Politique


Un service public se juge à la qualité de l’accueil qu’il offre à ses administrés. On ne peut pas dire que la Préfecture soit en tête de ce point de vue. J’ai accompagné ce matin un résident étranger grenoblois depuis 15 ans venu déposer une demande de carte de séjour. À mon arrivée à 9 h, une queue de 100 mètres était alignée le long de la façade de la Préfecture (pas du côté cour que les Grenoblois ne connaissent pas et qui a été refait à neuf comme le montre ma photo). La personne que j’accompagnais faisait la queue depuis 8h du matin. Nous sommes entrés dans les locaux peu après 9h pour y attendre 1h15 (2h15 au total) avant d’être appelé au guichet. La personne qui nous a reçu a bien écouté notre demande, mais n’a pas voulu prendre les pièces que nous apportions, pour nous faire vérifier que rien ne manquait par rapport à la liste qu’elle nous a remise. Il faudra donc y retourner une deuxième fois avec toute cette attente à renouveler. Nous étions évidemment plus d’une centaine à faire le siège des 5 ou 6 guichets entre service de l’immigration, cartes grises et caisses. L’attente la plus longue était aux guichets des étrangers. Ceci peut s’expliquer par la période, puisque de nombreux étudiants étrangers arrivés pour s’inscrire à l’Université venaient gonfler la queue. C’est pour éviter cela que le Préfet Bart avait mis en place un guichet spécialisé sur le campus pour les étudiants. Ce qu’un Préfet a fait, un autre peut le défaire et le Préfet Dupuy est revenu sur cette mesure dès son installation en 2008. Sur ce point, je ne peux pas regretter son action comme d’autres l’ont écrit lors de son limogeage fin juillet.

On pourrait penser que le service rendu est en rapport avec les droits payés par les administrés. Que nenni ! La taxe perçue pour une première carte de séjour vient de passer de 300 € à 340 € sans qu’aucun moyen supplémentaire ne affecté mis au service des étrangers !

Depuis les évènement de la mi-juillet dans le quartier de l’Arlequin à Villeneuve, quels ont été les résultats de l’enquête de police ? Bien minces… Malgré une médiatisation des interventions  à chaque fois accompagnées des micros et des caméras, force est de constater que les fins limiers descendus de Paris n’ont pas élucidé grand chose. Les seuls effets constatés par les habitants sont les portes de témoins fracassées au petit matin et les murs de locaux collectifs éventrés quand le blindage de la porte rendait l’effraction plus pénible.

Tous les interpellés sauf un ont été relâchés sans mise en examen au bout de la garde à vue; celui qui a été condamné en comparution immédiate l’a été pour 400 g de cannabis… Il n’était pas nécessaire de lancer ces branle-bas de combat pour n’arrêter qu’un dealer connu des voisins. Mais voilà, cela fait des années que la Police Nationale est coupée de la population dans les quartiers. Seules des unités spéciales (BAC, Unité TErritoriale de Quartier) interviennent de manière quasi-militaire pour pacifier ce quartier hostile. Pour quels résultats ? Pourquoi la police n’a pas d’obligation de résultat ? Quant un enseignant ne fait pas le programme prévu, il est sanctionné. Quant un policier n’élucide pas assez de délits, ce n’est pas sa faute mais celle des circonstances. Et qu’on ne me dise pas que c’est la loi de l’omerta qui est responsable parce que soit disant  personne ne parle. Pour avoir été de multiples fois déposer plainte pour cambriolage, je peux témoigner que les renseignements que l’on peut apporter sur les suspects n’intéressent pas la police qui se contente d’empiler jour après jour les dépôts de plainte sans jamais revenir vers les victimes.

Lundi soir et mardi matin le nouveau Préfet-policier installé par N. Sarkozy le 30 juillet dernier parlait dans les médias  : FR3 le soir et France Bleu le matin. Il disait le lundi soir que nous allions avoir du nouveau dans l’enquête. Effectivement mardi au petit matin avant son interview à la radio, le supposé complice du braqueur abattu le 16 juillet au bas de sa montée à l’Arlequin était arrêté dans un appartement d’amis à 8 kilomètres de Grenoble. Le Juge des Libertés  et de la Détention a pris hier soir la décision de le laisser libre sous contrôle judiciaire. Dans la même séance ce juge qui n’est pas laxiste a maintenu en détention plusieurs prévenus dont des mineurs. Doit-on rappeler que la mise en détention provisoire doit être l’exception et la libération sous contrôle la règle. La France est d’ailleurs régulièrement rappelée à l’ordre par l’Europe au sujet de ses trop nombreux détenus sans jugement. Que n’entend pas depuis hier soir ? « Forfaiture » dit un syndicat de police proche du FN; « absolument inacceptable », dit la procureure; « inadmissible, intolérable et scandaleux » dit un autre syndicat.

B. Hortefeux se dit « consterné »; l’omni-président juge «difficilement compréhensible» cette décision. Depuis le temps où Président et Ministres ne respectent plus la séparation des pouvoirs, nous nous sommes presque habitués à ces appréciations, mais pour ma part je me dis que le dossier doit être bien mince pour que le JLD en ait décidé ainsi. La police scientifique n’aurait donc retrouvée aucune empreinte ou dépôt d’ADN du suspect dans le véhicule qui a servi au braquage ? Seuls les juges et les avocats ayant accès au dossier peuvent le dire. N’oublions pas les précédents ayant servi le pouvoir pour ses rodomontades à destination des électeurs du FN comme Tarnac qui ont aussi fait flop avec des dossiers sans preuve…

Après l’évacuation forcée d’un camp d’une centaine de roms à Saint-Martin d’Hères hier, c’est un autre campement sur la commune de La Tronche qui est dans le collimateur de l’État et de son nouveau Préfet policier de l’Isère. J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de ce camp qui était alors sur le futur péage de la Rocade Nord. Chassés par le Conseil Général qui a fait couper les arbres qui les abritaient, ils se sont déplacés de 100 m sur un terrain à l’abandon cachés de tous ceux qui passent à côté par une large haie. Aujourd’hui, la Police est venue sur ce camp emmener quelques hommes avec les passeports de tous les occupants pour photocopies et vérifications à l’Hôtel de Police. Je suis arrivé sur place quand la Police ramenait un père avec les passeports, les autres étant gardés au poste. Le sursis à l’évacuation forcée est fixé à mardi. D’ici là, les occupants doivent quitter les lieux. Mais où aller ? Personne ne les attend en Roumanie où ils ne possèdent rien et n’y trouveront pas de travail; les enfants qui sont scolarisés ici et nous servent d’interprètes ne pourront aller à l’école là-bas où ils ne sont pas acceptés. Alors leur errance va recommencer et dans quelques temps nous les retrouverons ici en attendant 2014 quand les Roumains et les Bulgares seront pleinement considérés comme européens et auront alors accès aux mêmes emplois que les autres citoyens de l’Union Européenne. D’ici là, toutes les communes les laisseront-elles chasser par la politique xénophobe de Sarkozy ou allons-nous réagir ? Doit-on rappeler que l’Isère a caché beaucoup d’enfants juifs pendant la guerre ? Ne serait-il pas temps de se rappeler ces moments qui honorent notre passé avant que notre présent odieux ne les efface ?

Malgré une ville en état de siège et des cordons de CRS bloquant l’accès au lieu du rassemblement, des centaines de Grenoblois et Grenobloises se sont rassemblés tout de même pour crier leur refus de la politique de Sarkozy et de la droite. Celui-ci a démarré ici sa campagne pour 2012. Vous en aviez douté ? Elle sera menée à l’extrême-droite. Le Pen l’avait rêvé, Sarkozy prétend le faire : « la nationalité doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un fonctionnaire de police ». Il sait très bien que cela est contraire à notre Constitution dès son premier article : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. ». Qu’importe ! Son but est créer du brouillard médiatique pour masquer les affaires qui le compromettent personnellement et continuer sa liste des boucs émissaires.: après les roms et les gens du voyage hier, aujourd’hui les français d’origine étrangère sont dans sa ligne de mire. Et si la déliquance en col blanc le rattrapait lui dont les origines sont aussi étrangères ?

Assurément quand on relit les paroles du Déserteur, même dans la version pacifiste : « Monsieur le Président, Si vous me poursuivez, Prévenez vos gendarmes, Que je n’aurai pas d’armes, Et qu’ils pourront tirer »; la version initiale « Que je tiendrai une arme , Et que je sais tirer... » aurait sûrement entraîné une comparution immédiate de Boris Vian… Aujourd’hui le ministre récemment condamné pour injure raciale annonce avoir déposé plainte contre deux sites web pour « injure et diffamation publiques contre la police ». Brice Hortefeux pour les faits dont il a été jugé coupable pouvait être condamné à 45 000 € d’amendes et un an d’emprisonnement alors que les poursuites qu’il engage contre les directeurs de publication (s’ils sont identifiables) de ces sites web ne sont passibles que de la même amende mais pas d’emprisonnement.

Où s’arrête la liberté d’expression et où commence la diffamation et l’injure publiques est un vaste débat que je laisserai le soin aux juges de trancher, mais je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement de ce dépôt de plainte du ministre condamné avec l’annonce récente de la suppression de la CNDS (Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité) créée en 2000 sous le gouvernement Jospin. Chaque année les rapports annuels de la CNDS étaient attendus par tous les corps de Police et de Gendarmerie avec l’appréhension de se voir mis à l’index. Les cas dont cette commission était saisie par l’intermédiaire d’un parlementaire étaient toujours l’objet d’une enquête minutieuse qui parfois concluait à des écarts avec la loi (qu’il est habituel d’appeler bavures). Nicolas Sarkozy sous la pression de la Police a décidé de supprimer la CNDS et de la fondre avec la HALDE, le Défenseur des Droits de l’Enfant et le Médiateur de la République dans le nouveau Défenseur des Droits qui aura bien du mal a remplir les rôles de tous ces organes de contrôle indispensables à toute démocratie.

Seules l’IGS (Inspection Générale des Services)  à Paris et l’IGPN (Inspection générale de la Police nationale) ailleurs resteront en place pour assurer un semblant de contrôle de la Police par elle-même. N’est-ce pas un nouveau recul démocratique qui nous attend ? Au moment où la France est de plus en plus montrée du doigt par l’Europe pour ses atteintes aux libertés que constituent par exemple les 800 000 gardes à vue annuelles sans présence continue d’un avocat, cette nouvelle décision du pouvoir en place ne nous fera pas progresser dans le sens du respect de la démocratie…

À l’instant où je mets ce billet en ligne, une vidéo, dont l’origine est expliquée ici, circule. Elle montre des CRS tirant à même le sol des bébés nus par les pieds et aussi des femmes, dont une enceinte semble évanouie. Qui prendra en compte demain les plaintes légitimes de ces femmes et enfants victimes de telles violences ?

Au lieu d’afficher une fois de plus les voitures brûlées que j’ai vues avec d’autres habitants samedi matin vers 7 heures, je préfère montrer cette image de la chorale des enfants de Villeneuve prise le 5 juin dernier. Pas ou peu de journalistes présents ce jour-là pendant ce moment de grande solidarité entre tous les habitants quelles que soient leurs histoires et leurs difficultés… Aujourd’hui en pleine nuit, on voit les voitures des télés et radios nationales sillonner le quartier à la recherche du moindre témoignage ou image de dégradation. Reviendront-elles à la prochaine fête du quartier ? J’en doute.

Depuis vendredi soir, la population est prise en otage : notre quartier de plusieurs milliers d’habitants est bouclé avec des fouilles minutieuses des véhicules qui entrent et sortent; chaque nuit un hélicoptère de la gendarmerie vrombit au ras des immeubles avec son puissant phare braqué sur les façades; les bus et le tram depuis quatre jours ne viennent plus dans le quartier alors qu’il s’agit d’une décision politique et non technique : tout le réseau peut fonctionner, j’en ai eu confirmation ce matin par un technicien de la TAG. S’il ne s’agit pas d’une punition collective, que l’on m’explique ce qui motive cet état de fait. Par exemple cette dernière nuit calme, pourquoi décider de fouiller de nuit les terrasses que l’on pouvait visiter de jour sans utiliser le phare de l’hélicoptère ? Je ne peux que donner à ce billet ce titre du livre de Michel Foucault.

Quant aux faits qui ont entrainé cette escalade de violence, je crois encore en la justice de mon pays pour établir la vérité, dans le calme et loin des procédures de comparution immédiate et des peines-planchers. Au delà et comme en novembre 2005 lors de la « révolte des banlieues » nous devons redire que la désespérance des exclus du mythe grenoblois de la haute technologie si cher aux responsables politiques en place ne sera pas combattue par le « ravalement des façades » comme le dit l’adjoint à l’urbanisme dans le Dauphiné Libéré d’aujourd’hui ! Avoir aussi peu de vision politique est indigne. La commune ne peut pas tout, mais il faut savoir reconnaitre que le premier problème est lié au chômage des jeunes en particulier et à la discrimination qui choisit les jeunes diplômés qui trouvent ou pas du travail suivant leur nom, leurs origines, leur quartier. Affronter ces questions en face au lieu de faire croire que la Rénovation Urbaine va tout résoudre est la seule réponse responsable. Quand on sait de plus que M. De Longevialle a été membre du cabinet de l’ancien maire corrompu Alain Carignon qui a parqué dans ce quartier tous les habitants les plus en précarité en réservant les logements sociaux de Hoche au centre ville à ses amis, l’adjoint à l’immobilier ferait mieux de se taire. Heureusement des habitants plus lucides réagissent et demandent comment ils vont pouvoir reprendre tout le travail social mis à mal ces quatre derniers jours.

Telle est la déclaration que tous les téléspectateurs du journal de 20 heures de France 2 ont pu entendre mardi soir de la bouche du journaliste Etienne Leenhardt au tableau électronique pour faire plus sérieux. Le site backchich.info rappelle la définition d’une dictature : « régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par une personne ou par un groupe de personnes (junte) qui l’exercent sans contrôle, de façon autoritaire. (Larousse) ». Les journalistes au contact du pouvoir se laisseraient-ils désinformer à ce point ? L’offensive du chef de l’état remettant en selle pour le 14 juillet le passé et le présent colonial de la France a t’elle à ce point réussi son objectif de faire oublier le rôle trouble de la France en Afrique ? Les pires régimes qui ne tiennent que par le soutien de l’armée française étaient présents à la tribune officielle et leurs gardes rapprochées ont pu parader devant le monde entier. Et encore Gbagbo, président auto-désigné de Côte d’Ivoire n’était pas là : il ne supporte plus les élections qu’il reporte sans cesse. Sa présence n’était pas désirée, mais la France maintient à Abidjan un contingent de 900 hommes appuyant 7500 casques bleus de l’ONU. Pendant ce temps, la France et Grenoble en particulier reçoivent de plus en plus de réfugiés demandant l’asile politique venant de Côte d’Ivoire, mais aussi de la RDC, du Congo-Brazzaville, du Togo et d’autres pays prétendus démocratiques…. Cherchez l’erreur.

Tous les deux ans se tient le Forum Social Européen qui rassemble des milliers de militants altermondialistes ou simplement de citoyennes et citoyens venus échanger sur les luttes à mener pour changer la société sous le mot d’ordre central « un autre monde est possible« . De multiples réseaux s’y retrouvent sur des thèmes aussi variés que l’eau, la gratuité des transports publics, l’habitat pour tous, l’immigration, la solidarité avec la Palestine… La liste serait trop longue pour être reprise ici , car il y a eu jusqu’à une trentaine d’ateliers en parallèle…

Le choix d’Istanbul après Malmöe en Suède en 2008 nous a plongé dans un pays à cheval sur deux continents qui a été de tous temps au carrefour des cultures entre l’Europe et l’Asie. Le format court imposé par les billets dans les blogs ne me permet pas de rendre tout ce que j’ai pu apprendre sur ce pays qui de toute évidence devrait entrer dans l’Europe des peuples après des avancées indispensables pour les droits de l’homme comme nous l’ont rappelé ces femmes kurdes demandant ce que leurs disparus sont devenus. J’aurais l’occasion cet été de consacrer quelques billets à ce voyage, tellement la semaine passée à Istanbul a été riche.

Hier à l’occasion de la journée nationale d’actions, Grenoble a une nouvelle fois dépassé en mobilisation beaucoup d’agglomérations de même taille en France. La manifestation était compacte et il est difficile d’avoir le bon chiffre, mais tout le monde s’accorde pour dire qu’elle dépassait largement celle du 27 mai. Quand on se souvient de la montée des protestations contre le CPE qui ont démarré bien plus tard alors que la loi était déjà dans la navette parlementaire, on peut dire que cette fois encore la résignation n’est pas de mise. Au moment où les affaires s’étalent au sommet de l’État, les Françaises et les Français ne sont pas prêts de croire que le recul des acquis sociaux est inéluctable.

J’ai accompagné le joyeux défilé du collectif Urgence Retraites, Justice Sociale qui avec sa mascotte et ses déguisements a attiré les regards et les photos des médias. Pendant l’été la mobilisation continuera dès ce lundi 18h pour l’action « les lundis au soleil » au Jardin de Ville. Il faudra être prêt à reprendre  les actions dès début septembre.

Pour ma part, je m’envole demain pour le Forum Social Européen à Istanbul avec une délégation des Alternatifs pour échanger avec tous les mouvements européens qui pensent comme moi qu’un autre monde est possible.. A bientôt de retour sur ce blog.

Le week end dernier se tenaient à Grenoble les premiers « États généraux du Renouveau » sous l’égide de Libération et du Nouvel Observateur. Faisant suite au Forum Libération qui a quitté Grenoble et la Maison de la Culture, la nouvelle formule m’a attiré pour l’intérêt des thèmes abordés et des intervenants annoncés. Même si des grandes messes PS avec Rocard, Hollande et consorts sont toujours organisées, d’autres ateliers rompaient avec les face à face sans réelle intervention du public des forums Libé. C’est ainsi que j’ai pu assister en particulier  à « Humilier pour punir : le cas de la fouille intégrale » avec l’Observatoire International des Prisons et un député PS qui s’engage (pas comme notre député-maire qui n’exerce pas son droit de visite); aussi « Les retraites » avec la fondation Copernic, Gérard Filoche, Attac, la CFTC et le Modem (Benhamias). Mais s’il est un atelier à retenir, c’est celui sur le thème « Vers une société du contrôle et de la norme ? » (photo) avec Evelyne Sire-Martin (ex-présidente du Syndicat de la Magistrature), Caroline Mecary (présidente de la fondation Copernic), Marie-José del Voglio qui a lancé avec d’autres l’Appel des Appels. Trois femmes combatives pour dénoncer la dérive totalitaire qui nous menace tous  si nous n’y prenons pas garde avec la mise en place de fichiers de plus en plus nombreux : 59 fichiers de police contre 33 il y a 5 ans, 1,3 millions d’empreintes ADN… Ceci doit nous rappeler l’ouvrage prémonitoire de Michel Foucault en 1975 : « Surveiller et punir, naissance de la prison ».

Hier matin, une opération de police d’envergure a expulsé 6 familles roms (10 adultes et 13 enfants dont certains de moins de 2 ans) de leurs abris sur la commune de Saint Martin d’Hères à côté de Grenoble. Les CRS n’ont même pas laissé la possibilité aux familles de prendre leurs affaires et avec leurs enfants celles-ci ont assisté à la destruction immédiate de leurs refuges (une station Total désaffectée et une usine fermée) avec leur maigres biens dedans. Ce traitement inhumain que la France continue d’appliquer à ces européens qui fuient la misère et les discriminations qu’ils subissent dans leurs pays, dont la Roumanie pour la majorité de ceux qui sont arrivés à Grenoble, n’est pas digne des valeurs de la République. Les roms, qui ne peuvent demander le droit d’asile, les pays de l’Union Européenne étant tous réputés sûrs, seront s’ils sont expulsés contraints de  se payer un retour en car ici dans quelques semaines. Tout ceci n’a aucun sens, si ce n’est d’augmenter le compteur d’expulsions du Préfet. Des enfants scolarisés ne peuvent terminer leur année scolaire; tout le travail d’aide à l’insertion réalisé par des associations comme Roms action est mis à mal. La situation de ces familles avait été décrite dans un reportage de FR3 Grenoble il y a trois mois.

Plusieurs centaines de roms sont présents dans l’agglomération, sans que leur situation ne soit vraiment prise en  en compte. L’État comme toutes les collectivités se renvoient le problème de la misère vécue par ces familles. Le droit à l’hébergement respecté pour les autres familles ne l’est pas quand il s’agit de roms. Ceci est inadmissible et constitue un délit au titre de la loi contre les discriminations. L’Europe, qui est attentive à cette situation, condamnera t-elle encore une fois la France ? Pendant ce temps, ces familles, qui ne font pas partie des gens du voyage, seront encore condamnées à l’errance.

Le collectif «Urgence Retraite Justice Sociale » organisait mercredi soir à Grenoble une réunion publique sur le thème « Retraite à taux plein à 60 ans : c’est possible ! ». Devant l’accès de plus en plus difficile aux médias, l’idée a germé d’organiser la veille une vraie fausse manifestation de droite d’un prétendu Collectif pour la Suppression des Retraites. La vidéo ci-dessus montre cette performance qui a déambulé la veille du meeting dans le centre ville éveillant les regards incrédules des passants vite éclairés par le tract d’appel à la réunion qui leur était distribué. Côté médias, le but a aussi été atteint puisque le journal local de FR3 Grenoble lui a consacré un sujet dans son édition de mardi pourtant réduite à 9 minutes.

Sur le fond, la réunion proposée mercredi par ce collectif a fait salle comble à la Maison du Tourisme. Gérard Filoche, inspecteur du travail et infatigable militant des droits du travail et des retraites a captivé la salle avec des arguments convaincants qui ne trouvent pas place dans les médias qui essayent de forger l’opinion au caractère inéluctable de la réforme voulue par le Medef et les banques qui ne supportent plus de voir leur échapper la manne des retraites par répartition, qui est aussi un des acquis essentiel du Conseil National de la Résistance que la droite veut combattre. Rappelons-nous les paroles de Denis Kessler l’ex-vice-président du Medef qui, évoquait dans le magazine Challenges du 4 octobre 2007 la liste des réformes programmées par Nicolas Sarkozy : « C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance. ». Rappelons que l’actuel président du FMI, qui laisse ses fidèles dont Michel Destot préparer sa candidature aux primaires du PS pour 2012, a signé un livre avec le même Denis Kessler dans lequel les auteurs proposent des retraites par capitalisation collective, ce qui permettrait de gonfler les fonds de pension qui ont été les moteurs des spéculations qui ont créé la crise actuelle… Le Parti Socialiste va décidément bien mal pour admettre en son sein des personnalités qui ne sont d’accord sur rien comme DSK et Gérard Filoche !

Trop rares à Grenoble, les arts de la rue faisaient la fête samedi soir dans notre ville. Dans le cadre du festival « Quartiers Libres », la troupe espagnole Xarxa teatre a entraîné le public dans un défilé déjanté de 22h à minuit entre la Maison de la Culture et le Parc Hoche. Ils étaient déjà venus à Grenoble il y a une quinzaine d’années avec à l’époque des toros de fuegos parcourant le parc de Villeneuve dont mes enfants se souviennent encore… Alors que d’autres villes savent organiser de vraies fêtes populaires, Grenoble n’a pas su en créer une qui soit pérenne d’année en année. Pourtant la période semble propice aux grands rassemblements qui rassurent et font oublier la crise et son cortège de laissés pour compte. Mais au lieu de tolérer les grandes beuveries appelées pudiquement apéros géants, il serait temps que de tels évènements festifs et aussi culturels, comme sait si bien le faire le Xarxa teatre, aient plus souvent leur place dans notre ville. Notre municipalité préfère accueillir le Criterium du Dauphiné pour 40000 € et autant sinon plus en prestations gratuites, alors que ce passage de cyclistes parfois dopés ou maintenant à moteur n’a jamais entraîné aucune ferveur populaire…

Presque deux ans jour jour jour après la dernière crue importante, l’Isère est montée brutalement en 24h hier battant au passage son dernier record datant de 2001 et dépassant de quelques dizaines de centimètres celui du 30 mai 2008. Les deux photos prises au même endroit attestent que cette fois-ci la base des arbres bordant cette piste cyclable peu après la passerelle vélo du campus a été submergée. Un heure après la piste elle-même était atteinte par les flots ainsi que le limon resté dessus ce matin me l’a montré. Jeudi dernier en commission à La Métro, je posais justement la question des risques d’inondations en parlant de la crue de 2008. On m’a répondu : « il s’agit de la crue décennale. On a le temps avant de la voir revenir à ce niveau…». Les élus sont parfois de bien piètres statisticiens qui confondent la fréquence moyenne d’une crue avec sa probabilité de survenir dès le lendemain de la précédente ! Aujourd’hui, le Conseil Général de l’Isère maître d’ouvrage avec l’État du plan de renforcement des digues de l’Isère et de création de casiers d’inondation a décidé cette année de reporter les travaux pourtant indispensables comme les dernières crues en témoignent. La hausse des besoins sociaux et la non compensation de l’Etat des aides transférées aux départements ont été invoquées avec raison. Mais on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec les 26 millions d’euros dépensés pour les études et les premières acquisitions du projet de Rocade Nord du Conseil Général… Encore un mauvais choix de dépenses et pourtant le projet qui n’a pas été jugé d’utilité publique par la commission d’enquête a été relancé vendredi par la Métro qui demande de refaire d’autres études.. Nous n’avons été que six élus à nous y opposer, car cette rocade ne règlera pas le problèmes des bouchons aux entrées de Grenoble aux heures de pointe et des dépenses sont plus urgentes pour l’activité économique. Que dira la Chambre de Commerce quand le cœur de l’agglomération sera sous les eaux ? Eux qui font des pressions inadmissibles sur les élus allant jusqu’à leur faire distribuer des lettres en mains propres en séance pour leur rocade !

« En tant que Vice-président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, j’ai interpellé ce matin Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères et européennes, sur les conditions de libération de Clotilde Reiss,… » ainsi commence le billet de Michel Destot sur son blog jeudi dernier. Est-ce en raison de la sortie du palmarès des parlementaires depuis leur élection il y a trois ans qui classe mon député à la 428e place sur 577, bon dernier des neuf députés de l’Isère, que celui-ci sur un sujet aussi essentiel pour Grenoble se sent le besoin de tenter sans succès de faire parler de lui ? Il est saisissant de constater le désintérêt de Michel Destot pour les travaux de l’Assemblée où il est censé remplir son mandat national pour lequel il perçoit une indemnité substantielle et aura droit à une retraite au régime très spécial. Vous me direz, s’il n’est pas présent en séance, c’est qu’il travaille en commission.  Le site qui a fait ce classement est aussi éloquent à ce sujet : 18 interventions seulement en commission en 3 ans, lui qui se targue d’être vice-président de la commission des Affaires étrangères ! N’y a t’il donc que les voyages attachés à cette fonction qui l’intéressent ? En comparaison, je dois saluer François Brottes, premier de l’Isère et 2e des députés français qui prend la suite de Didier Migaud (premier, mais hors classement depuis sa nomination à la Cour des Comptes). François que je connais depuis 30 ans avant qu’il n’entre en politique, accroche à son palmarès 347 interventions, dont 167 en séance et 180 en commission… Il n’y a pas photo comme on dit…

Il serait bon d’établir le palmarès des élus locaux. Encore faudrait-il que les interventions en séance soient notées au procès-verbaux des conseils municipaux. mais le député-maire de Grenoble a supprimé ces mentions, comme il a depuis ce mandat et donc sans notre avis, arrêté la sténotypie et la transcription par écrit des « minutes » du conseil municipal, soit-disant par souci d’économie, alors que la dépense votée ce vendredi à La Métro est d’environ 10 000 € par an. Plus de trace et le tour est joué… C’est pourquoi désormais nous ajoutons sur notre site nos interventions prises en vidéo en plus de leur transcription écrite que nous mettons en ligne depuis plus de 8 ans ( pour les archives du dernier mandat)… Les électrices et électeurs pourront  ainsi juger sur pièces du travail de leurs élus !

Lundi soir à 17h, le conseil municipal de Grenoble s’annonçait tendu. Des appels avaient été lancés sur le Web pour venir y exprimer son opposition à l’installation de caméras de vidéosurveillance dans notre ville. L’ordre du jour prévoyait une délibération sur la mise en place d’un « collège d’éthique de la vidéosurveillance  » à Grenoble. Au lieu de placer ce point en tête de l’ordre du jour pour permettre au public d’être présent sans assister à 45 autres délibérations, le maire avait choisi comme pour chaque sujet délicat ne faisant pas consensus dans sa majorité hétéroclite de le renvoyer vers la fin de l’ordre du jour et donc 6 heures après le début du conseil. Cela n’était pas supportable pour le public venu entendre ce débat. Suite à plusieurs interruptions des collègues par des cris et slogans venus du public, le maire a préféré faire intervenir la gendarmerie nationale en nombre pour évacuer vers 20h la tribune du public.

Pourquoi en est-on arrivé là ? D’abord, parce le maire a choisi seul sans l’avis du conseil municipal d’installer des caméras-dômes dans Grenoble. Celles-ci évoquées dès juin 2008 par le premier adjoint suite à une question orale que j’avais posée pour mon groupe auraient été la conséquence de la montée en Ligue 1 de football du club de Grenoble. À l’époque, il était question de surveiller les groupes de supporters entre la gare et le stade… Aujourd’hui c’est paradoxalement au moment où le club redescend en Ligue 2 que ces caméras ont été installées depuis quelques mois. Le prétexte ne tient plus. Elles sont bel et bien placées pour surveiller les passants (et non les flux de circulation, sinon pourquoi des caméras à 360° avec de puissants zooms ?). Plus grave, elles sont placées exactement sur le parcours des manifestations qui ont lieu toujours dans cette partie du centre ville. Les renseignements généraux n’auront plus à se déguiser en manifestants pour prendre chaque visage en photo…

Sur le fond, nous avons dit d’une part l’inefficacité des caméras pour prévenir les délits et porter assistance aux victimes, mais même, et cela est prouvé par des expériences étrangères, à condamner les coupables (seulement dans 3 % des cas filmés au Royaume Uni). Alors que faut-il en espérer ? Dissuader les délinquants de passer à l’acte ? Au mieux tous les spécialistes le disent, elles ne pourront que déplacer les délits. D’ailleurs, les études montrent que l’amélioration de l’éclairage public est plus efficace que la vidéosurveillance. Avec la Ligue des Droits de l’Homme, nous avons donc refusé de participer à ce collège d’éthique sans pouvoir et qui ne servira qu’à faire accepter les atteintes aux libertés publiques. Pendant le temps des discussions feutrées, les travailleurs sociaux trop peu nombreux sur le terrain seront eux confrontés à la réalité et à leur impuissance devant le manque de moyens qui sont détournés pour les 60 000 caméras d’ici 2011 promises par Brice Hortefeux que le maire de Grenoble a choisi d’aider à atteindre son objectif.

Lundi dernier, j’étais au côté du Préfet de l’Isère pour déposer des gerbes à la mémoire de l’esclavage et de la traite négrière devant la plaque que la Ville de Grenoble a apposée il y a quelques années en hommage à Toussaint Louverture, esclave haïtien affranchi qui a pris sous Napoléon la tête de la révolte contre le colonisateur. Malgré la pluie battante, cette cérémonie officielle a été emprunte de dignité et d’une détermination sans faille pour lutter aujourd’hui comme hier contre l’esclavage moderne. En tant qu’élu chargé pendant sept ans des Droits des Étrangers, j’ai eu souvent l’occasion de correspondre et de rencontrer les Préfets qui se sont succédés place de Verdun depuis 2001. Aujourd’hui, ces échanges feutrés ne suffisent plus devant les mesures d’éloignement qui s’abattent sans aucune humanité sur des familles. Aussi j’ai décidé d’utiliser ce mode public de communication  pour demander à Monsieur le Préfet de reprendre la main sur le service des étrangers qui depuis des mois semble agir sans discernement, ni contrôle.

« Monsieur le Préfet,

Parmi les nombreux étrangers, hôtes de l’Isère, auquel l’État sous votre autorité demande ou exécute leur éloignement du territoire, je voudrais vous alerter sur deux d’entre eux qui me semblent des cas emblématiques.

Le premier concerne le soutien d’une famille de deux enfants scolarisés à une école qui m’est chère, puisque celle de mes enfants : l’école du Lac à la Villeneuve de Grenoble. Le 16 mars vous l’avez expulsé vers son pays l’Algérie, laissant ici sa femme et ses deux enfants désemparés. Ces derniers qui ont subi le décès de leur père il y a quelques années avaient trouvé auprès du nouvel époux de leur mère soutien et assistance. Celui-ci s’occupait d’eux comme s’il s’agissait de ses propres enfants, les conduisant en particulier à l’école tous les jours de classe. Il était apprécié par tout le quartier. À l’heure où l’on déplore les agissements d’enfants de plus en plus livrés à eux-mêmes, comment justifier cette action qui va à l’encontre de tous les buts recherchés par la Politique de la Ville ? Je vous demande donc de bien vouloir accéder à la demande de tous les soutiens de cette famille : rattraper cette erreur manifeste en accordant le droit à cette mère au regroupement familial avec son époux qu’elle va vous soumettre sous peu. Connaissant les longs délais de cette procédure pour l’avoir observée de près pendant mon mandat d’adjoint entre 2001 et 2008, je sollicite de votre part une procédure rapide pour permettre à cette famille de se recomposer au plus vite.

Un autre dossier a trait au cas d’un travailleur sans droit au travail, ni au séjour, mais pas sans papiers comme on le dit trop vite. Cette personne a été interpellée sur son lieu de travail dans un restaurant de Voiron, à la suite d’après vos services d’un contrôle pour recherche de travail dissimulé. Elle a été conduite sur le champ au centre de rétention de Saint-Exupéry contre toutes les procédures qui permettent d’organiser sa défense. Elle y est encore depuis près d’un mois. Or, M. Le (son nom est rendu public) qui travaille ici depuis plus de dix ans a déposé auprès de vos services avec l’aide du syndicat CGT un dossier de demande de régularisation comme travailleur « sans papiers » depuis plus de 10 ans. Vous et votre prédécesseur étiez engagés à ne pas procéder de la sorte avec une telle expulsion express si vos services concluaient au rejet de la demande de droit au séjour et au travail. Vous deviez en informer le syndicat afin que tous les recours puissent être exercés à l’encontre de votre décision. Cet engagement n’a pas été tenu pour la première fois et M. Le abandonnerait ici une femme et une fille s’il venait à être expulsé. Je vous demande donc instamment de revenir sur cette décision et d’user de votre pouvoir discrétionnaire pour faire preuve d’humanité.

Monsieur le Préfet, ces deux cas pourraient être multipliés, mais ils marquent un tournant dans les relations des élus et des associations avec la Préfecture de l’Isère. Des engagements pris ne sont plus respectés, des familles soudées sont disloquées. J’espère que vous entendrez ce cri qui vient de très nombreux soutiens afin de démentir cette appréciation et restaurer le dialogue entre l’État et la population.

Avec mes respectueuses salutations,

Gilles, Kuntz, Conseiller communautaire, conseiller municipal de Grenoble »

Dernière minute dimanche 16 mai : M. Le est dans un avion pour le Vietnam à cette heure ! Il devait être relâché du centre de rétention demain au bout du délai légal. Le Préfet a préféré le faire transférer à Paris à la dernière limite pour le renvoyer à grands frais dans un pays qu’il a quitté il y a plus de dix ans en laissant ici sa femme et sa fille. Le représentant de l’État applique les ordres qu’il reçoit, mais je ne crois pas qu’il en soit fier. Les soutiens continueront la lutte pour obtenir son retour.

Jeudi dernier, nous étions environ 200 à nous rassembler puis à défiler en soutien au peuple grec place Victor Hugo devant le siège de banques qui sont les premières responsables de la situation. Le niveau d’endettement de la Grèce est mis en avant pour tenter de justifier des reculs sociaux injustifiables. Pourtant, les dettes de pays comme l’Italie, la Belgique, la France et même l’Allemagne, sont tout aussi préoccupantes. Sur ce graphique animé du journal Le Monde, on peut voir depuis 1995, comment la dette des pays européens a évolué par rapport au Produit Intérieur Brut; celle de l’Italie est toujours restée dans le rouge en étant supérieure au PIB pendant tout ce temps. Alors pourquoi, aujourd’hui choisir la Grèce comme bouc émissaire d’un système financier qui échappe de plus en plus à tout contrôle avec la totale liberté laissée aux spéculateurs ?

Les travailleurs de Grèce, à juste titre, refusent de payer la crise du système financiarisé. Les  actionnaires se sont gavés de dividendes, de cadeaux fiscaux de toutes sortes, de rémunérations démentielles avec, à la clef, des fortunes qui dépassent l’entendement. C’est à eux de payer leur crise.

Les mesures annoncées sont inadmissibles : non remplacement de 4 départs à la retraite sur 5 dans la Fonction publique, hausse de la Taxe sur la Valeur Ajoutée de 19 à 21 % et même 22-23% maintenant, baisse de 10 % des dépenses d’assurance, gel des pensions de retraites, réduction de 15 % des salaires, âge légal de départ à la retraite porté à 67 ans, etc.

Les mêmes banques et les mêmes spéculateurs, qui hier ont été sauvés d’une faillite certaine grâce à l’aide des États, mettent la pression sur ceux-ci et sont autorisés à spéculer sur leurs dos. Les gouvernements ont sauvé les banques, sans contrepartie. Aujourd’hui ces mêmes banques viennent faire payer l’addition aux peuples. La Grèce est attaquée, le Portugal est dans la ligne de mire, l’Espagne et l’Irlande sont aussi citées.

Aujourd’hui nous sommes nous aussi sous la menace d’une pareille attaque des marchés contre la France. La droite n’attend d’ailleurs pas ce moment pour nous annoncer déjà un plan de rigueur. Il ne serait pourtant pas difficile de trouver les finances qui manquent : l’abandon du bouclier fiscal et des niches qui permettent d’échapper à l’impôt seraient les premières mesures à prendre pour maitriser notre dette en ne touchant pas au pouvoir de vivre de la population. Mais cela n’entre pas dans les plans du MEDEF qui sont appliqués par Nicolas Sarkozy… Seule la lutte dans la rue permettra de faire reculer ce gouvernement.

Qui aurait cru qu’un camp de réfugiés puisse être installé à Grenoble ? Certainement pas le docteur Allemand, président de l’antenne grenobloise de Médecins du Monde qui en a vu beaucoup dans le monde, mais pas encore ici. L’urgence est telle qu’avec l’association ADA (Aide aux Demandeurs d’Asile), ils ont décidé de mener cette action forte dans le parc de l’Alliance  devant la volonté de l’État de laisser à la rue des personnes isolées ou même en famille avec enfants en bas âge.

Alors que la convention de Genève sur les réfugiés de 1951 stipule « Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays », l’État français n’accueille plus les réfugiés et tente de les décourager de venir ici, comme s’ils avaient le choix quand ils fuient les persécutions dont ils sont l’objet dans leur pays. Les associations sont les mieux placées pour connaître leur parcours d’exilés, puisqu’elles recueillent les témoignages pour préparer les demandes d’asile qui mettent des mois, voire des années à aboutir ou trop souvent rejetées. Pendant le temps de l’instruction des dossiers, la France a le devoir de loger les personnes dans des CADA (Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile) qui sont saturés : il manquerait près de 300 places dans l’Isère.

Aux dernières nouvelles, malgré le week end pluvieux, les familles attendent toujours sous les tentes dans le plus grand dénuement que le Préfet réfléchisse à une solution. Quel scandale ! Il ne manque pourtant pas d’immeubles ou de maisons vides quand on sait le rendement sur Grenoble de la taxe d’habitation des logements vacants. Le Préfet a le pouvoir de les réquisitionner. Pourquoi n’en use t-il pas ?

Après la fin proche de deux saisons de Ligue 1 du GF38, le coût réel du Stade des Alpes en investissements comme en fonctionnement n’est toujours pas rendu public. À mes questions en commission à La Métro propriétaire, il m’est répondu «c’est trop tôt : nous sommes encore en régime transitoire…». Je rappellerai à ce sujet l’article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : «La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. »

Une association grenobloise qui se consacre à l’analyse des finances locales, l’OFIPOPU est arrivée à des chiffres impressionnants : 93,94 M€ TTC pour sa construction et 7,4 M€ par an pour son fonctionnement à mettre en rapport avec des recettes affichées au budget 2010 de La Métro de 1,43 M€… Donc, un coût payé chaque année par La Métro de 6 M€. On attend les chiffres étayés point par point du Président de La Métro. Et ce ne sont pas les financements apportés par les rares manifestations autres que les matchs de football qui combleront ces dépenses : 60 000 € pour Johnny l’an dernier, mais combien pour les prestations offertes et la réfection de la pelouse après le concert ? Pour début juin cette année lors du Salon du Développement Durable du Dauphiné Libéré, il n’est prévu que 40 000 € à facturer pour huit jours de mise à disposition du Stade*. Encore une subvention déguisée au journal local dont les élus espèrent des articles promotionnels…. Les habitants doivent connaitre la vérité des dépenses et des recettes. C’est un droit à respecter au plus vite.

[MAJ] * ces 40 000 € ne seront même pas versés au final mais compensés par des prestations publicitaires du Dauphiné Libéré pour la Métro…

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