février 2008


Jo Briant et Noël Mamère le 25 février 2008Lundi dernier, Noël Mamère député Vert et maire de petite ville (Bègles) est venu à Grenoble apporter son soutien à notre liste « Écologie et Solidarité en actes » aux municipales de Grenoble. À cette occasion, Jo Briant lui a dédicacé son dernier livre retraçant 50 ans de vie militante.

Noël Mamère a visité l’Arbre Fruité, restaurant d’insertion à Villeneuve et le Plateau à Mistral qui assure des fonctions à la fois sportives, culturelles et éducatives. Il a parcouru nos quartiers à vélo pour mieux rencontrer les habitants.

Noël Mamère est aussi l’auteur de la proposition de loi qui en mai 2000 a permis à l’Assemblée Nationale de voter pour l’octroi du droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales à tous les résidents étrangers et non seulement aux européens. Malheureusement, le gouvernement socialiste d’alors dirigé par Lionel Jospin a préféré laisser cette proposition en l’état sans la présenter au Sénat pour la faire éventuellement adopter et au moins continuer le débat sur la citoyenneté de résidence.

Parrainage de sans papiers à Grenoble le 15 février 2008Vendredi 15 février était organisée pour la quatrième fois à Grenoble une cérémonie de parrainage républicain de demandeurs d’asile à la France. Parmi les dizaines de situations pour lesquelles des Grenobloises et Grenoblois se sont engagées personnellement devant les élus à agir pour aider ces étrangers à obtenir accueil et assistance de notre pays, un cas emblématique a retenu l’attention de l’assistance.

Il s’agit de M. et Mme Kernoua de nationalité algérienne. M. Lakhdar Kernoua âgé de 76 ans a reçu récemment une « Obligation à Quitter le Territoire Français » (OQTF dans le jargon préfectoral). Pendant son service militaire effectué en Algérie entre 51 et 53, M. Kernoua est tombé gravement malade, ce qui lui a été reconnu par l’État français avec une invalidité à 100 %. Depuis plus de 50 ans, il se soigne régulièrement en France et a subi en 82 une grave intervention chirurgicale. Depuis 2006, avec son épouse il est venu à Grenoble poursuivre ses traitements. Or, le Préfet n’a aucunement tenu compte de son état pour lui demander de quitter le France qu’il a servi et qui l’a rendu malade. Quelle ingratitude ! Une pétition circule pour demander au Préfet de revenir sur sa décision.

Ce cas malheureusement n’est pas isolé. Je connais au moins une personne qui ayant reçu un diplôme attestant la « Reconnaissance de la Nation » a aussi eu droit à son OQTF. Le comble est que cette personne comme beaucoup de vieux travailleurs immigrés vit dans l’aller-retour entre la France et son pays et ne peut comprendre pourquoi le pays qui ne lui a pas demandé ses papiers pour l’enrôler sous les drapeaux veut aujourd’hui la rejeter sous prétexte de ne pas avoir demandé sa réintégration comme Français en temps et en heures. Le cynisme de l’administration va jusqu’à lui réclamer de prouver qu’elle a obtenu dans le passé une carte de séjour de dix ans en produisant cette pièce tout en ajoutant en aparté « je suis obligé de demander cette carte, mais je sais que la Préfecture leur a demandé de la rendre il y a longtemps ». Sans commentaire….

M. le Député-Maire Michel DestotEncore des promesses non tenues qui nuisent un peu plus à la crédibilité des élus qui les tiennent…. Dans le Pacte Républicain de Ségolène Royal figurait en proposition 69 l’engagement à « Instaurer le non cumul des mandats pour les parlementaires ». Le tête de la liste « Grenoble, l’avenir ensemble » Michel Destot a fait campagne pour Ségolène Royal ainsi que nombre de ses colistiers. Ils ont donc milité pour mettre en œuvre les propositions de leur candidate. Pourtant aujourd’hui, non seulement Michel Destot ne s’applique pas à lui-même cette règle de non-cumul, mais il propose de renforcer le cumul à la tête de l’exécutif de la ville de Grenoble, puisqu’il a choisi de faire figurer en deuxième position sur sa liste une autre députée : Geneviève Fioraso.

Pour nous la règle de non-cumul est une question de principe. J’ai par exemple décliné l’offre qui m’était faite en 2004 de bien figurer sur la liste des écologistes aux dernières régionales, ce qui m’aurait entraîné à cumuler les mandats d’adjoint dans une grande ville et de conseiller régional, fonctions que je juge pour ma part incompatibles. Sans parler des intérêts croisés qui font trop souvent intervenir des élus dans une assemblée en tant que représentant d’une autre, il n’est pas possible à mon sens de remplir correctement deux mandats de cette importance tout en gardant une activité professionnelle indispensable pour ne pas perdre le contact avec la vraie vie. D’un point de vue démocratique, le cumul a des conséquences aussi très néfastes : il oblige le député-maire à mettre en place autour de lui une garde rapprochée qui viendra défendre son point de vue pendant ses absences hebdomadaires.  Cette garde envahit aujourd’hui sa liste avec de nombreux colistiers choisis par lui parmi les proches collaborateurs de son cabinet. Le maire n’intervient alors comme arbitre que lors de crises graves, le reste du temps les débats dans l’exécutif restent réduits au peu de temps disponible. Pourtant, une ville de la taille de Grenoble mérite un maire à  plein temps : on ne le répètera jamais assez.

Joseph Sikakis en 93J’ai appris en début de semaine dernière que la plus haute distinction académique en informatique, le Prix Turing, avait été accordée à Joseph Sifakis, directeur du laboratoire VERIMAG et chercheur toujours très actif comme en témoigne sa liste récente de publications. Je connais bien Joseph Sifakis et il ne m’en voudra pas de publier une photo que j’ai prise de lui en 93 pour le comité de direction de l’IMAG : on n’est jamais mécontent de rajeunir ainsi…

Joseph est venu à Grenoble bien avant 72 (comme il est écrit ailleurs par erreur), mais dès août 70. Militant politique engagé, c’était pour lui et sa famille une condition de survie d’échapper au régime des colonels. Je l’ai connu peu après son arrivée à Grenoble, où nous avons suivi certains cours communs, en 3e année ENSIMAG pour ma part, en DEA d’Informatique de son côté. Je l’ai côtoyé tout au long de nos années professionnelles universitaires, même si nos domaines de recherche respectifs ne nous ont pas amené à travailler ensemble. Je suis très heureux pour lui et l’informatique grenobloise de cette distinction qu’il a amplement mérité et qui rejaillit sur toute la communauté scientifique en informatique à Grenoble.

Caméra sur le Palais des Sports Pierre Mendès-FranceIl y a quelques semaines en traversant le Parc Mistral à vélo, j’ai aperçu des caméras placées récemment aux quatre angles du Palais des Sports. Ces caméras-dôme ainsi montées sur des bras les éloignant du bâtiment permettent de voir et en très gros plan une bonne partie du parc. Une fois encore comme pour les machines à voter, le Conseil Municipal n’a pas débattu de cette installation dont l’usage est pourtant très encadré par la loi. À ce sujet, j’ai interrogé en Commission des Finances le 17 janvier Annie Deschamps, première adjointe et aussi présidente de l’association qui gère le Palais des Sports (confusion des genres…). Le compte-rendu relève bien ma demande d’obtenir les arrêtés du Préfet autorisant la mise en route de cette installation, après consultation obligatoire de la commission départementale de la vidéosurveillance. J’attends toujours ces pièces. Pourtant le Maire quelques jours avant a finalement répondu à un de mes courriers datant de six mois sur le sujet et ne s’est dit pas opposé « à l’élaboration d’une charte éthique de la vidéosurveillance ». On peut lire cette réponse ici. Cette charte, mais aussi  la mise en place d’une commission citoyenne ouverte aux habitants seront un gage pour la défense des libertés.

Encore une fois, passons des paroles aux ACTES !

Vue aérienne Palais des Sports et Grand StadeAu plus fort des manifestations contre la construction du Grand Stade dans le parc Mistral, le Maire avait mobilisé toute la propagande municipale pour lancer une campagne sur le thème « Extension du Parc Mistral ». Aujourd’hui alors que les travaux autour du Stade sont achevés, nous pouvons voir de quelle extension il s’agit en réalité. Au lieu de la zone arborée qui avait été préservée vers l’ancien stade, nous avons aujourd’hui un stade imposant qui ampute cette zone verte dont vous pouvez voir les photos ici. Les espaces réduits restant entre le Palais des Sports et le Grand Stade sont traités en gravier avec de maigres ilots de verdure : loin du parc entièrement vert (y compris tous les équipements) que montraient les affiches de l’époque. Même le fameux orme (seul arbre de cette espèce dans tout le sud-est ayant survécu à la maladie) a été abattu en août 2005 malgré les promesses. Il aurait pu être préservé puisque situé en dehors du Stade au bout de la flèche sur la photo. Quant à la fameuse extension vers l’Isère et ses amphithéâtres déserts coincés entre des voies rapides, qui prendra plaisir à s’y promener ?