juin 2009
Archivage mensuel
mar 30 juin 2009
Envoyé par Gilles Kuntz sous
Politique
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Tous les habitants ont droit à la tranquillité. La loi doit être respectée partout et les moyens mis en place par l’État qui a cette compétence doivent être proportionnés aux besoins. Habitant depuis 27 ans un quartier « sensible », j’ai connu bien des types d’interventions de la Police. Au début de mon installation à la Villeneuve de Grenoble on trouvait encore des « hirondelles » qui à deux à vélo parcouraient les allées du parc et étaient respectés des plus jeunes. Un peu plus tard, à leur suppression est apparue la police de proximité qui opérait en rondes en voiture. En fait la proximité n’y était plus, puisque d’un rôle de dialogue, la police était plutôt passée au rôle de surveillance, les policiers ne sortant que rarement de leur véhicule de peur d’être agressé. Le lien était rompu. Cette police de terrain a ensuite disparu pour ne laisser place qu’à la BAC qui ne se déplace qu’en cas de délit grave pour tenter d’intercepter les coupables. Le reste du temps, l’espace public est sous la seule protection des policiers municipaux qui ne peuvent agir avec toute l’autorité requise, ni à toute heure. Cette période récente a vu le développement des incivilités allant jusqu’aux agressions pour vol et aux fameux rodéos à moto dans le parc : aucune limite n’est plus fixée aux jeunes qui empoisonnent la vie de milliers d’habitants avec leurs engins sans échappement. Cette occupation de l’espace public par de petites bandes se double de différents trafics qui à mesure que monte la précarité et en particulier le chômage des jeunes se développent en toute impunité.
Récemment le gouvernement a mis en place de nouvelles brigades appelées Unités TErritoriales de Quartier (UTEQ). Villeneuve a vu arriver la sienne le 2 juin. Il s’agit d’équipes de 5 ou 6 policiers bien équipés (casques, flashball à la main..) qui ratissent les allées en éventail. Un habitant dans une réunion publique récente les a qualifiés de « police d’occupation ». Le Préfet présent n’a pas franchement apprécié ce que ce mot pouvait rappeler. Le résultat de l’UTEQ pour le moment est loin du compte; les bandes se sont soudées et la tension ne fait que monter, au point que quelques jours après leur mise en place, un gymnase a brûlé le soir des élections après une journée de provocations des jeunes. J’ai eu l’occasion d’intervenir à ce sujet au dernier conseil municipal.
Aujourd’hui, un nouveau pas est franchi dans la réponse policière : l’usage d’un hélicoptère de police qui tout l’après-midi survole le quartier à basse altitude avec de longs surplaces, comme s’il était à la poursuite de délinquants, sauf qu’au sol aucune équipe de policiers n’est présente. Il s’agit plutôt de montrer sa force que de chercher à élucider des délits. Comment se terminera cette escalade ? Je crains le pire pour ma part avec un cortège de voitures brûlées chaque nuit qui veut dire de la part des jeunes : « même pas peur… ». Si enfin on cessait cette surenchère, si on se mettait autour d’une table avec ces jeunes, des psychologues, des travailleurs sociaux et les autorités… Si on se mobilisait aussi pour en parrainer certains afin de leur trouver des stages ou des boulots qui les sortent du quartier. Ne serait-ce pas mieux que les flash-balls ? Sans être naïf, à quoi nous mène aujourd’hui l’action de la police telle que l’a voulue le président, roi du karcher ?
lun 29 juin 2009
Envoyé par Gilles Kuntz sous
Politique
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Une fois de plus, certains élus oublient leurs promesses les élections passées. Comment s’étonner alors de l’abstention massive des dernères élections ? Le cynisme consistant à dire « agissons ainsi en début de mandat, dans six ans ils auront oublié… » laissera des traces.
Après avoir fait semblant d’agir pour le principe de précaution en promettant aux habitants de Villeneuve-Géants de faire enlever des antennes-relais de téléphone mobile au plus tard il y a un an, aujourd’hui Michel Destot vient d’autoriser l’opérateur Bouygues à installer des antennes sur un bâtiment municipal juste à côté : la Bourse du Travail. La déclaration préalable de travaux a été affichée la semaine dernière (voir ci-dessus) sans qu’aucun habitant ne soit prévenu au préalable. Pourtant un collectif d’habitants est très actif depuis des années sur le sujet : le Collectif Antennes Villeneuve. Mais encore une fois il n’y aura pas de débat préalable, les élus iront ensuite expliquer la décision prise : belle conception de la démocratie participative…
Quant à l’antenne-relais qui devait être démontée au 50 place des Géants en juin 2008, on apprend que le contrat avec l’opérateur a été reconduit jusqu’en 2012… Quel manquement à sa parole pour l’élu qui continue à affirmer sans retenue sur son blog que Grenoble est en pointe pour la lutte contre la pollution électromagnétique…
ven 26 juin 2009
Envoyé par Gilles Kuntz sous
Politique
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Mardi dernier, Saïd Bouziri est décédé à Paris à 62 ans. La terrible nouvelle s’est répandue parmi le Collectif Droit de Vote des Résidents Étrangers de Grenoble. Saïd en tant que membre fondateur du collectif national « Votation Citoyenne » est venu à plusieurs reprises à Grenoble soutenir les initiatives du CCREG (Conseil Consultatif des Résidents Étrangers de Grenoble) pour le droit de voter et d’être élu aux élections locales. La photo ci-contre le montre en 2005 à la tribune du colloque national de lancement depuis Grenoble de la Votation Citoyenne qui a lieu dans notre ville chaque année depuis 2002.
Moins connue est son action pour la mémoire de l’immigration. Il participait au travail de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Imigration à la Porte Dorée qui lui rend hommage. Saïd présidait aussi l’association « Génériques » qui se consacre à garder la mémoire de l’immigration. En particulier cette association recueille les archives personnelles de militants comme à Grenoble celles de Pierre Boisgontier pour les classer et les mettre à disposition des historiens.
Saïd, ton départ nous laisse un grand vide !
lun 15 juin 2009
Créé au lendemain de la Grande Guerre en 1919, le « Foyer de l’Étudiante » à Grenoble a fêté le 6 juin ses 90 ans. À cette occasion une exposition a été présentée sur l’origine de la résidence et son histoire. Situé dans un ancien couvent reconnu par Louis XIV en 1646, il a été créé pour permettre aux femmes d’étudier à une époque où l’inégalité des droits hommes-femmes étaient la règle. Abritant pendant la dernière guerre des étudiantes étrangères bloquées à Grenoble par l’Occupation, il a gardé son rôle d’accueil principalement d’étudiantes étrangères.
Aujourd’hui, son avenir est mis en péril par l’annonce en février par le CROUS de la suppression dès ce mois de sa subvention annuelle de 32 000 €. Cet organisme qui a vocation de fournir les œuvres sociales aux étudiants pour le compte de l’État se désengage de l’aide aux associations qui souvent comme ici gèrent à meilleur compte des foyers avec un investissement non rémunéré des bénévoles. C’est 8% du budget qui disparait : les collectivités étranglées par ailleurs feront-elles l’effort de suppléer l’État dans ses missions ? Au moment où la Ville de Grenoble a tenté de chiffrer le désengagement direct de l’État, ce sont les sommes supprimées aux associations qu’il faudrait compter. Ici 32 000 €, 20 000 à Solidarité Femmes, des menaces différées pour le Planning Familial, en quelques années 100 000 € de moins à l’ODTI venant de l’ACSE, pareil pour l’ADATE, la Relève…
Comment agir pour tisser plus de lien social, quand on coupe les crédits de ceux qui font le plus dans ce sens ?
mar 9 juin 2009
Envoyé par Gilles Kuntz sous
Politique
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Cette photo de Michel Destot couvert du « chapeau de Saponé » lors d’une visite à la ville jumelle de Ouagadougou mérite une digression historique pour faire le lien avec le titre de mon billet.
Il y a… bien longtemps, un empereur mossi mourru. Son fils devait donc lui succéder, mais celui-ci était parti bien loin, sans doute à la conquête d’une nouvelle province ! La coutume d’Ouagadougou exigeait que le futur roi subisse certains rites, et en particulier d’avoir la tête rasée, pour être intronisé. Une assemblée de notables se réunit pour trouver une solution à ce problème… Après délibérations, il a été décidé de partir à la recherche du fils et de lui raser la tête à l’endroit même où il serait retrouvé. L’ordre fut donné à une petite troupe d’hommes : Sâ…n…poné ! en mossi (c’est à dire : partez et rasez-lui la tête ! )
Le fils fût retrouvé à une trentaine de kilomètres au sud d’Ouagadougou et, comme prévu, sa tête fut rasée ! Le futur empereur ne fut pas satisfait de sentir sa tête nue sous le chaud soleil africain, et demanda un couvre-chef pour se protéger ! Un chapeau digne de sa personnalité fut confectionné en toute hâte … ce fut la naissance du fameux chapeau.
Une différence ici : ce n’est pas Michel Destot qui portera le chapeau et se succèdera à lui-même en 2014, si l’on en croit les votes des électrices et électeurs qui ont placé les écologistes largement en tête à Grenoble comme dans la plupart des communes de l’agglomération !
Pourtant, Michel Destot ne reconnait pas sa défaite et entend régner en maitre absolu sur sa ville et son agglomération. Il a osé hier après un tel vote retirer la délibération prévue de désignation de trois délégués supplémentaires de Grenoble à la Communauté d’Agglomération, dont enfin un écologiste. Sans aucune retenue, il a expliqué ce déni de démocratie par le besoin de faire voter une augmentation de 10% pour 2010 de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères qui demande l’unanimité du conseil de La Métro et contre laquelle nous nous sommes battus et nous nous battrons. Cette taxe anti-sociale est payée par toutes et tous depuis 2006 contrairement à l’impôt local même injuste pour lequel beaucoup de ménages en difficulté sont exonérés ou partiellement dégrévés.
Peut-on encore se dire socialiste avec une telle politique ?
lun 8 juin 2009
Envoyé par Gilles Kuntz sous
Politique
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Les résultats des Européennes sur Grenoble tombent comme un désaveu total de la politique d’alliance à droite du maire socialiste de Grenoble, Michel Destot. La liste Europe Écologie conduite par Michèle Rivasi dans notre région est arrivée largement en tête avec à Grenoble 29 % des voix, contre 21 % à la liste UMP et… 19 % à la liste PS conduite par le parachuté Vincent Peillon. Quant au Modem que le Maire de Grenoble a propulsé comme 2e groupe de la majorité aux dernières municipales, il ne recueille que 7 % des suffrages…
J’ai présidé hier un bureau de vote de mon quartier aux côtés de militants de longue date du PS qui n’ont cessé de me dire tout au long de la journée leur désaccord avec cette politique d’alliance voulue par Michel Destot. Ils se seraient presque réjouis au dépouillement de la débâcle de leur parti sur Grenoble.
Aujourd’hui, les écologistes doivent enfin avoir une place au conseil d’agglomération suite à la désignation de 3 délégués supplémentaires prévue à l’ordre du jour du conseil municipal de Grenoble ce soir. Refuser d’accorder une seule place sur les 16 élus représentant Grenoble à La Métro quand le poids électoral de cet élu représentait 22,5 % des électeurs en mars 2008 et 29 % aujourd’hui serait un véritable scandale…
ven 5 juin 2009
Envoyé par Gilles Kuntz sous
Politique
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Hier soir, pour le dernier meeting national de la liste Europe Ecologie, le site de la Bastille avait été choisi par l’équipe grenobloise chargée de l’organiser : un vrai pari de proposer un meeting en plein air à l’arrivée d’un téléphérique sur une colline surplombant Grenoble. Même si les «bulles» peuvent faire monter 300 personnes à l’heure, les 6-700 présents ont dû prendre patience pour arriver au port. Certains sont montés à pied, d’autres en covoiturage ou même en vélo pour les plus courageux capables d’affronter les 18% de pente de la petite route depuis La Tronche.
À la tribune, Michèle Rivasi et Eva Joly, les « têtes de liste » n° 1 dans le Sud-Est pour Rivasi et n°2 en Ile-de-France pour Joly qui ont de bonnes chances d’être élues dimanche étaient entourées de Cécile Duflot, porte-parole nationale des Verts, Raymond Avrillier, ancien élu ADES de Grenoble et Sébastien Teyssier, élu au nom des Alternatifs dans la majorité dirigée par le PCF à Fontaine. Chacun a été dans son rôle : Raymond Avrillier revenant sur le système de corruption mis en place par l’ancien maire Carignon à Grenoble et les actions menées pour remunicipaliser l’eau et l’assainissement contre la volonté du PS, Eva Joly revenant sur son combat au pôle financier contre la délinquance en col blanc et montrant la voie à suivre pour que l’Europe fasse le ménage contre les paradis fiscaux et la corruption, Michèle Rivasi en responsable de liste faisait les présentations et passait la parole aux uns et aux autres avant de conclure la partie meeting et de laisser la place aux musiques tsiganes qui ont fini la soirée.
Je reviendrai sur le choix de notre camarade Sébastien Teyssier qui s’est engagé sur cette liste dans une position de témoignage sous l’étiquette « altermondialiste ». Toujours adhérent de notre parti-mouvement, son choix de rallier ce combat ponctuel ne signifie en rien son entrée chez Les Verts : il ne va pas y retourner après les avoir quitté il y a quelques années. Même si le choix des Alternatifs a été pour cette élection d’appeler à voter indifféremment NPA ou Front de Gauche, nous respectons la décision de Sébastien qui lui est personnelle. Sa position isolée d’élu écologiste et alternatif à Fontaine dans une majorité dominée par un PC encore productiviste lui enjoignait de se démarquer et de montrer publiquement son engagement pour un alterdéveloppement. Il a d’ailleurs tenu un discours sans concession pour une autre Europe sociale et écologiste en rappelant son opposition au TCE comme au Traité de Lisbonne qui organise la privatisation des services publics et le nivellement des droits sociaux par le bas.