Une manifestation géante pour Grenoble a parcouru hier les plus grandes avenues de notre ville. Les comparaisons avec les protestations contre le CPE en 2006 ou le Front National en 2002 ne sont pas exagérées. En recoupant divers chiffres une estimation autour de 50 000 manifestants semble la plus proche de la réalité. Dommage que l’information ne soit pas allée jusqu’aux rédactions nationales. Peut-être que ce chiffre qui dépasse la manifestation de Lyon n’est pas crédible pour elles. C’est sans connaître le passé de notre ville qui a toujours montré sa détermination à lutter plus fort pour la défense des libertés qu’ailleurs. Parmi les nombreux manifestants, il faut remarquer un important cortège d’enseignants et de chercheurs de l’université qui sont menacés par les réformes à la serpe de la ministre Valérie Pécresse. Même si comme les autres fonctionnaires, notre salaire est rogné depuis des années par des hausses de salaire insignifiantes au regard de l’inflation, la plupart des revendications des collègues vont d’abord à la défense du service public de la recherche et de l’enseignement et mettent en avant la qualité menacée de notre travail, dont les étudiants seront les victimes. Une grève administrative est en cours contre les derniers décrets qui veulent faire de l’enseignement la punition à infliger à celles et ceux qui seront jugés les moins productifs en recherche par leur université. Fait rare, la conférence des présidents d’université a pris parti sans ambage contre ce projet de décret. Seule la lutte que nous engageons permettra d’être entendu puisque ce gouvernement ne réagit que devant les risques de conflit ainsi que son recul sur la réforme des lycées vient de le montrer.
janvier 2009
ven 30 jan 2009
mar 27 jan 2009
Samedi avait lieu dans le quartier Mistral à Grenoble, une « fête » pour marquer le début de la démolition du premier des quatre immeubles de logements sociaux rue Paul Strauss. Drôle d’idée de fêter ainsi la disparition commencée par grignotage (voir photo) du lieu auquel beaucoup d’habitants restent attachés en y ayant passé une bonne partie de leur vie. Malgré une fanfare endiablée, en fait de fête, il s’agissait plutôt d’un enterrement. Peu d’habitants présents (quelques dizaines pour 400 appartements à démolir), aucune ambiance, pas d’applaudissements des musiciens qui pourtant faisaient de leur mieux pour remplir leur rôle…
La question de la démolition de logements sociaux est posée depuis longtemps. Elle figure en dogme dans la loi dite Borloo pour avoir droit aux aides d’État distribuées par l’ANRU. Des associations comme de DAL s’y opposent tant que la pénurie de logements sociaux sera si grande en France (7 000 demandes non satisfaites sur Grenoble..). Les immeubles dont la ville a décidé de leur démolition ne sont pas les mieux placés, car coincés entre une autoroute, qui serait agrandie pour la Rocade Nord ou les JO, et une voie d’accès rapide. La qualité du bâti aurait permis de requalifier ces bâtiments par isolation extérieure et travaux d’isolation phonique à l’intérieur. Les habitants qui ont déjà été relogés reconnaissent souvent la meilleure qualité de leur nouvel appartement, mais disent avoir perdu leurs racines et le réseau fort d’amitiés tissés dans le quartier. D’autres attendent les propositions compatibles avec leurs ressources. Souvent en effet, la meilleure qualité des logements entrainent des hausses qui réduisent à peau de chagrin le reste à vivre après paiement de toutes les factures mensuelles. Sur le fond, la réponse à cette question de la démolition doit être donnée après une étude contradictoire et non comme un principe de base posé par l’Etat. C’est encore plus scandaleux d’agir ainsi quand la démolition est prévue pour les logements bien isolés de bonne qualité comme à Villeneuve. Nous y sommes opposés et nous y reviendrons.
sam 17 jan 2009
Aujourd’hui comme partout en France, une manifestation pour défendre le service public d’éducation avait lieu à Grenoble. Des milliers d’enseignants, de parents et d’élèves ont défilé pour dénoncer les réformes en cours qui ne visent qu’à faire des économies au détriment du maintien de la qualité de l’enseignement. Les incessantes suppressions de postes dans l’Éducation Nationale ne font que dégrader les conditions de travail des enseignants et des élèves, car elles augmentent le nombre d’élèves par classe. À cela s’ajoute la suppression annoncée des IUFM qui forment les enseignants : le métier d’enseignant ne serait plus enseigné !
En parallèle, le gouvernement organise la sélection des élèves dès le plus jeune âge : une nouvelle évaluation du niveau des enfants de CM2 aura lieu dès lundi. On peut juger ici du niveau des questions posées qui vont permettre de classer les « bonnes » et « mauvaises » écoles, ce qui après la suppression de la carte scolaire ne fera que renforcer les discriminations au sein du système éducatif.
Les manifestations de novembre et de décembre 2008 des enseignants et des lycéens ont provoqué le report de la réforme des lycées. Cette manifestation du 17 janvier est une étape supplémentaire dans la défense du service public de l’Éducation Nationale. Le 29 janvier verra l’élargissement du mouvement revendicatif pour défendre l’emploi et les services publics et exiger une autre réponse à la crise que de donner 10 milliards d’euros aux banques…
mer 14 jan 2009
Un document à étudier pour une vraie politique sociale
Envoyé par Gilles Kuntz sous PolitiquePas de commentaire
Depuis un décret de 1995, les CCAS ont obligation de réaliser chaque année un document appelé Analyse des Besoins Sociaux « de l’ensemble de la population qui relève d’eux, et notamment de ceux des familles, des jeunes, des personnes âgées, des personnes handicapées et des personnes en difficulté. » Le décret demande que ce document soit présenté au Conseil d’Administration du CCAS, mais n’impose pas sa discussion en Conseil Municipal, ce qui était le cas à Grenoble dans les mandats précédents, mais ne l’est plus aujourd’hui, malgré l’importance de cette étude pour mener une politique efficace répondant aux besoins de la population. J’ajoute que ce document est communicable à tout citoyen et peut être demandé auprès du siège du CCAS au 40, galerie de l’Arlequin.
En tant que membre du CA du CCAS, j’ai suivi la présentation de ce travail lors de notre réunion de décembre. Celui-ci confirme la hausse de la démographie aussi sur la commune, mais indique que 30% des enfants de moins de 3 ans vivent dans une famille à bas revenus (moins de 871 € par adulte). Pour la santé, près de 12 000 Grenobloises et Grenoblois sont couverts par la CMU. L’accès à la santé n’est pas le même pour tous : on peut le montrer par les besoins de soins dentaires pour les enfants calculés par quartiers. Pour les personnes âgées, on en dénombre environ 400 très dépendantes maintenues à domicile; 4500 bénéficiaires du RMI; 2900 ménages sans logement à Grenoble; 1260 accueillis au Centre d’Accueil Municipal une ou plusieurs fois…. La liste des indicateurs est longue qui montre l’état social de la population et le besoin impérieux de venir en aide à celles et ceux qui en ont le plus besoin. Pendant ce temps, le Maire et sa majorité nouvelle droite sont plus préoccupés par la candidature de Grenoble aux JO 2018… Cherchez l’erreur ?
ven 9 jan 2009
Demain auront lieu partout en France des manifestations pour exiger la fin de la guerre menée par Israël à la population de Gaza prise au piège du blocus. La situation humanitaire d’un million et demi de personnes dont une majorité de jeunes est dénoncée comme dramatique par l’ONU, la Croix Rouge, Médecins du Monde et bien d’autres ONG. Même les ambulances sont la cible des tirs israéliens. Cette violence contre une population civile doit cesser. Il faut enfin revenir à la table des négociations; chaque jour de l’intervention provoque des dizaines de morts et par voie de conséquence dix fois, cent fois plus de futurs « martyrs ».
Hier jeudi nous étions déjà plusieurs centaines de Grenobloises et Grenoblois à nous rassembler devant l’église Saint-Louis avec des bougies pour montrer notre solidarité avec les victimes de ce conflit qui n’a que trop duré. Demain, dans 86 villes de France au dernier comptage auront lieu des manifestations qui nous l’espérons, avec toutes les autres dans le monde entier, feront revenir Israël à la raison. Il sera temps après l’arrêt des combats de rechercher les coupables et de traduire les responsables des massacres dénoncés chaque jour devant les tribunaux internationaux. L’urgence pour le moment est de dire tous ensemble non à la guerre, samedi à 15h rue Félix Poulat à Grenoble.
ven 2 jan 2009
« Chroniques informatiques : au doigt et à l’œil »
Envoyé par Gilles Kuntz sous UniversitéPas de commentaire
Pour démarrer l’année, je vous propose une montée à la Bastille. Vous y trouverez encore pour deux jours une exposition sur l’histoire de l’informatique. Celle-ci a été conçue par l‘association ACONIT qui conserve depuis 1985 le nombreux patrimoine informatique de la région, que lui confie laboratoires, industriels et particuliers. J’ai participé activement à cette association pendant le mandat précédent en tant que représentant de la Ville de Grenoble et je suis heureux que cette exposition attire autant de visiteurs (une moyenne de 200 par jour !).
C’est la démonstration que le public s’intéresse au patrimoine industriel, surtout quand il est aussi bien présenté avec de nombreuses machines remises en état de marche. L’histoire de l’informatique, dont Grenoble est une des villes pionnières, doit avoir enfin un lieu de présentation, même s’il doit être itinérant. C’est ainsi que cette exposition qui sera démontée lundi est prévue pour être redéployée à la demande afin de permettre de découvrir tous les moyens de calcul imaginés depuis le boulier jusqu’à la Wii en passant par la machine de Pascal, le premier micro-ordinateur Micral qui était français et bien d’autres merveilles conservées avec soin dans les locaux d’ACONIT 12 rue Joseph Rey.