novembre 2008


Vive les impôts, mais pas pour nimporte quoi !Cette affiche de mon « petit » parti ajoute : « Un impôt juste doit redistribuer les richesses. Pour un impôt progressif, à bas la TVA ! ». Aujourd’hui, l’impôt est injuste avec au niveau de l’impôt sur le revenu de nombreuses niches fiscales permettant aux plus riches d’y échapper. Quant aux impôts locaux, personne n’a eu le courage politique de les réformer depuis 40 ans. Ils sont assis sur des bases complètement dépassées avec des quartiers paupérisés qui payent proportionnellement plus d’impôts que des centres villes requalifiés.

Malgré cela, la Maire de Grenoble propose d’augmenter les taux des impôts de 9% en 2009, ce qui fera une hausse de plus de 11% avec la réévaluation automatique des bases d’imposition (valeur locative du logement). Il s’était pourtant engagé dans la campagne électorale à ne pas les augmenter (lire son tract) proposant d’agir pour le pouvoir d’achat : ne pas augmenter les impôts locaux (engagement n°3 des 10 engagements de sa liste). Comme pour les Jeux Olympiques dont il n’a pas beaucoup parlé dans la campagne (pas plus que de la construction du Grand Stade dans le Parc Mistral en 2001), le Maire ne tient pas ses engagements six mois à peine après avoir été réélu. Ceci est grave, car cela discrédite encore un peu plus les politiques, comme s’il était besoin d’en rajouter avec le spectacle pitoyable donné par le PS…

Ce week end sont installés place Victor Hugo au centre de Grenoble les chapiteaux de « Place aux Sciences » comme chaque année dans le cadre de la Fête de la Science qui a lieu nationalement. Des démonstrations et visites se poursuivront toute la semaine y compris dans mon labo. Ces présentations d’expériences souvent ludiques s’adressent en priorité à un public jeune afin de susciter des vocations scientifiques en particulier chez les filles qui sont trop peu nombreuses à chosir cette orientation pour leurs études. Sur le stand ci-dessus, l’équipe de Maths à modeler présente des problèmes combinatoires qui demandent de bâtir un raisonnement scientifique pour les résoudre. Chaque année ces jeux ont un grand succès et attirent de nombreux enfants. N’hésitez pas à amener les jeunes de votre entourage aux visites ainsi qu’à l’exposition inaugurée vendredi au CCSTI dans les casemates Saint-Laurent. Il faut agir pour que les études scientifiques reprennent une place équilibrée par rapports aux sciences humaines et aux langues et lettres.

Le décret n°2006-929 du 28 juillet 2006 sur la vidéosurveillance des espaces publics précise dans son article 13-1 « L’information sur l’existence d’un système fixe de vidéosurveillance filmant la voie publique est apportée au moyen de panonceaux comportant un pictogramme représentant une caméra ». J’ai pu constater récemment que la Ville de Lyon respectait la loi (photo ci-dessus). À Grenoble, le Maire a fait installer des caméras panoramiques qui filment les espaces autour de l’Hôtel de Ville, le Palais des Sports et le Grand Stade dans le parc Mistral sans qu’aucun panneau de taille appropriée ne soit visible. Le décret précise pourtant explicitement « Afin de garantir une information claire et permanente des personnes filmées ou susceptibles de l’être, le format, le nombre et la localisation des affiches ou panonceaux sont adaptés à la situation des lieux et établissements ».

Le législateur a prévu cette information pour avertir le citoyen des risques encourus pour sa liberté et lui indiquer les moyens de contrôle de l’utilisation de son image. Lyon s’est d’ailleurs dotée à ce sujet d’un Collège d’Ethique qui est rappelé sur les panneaux. Une telle instance n’existe pas ici, pas plus qu’un espace de débat sur l’usage de ces technologies et les résultats obtenus en terme de sécurité :  le Maire de Grenoble s’y refuse absolument. Il n’y avait qu’à l’entendre répondre de façon véhémente à mes questions lors du Conseil Municipal de juin… Il ne supporte pas l’idée d’un contrôle de ses actes ni par un conseiller municipal, ni par un simple citoyen. L’usure du pouvoir… sans doute ?

Une nouvelle salle d’escalade a ouvert ses portes depuis septembre à Grenoble dans une ancienne halle industrielle Bouchayer-Viallet le long de l’autoroute A480. Inaugurée il y a une semaine, j’ai eu l’occasion de visiter ce lieu dont la hauteur a permis la création d’un bel espace de plusieurs centaines de voies artificielles qui dépassent 14 mètres. Une belle réalisation privée, mais quel public pourra se payer ce sport-loisir ? Avec un tarif de 11,50 € la séance et des réductions limitées à 15% pour étudiants et chômeurs, il est loin le temps où pour une adhésion symbolique, nous allions à la carrière de Saint Martin le Vinoux nous initier à la grimpe avec les moniteurs du GUC ! Aujourd’hui, ces sports de salle tout comme le squash ou le tennis indoor sont plutôt réservés aux cadres qui en ont les moyens. Pas de problème pour laisser le privé développer ses activités là où il y a un marché, mais on peut s’interroger quand ces entreprises sont accueillies dans une ZAC publique d’aménagement. Ne devons-nous pas veiller à permettre ces pratiques au plus grand nombre en imposant en contrepartie du lieu, des tarifs plus « sociaux » et un accueil par exemple de scolaires. Je ne demande qu’à être convaincu de la démarche, mais pour le moment je reste sceptique quand à l’ouverture large de cet équipement. En comparaison, une autre salle d’escalade à Voiron qui elle est publique accueille par exemple des stages UCPA avec des tarifs très accessibles…