mars 2009


Hier soir, l’équipe de hockey de Grenoble a réussi un exploit historique : gagner le championnat de France, la Ligue Magnus, après avoir tout remporté cette saison : coupe des Champions, coupe de la Ligue, coupe de France. Ce « grand chelem » est le premier réalisé la même saison par une équipe de hockey. Les Brûleurs de Loups ont pris le dessus sur l’équipe des Diables Rouges de Briançon arrivée en tête du championnat avant les play off. Un match intense, mais contrôlé par nos joueurs qui ont gagné 5-1 au coup de sifflet final. Il faut rendre hommage à l’équipe haut-alpine qui a fait une remarquable saison malgré un budget bien moindre que celui de Grenoble.

J’ai déjà eu l’occasion de parler ici de l’ambiance familiale des matchs de hockey qui contraste avec celle très macho des stades de foot. Une autre grande différence entre les deux enceintes sportives est à chercher du côté de l’usage qui en est fait. La patinoire est un vrai équipement de service public avec une patinoire ludique ouverte à tous et en particulier aux scolaires tout au long de l’année. Sur la glace sportive se retrouvent les équipes amateur, le patinage artistique et tous les sports de glace alors que le Stade des Alpes est lui strictement réservé  à l’équipe professionnelle de foot, le GF38, et à de très rares spectacles commerciaux. L’État ne s’y est pas trompé qui a refusé de rembourser la TVA due pour la construction du stade, ce qui a fait encore grimper l’ardoise de 18 millions d’euros… Même côté sport-spectacle, la différence des prix est flagrante entre les deux sports : des prix d’entrée qui ont grimpé considérablement côté foot depuis l’ouverture du nouveau stade et côté hockey un abonnement annuel donnant droit à une quarantaine de matchs  pour 180 €, ce qui est le prix de quatre entrées bien placées au Stade des Alpes…

Depuis 1996 Grenoble menait une action d’ampleur autour du 21 mars, journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. D’une semaine au départ, les actions s’étaient étalées sur 15 jours et la « quinzaine contre le racisme et pour la fraternité » a regroupé plus de 140 associations et structures collaborant dans un foisonnement d’évènements. En 2005 à l’occasion de la 10e édition, un sommet a été franchi avec de nombreux stands au Jardin de Ville réunissant scolaires, associations et un public nombreux. Plus de 30 000 € de subventions étaient distribuées par la Ville pour ces actions en plus d’une participation propre du double au moins.

Cette année cette quinzaine a été réduite à.. une journée ou plutôt une unique manifestation de remise de prix du concours de visuels sur cette thématique. Seuls des panneaux municipaux ont rappelé cette journée dans la ville. Même le site internet de Grenoble a été muet sur cette seule action. C’est dire l’importance qui lui est accordée par cette majorité… Comment défendre ce que d’aucuns appellent le « vivre ensemble » si on ne commence pas à lutter contre tous les délits que sont le racisme, le sexisme, l’homophobie… Non, il s’agit encore une fois de casser le travail que nous avons pu faire et cet objectif a priorité sur toutes les autres considérations. Je vous parlerai bientôt du Conseil Consultatif des Résidents Etrangers qui n’est plus en sommeil, mais en coma dépassé… Triste de voir les tendances droitières de cette majorité l’emporter une fois encore.

Nous étions hier à Grenoble 50 000, 60 000 à manifester notre colère contre les mauvais plans des patrons et de Sarkozy qui prend ses ordres au MEDEF. Notre ville n’étant  apparemment pas bien couverte par l’AFP, les médias ne parlent jamais le jour-même de ces manifestations monstres, à moins qu’ils ne croient pas aux chiffres qui tombent toujours supérieurs à ceux de Lyon… Beaucoup de salariés du privé étaient venus en nombre inquiets par les plans sociaux qui s’annoncent et en tête les Caterpillar très combatifs qui occupent depuis quelques jours leur usine pour lutter contre les 733 pertes d’emploi annoncées et les indemnités ridicules accordées (de 2 000 à 8 000 € pour les anciens !). Mais au delà de ces grandes marches qui se renouvellent de mois en mois (la prochaine le premier mai ?), que doit-on proposer comme axe de luttes qui fasse consensus ?

La Guadeloupe et les DOM ont montré le chemin avec une revendication de base de 200 € d’augmentation des bas revenus et une baisse des prix de première nécessité. Leur plateforme de revendications contient bien des points que nous pouvons demander aussi de ce côté de l’océan. Dans ce but, une coordination des luttes a été appelée hier après-midi à la Bourse du Travail. 600 personnes souvent jeunes se sont réunies pour tenter d’établir une telle plateforme et tisser des liens entre les luttes. Il ne suffit plus de crier « Tous ensemble », il faut passer aux actes et montrer au pouvoir que l’unité d’action est en marche.

Le choix de la ville française candidate à l’organisation des JO d’hiver 2018 est tombé ce midi : ce sera Annecy, alors que depuis une semaine Grenoble tenait la corde… Les médias locaux « partenaires » de Grenoble2018 ont pourtant monté d’un cran la propagande ces derniers jours. En vain… Le projet faussement appelé zéro carbone contenait en effet de nombreuses voiries autoroutières, dont un passage à 4 voies de la départementale Grenoble-Bourg d’Oisans et qui semble impossible à réaliser… Ces projets cachés aux éluEs, n’ont pas trompé les membres du Comité Olympique et Sportif Français qui les ont jugé peu réalistes et incompatibles avec un engagement écologique demandé, au moins sur le papier, aux villes candidates. Je ne me réjouis pas pour autant pour Annecy qui va engager de lourdes dépenses pour une candidature à perte devant les grandes rivales annoncées que sont Munich (Allemagne) et PyeongChang (Corée du Sud).

Grenoble va pouvoir passer à autre chose et s’atteler à la crise sociale et écologique dans laquelle nous entrons. Hier, lors de l’inauguration de l’espace La Place confié à l’association Ozanam et qui héberge des personnes sans domicile fixe ayant des chiens, nous n’étions encore que deux élus présents à l’heure annoncée; les autres étant probablement retenus par les dernières actions de lobbying auprès du CNOSF… Cette réalisation a permis de stabiliser 19 personnes dans des modules d’habitat en bois issu de la Biennale 2008 de l’Habitat Durable créée sous la mandat précédent par Pierre Kermen, adjoint écologiste à l’Urbanisme et à l’Environnement. Au lieu d’Algécos mis en place pour l’hiver, les résidents peuvent aujourd’hui investir leur maison et s’y sentir chez eux : le début d’une réinsertion sociale pour laquelle des associations comme Ozanam luttent. Une autre aventure moins prestigieuse que les JO !

Samedi, une cinquantaine de militants des Droits de l’Homme se sont réunis sur le parvis du même nom à Grenoble. Ce rassemblement avait pour but d’exiger la libération par Israël de l’étudiant franco-palestinien Salah Hamouri âgé aujourd’hui de 23 ans et détenu depuis exactement quatre ans après un procès en avril dernier où il a été condamné à sept ans de prison pour être passé devant le domicile du chef spirituel du parti religieux Shass. Un véritable délit d’intention sans aucun commencement de preuve ! Devant cette injustice qui frappe aussi beaucoup des 11 000 palestinines dont 40 parlemntaires détenus en Israël parfois à partir de simples présomptions, l’Etat français reste inactif et ne défend pas Salah Hamouri. De nombreuses associations se mobilisent à Grenoble ou ailleurs en France pour exiger que notre gouvernement agisse enfin auprès d’Israël pour faire libérer Salah : lire à ce propos la lettre d’un ancien député adressée au Président de la République.

Encore une fois, les éluEs de Grenoble étaient absents à part l’un d’eux qui visiblement ne voulait pas apparaître sur les photos. Deux poids, deux mesures après la cérémonie organisée par la Ville le 10 décembre 2008 en présence de nombreux éluEs pour demander la libération du soldat israëlien Gilad Shalit : les Droits de l’Homme doivent être garantis pour toutes et tous sans exclusive !

Le temps était avec nous hier. Après trois jours de pluie (ou de neige dès 500 m), le plaisir de faire sa trace dans 50 cm de fraiche et l’amour de la montagne naturelle nous a réunis pour une conférence de presse relayée par FR3 Alpes hier soir sous la ruine du tremplin de Saint-Nizier. Bravo au courageux preneur d’images portant sa caméra de 15 kg ! Accompagnés par les drapeaux de Mountain Widerness qui a rejoint notre combat contre des JO dévoreurs de finances et d’espaces naturels, nous avons ensuite gravi le Moucherotte sous un soleil radieux pour y déployer notre banderole.

Une action à comparer avec celle des Pro JO 2018, qui ne sont pas montés hier soir à la force de leurs mollets au sommet des pistes de Chamrousse pour faire ensuite une descente aux flambeaux couronnée par un feu d’artifice payé par les finances locales… Une autre conception de la montagne…

Hier soir, une manifestation de 200 personnes a déambulé dans le centre ville malgré la pluie. À quelques jours du choix de la candidature française pour les JO d’hiver de 2018 le débat qui a été refusé par le maire se déroule dans la rue. Les moyens en présence ne sont pas les mêmes : d’un côté des publicités dans le métro de Paris payées par le contribuable, de l’autre des actions citoyennes comme cette manifestation. Sur le fond au sujet des Jeux Olympiques, notre groupe d’éluEs écologistes a apporté sa pierre avec un dossier important qui a été reconnu pour sa qualité, y compris par des articles de la presse nationale. Vous pouvez le trouver ici (1,7 Mo) pour comprendre ce qui motive notre refus des JO tels qu’ils sont organisés de nos jours ici ou ailleurs.

Parmi ces actions contre la candidature de Grenoble, le milieu de la montagne (très cher au maire…) a pris position avec un appel intitulé « Nous la montagne, on l’aime sans JO » que vous pouvez lire ici. Cette opposition du vrai milieu de la montagne se traduira samedi (si la météo le permet) par une montée à skis, à pieds ou en raquettes du Moucherotte qui domine Grenoble. Au passage sera organisée une visite de la ruine du tremplin olympique de Saint-Nizier qui date des JO de 1968. Rendez-vous samedi au terminus du tram C à Seyssins pour une montée à Saint-Nizier en covoiturage. Les dernières informations sont à lire sur ce site.