septembre 2009


Vendredi avait lieu le premier conseil de la communauté d’agglomération de Grenoble appelée « La Métro », auquel je participais en tant que nouvel élu, délégué de Grenoble. Après une présentation des trois nouveaux délégués  de Grenoble par le président Migaud, j’ai eu l’occasion de lire une brève intervention pour donner les axes importants défendus par les mouvements que je représente seul parmi 71 délégués dans ce conseil dont la composition est très peu démocratique. Par exemple, nous sommes 16 délégués de Grenoble représentant chacun près de 10 000 habitants, alors que les deux délégués de la plus petite commune n’en représentent que 300 chacun. Mais le plus grave est le mode de désignation des délégués au scrutin majoritaire, qui permet d’exclure les minorités des conseils municipaux. C’est ce que nous avons subi pendant 18 mois, malgré 13 500 voix obtenues par les listes des écologistes et alternatifs dans les urnes en mars 2008.

Pour ce premier conseil, j’ai été frappé par les mauvaises pratiques antidémocratiques de ce conseil. Les élus par exemple ne disposent pas de l’intégralité des délibérations avant le conseil et ne peuvent donc pas les voter en connaissance de cause. Seul le titre et un bref résumé de 3 ou 4 lignes est fourni (cela est appelé pompeusement « note de synthèse »). Quand un élu, comme je l’ai fait, demande des précisions avant le conseil sur un dizaine de points, cela apparait comme une requête excessive. Plus grave, des délibérations sont modifiées jusqu’au matin du conseil, ce qui explique peut-être pourquoi elles ne nous sont pas fournies en version intégrale… En conseil, quand un élu demande une modification, le président croyant faire preuve d’humour le qualifie d’ « obsédé textuel ». Décidément, ce conseil très étranger aux citoyens, qui ne l’élisent pas, a des pratiques bien éloignées de la démocratie et du droit.

Dans un des premiers billets de mon blog, je vous parlais en 2006 de la vente du théâtre du Rio aux éditions Glénat votée au Conseil Municipal de Grenoble en octobre 2004 par une coalition PS-Droite. Celle-ci préfigurait le tournant à droite et la nouvelle majorité de 2008. Cinq ans après ce vote, le site du couvent Sainte-Cécile transformé en siège social a ouvert ses portes pour une journée samedi dernier après deux siècles d’occupation par l’armée et quelques décennies par de jeunes troupes de théâtre, qui plus tard se sont révélées nationalement comme celle de Georges Lavaudant. La visite assurée par le propriétaire des lieux, Jacques Glénat, que l’on aperçoit derrière les grilles du parloir des nonnes a montré au nombreux public présent un lieu parfaitement restauré dans le respect du patrimoine. Mais, il n’est pas possible d’éluder certaines questions. Cette restauration d’un monument historique n’incombait-elle pas à l’État aidé par la Ville ? Quel accès à ce lieu pour le public ? En dehors d’un restaurant de luxe dont l’entrée est hors de portée de la quasi-totalité des habitants, on nous annonce les prochaines visites pour 2010… Que devient le spectacle vivant dans ce quartier ? Le maire avait promis de restaurer et ouvrir une petite salle mitoyenne du couvent pour des formes de théâtre expérimental. Rien n’a été fait et Jacques Glénat nous a dit être intéressé par ce lot pour plus tard, mais avoir demandé au Maire de ne pas tout lui vendre en une seule fois. Qui dit la vérité ?

À l’occasion des journées du Patrimoine ce week end, l’ association de Sauvegarde et de Promotion du Gant de Grenoble » (ASP2G) organisait des visites gratuites de son « musée » rue Nicolas Chorier à l’emplacement d’une ancienne ganterie comme il en a existé des dizaines à Grenoble du milieu du 19e siècle jusqu’à la fin de la dernière guerre.  Cette association fait un travail remarquable non seulement de conservation des anciens outils, mais aussi remet en route des machines et aide même des jeunes à se former auprès des derniers gantiers encore en vie pour apprendre et perpétuer les différents métiers de la profession.

J’ai déjà eu l’occasion d’assister à des conférences de cette association. À chaque fois des gantiers ou d’anciennes ouvrières viennent expliquer le métier quitté souvent depuis 30 ans ou plus. La mémoire de cette industrie est toujours vivace dans les esprits, mais qu’en restera-il après leur départ ? Le gant a pourtant en partie contribué à l’essor de Grenoble en la faisant passer de la  grosse bourgade qu’avait connue et mal aimé Stendhal à une ville industrielle bien avant l’arrivée de la Houille Blanche au XXe siècle.

Malgré cela, cette association n’a reçu à ce jour aucune subvention de la Ville de Grenoble. Je sais bien qu’il n’est pas possible de répondre à toutes les demandes, mais dans ce cas à la fois le travail déjà réalisé et aussi le projet de vrai Musée du Gant porté par l’ASP2G mérite un soutien actif de la Ville. Espérons qu’un autre élu ou le maire viendra au moins un jour pousser la porte du 79, rue Nicolas Chorier pour apprécier le professionalisme et le dévouement des membres de cette association.

Quelques photos des lieux et de la visite sont ici.

Comme chaque année depuis le coup d’état sanglant de Pinochet le 11 septembre 1973 au Chili, la Ville de Grenoble et la communauté chilienne exilée ici depuis tant d’années s’est rassemblée vendredi sur la place qui porte désormais le nom de Salvador Allende. Le temps a passé, mais la mémoire reste vivace dans l’esprit et les cœurs des exilés, mais aussi maintenant de leurs enfants qui sont pleinement investis de ce devoir de mémoire. Depuis plusieurs années, ce sont en effet les enfants de ces chiliens qui ont dû fuir leur pays qui prononcent les allocutions et rappellent l’action des tortionnaires. Cette relève est l’assurance que l’oubli n’effacera pas cette histoire tragique. Même 30-40 ans après, les coupables de ces crimes ne resteront pas impunis, car enfin le gouvernement chilien a aujourd’hui décidé de traduire les coupables en justice. Il était temps et au nom des nombreuses victimes, nous ne pouvons que nous réjouir des procès à venir afin que tout le monde se dise « Plus jamais ça ! ».

Comme chaque année à la rentrée des vacances, la boite aux lettres contient les factures à payer à la rentrée. Parmi celles-ci, figure l’avis d’imposition à la taxe foncière pour 2009 que beaucoup d’entre nous qui se sont endettés des années durant pour acheter un appartement doivent payer avant le 15 octobre.

Cette année la note est particulièrement salée comme le montre le graphique cliquable ci-contre. Pour un appartement familial à Villeneuve, il est réclamé plus de 2000 €. Pour chacun, l’augmentation sera de 13 % par rapport à la feuille d’imposition 2008. Plusieurs explications à cela que nous avons déjà dénoncées en temps de crise sociale : la hausse des taux de Grenoble de 9% votée par la nouvelle majorité droite-gauche, celle de près de 30 % de la TEOM votée par la Métro et une nouvelle fiscalité directe créée par la même Métro.

Dans un mois c’est la taxe d’habitation 2009 qui va arriver avec des augmentations comparables, puisque la Ville n’a pas fait le détail et a augmenté les deux taux de 9%… Comment feront les Grenobloises et Grenoblois qui ne sont pas exemptés de taxe d’habitation dès qu’ils perçoivent le SMIC ? Au lieu de dépenser toute leur énergie pour désigner leur candidat pour 2012, les prétendus socialistes qui ont voté cette augmentation y ont ils pensé ? Connaissent-ils au moins le niveau d’exemption ?