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Mes meilleurs vœux 2013 avec la rétro 2012…

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Parent d'élève sortant d'une audition de police sur plainte du recteurCette fois, la coupe est pleine. Suite à un dépôt de plainte du recteur, deux parents d’élèves adhérents de la FCPE au lycée Mounier ont été convoqués hier à l’Hôtel de Police pour y être entendus. Que leur reproche M. Audéoud ? D’avoir peint un cœur et un slogan sur le parvis du rectorat le 4 juin lors d’un rassemblement auquel leur fédération de parents d’élèves avait appelé. La peinture acrylique n’a pourtant laissé aucune tâche si ce n’est la trace du kärcher trop puissant utilisé par les services qui ont nettoyé y compris la crasse présente au sol… Quant aux insultes, j’aimerais bien les connaitre, car je n’en ai pas entendu ce jour-là ! Il est cocasse de faire ce grief quand soi-même on recommande à ses détracteurs d’ « aller voir un psychiâtre »… Tout ceci est pitoyable venant d’un haut fonctionnaire à la tête des services de l’éducation de l’académie. Son rôle est de calmer les esprits, pas d’attiser la colère.

Aujourd’hui, le recteur refuse toutes les dérogations en seconde à Mounier, alors qu’il vient d’ouvrir des secondes supplémentaires dans d’autres lycées. Il a décidé contre la justice administrative qu’il y aura 4 secondes et pas une de plus avec 140 élèves à Mounier à la rentrée (soit 35 élèves par classe) et n’en démord pas… alors que les locaux sont sûrs et ouverts, ce que confirme le démontage par la Région des algécos désormais inutiles dans la cour. Où est le changement ? La ministre nous dit que l’on attend que le recteur prenne sa retraite… Comme celle-ci peut intervenir jusqu’à 68 ans pour un professeur d’université qu’il est, cela risque encore de durer quelques années. Non, cela suffit : un haut fonctionnaire qui a failli en signant des actes contraires au droit doit retourner pantoufler dans la fac privée Pasqua qu’il dirige déjà. Il pourra y développer le service PRIVÉ de l’éducation au lieu de casser le service public.

AG à EVE lundi 23 avril 2012 Le titre de ce billet mérite des explications pour celles et ceux qui ne fréquentent pas les universités de Grenoble. EVE (Espace Vie Étudiante) est un bâtiment construit par la Métro (communauté d’agglomération) pour le compte des universités en 2003. L’histoire de ce lieu et de sa gestation est résumée ici. Ce bâtiment est géré depuis ses débuts par une association étudiante qui aujourd’hui compte plus de 1600 adhérents et à laquelle les universités ont confié une délégation de service public (DSP) pour cela. EVE offre des services (bar, restauration légère, accès wifi, aide spécifiques aux étudiants étrangers pour leur accueil et leurs démarches, salles de réunion et de concerts,…) et aussi l’hébergement d’autres associations dont une radio étudiante : radio campus 90,8. Elle a aussi créé une  pépinière pour aider les associations en gestation. Bref c’est un lieu unique géré pour et par les étudiants, qui ne ferme pas à 20h comme les lieux du CROUS et où les prix sont presque sans marge.

Trop beau pour ne pas attirer les convoitises… Au prétexte d’un déficit annoncé sans des subventions d’équilibre à la hauteur, l’Université Pierre Mendès-France gestionnaire du lieu décidait l’an dernier de remettre en cause cette DSP et de lancer un nouvel appel d’offres à géométrie variable : l’animation pour les associations étudiantes candidates, le bar, la restauration et la gestion du lieu pour le CROUS ou le privé qui “savent faire”. Tollé chez les étudiants qui mobilisent vite et largement. Une pétition “Sauver EVE” recueille à ce jour 1974 signatures. Je fais aussi un billet au début de l’année sur cette question dans le journal de la Métro. Entre temps le regroupement des universités dans la future “Université de Grenoble” fait transférer EVE de l’UPMF au Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur de Grenoble (PRES), embryon de l’université unique. Changement de braquet : les activités ne seront plus séparées dans deux DSP, mais resteront confiées au même gestionnaire.. Un dernier appel d’offres est lancé pour une réponse demain au plus tard auprès des associations ou entreprises candidates. Tout semble aller pour le mieux, mais… un coup de force tente de prendre le contrôle de l’association qui gère EVE depuis huit ans; d’abord par des candidatures au Conseil d’Administration qui semblent amicales, mais se révèlent lourdes d’intentions cachées. Le nouveau CA issu de la dernière AG décide plusieurs choses : changement du bureau et de la présidence de l’association, décision de ne pas candidater à l’appel d’offres et dévolution des biens de l’association (environ 100 000 € estimés) au PRES. Il s’agit essentiellement d’ordinateurs, de mobiliers, de matériels scéniques. Cette manœuvre est orchestrée par l’UNEF qui a perdu beaucoup d’influence parmi les étudiants comme le montrent les dernières élections. Elle me rappelle les luttes d’influence et les batailles d’AG entre l’UNEF-ID et l’UNEF-SE dans les années 70.. Les pratiques ne changent guère..

Hier une AG était convoquée pour la forme par la nouvelle équipe. J’y suis allé pour être informé de cette question qui regarde aussi la Métro qui a financé et construit le bâtiment. L’accueil était spécial : personnel de sécurité, mise en place de barrières pour éviter toute tentative d’intrusion en force, filtrage strict des entrées des adhérents… Dès le début la nouvelle présidente annonçait que l’AG ne pouvait se tenir en vertu de nouveaux statuts qui auraient été adoptés en CA : majorité absolue requise (soit plus de 1600 personnes) contre 60 prévus dans les statuts précédents. La séance était levée et malgré 180 étudiants qui voulaient débattre la dizaine de membres de la nouvelle équipe battait en retraite en parlant d’aller en justice… Néanmoins l’ancienne équipe faisait alors remarquer que tout cela était illégal, que des statuts se modifient en AG pas en CA et que rien n’avait été déposé comme il se doit en Préfecture. L’AG continuait donc et votait à l’unanimité toutes les résolutions qui défaisaient les décisions prises récemment. Cela peut se terminer en justice dont on connait la lenteur avec le risque d’une fermeture d’EVE et l’arrêt de ce service aux étudiants. Cette triste situation désespérait d’ailleurs les promoteurs d’EVE que j’ai rencontrés sur place.. Suite dans quelques semaines après l’étude des réponses à la DSP et leur prise en compte ou non par le PRES. Il serait grand temps pour les universités et les collectivités de réagir et de siffler la fin de partie.

Olivier Audéoud, recteur d'académie de Grenoble (Photo © Dauphiné Libéré)Suite à la nomination le 21 juillet 2010 d’un Préfet-policier à Grenoble, la nomination en conseil des ministres du nouveau recteur quelques jours après était passée au second plan. Pourtant Olivier Audéoud est visiblement aussi arrivé dans l’Isère en mission commandée. Son parcours est éloquent. Pour un universitaire comme moi, il n’a pas hésité dans sa carrière à sauter sur les opportunités commençant à la Sorbonne, passant à Nancy 2, retournant à Paris pour l’université de Nanterre dont il devient président de haute lutte (au 4e tour) en 2003. Il s’y fait connaitre pour avoir appelé la police contre les étudiants lors des manifestions de l’automne 2007 contre la loi LRU. Son mandat n’étant pas renouvelé en 2008, il garde néanmoins sa place dans la «Conférence des Présidents d’Université » où il est chargé des relations internationales. En janvier 2010, il  rejoint le conseil d’administration du pôle universitaire privé Léonard-de-Vinci (PULV) à La Défense, surnommé fac Pasqua, du nom de son créateur et toujours président de l’association de gestion. Olivier Audéoud indique d’ailleurs dans une interview avoir rencontré quelques années auparavant le président du conseil général des Hauts-de-Seine Nicolas Sarkozy avec lequel il aurait échangé 3/4 d’heure sur la fac Pasqua, université décriée dès sa création en 95 comme une université privée construite et financée sur fonds publics. La Cour des Comptes l’a d’ailleurs souvent épinglée. Aujourd’hui après sa nomination comme recteur en juillet 2010, Olivier Audéoud est toujours président du Conseil Scientifique et Pédagogique de cette université privée. Étonnant, non ? Il est vrai qu’il y retrouve un collègue, le recteur de Corse !

Pourquoi je vous raconte cela, me direz-vous ? Simplement pour jeter un éclairage nouveau sur les attaques contre le lycée Mounier qui au passage sont très bien mises en pages, interviews et images ici. À plusieurs reprises, ce recteur s’est montré particulièrement irrespectueux des personnes (lycéens, parents, enseignants) qui ont eu le tort de ne pas laisser disparaitre le lycée sous les bulldozers des démolisseurs parmi lesquels au premier rang il figure avec le président de région. « Celles-ci feraient mieux d’aller voir un psychiatre », a t’il dit. Rappelons que la fermeture du lycée pour prétendue dangerosité a été annoncée au CA du lycée en septembre 2010 quelques mois après la nomination d’Olivier Audéoud, comme recteur. Quel rôle a t’il joué dans cette décision ? On ne peut imaginer qu’elle ne puisse n’être que le fait du président de région, Jean-Jack Queyranne. Jeudi dernier, une délégation de Mounier a rencontré le recteur pendant 2h30. Ce dernier n’a pas changé d’un iota son discours même après que le Tribunal Administratif ait cassé pour erreur manifeste d’appréciation les décisions de fermeture des bâtiments prises par la Région. Il maintient contre vents et marées les prétendus dangers contredits par les experts mandatés par la Région elle-même ! En effet, les bâtiments respirent en suivant exactement les courbes de températures extérieures. Quoi de plus normal ! Alors quel est le but poursuivi par ce recteur qui fait la part belle au privé dans ses activités ? Je vous laisse le soin de le deviner. Allez-voir les effectifs des secondes dans les lycées privés alentours depuis la rentrée et la diminution à Mounier de 7 à 3 classes de secondes en septembre…

Le logo Picasso des premiers Macintosh d'Apple Difficile d’ajouter ses mots au déluge médiatique qui s’est répandu dans la presse depuis la mort annoncée de Steve Jobs un des deux co-fondateurs d’Apple avec l’autre Steve, Wozniak ou Woz, qui a accompagné Jobs dans les premiers temps lors du mythe des ordinateurs construits dans le garage familial. Vous allez me demander pourquoi y ajouter un billet ? Simplement parce qu’à titre professionnel, j’ai suivi l’aventure Apple depuis presque ses tous débuts. Mon équipe de recherche informatique à l’université a été la première au sein du laboratoire IMAG du CNRS à acheter dès 1978 les premiers ordinateurs Apple II. La SCOP ALMA que j’ai fondée avec d’autres l’année suivante a été un des premiers revendeurs Apple de Grenoble. Il y a peu de modèles d’ordinateurs Apple que je n’ai pas eu entre les mains. Je garde quelques exemplaires de ceux que je trouve les plus innovants comme le Mac Cube et l’iMac G4 inspiré d’une lampe virtuelle “Luxo Junior” figurant dans le logo de Pixar autre société fondée par Steve Jobs. Je conserve aussi ces machines pour en faire don à l’association ACONIT qui possède une large gamme des ordinateurs Apple et à ma connaissance ne possède pas ces modèles dans sa collection.

Je ne reviendrai pas sur ce que tout le monde connait : l’origine californienne contestataire d’Apple (“Think different“), ni l’importance attachée à l’adhésion presque affective à l’univers Apple. Le logo ci-dessus affiché à chaque démarrage des premiers Macintosh couleurs est l’exemple d’une image rassurante. Je me rappelle les présentations de l’interface des premiers Lisa, puis Macintosh où les concepteurs insistaient sur les coins ronds des fenêtres pour “arrondir des angles droits jugés trop durs“. Ceci peut sembler puéril, mais Jobs a compris tout de suite l’importance de l’adhésion de l’utilisateur qui devait se retrouver dans un monde connu et rassurant à chaque démarrage de son ordinateur.

J’ai classé cette rubrique aussi dans la catégorie “Politique” de mon blog pour dire deux choses. Longtemps les ordinateurs Apple ont été proscrits de certains laboratoires et entreprises et c’est encore le cas à la mairie de Grenoble où l’informatique malgré les 5@ décernées à la ville de Grenoble est loin d’être innovante… Je tiens aussi à souligner qu’Apple qui est devenu la deuxième capitalisation boursière US après le pétrolier Exxon n’a jamais touché le moindre crédit fédéral ou de l’État de Californie pour survivre, même au creux de la vague quand son action était tombée à quelques dollars. Cela devrait faire réfléchir celles et ceux qui continuent de verser ici de l’argent public en pure perte dans les entreprises privées du high tech local. Cela n’empêche pas celles-ci quelques années après avoir touchées les mannes publiques de délocaliser recherche, comme production.

Projet Presqu'île présenté à la presse (photo DL C.Agostinis)L’annulation de deux délibérations du conseil municipal de Grenoble par le Tribunal Administratif  le 16 mai dernier suite à une requête que j’ai cosignée avec l’ADES  marque un coup d’arrêt aux projets décidés directement par le Maire sans son conseil, ni ses administrés. Le Tribunal a voulu affirmer ainsi que le droit devait être respecté et que le conseil municipal ne pouvait être dessaisi de ses prérogatives; de même pour la concertation qui devait être menée largement pour une révision normale et non simplifiée du Plan Local d’Urbanisme. Dans le dossier de la presqu’île qui est l’objet de ces requêtes, la situation est en effet toute autre. D’un côté une convention foncière entre parties (CEA, Schneider, Ville de Grenoble,…) permettait de se céder des terrains entre amis sans l’avis pourtant obligatoire du conseil municipal pour ce qui concerne les terrains de la commune. De l’autre, la révision simplifiée du PLU pour une presqu’île de 245 hectares permettait “d’aller plus vite” comme l’a dit à l’audience l’avocat de la ville.. Le tribunal a fait justement remarquer que l’importance du projet ne donnait pas le droit de s’affranchir des procédures obligatoires de concertation. Certains semblent en effet vouloir être au dessus des lois. Nous avions indiqué lors de l’enquête publique nos réserves sur ces points : le maire n’a pas voulu en tenir compte. Il en porte l’entière responsabilité.

Le projet Presqu’île comme celui de l’Esplanade n’a pas été présenté aux élus. Une seule présentation d’une maquette à la presse a eu lieu en avril (photo du DL ci-dessus à cette occasion). L’architecte en chef Christian de Portzamparc pourrait une nouvelle fois répéter ce qu’il a dit pour l’Esplanade : “c’est la première fois que je conçois un projet avant d’avoir rencontré les habitants“. Comme ce serait plus facile de faire de la politique hors sol, sans les élus d’opposition ni les habitants ! Mais la loi est là pour rappeler à l’ordre ceux qui l’oublient.

Jeudi dernier devant un amphi comble à l’École de Commerce de Grenoble, j’ai eu le plaisir d’assister à nouveau à une conférence de Richard Stallman qui a fondé la « Free Software Foundation » (fondation du logiciel libre) et reste l’un des promoteurs les plus fervents du libre à la base entre autres la licence GNU qui permet la libre redistribution en y apportant si nécessaire des ajouts personnels de logiciels comme le navigateur Firefox, certaines versions de Linux et bien d’autres. D’ailleurs, l’outil que j’utilise pour publier ce blog wordpress est du logiciel libre. Depuis son dernier show à Grenoble qui doit remonter à plus de dix ans devant un amphi bien moins fourni, Richard Stallman n’a pas changé. À l’époque il vendait des pins pour la FSF où il était écrit en anglais : « Éloignez vos avocats de mon ordinateur ! ». Cette fois-ci il est venu avec un déguisement de gourou qu’il a revêtu à la fin avec un plateau de disque dur des années 70 en guise d’auréole !

Son discours, qui à l’époque du démarrage de Linux pouvait encore sembler celui d’un illuminé, a aujourd’hui toute sa pertinence. Le modèle économique du libre a prouvé son efficacité, puisque rien n’interdit de faire du commerce avec des adaptations sur mesure de logiciels libres et de nombreuses sociétés parmi les plus grandes en bourse s’y sont lancées avec succès. Il reste à convaincre de grandes administrations comme la Ville de Grenoble de prendre ce virage. Le moins que l’on puisse dire aujourd’hui est que le chemin sera long avant d’arriver à ce but, quand on connait les refus d’installation de logiciels libres en mairie parce que ceux-ci risqueraient de mettre en danger la sécurité du réseau interne ! Peut-être qu’en 2014 après un changement de majorité, la Ville pourra entrer dans ce monde et faire des économies substantielles sur les redevances payées à Microsoft qui dépassent le million d’euros annuels.

Hier jeudi était inaugurée la « Fête de la Science 2009 » à Grenoble. Cette année, les stands sont installés bien au chaud dans les grandes salles de l’ancien Musée-Bibliothèque place de Verdun. Finies les tentes en plein air à Victor Hugo, place à des démonstrations plus vastes bien au chaud. Il reste tout de même un signal à l’extérieur avec ce dôme gonflable dans lequel se succèdent des projections de films. Même si la science n’est pas neutre et a engendré des progrès considérables pour le bien-être de chacun comme les pires armes de destruction massive, une formation scientifique permet d’exercer mieux son libre-choix et d’intervenir avec des arguments rationnels dans les débats de société comme celui qui aura lieu à Grenoble le 1er décembre autour des libertés individuelles et de la nano-médecine.

Cette exposition est vraiment à conseiller à tous les  jeunes et moins jeunes. Elle a pour but de susciter des vocations chez les futurs étudiants pour les inciter à choisir des filières scientifiques qui sont souvent à tort considérées comme plus difficiles. Mais les ainés y trouveront aussi l’occasion de parler directement avec des chercheurs qui souvent sont mes collègues dévoués qui tiennent bénévolement ces stands et ne se font pas prier pour répondre aux questions en plus de marcher sur l’eau ou de simuler une avalanche …

Créé au lendemain de la Grande Guerre en 1919, le « Foyer de l’Étudiante » à Grenoble a fêté le 6 juin ses 90 ans. À cette occasion une exposition a été présentée sur l’origine de la résidence et son histoire. Situé dans un ancien couvent reconnu par Louis XIV en 1646, il a été créé pour permettre aux femmes d’étudier à une époque où l’inégalité des droits hommes-femmes étaient la règle. Abritant pendant la dernière guerre des étudiantes étrangères bloquées à Grenoble par l’Occupation, il a gardé son rôle d’accueil principalement d’étudiantes étrangères.

Aujourd’hui, son avenir est mis en péril par l’annonce en février par le CROUS de la suppression dès ce mois de sa subvention annuelle de 32 000 €. Cet organisme qui a vocation de fournir les œuvres sociales aux étudiants pour le compte de l’État se désengage de l’aide aux associations qui souvent comme ici gèrent à meilleur compte des foyers avec un investissement non rémunéré des bénévoles. C’est 8% du budget qui disparait : les collectivités étranglées par ailleurs feront-elles l’effort de suppléer l’État dans ses missions ? Au moment où la Ville de Grenoble a tenté de chiffrer le désengagement direct de l’État, ce sont les sommes supprimées aux associations qu’il faudrait compter. Ici 32 000 €, 20 000 à Solidarité Femmes, des menaces différées pour le Planning Familial, en quelques années 100 000 € de moins à l’ODTI venant de l’ACSE, pareil pour l’ADATE, la Relève…

Comment agir pour tisser plus de lien social, quand on coupe les crédits de ceux qui font le plus dans ce sens ?

Depuis une semaine, les universités de Grenoble sont très mobilisées contre les derniers décrets de notre ministre Valérie Pécresse, concernant la réforme de la formation des maîtres avec désormais un Bac+5 (master) pour présenter le concours aléatoire de professeur des écoles, et la réforme du statut des enseignants-chercheurs avec une modulation du nombre d’heures de cours à effectuer au bon vouloir des présidents d’université. Désormais, le ministère voudrait continuer sa suppression de postes (1000 cette année) en laissant les universités augmenter elle-même les services des enseignants qui lui restent : une première dans la fonction publique; plus d’égalité des droits, une charge d’enseignement conçue comme une punition… Pour les contre-vérités dites par notre hyper-président sur le sujet, je ne peux que vous conseiller d’aller voir cette courte vidéo ici.

Devant ces menaces, la colère s’est vite traduite en actions : AG de plus en plus suivies avec des amphis de 1200 personnes (étudiants, personnels), manifestations unitaires comme hier (entre 1200 et 1500 entre la campus et la Préfecture), actions festives (fausse soutenance de thèse de Valérie dans un grand amphi lundi), cours déplacés en centre ville, filtrage des entrées des campus avec distribution de tracts…. Comme dans d’autres luttes, il est essentiel d’agir ensemble pour faire reculer le gouvernement qui n’a pas besoin d’une agitation dans les universités en ce moment. Il vient de céder sur la réforme des lycées, une action ferme et unie des étudiants, enseignants, chercheurs et personnels techniques et administratifs, chacun avec leurs revendications, permettra aussi de gagner. Evidemment le gouvermenemnt choisit la période la plus difficile pour frapper, celles des vacances de neige décalées pour espérer voir le mouvement s’essouffler. Montrons lui que son calcul est mauvais !

Pour démarrer l’année, je vous propose une montée à la Bastille. Vous y trouverez encore pour deux jours une exposition sur l’histoire de l’informatique. Celle-ci a été conçue par l‘association ACONIT qui conserve depuis 1985 le nombreux patrimoine informatique de la région, que lui confie laboratoires, industriels et particuliers. J’ai participé activement à cette association pendant le mandat précédent en tant que représentant de la Ville de Grenoble et je suis heureux que cette exposition attire autant de visiteurs (une moyenne de 200 par jour !).

C’est la démonstration que le public s’intéresse au patrimoine industriel, surtout quand il est aussi bien présenté avec de nombreuses machines remises en état de marche. L’histoire de l’informatique, dont Grenoble est une des villes pionnières, doit avoir enfin un lieu de présentation, même s’il doit être itinérant. C’est ainsi que cette exposition qui sera démontée lundi est prévue pour être redéployée à la demande afin de permettre de découvrir tous les moyens de calcul imaginés depuis le boulier jusqu’à la Wii en passant par la machine de Pascal, le premier micro-ordinateur Micral qui était français et bien d’autres merveilles conservées avec soin dans les locaux d’ACONIT 12 rue Joseph Rey.

Louis Bolliet à 50 ans de distance50 ans séparent ces deux photos : à gauche, Louis Bolliet est aux côtés de Jean Kuntzmann en train de découvrir les résultats de son programme de calcul au pupitre du Gamma III; à droite le même donnant un exposé vendredi dernier lors du colloque organisé pour fêter ses 80 ans. Vous pouvez retrouver ses dernières interview ici sur le site Interstices.

J’ai connu Louis Bolliet durant mes études, où en 1970 il m’a donné l’occasion de découvrir le monde du développement logiciel pendant trois mois de stage à Paris chez le constructeur informatique français de l’époque : la CII devenue depuis la société Bull. Louis Bolliet a toujours jeté des passerelles entre l’université et l’industrie. Très tôt, il a voulu créer un IUT d’informatique à la faculté des Sciences qui n’était alors pas prête à faire entrer la technologie dans ses cursus. Qu’à cela ne tienne ! C’est l’université des Sciences Sociales qui a créé cet IUT qui lui est toujours rattaché… Il y a plus de 20 ans, Louis Bolliet a été à l’origine de la création de l’ACONIT, association de conservation et de restauration du patrimoine informatique. À sa demande auprès du Maire, j’y ai représenté la ville pendant le dernier mandat et j’ai eu le plaisir de côtoyer Louis Bolliet toujours aussi engagé pour la conservation du patrimoine. La Ville de Grenoble lui a remis sa grande médaille d’or vendredi soir et j’en suis heureux.

Joseph Sikakis en 93J’ai appris en début de semaine dernière que la plus haute distinction académique en informatique, le Prix Turing, avait été accordée à Joseph Sifakis, directeur du laboratoire VERIMAG et chercheur toujours très actif comme en témoigne sa liste récente de publications. Je connais bien Joseph Sifakis et il ne m’en voudra pas de publier une photo que j’ai prise de lui en 93 pour le comité de direction de l’IMAG : on n’est jamais mécontent de rajeunir ainsi…

Joseph est venu à Grenoble bien avant 72 (comme il est écrit ailleurs par erreur), mais dès août 70. Militant politique engagé, c’était pour lui et sa famille une condition de survie d’échapper au régime des colonels. Je l’ai connu peu après son arrivée à Grenoble, où nous avons suivi certains cours communs, en 3e année ENSIMAG pour ma part, en DEA d’Informatique de son côté. Je l’ai côtoyé tout au long de nos années professionnelles universitaires, même si nos domaines de recherche respectifs ne nous ont pas amené à travailler ensemble. Je suis très heureux pour lui et l’informatique grenobloise de cette distinction qu’il a amplement mérité et qui rejaillit sur toute la communauté scientifique en informatique à Grenoble.