Culture


Trop rares à Grenoble, les arts de la rue faisaient la fête samedi soir dans notre ville. Dans le cadre du festival « Quartiers Libres », la troupe espagnole Xarxa teatre a entraîné le public dans un défilé déjanté de 22h à minuit entre la Maison de la Culture et le Parc Hoche. Ils étaient déjà venus à Grenoble il y a une quinzaine d’années avec à l’époque des toros de fuegos parcourant le parc de Villeneuve dont mes enfants se souviennent encore… Alors que d’autres villes savent organiser de vraies fêtes populaires, Grenoble n’a pas su en créer une qui soit pérenne d’année en année. Pourtant la période semble propice aux grands rassemblements qui rassurent et font oublier la crise et son cortège de laissés pour compte. Mais au lieu de tolérer les grandes beuveries appelées pudiquement apéros géants, il serait temps que de tels évènements festifs et aussi culturels, comme sait si bien le faire le Xarxa teatre, aient plus souvent leur place dans notre ville. Notre municipalité préfère accueillir le Criterium du Dauphiné pour 40000 € et autant sinon plus en prestations gratuites, alors que ce passage de cyclistes parfois dopés ou maintenant à moteur n’a jamais entraîné aucune ferveur populaire…

Parmi les nombreux musées de Berlin, le musée juif est l’un de ceux qu’il ne faut pas rater. Construit dans le quartier de Kreuzberg à Berlin Est, il a été l’objet d’une rénovation complète en 1999 par l’architecte américain Daniel Libeskind. L’ancien Berlin Museum, dont on voit ici l’entrée, a été agrandi par des bâtiments futuristes faits de blocs de béton aveugles et de couloirs lugubres donnant une impression de malaise pour nous faire entrer dans l’univers concentrationnaire. Les salles présentent l’histoire des juifs en Europe et leurs différentes migrations à la suite des violences dont ils ont été les victimes bien avant la Shoah. Une part importante est laissée à la culture juive avec la reconstitution de toutes les traditions et rites qui perpétuent l’identité juive au fil des siècles. J’ai bien apprécié la visite avec audioguide en français donnant quand on le désire des explications très complètes. Il faut prévoir au moins deux heures de visite à compléter par celle du Mémorial de l’Holocauste près de la Porte de Brandebourg. Pour avoir plus d’explications et de photos du musée, je vous conseille d’aller visiter cet excellent site d’un photographe français.

Samedi était inaugurée la bibliothèque la plus proche de chez moi à Teisseire, mais je devrais dire plutôt Teisseire-Malherbe puisque les deux quartiers sont désormais jumelés pour plus de mixité sociale. Cet équipement a attendu son ouverture dix ans, puisque c’est le temps qui s’est écoulé entre la démolition de l’ancienne bibliothèque et sa reconstruction. Mais entre temps les ouvrages, le personnel et les lecteurs ont pu migrer dans deux classes vides d’une école voisine.

Ce bâtiment est composé de deux parties : la bibliothèque au rez-de chaussée et des logements sociaux au dessus, ce qui permet de mieux maitriser les coûts et d’assurer une présence constante dans les équipements. La bibliothèque est une réussite avec de larges baies vitrées et même une partie galbée avec vue imprenable sur les platanes préservés de l’abattage par leur âge vénérable.

Les bibliothécaires avaient organisé pour l’évènement une chaine humaine pour faire passer symboliquement des ouvrages de l’ancienne bibliothèque provisoire à la nouvelle : un exploit puisque la distance les séparant est d’environ 300 mètres. Plusieurs centaines d’habitants ont donc accepté de se prêter à cette action montrant l’unité entre les quartiers. Un bel exemple du vivre ensemble que le Maire a raté en arrivant trop tard.

Vendredi soir, le cinéma d’Art et d’Essai de la rue de Strasbourg, le Méliès, recevait l’humoriste algérien Fellag. L’occasion de nous présenter le film qu’il avait choisi : « Les Raisins de la Colère » de John Ford qui retrace l’exode de métayers du Middle West américain chassés par les firmes propriétaires vers la Californie, nouvel eldorado. Arrivés là-bas au prix d’un éprouvant voyage, ils étaient exploités par les patrons à la cueillette des fruits pour une bouchée de pain. Une lueur d’espoir dans ce film très noir : grâce à l’union des travailleurs pauvres, les firmes devaient céder à leurs revendications.

La Méliès, malgré sa petite salle  continue son engagement pour un cinéma de qualité et développe tout un travail en milieu scolaire et en particulier vers les plus jeunes avec la création de films d’animation au long de l’année. J’y ai découvert récemment en exclusité à Grenoble des films comme Persépolis, Danse avec Bachir ou La Vie Moderne. Je suis particulièrement heureux que le projet de réimplantation du Méliès sur trois salles dans le nouveau quartier de Bonne semble enfin sur de bons rails : le prochain Conseil Municipal doit voter lundi une subvention d’équipement de 250 000 € à La Ligue de l’Enseignement proprétaire du Méliès dans ce but. Longue vie au cinéma d’Art et d’Essai à Grenoble !

Chorale des enfants de Villeneuve 2008Ce samedi avait lieu la fête du quartier Villeneuve. Malgré un temps froid et maussade, dès 10 heures du matin étaient réunis sur la place rouge 750 enfants des écoles du quartier qui sous la conduite de leurs enseignants et d’animateurs ont chanté en chœur de nombreuses chansons pendent presque une heure. Quel bonheur de profiter chaque année de ce spectacle préparé toute l’année ! Tous ces enfants nous donnent à chaque fois le meilleur d’eux-mêmes pour le plaisir de chanter tous ensemble. Une image des « quartiers sensibles » qui change des reportages sur les voitures brûlées et qu’on aimerait aussi retrouver dans les médias… Bravo à tous les professionnels et bénévoles qui font de cette fête un moment trop rare de se retrouver autour des spectacles, des repas pris ensemble dans le parc et des nombreuses animations organisées par l’association Sasfe et le comité des fêtes de l’Union de Quartier.

Manifestation lycéenne à grenoble le 29 avril 2008Depuis plus d’un mois, les lycéens de Grenoble ont été parmi les premiers de France à sortir de leurs lycées pour manifester leur colère devant le plan de suppression de plus de 11 000 postes d’enseignants dès la rentrée prochaine. Le gouvernement ne prend certainement pas les bonnes décisions pour « liquider mai 68 », comme l’a revendiqué Sarkozy il y a un an jour pour jour dans son meeting de Bercy ! Au contraire, il a réussi après les étudiants à faire descendre les lycéens dans la rue. Hier au conseil municipal, j’ai proposé un vœu de soutien au mouvement en cours et de demande de rapporter cette décision de suppression de postes. Il a été adopté par notre groupe et la majorité, la droite votant évidemment contre.

Pas de quartier le 17 mars 2007 à MC2Samedi soir était donné le spectacle « Pas de quartier » (entendre pas de danse…hip hop) à la Maison de la Culture dans le cadre de la XIe campagne contre le racisme de la ville de Grenoble. Cette manifestation gratuite avait rempli les mille fauteuils de l’auditorium d’un public qui n’a pas toujours l’occasion de fréquenter cette maison. Il a été conquis par ce spectacle de grande qualité et plein d’émotions avec des tableaux sur l’histoire de l’immigration allant des indigènes de la République au regroupement familial. Les jeunes artistes de ce théâtre du voile déchiré ont montré tous leurs talents et ont porté les arts de la rue au niveau le plus haut. D’ailleurs le spectacle a même mélangé musique classique, slam et rap avec un clavecin et une contrebasse sur scène joués admirablement par des musiciens professionnels en tenue de concert…

Une soirée qui a enchanté le public ce soir-là, lequel ne tarit pas d’éloges sur ce spectacle à chaque rencontre dans cette semaine d’engagement pour l’égalité et contre le racisme qui se poursuit jusqu’à samedi.

Initiation aux danses grecques à AMALUne nouvelle équipe mise en place il y a quelques mois vient de nous dévoiler la saison d’AMAL ce samedi lors d’une après-midi « Portes Ouvertes ». Depuis la calligraphie arabe en passant par des cours de français et d’arabe, mais aussi de la danse orientale ou comme ici grecque, toute une variété d’activités sont proposées aux adhérents.

AMAL entend aussi aider les enfants qui désirent suivre la section arabe de la Cité Internationale à se préparer dès le primaire par des cours en lien avec l’Education Nationale et la Ville.

Par ailleurs des conférences et colloques seront aussi organisés par AMAL dans ses locaux ou en face au Musée de Grenoble.

N’hésitez pas à passer les voir et à adhérer : cette association qui se donne comme objectifs d’être un pont entre les cultures a besoin de votre soutien.

AMAL est situé à côté de la MJC Allobroges rue Hauquelin (arrêt Musée tram B ).

Asado argentin 2006Chaque année l’association ACIP-ASADO organise une journée festive à Pentecôte autour d’un « asado » argentin. C’est l’occasion pour un large public immigrant, leurs enfants et petits enfants mais aussi beaucoup d’amis de partager ce moment convivial suivi d’un après-midi festif sous les grands arbres du parc de Vizille.
Cette année plus de 600 personnes se sont retrouvées pour perpétuer cette tradition.
Laissons à l’association le soin de présenter leur action :
« Il y a des traditions que les peuples entiers amènent avec eux quand ils sont obligés de quitter leur pays, chassés par une junte militaire ou pour un autre motif. (..) Nous pensons que tant qu’il y aura la volonté de continuer cette tradition, qui est aussi un symbole de notre culture, il sera toujours un lieu de partage de mémoire dans l’exil.« 

Verrières du Grand Palais restauréesSamedi 21 janvier sera réouvert le CNAC, Centre National d’Art Contemporain dans la halle Bouchayer appelé « Magasin ». Cette halle a été achetée par les industriels Bouchayer au début du XXe siècle. Elle constituait un des pavillons de l’exposition universelle de Paris en 1900. Le plus grand pavillon était le Grand Palais dont on peut voir les verrières métalliques restaurées ci-contre après 10 ans de travaux.
À Grenoble aussi la restauration des verrières du Magasin viennent d’être terminées sous la maîtrise d’ouvrage de la ville de Grenoble avec le concours de l’Etat, de la Région et du Conseil Général dans un souci de préservation du patrimoine. Mais la ville et ses partenaires n’ont pas arrêtés leur politique concernant le CNAC.
Des questions restent posées :
- quelle est sa fréquentation et l’intérêt communal ?
- quelle évolution apporter à son statut juridique associatif aujourd’hui inadapté à une gestion plus rigoureuse de tous les partenaires.
- quel rapprochement pourra enfin se réaliser avec le Musée de Grenoble ? Pourquoi créer ainsi des barrières entre art contemporain et art moderne ?
- l’État qui ne cesse de se désengager continuera t’il à soutenir le CNAC ?

Les réponses à ces questions devront être apportées avant de décider de maintenir le concours de la ville au fonctionnement du CNAC.