan Pappé apporte un nouvel éclairage qu’il convient d’étudier sur cette guerre de 1947-48 qui a été l’objet d’une histoire officielle qui demande à être revisitée. La soirée s’est terminée par un moment festif musical toujours très apprécié. Bravo aux organisateurs qui n’ont pas compté leur peine pour la réussite de ce moment d’échange.
novembre 2009
lun 30 nov 2009
dim 22 nov 2009
Nous venons de fêter les 10 ans du jumelage entre les villes de Grenoble et de Ouagadougou. À cette occasion le maire de Ouagadougou, M. Simon Compaoré, a été invité à Grenoble à la tête d’une délégation de 38 personnes parmi lesquelles essentiellement des élus et des proches du maire. En tant que maire de la capitale du Burkina Faso, pays classé parmi les six derniers du monde suivant l’Indice de Développement Humain, Simon Compaoré a pu passer plus de dix jours dans notre ville malgré les problèmes graves que subit sa population durement frappée début septembre par des pluies torrentielles ayant fait des milliers de sans-abris à Ouagadougou même. Le conseil municipal de Grenoble a d’ailleurs voté en septembre une aide de 20 000 € à Ouagadougou, qui est bien peu à la fois au vu des besoins, mais aussi des dépenses engagées pour cet anniversaire. Ces coopérations de ville à ville prennent souvent un tour plus politique que citoyen. C’est aussi le cas pour celle-ci menée avec Ouagadougou, où les dépenses protocolaires de voyage des uns et des autres dépassent largement le budget alloué aux aides directes pour des échanges culturels, sportifs, artistiques ou éducatifs.
Depuis son dernier voyage à Ouagadougou il y a moins d’un an, le maire ne cesse d’ailleurs de répéter la même anecdote. Demandant à un instituteur de Ouaga les besoins des ses élèves, il s’entendit répondre : « Pour pouvoir étudier, mes élèves doivent d’abord manger à leur faim. » Michel Destot, maire d’une ville d’à peine 160 000 habitants a donc pris l’engagement de résoudre les problèmes d’alimentation d’une ville comme Ouagadougou qui compte un million d’habitants de plus ! La dernière annonce qu’il a faite lors des cérémonies il y a huit jours a été de promettre d’y envoyer un élu en charge de la restauration et le directeur du service pour voir ce qu’il est possible de mettre en place… Depuis près d’un an qu’il évoque cette demande, rien n’a été fait, ce qui montre bien que ce n’est pas sur ces bases humanitaires que peut se bâtir une coopération entre deux villes aussi dissemblables.
Nous demandons qu’à l’occasion de ces jumelages des échanges d’habitants soient développés dans les deux sens en impliquant en priorité la population civile et en limitant les voyages d’élus à des rencontres techniques des élus délégués à cette politique de coopération décentralisée et que soient mises en œuvre des actions durables qui favorisent le rapprochement et la paix entre les territoires et les peuples, la compréhension et l’ouverture à des cultures et des savoir-faire différents, source d’enrichissement réciproque et d’innovation. Pour cela, il s’agit de mettre en place des instances citoyennes de suivi et d’évaluation ayant le souci de respecter la transparence des actions, l’information auprès des habitants, l’évaluation par chacun des acteurs des deux territoires disposant d’une voix égale et d’un réel droit de regard et enfin la capitalisation des actions et leur diffusion auprès de tous. On en est loin…
mer 18 nov 2009
Une nouvelle bibliothèque à Grenoble
Envoyé par Gilles Kuntz sous Culture , PolitiquePas de commentaire
Samedi était inaugurée la bibliothèque la plus proche de chez moi à Teisseire, mais je devrais dire plutôt Teisseire-Malherbe puisque les deux quartiers sont désormais jumelés pour plus de mixité sociale. Cet équipement a attendu son ouverture dix ans, puisque c’est le temps qui s’est écoulé entre la démolition de l’ancienne bibliothèque et sa reconstruction. Mais entre temps les ouvrages, le personnel et les lecteurs ont pu migrer dans deux classes vides d’une école voisine.
Ce bâtiment est composé de deux parties : la bibliothèque au rez-de chaussée et des logements sociaux au dessus, ce qui permet de mieux maitriser les coûts et d’assurer une présence constante dans les équipements. La bibliothèque est une réussite avec de larges baies vitrées et même une partie galbée avec vue imprenable sur les platanes préservés de l’abattage par leur âge vénérable.
Les bibliothécaires avaient organisé pour l’évènement une chaine humaine pour faire passer symboliquement des ouvrages de l’ancienne bibliothèque provisoire à la nouvelle : un exploit puisque la distance les séparant est d’environ 300 mètres. Plusieurs centaines d’habitants ont donc accepté de se prêter à cette action montrant l’unité entre les quartiers. Un bel exemple du vivre ensemble que le Maire a raté en arrivant trop tard.
ven 13 nov 2009
Trois jours pour approcher la science
Envoyé par Gilles Kuntz sous Général , UniversitéPas de commentaire
Hier jeudi était inaugurée la « Fête de la Science 2009 » à Grenoble. Cette année, les stands sont installés bien au chaud dans les grandes salles de l’ancien Musée-Bibliothèque place de Verdun. Finies les tentes en plein air à Victor Hugo, place à des démonstrations plus vastes bien au chaud. Il reste tout de même un signal à l’extérieur avec ce dôme gonflable dans lequel se succèdent des projections de films. Même si la science n’est pas neutre et a engendré des progrès considérables pour le bien-être de chacun comme les pires armes de destruction massive, une formation scientifique permet d’exercer mieux son libre-choix et d’intervenir avec des arguments rationnels dans les débats de société comme celui qui aura lieu à Grenoble le 1er décembre autour des libertés individuelles et de la nano-médecine.
Cette exposition est vraiment à conseiller à tous les jeunes et moins jeunes. Elle a pour but de susciter des vocations chez les futurs étudiants pour les inciter à choisir des filières scientifiques qui sont souvent à tort considérées comme plus difficiles. Mais les ainés y trouveront aussi l’occasion de parler directement avec des chercheurs qui souvent sont mes collègues dévoués qui tiennent bénévolement ces stands et ne se font pas prier pour répondre aux questions en plus de marcher sur l’eau ou de simuler une avalanche …
ven 6 nov 2009
C’est la phrase qui a été dite à mon intention au dernier conseil de Métro par un adjoint au maire s’agissant de notre entrée au conseil d’agglomération après 18 mois d’exclusion antidémocratique. Aujourd’hui après les glorifications nationales de l’éco-quartier du site De Bonne à Grenoble, je suis en droit de renvoyer à la majorité gauche-droite de Grenoble cette affirmation tout à fait justifiée cette fois.
Ce projet d’un quartier conçu dès le départ avec le label HQE (Haute Qualité Environnementale) a été conduit à terme au prix d’un combat politique dans la majorité pluraliste de Grenoble entre 2001 et 2008. Il a fallu aussi monter au créneau pour obtenir d’élever le seuil de logements sociaux à 35% et plus y compris par amendement à une délibération du conseil municipal que j’ai dû présenter.
Tout ceci a été oublié ou feint de l’être et l’histoire est en train d’être réécrite. Le Maire et son adjoint modem à l’Urbanisme élu depuis 18 mois se pavanent sans vergogne devant les caméras pour recevoir le grand prix national du concours Écoquartier des mains du ministre Jean-Louis Borloo. Ils n’ont même pas eu la décence de citer le travail de Pierre Kermen (au centre sur la photo), adjoint écologiste à l’Urbanisme et à l’Environnement qui a porté ce projet à bout de bras. Il a fallu que ce soit l’architecte en chef du projet qui prévienne Pierre de ce prix qu’il aurait dû recevoir en mains propres. Vraiment, « ils ne savent pas dire merci ! ».