Général


Chèvres de la ferme intercommunale du MurierCe matin a été inaugurée la ferme intercommunale du Murier construite par la Métro sur les coteaux au sud-est de l’agglomération. C’est une belle réalisation en bois bien intégrée au site conçue par le cabinet Peter Wendling. A vocation pédagogique, cette ferme a été confiée à un jeune couple d’agriculteurs désireux de se lancer dans les fromages bio tout en voulant faire profiter les enfants de leur expérience. Voilà un bon projet qui ne pouvait se faire au niveau communal et que seule la Métro puvait réaliser en fédérant tous les partenaires. Cela ne s’est pas fait sans peine tant le repliement de certains sur leur seul intérêt communal est encore grand. Mais le résultat est là et la Métro affiche sa volonté de construire deux autres fermes dans les autres branches de l’Y grenoblois.

Souhaitons une pleine réussite au projet de ce jeune couple d’agriculteurs.

Les Galeries Modernes, ancêtre des Nouvelles Galeries A l’occasion de la viste de l’exposition du Musée Dauphinois « Les dessous de l’Isère » que je vous recommande, j’ai redécouvert la façade de l’immeuble abritant aujourd’hui les Galeries Lafayette place Grenette, appelées autrefois Nouvelles Galeries et auparavant, comme ici, Galeries Modernes. A l’occasion d’une rénovation au temps des Nouvelles Galeries, la magnifique façade a été recouverte de dalles cachant depuis des décennies son décor du XIXe siècle.

Malgré la création dans le centre historique de Grenoble d’une « zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager » transformée il y a peu en « Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine (AVAP) », cette façade reste désespérément cachée aux yeux des passants. Il est incompréhensible que des moyens n’aient pas pu être trouvés pour aider à la restauration de ce bâtiment que vous pourrez mieux apprécier en le voyant en plus grand par un simple clic sur la photo.

Grenoble ne compte pas assez de patrimoine pour que l’on se permette de passer à côté de cette indispensable restauration. Ce débat rejoint celui de la tour Perret qui se délite et ne sera bientôt plus qu’un édifice dangereux à démolir si l’on n’agit pas au plus vite. J’ai d’ailleurs demandé en commission municipale le point sur ce dossier. Attendons, mais pas trop !

ABS 2001 de GrenobleUn mois sans un nouveau billet, cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Désolé pour mes lecteurs. Je vais reprendre ce blog au moins une fois par semaine, même s’il est parfois difficile de trouver du temps. En attendant, je ne voudrais pas vous priver de la lecture de cette “Analyse des Besoins Sociaux 2011” du CCAS de Grenoble centrée cette année sur les besoins sociaux des jeunes.

Je vous livre un élément significatif de la conclusion de ce rapport de 90 pages qui est central par rapport aux comportements agressifs de plus en plus fréquents chez quelques jeunes :

« L’ABS a pu mettre à jour le décalage qui existe entre les volontés de certains jeunes d’accéder aux statuts d’adulte et les possibilités concrètes qu’ils ont pour réaliser ces souhaits. Les contraintes sont telles qu’ils sont obligés de reporter leurs projets et de rester dans une situation objective de dépendance. Cela peut générer des incertitudes, des frustrations, qui ont des conséquences sur le rapport qu’entretiennent les jeunes avec les autres générations. »

Bonne lecture de ce document que vous pouvez télécharger ici et pour le moment nulle part ailleurs…

Raymond Aubrac inaugurant l'école Lucie Aubrac à Grenoble Une figure de la Résistance nous a quitté. J’avais eu l’occasion de rencontrer Raymond Aubrac à plusieurs reprises. Toujours prêt avec sa femme Lucie à venir parler de l’Histoire avec un grand H qu’ils avaient contribué à écrire. Je me souviens d’un débat à Saint Martin d’Hères où vivent sa fille et son gendre autour du film “Les réquisitions de Marseille” qui relate la réquisition en 1944 de 15 entreprises à Marseille sur les ordres de Raymond Aubrac alors commissaire de la République. Jusqu’au bout il a défendu le programme du Conseil National de la Résistance se rendant encore en 2009 au plateau des Glières au rassemblement annuel qui regroupe de plus en plus de citoyens épris de liberté et soucieux de la défendre face aux menaces.

Je l’ai une dernière fois rencontré lors de l’inauguration de l’école élémentaire Lucie Aubrac (photo). Avec ses enfants, il avait visité toute l’école s’intéressant aux conditions d’étude des élèves. Pour terminer, il avait prononcé un discours sans notes qui nous avait tous touché. J’adresse particulièrement mes condoléances à son gendre, collègue à l’université, dont j’ai appris tardivement le lien de parenté avec Raymond et Lucie.

Premier PACS en mairie de Grenoble le 24 mars 2012 Après beaucoup d’acharnement de notre groupe d’éluEs et pas mal de réticences vaincues, un premier PActe Civil de Solidarité (PACS) a pu être enfin célébré samedi 24 mars à l’Hôtel de Ville de Grenoble avec toute la solennité qui sied aux mariages ou parrainages républicains qui s’y déroulent déjà. Pour y parvenir, il nous a fallu déposer un vœu voté après amendements au conseil du 23 juin 2008. Malgré cela, force était de constater que la mise en application de ce vœu n’était pas effective. Le maire répondait alors à une question orale de notre groupe posée au conseil du 17 mai 2010 : « La célébration des PACS en mairie est en effet possible, sous réserve que des demandes me soient adressées. ». Après plusieurs tentatives  ayant essuyé un refus tacite des services, nous avons dû écrire au Directeur Général des Services qui répondait par lettre le 5 mars dernier : « Je vous confirme que la célébration pourra bien se tenir à la date indiquée », laquelle a enfin eu lieu ce samedi.

Nous nous réjouissons de cette possibilité pour les couples quels qu’ils soient de pouvoir célébrer leur union dans un lieu plus digne de leur engagement qu’un bureau de greffier au tribunal d’instance. Ce premier PACS en mairie ayant eu lieu entre un  homme et une femme n’a pas attiré la presse. Nul doute qu’il n’en sera pas de même du premier PACS homo qui pourra désormais y être aussi célébré. Un droit nouveau est ouvert aux couples à Grenoble. A eux d’en user.

L'eau de Grenoble puisée à 30 m dans la nappe à Rochefort Demain démarre à Marseille le FAME (Forum Alternatif Mondial de l’Eau) qui se déroule en parallèle avec le Forum Mondial de l’Eau 2012.  Quand ce dernier donne aussi la parole aux multinationales de l’eau dont beaucoup ont leur siège en France (Suez, Veolia …), le FAME milite résolument pour sortir l’eau, bien commun de l’humanité, des logiques de profit.

À Grenoble, après la corruption de l’ancien maire par la Lyonnaise des Eaux et le passage de la régie municipale de l’eau en affermage au privé, il a fallu batailler bien après la condamnation de l’ancien maire et le retour à une mairie de gauche et écologiste pour arriver à faire sortir le privé du contrôle de notre eau. Contrairement aux dires de l’actuelle majorité à Grenoble répétés encore vendredi dans le discours de l’adjoint au forum local de l’eau, ce n’est pas le maire actuel M. Destot qui a ramené l’eau en gestion directe par une régie municipale : il l’a fait contraint par la justice administrative après une période de création d’une SEM où le corrupteur, la Lyonnaise, avait encore toute sa place. Ces tentatives de refaire l’histoire à son profit ne sont pas dignes du premier magistrat de la ville. Mais les historiens sauront rétablir la vérité malgré la méthode Coué qui est utilisée pour faire croire une contre-vérité à force de l’entendre répétée.

En attendant, j’ai pu visiter vendredi le site de captage de l’eau de Grenoble qui est une des rares eaux de grandes villes de France non traitée. Sur la photo ci-dessus, on devine à 30 m dans la nappe au confluent du Drac et de la Romanche l’eau directement puisée pour être envoyée dans le réseau qui dessert Grenoble, Sassenage, le campus et pourrait aller au delà si les rivalités entre régie et syndicat mixte des communes de la ceinture grenobloise cessaient et qu’une régie intercommunale de l’eau voyait le jour. Mais nous n’y sommes pas encore : il faut le déplorer mais aussi continuer à y croire pour le bien de tous.

Agressions rue Germain Depuis près d’un mois que je n’ai pas publié de billet, bien des évènements se sont passés sur Grenoble. Parmi ceux qui ne sont pas dans les journaux, je voudrais mettre en avant la montée du racisme inquiétante contre les populations les plus exclues. Peu après le 50e anniversaire des sinistres « ratonnades » de la police de Papon jetant des centaines d’algériens à la Seine en 1961, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec le traitement que fait subir notre Préfet et sa police aux populations d’origine roms venus se réfugier dans notre ville. L’évêque de Toulouse avait lui osé faire en août 2010 le rapprochement avec le traitement subi par les juifs sous Vichy. Évidemment et heureusement à Grenoble il n’y a pas mort d’hommes comme à Paris où un homme a péri brûlé vif dans un campement incendié le 24 octobre rue des Pyrénées. Pourtant cela aurait pu arriver ici où par deux fois des individus masqués se sont introduits dans une maison occupée rue Germain par des dizaines de familles venant d’ex-Yougoslavie en attente d’un droit d’asile en France. Des vitres ont été cassées à coup de battes de base-ball, des balles ont été tirées (impact en bas à gauche sur la photo) pendant que les enfants apeurés hurlaient à l’intérieur. La police n’a même pas recherché les balles, ni ramassé une batte cassée abandonnée sur place. Quelques jours plus tard, un feu de cheminée providentiel permettait à la police de faire évacuer la maison, puis de conduire les occupants en grande majorité à l’Hôtel de Police et certains en centre de rétention à l’aéroport de Lyon. Pendant ce temps la maison était soigneusement murée par des ouvriers prêts à intervenir sur l’heure, une police en civil sans brassard “Police” armée de mitraillettes brandies sous le nez éloignant ceux qui voulaient reprendre leurs affaires à l’intérieur (je le sais pour en avoir fait les frais..). Il suffit de lire le récit de ces faits ici pour être édifié sur le comportement de la police légitimé depuis le discours xénophobe de Nicolas Sarkozy à Grenoble fin juillet 2010. Aujourd’hui la centaine de personnes qui vivaient là se sont rendues invisibles occupant les squats plus sordides; les enfants scolarisés ont quitté leurs écoles de peur que la police ne remonte à leurs parents. Pire, une famille est retenue depuis cette intervention au centre de rétention risquant d’être séparée : le père macédonien et ses trois enfants sous la menace d’une expulsion vers le Danemark pays par lequel il est entré dans l’espace Schengen et la mère bulgare vers son pays. Une des raisons invoquées par l’Etat pour justifier cette séparation illégale contraire aux conventions européennes est que la mère n’apporte pas la preuve qu’il s’agit bien de ses enfants. Et pour cause : ses documents d’état-civil sont murés dans la maison rue Germain ! Il faut signer la pétition en ligne sur le site du réseau éducation sans frontières ici. Le Père Noël passera t’il au CRA de Saint-Exupéry ? Pas sûr avec cette haine. Comme le disait l’archevêque l’an dernier parlant des populations d’origine rom : « Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier. »

N.B. : la famille a été relâchée le 29 décembre du centre de rétention de Saint Exupéry, mais sa situation reste fragile ici sans titre de séjour.

Danielle MiterrandÀ plusieurs reprises, Danielle Miterrand avait fait le déplacement de Grenoble pour mener son combat pour l’eau, bien public de l’humanité. J’avais eu l’occasion de la rencontrer très humble dans cette salle de la Maison des Associations de Grenoble venu faire partager ses convictions aux militants qui luttent plus que jamais pour un maintien de l’eau en régie municipale. Pas d’accueil du PS local qui visiblement n’a jamais mis ici la lutte pour les services publics en avant… mais laissons de côté la politique et donnons en ce jour douloureux la parole à France Libertés, association qu’elle a créée, et aussi à Danielle elle-même en guise d’épitaphe :

Agée de 87 ans, Danielle Mitterrand a porté jusqu’au bout ses idées. Elle fêtait le mois dernier le 25è anniversaire de sa Fondation entourée et écoutée, pour son plus grand bonheur, de nombreux jeunes.

Celle qui se reconnaissait dans les mots de Jean Paul Sartre “Il n’est pas juste de vouloir traiter les souffrances des hommes sans sʼengager dans la lutte contre les causes même de ces souffrances” avait créé France Libertés pour toujours rester à lʼécoute des peuples et de leurs droits et retransmettre leurs attentes.

De la résistance à la libération de Nelson Mandela en passant par le soutien du peuple Kurde ou la défense du peuple tibétain, Danielle Mitterrand a ainsi marqué son époque par sa ferveur et son énergie.

Inlassable militante, l’accès à l’eau pour tous était devenu, ces dernières années, au centre de son action et lʼobjectif de toute une vie.
Malgré son départ, Danielle Mitterrand nous laisse un message d’espoir, qui montre la voie d’un monde plus juste aux générations qui inventeront le monde de demain :
Nouveaux résistants à l’ordre néolibéral, bâtisseurs d’un monde où chacun trouve sa part de vie, de liberté et d’action, expérimentateurs de solutions alternatives aux problèmes du temps… Qu’ils se rassemblent, s’unissent, fusionnent partout dans le monde pour mettre un terme à la dictature économique et financière, suppôt des dictateurs politiques. Celles-ci semblent être, enfin, ébranlées par la colère des peuples. C’est heureux mais ce n’est qu’un début. Je souhaite de tout cœur que nos propositions en faveur des biens communs du vivant soient comprises de tous et participent à l’urgente et indispensable métamorphose de la société humaine vers une nouvelle civilisation».

Le logo Picasso des premiers Macintosh d'Apple Difficile d’ajouter ses mots au déluge médiatique qui s’est répandu dans la presse depuis la mort annoncée de Steve Jobs un des deux co-fondateurs d’Apple avec l’autre Steve, Wozniak ou Woz, qui a accompagné Jobs dans les premiers temps lors du mythe des ordinateurs construits dans le garage familial. Vous allez me demander pourquoi y ajouter un billet ? Simplement parce qu’à titre professionnel, j’ai suivi l’aventure Apple depuis presque ses tous débuts. Mon équipe de recherche informatique à l’université a été la première au sein du laboratoire IMAG du CNRS à acheter dès 1978 les premiers ordinateurs Apple II. La SCOP ALMA que j’ai fondée avec d’autres l’année suivante a été un des premiers revendeurs Apple de Grenoble. Il y a peu de modèles d’ordinateurs Apple que je n’ai pas eu entre les mains. Je garde quelques exemplaires de ceux que je trouve les plus innovants comme le Mac Cube et l’iMac G4 inspiré d’une lampe virtuelle “Luxo Junior” figurant dans le logo de Pixar autre société fondée par Steve Jobs. Je conserve aussi ces machines pour en faire don à l’association ACONIT qui possède une large gamme des ordinateurs Apple et à ma connaissance ne possède pas ces modèles dans sa collection.

Je ne reviendrai pas sur ce que tout le monde connait : l’origine californienne contestataire d’Apple (“Think different“), ni l’importance attachée à l’adhésion presque affective à l’univers Apple. Le logo ci-dessus affiché à chaque démarrage des premiers Macintosh couleurs est l’exemple d’une image rassurante. Je me rappelle les présentations de l’interface des premiers Lisa, puis Macintosh où les concepteurs insistaient sur les coins ronds des fenêtres pour “arrondir des angles droits jugés trop durs“. Ceci peut sembler puéril, mais Jobs a compris tout de suite l’importance de l’adhésion de l’utilisateur qui devait se retrouver dans un monde connu et rassurant à chaque démarrage de son ordinateur.

J’ai classé cette rubrique aussi dans la catégorie “Politique” de mon blog pour dire deux choses. Longtemps les ordinateurs Apple ont été proscrits de certains laboratoires et entreprises et c’est encore le cas à la mairie de Grenoble où l’informatique malgré les 5@ décernées à la ville de Grenoble est loin d’être innovante… Je tiens aussi à souligner qu’Apple qui est devenu la deuxième capitalisation boursière US après le pétrolier Exxon n’a jamais touché le moindre crédit fédéral ou de l’État de Californie pour survivre, même au creux de la vague quand son action était tombée à quelques dollars. Cela devrait faire réfléchir celles et ceux qui continuent de verser ici de l’argent public en pure perte dans les entreprises privées du high tech local. Cela n’empêche pas celles-ci quelques années après avoir touchées les mannes publiques de délocaliser recherche, comme production.

intervention au sujet de la pollution au Conseil Municipal de Grenoble le 10 juillet 2003 Le 16 mai dernier, je participais au premier comité de pilotage de la ZAPA (“Zone d’Action Prioritaire pour l’Air“) réunissant sous l’égide de la Métro tous les partenaires. Enfin, nos demandes qui remontent à huit ans et plus commencent à être prises en compte. Le 10 juillet 2003 par exemple nous intervenions (photo ci-contre) avec notre groupe sur la question de la centaine de morts prématurés par an dus à la pollution de l’air dans l’agglomération. À l’époque nos interventions entrainaient souvent des sourires et des dénégations : “pas si grave que cela“.

Aujourd’hui, l’Europe étant sur le point de sanctionner lourdement la France de ne pas avoir pris les mesures nécessaires à temps, le lancement des ZAPA a été annoncé pour faire diversion. Espérons qu’enfin la parole des experts sera entendue. Je cite un paragraphe du rapport remis au comité de pilotage : ” L’OMS a montré qu’environ 42 000 personnes décédaient chaque année en France pour cause de maladies dues à la pollution par les particules dans l’air (décès en moyenne 10 ans plus tôt pour cause notamment de maladies cardio-vasculaires, respiratoires et cancers). Cela touche donc chaque année 5% des décès en France et représente une baisse d’espérance de vie de 8 mois dans les villes françaises “. Le professeur Slama nous a brossé le tableau des effets sanitaires de cette pollution de l’air.  Je vous laisse le soin d’en prendre connaissance ici :

L’ASCOPARG, agence locale chargée de surveiller la qualité de l’air nous a aussi présenté un tableau alarmant de la situation :

Les études se poursuivent; le 20 septembre nous irons à Turin étudier sur place la mise en œuvre d’une zone de limitation de la pollution atmosphérique. Espérons que ceux que ne gênait pas l’augmentation du trafic automobile liée à la défunte rocade nord sauront revenir aux réalités de santé publique qui doivent présider nos actions.

Analyse des besoins sociaux à Grenoble 2010 Comme chaque année, Le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de Grenoble vient de rendre public son Analyse des Besoins Sociaux (ABS) pour l’année écoulée. Cet excellent travail mérite d’être plus largement connu. En attendant que le CCAS se donne des moyens modernes de communication comme un site Web, je vous signale sa place sur le site de la ville où il vient enfin d’être mis en ligne. Attention, il s’agit d’un document assez lourd de près de 6 Mo. Mais vous pouvez aussi parcourir en ligne le diaporama de présentation ci-dessous.

Par rapport à la dernière analyse globale des besoins sociaux réalisées en 2008 et correspondant aux données 2007 présentées ici, les évolutions ne sont pas encourageantes et il y a peu de raisons d’être optimiste comme le proclame le vice-président du CCAS sur son blog. Celui-ci se base sur la mise en place d’expérimentations sociales qui concernent un nombre très restreint de bénéficiaires, alors que la majorité des habitants en sont exclus. Quelques évolutions inquiétantes depuis deux ans : 4500 bénéficiaires du RMI en 2007, 5700 du RSA mais les règles ont changées; 2900 ménages sans logement contre 3500 aujourd’hui; 1260 personnes accueillies dans l’année au Centre d’Accueil Municipal contre 1500; 400 personnes âgées très dépendantes maintenues à domicile contre 540 maintenant… Mais une donnée très intéressante concerne la ségrégation spatiale dont sont victimes les habitants des quartiers sud. Elle se vérifie dans tous les secteurs, mais un graphique que j’ai mis en illustration de ce billet me semble le plus parlant. Il concerne le taux de diplômés à Bac+2 au moins. Plus c’est rouge plus il est élevé, plus c’est bleu plus la formation est  faible. Le graphique parle par lui-même : comme on dit il n’y a pas photo…

Comme chaque année ma rétro 2010 accompagne tous mes vœux pour cette nouvelle année et ses nombreux combats à mener. Santé et bonheur pour vous et vos proches. A bientôt à vos côtés.

Projet de silo à voitures à la Villeneuve de GrenobleLors du dernier conseil municipal de lundi, une délibération a proposé d’approuver le projet de construction d’un silo à voitures le long de la ligne de tram face au n° 30 de la galerie de l’Arlequin à la Villeneuve de Grenoble. Seul notre groupe est intervenu et a voté contre ce projet.

Stocker les voitures dans des silos pour gagner de la place au sol était une idée novatrice quand les architectes de la Villeneuve l’ont mise en œuvre au début des années 70. Aujourd’hui il y a mieux à faire que de détruire les petits silos de l’époque pour en reconstruire un plus grand qui masquera encore plus la vue sur le quartier (voir le croquis ci-dessus). Cela est d’autant plus surprenant que le principe qui a guidé le projet de rénovation urbaine du quartier était soit-disant de le désenclaver en ouvrant des vues sur le parc au cœur du quartier masqué par les immeubles de grande hauteur. Le nouveau grand silo, bien plus haut et reculé que les 2 anciens fera d’ailleurs encore plus écran à la vue. Qu’importe, la majorité “droite-gauche” de Grenoble dans un bel élan veut aussi détruire 65 logements sociaux pour “ouvrir une brèche” (voir ici dans le rectangle pointillé), alors qu’il en manque  plus de 8 000 sur l’agglomération et que 4 300 ménages en attendent un depuis … plus de 2 ans et pourraient recourir à la loi DALO pour faire reconnaitre leur demande prioritaire et urgente (chiffres de l’Observatoire de l’Habitat de décembre 2010). Mais cette démolition de logements n’est pas encore votée, ni décidée, même si elle est présentée comme une décision qui aurait été déjà prise. Tout ceci est bien sûr décidé dans les bureaux des élus et ceux des grands groupes qui ont ou auront les marchés publics, pas dans les prétendues réunions de concertation avec les habitants qui par l’intermédiaire de leurs associations ont fait connaitre leur opposition à ces projets qui ne résoudront en rien les problèmes de vivre-ensemble et de délitement du lien social que rencontrent le quartier. Mais on pourra dire qu’on a dépensé 74 millions d’euros.. même si cela est en pure perte….

Calire Villiers et Cécil GuitartCoup sur coup, deux militants sont partis. Ils ne s’étaient peut-être jamais rencontrés, mais je tiens à les associer dans le même hommage. Avant d’être élus, l’une vice-présidente du  Conseil Régional d’Ile-de-France, l’autre adjoint au Maire de Grenoble, ils avaient lutté pour la défense de leurs convictions sociales. Ils étaient aussi tous les deux persuadés de l’importance d’un alter-développement mondial. Je les avais d’ailleurs pris en photo en dehors de France, l’une à Malmöe en Suède lors du dernier Forum Social Européen en 2008, l’autre à Ouagadougou en sortant d’une visite de bibliothèque en 2006.

Claire Villiers est partie après une lutte de 15 ans contre un cancer; Cécil Guitart en succombant brutalement à une maladie non déclarée. Claire avait été de tous les combats depuis AC! (Agir ensemble contre le chômage), jusqu’à la Fondation Copernic « pour remettre à l’endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers ». Cécil, après son action pour créer le réseau le plus dense de bibliothèques d’une grande ville de France, s’était mis tout entier au service du «développement culturel solidaire ». Son combat l’avait maintes fois amené au bord de la rupture avec le Maire, mais il avait tenu jusqu’à la fin de son mandat en 2008 pour rompre enfin avec une politique qui virait à droite.

Deux militants s’en sont allés, que nous n’oublierons pas. Je tiens à apporter tout mon soutien à leurs proches et leurs nombreux amis en ce jour où un dernier hommage sera rendu à Cécil dans quelques heures.

Destruction du camp de roms du RondeauHier, sous la neige et la nuit venue, l’Etat a enfin décidé d’appliquer le droit commun aux personnes roms campant depuis 3 mois sur un terrain prévu pour les gens du voyage au Rondeau au Sud de Grenoble. Ce campement faisait suite à l’évacuation forcée fin août d’un camp coincé entre rocade et voie ferrée. Cette opération avait été menée avec brutalité par des centaines de gardes mobiles; les affaires laissées sur place avaient été jetées à la benne après que les bulldozers eussent rasé toute trace du camp. Plus d’une centaine de roms s’étaient trouvés errant dans la rue dormant dans des parcs de l’agglomération; la communauté d’agglo avait alors été obligée d’ouvrir un terrain prévu pour l’accueil des gens du voyage. Des tentes légères qui pouvaient convenir l’été avaient été mises à disposition des personnes dont de nombreuses familles avec enfants.

Depuis trois mois, cette situation devenait intenable; d’une part les roms qui savent se construire des abris se voyaient interdire toute construction moins précaire; pas d’électricité, peu de points d’eau, des toilettes de chantier, interdiction de faire du feu… Il a fallu l’obstination de militants pour imposer la construction d’une maison commune en bois permettant de se mettre à l’abri de la pluie et de s’asseoir autrement que sous les toiles de tente. Avec le temps, la pluie, la boue et le froid ne pouvaient plus permettre de laisser ces personnes dans ces conditions sanitaires déplorables. Mais l’Etat qui doit financer la mise à l’abri des personnes sans domicile fixe s’y refusait. Il a fallu attendre mardi et les premières chutes de neige pour qu’à 18h un déménagement du camp soit entrepris dans l’improvisation la plus totale. D’un côté les familles ont été déplacées vers des caravanes et des appartements, mais de l’autre les “isolés” (dont des femmes) n’ont pas eu cette chance : pour eux un ancien atelier non dépollué fermé depuis des années; pas de transport pour déplacer les personnes, pas de nourriture sur place, un chauffage insuffisant mis en route après leur arrivée, la police et des vigiles empêchant la presse et les habitants venus témoigner de leur solidarité d’entrer dans le local…  Aujourd’hui, après une deuxième nuit sans dormir dans ces conditions, les personnes ont été priées de vider les lieux ce matin en leur disant : « on vous dira ce soir si on réouvre ». Ils en ont profité pour aller à leur ex-camp du Rondeau pour récupérer leurs affaires selon la promesse qui leur a été faite par le CCAS de Grenoble. À leur arrivée la-bas, ils se sont heurtés à des policiers et tout est parti à la poubelle… C’est donc une politique délibérée de brutalité qui a été choisie par la préfecture. Ce soir le local est gardé par des personnes se disant de la Préfecture qui insultent les personnes qui osent demander si un repas a été servi aux roms. Certains d’ailleurs se sont enfuis devant la menace d’une reconduite chez eux. Où est le respect des droits humains ? A moins que cette notion ne soit différente pour l’Etat suivant les personnes. Il est scandaleux de voir le traitement infligé à ces personnes qui n’attendent qu’une chose : pouvoir travailler et vivre ici comme tout le monde. Quand ces discriminations dénoncées par l’Europe prendront-elles fin ?

[MAJ du 7 décembre] Le Préfet ayant décidé de revenir au niveau 1 du plan Grands Froids, le local qui abritait une trentaine de personnes a été fermé et tout le monde est à la rue et la mairie bien gardée pour éviter quelle ne serve de refuge.. Hier soir des dizaines de personnes dont des familles ont passé la nuit dehors sous la pluie. Voilà comment des personnes ont été mises en précarité alors que leurs abris mêmes sommaires, mais chauffés, les protégeaient.

Manifestation du collectif Mounierà l'Hôtel de Ville le 15 novembre 2010Depuis la décision annoncée fin septembre par la Région avec l’accord du Rectorat de fermer le lycée Mounier dès la fin de l’année scolaire en cours, les rapports d’expertise sur la sécurité des bâtiments du lycée sont au cœur des débats. Dès le  Conseil d’Administration du 27 septembre où la fermeture a été révélée, j’ai compris l’importance de ce point et j’ai transmis les rapports fournis à des collègues universitaires ayant formé la plupart des experts de la Région. Leurs conclusions ont été unanimes : rien dans ces rapports ne disaient qu’il y avait un quelconque risque à moyen terme pour la sécurité des personnes. Mieux le rapport de fin août, qui soit-disant aurait précipité la décision, indiquait que les capteurs mis en place en juin sur les fissures ne montraient aucune évolution anormale en dehors des dilatations dues à la chaleur de l’été. En fait ces rapports avaient surtout pour but de dire si la réhabilitation du lycée était possible ou si une reconstruction devait être envisagée. Sur ce point mes collègues étaient d’accord avec les experts : vues les décennies d’inaction de l’État, puis de la Région, il était trop tard aujourd’hui pour consolider l’existant. Cela serait autant, sinon plus onéreux qu’une démolition/reconstruction.

Mais alors pourquoi vouloir précipiter l’évacuation des bâtiments dès l’été prochain ? Seule une connivence de la Région avec l’État voulant supprimer un lycée soit-disant en trop dans l’agglomération peut l’expliquer. Le Président de la Région Jean-Jacques Queyranne pensait continuer à affirmer haut et fort que la sécurité des lycéens et du personnel passait avant toute autre considération. C’était sans compter avec la ténacité du collectif Mounier qui a dépêché ses experts dans le lycée, lesquels agréés devant les tribunaux viennent de conclure : “En l’état des désordres et sans nette évolution future, nous estimons possible d’exploiter les bâtiments tel qu’actuellement définis c’est à dire sur la totalité du bâtiment D et sur la partie sud du bâtiment E, pour une durée d’au moins 5 ans” . Stupeur de la Région qui ne pensait pas que des citoyens pourraient s’auto-organiser ainsi et mettre en doute sur leur propre terrain la parole des leurs scientifiques. Quand va cesser cette mascarade ? Des bâtiments fissurés à Grenoble il y en a bien d’autres et pourtant ils ne se sont pas écroulées, telle l’école Beauvert dans laquelle les enfants ont toujours cours malgré un avis défavorable depuis 2005 de la commision de sécurité que je présidais alors pour le Maire.

Il faut enfin dire la vérité Monsieur le Président de la Région et ne pas disperser les équipes pédagogiques de Mounier en reconstruisant sur site le lycée dans le cadre d’une opération tiroir !

La nouvelle est tombée quelques semaines après la rentrée dans un Conseil d’Administration extraordinaire : « le lycée Mounier doit être démoli et fermé en fin d’année scolaire ». La conseillère régionale PS en charge des lycées venait à cette occasion pour la première fois à Mounier depuis son élection, alors que ce lycée sans travaux depuis des lustres avait déjà été l’objet d’une alerte au printemps qui avait entrainé la fermeture partielle d’une aile et le transfert de 5 classes dans des algécos.

Cette décision serait motivée par des rapports d’expertise commandés par la Région. J’ai transmis ces rapports à des spécialistes des bâtiments et des sols à l’université. Leur analyse est claire : il y a un gouffre entre les données objectives (fissures sous contrôle qui ne travaillent pas) et les conclusions préconisant la destruction des bâtiments qui ne peuvent être réhabilités. À aucun moment, les experts ne disent cependant qu’il faut les évacuer.

Alors pourquoi cette décision subite qui n’est pas motivée par des donnés scientifiques ?

La qualité des enseignements dispensés, la variété des filières qui attirent de nombreux lycéens au delà du secteur scolaire des quartiers sud ne sont pas en cause. Mounier a même eu des résultats au bac meilleurs que des lycées plus réputés dont certains du centre ville de Grenoble. La question du lycée en trop dans l’agglomération revient fréquemment,  mais d’une part ce n’est pas un lycée qui aujourd’hui accueille plus de 800 élèves qu’il faudrait fermer en premier, mais plutôt un petit lycée de 400 lycéens comme il en existe à Grenoble. Le rectorat reconnaît que ce serait un mauvais choix. Par ailleurs la population de Grenoble augmente et beaucoup de jeunes vont arriver au lycée 10-15 ans après l’emménagement de jeunes couples dans de nouveaux quartiers comme Vigny-Musset.

Alors quelle peut être la motivation réelle de cette décision ? S’agit-il d’une économie substantielle de la Région avant de boucler son budget ? En effet la réhabilitation de Mounier était inscrite en deux tranches de 20 millions d’euros. Avec 40 millions d’euros, la Région reconnaît que l’on peut construire un lycée neuf. Mais le silence de la droite sur cette question malgré la large mobilisation qu’elle entraine peut laisser penser à une opération immobilière sur ce terrain idéalement placé à 3 stations de tram du centre ville. Si tel était le cas, le PS se tirerait vraiment une balle dans le pied pour les prochaines échéances électorales à venir. Pourtant cela est à craindre avec un adjoint à l’urbanisme à Grenoble ancien agent immobilier et les sous-entendus du maire qui a laissé échappé sur France Inter : « Mounier pourra être reconstruit.. éventuellement. » Où sont passés les projets du maire de lycée Charpak et d’internat d’excellence ?

La nouvelle a filtré hier : le lycée d’enseignement général Mounier qui scolarise les élèves des quartiers sud dont la Villeneuve de Grenoble est menacé de fermeture dès juin 2011. J’ai su qu’il se passait quelque chose de grave en recevant une convocation du proviseur à un Conseil d’Administration extraordinaire lundi soir. Officiellement rien ne sera déclaré avant ce conseil, mais la sécurité des élèves serait mise en avant dans ces bâtiments qui ont été inaugurés par le ministre Fouchet en 1965. Il est vrai que des morceaux de bétons tombent des murs depuis des années et que des protections ont été mises en place pour que leur chute ne blesse personne. Une expertise récente aurait d’abord montré les risques encourus en particulier par une aile qui a été fermée ce printemps et remplacée par des classes dans des algécos dans la cour. Ce lycée malgré la suppression de la carte scolaire qui a vu une fuite de certains vers les lycées du centre ville plus cotés compte encore 750 lycéens. Il met en place des enseignements innovants comme du chinois. Ses élèves et enseignants y sont très attachés. D’ailleurs, dès la nouvelle connue, les cours ont été interrompus hier pour tenir une AG commune.

On ne peut comprendre une telle décision qui préfigure la suppression de ce lycée. S’il y a danger imminent, alors il faut l’évacuer dès lundi, sinon pourquoi ce danger n’existerait qu’à partir de juin 2011 ? En fait l’État et la Région en profitent pour supprimer les coût inhérents à un lycée jugé de trop dans l’agglomération. Bel exemple d’une politique d’exclusion de ceux qui auraient le plus besoin d’une éducation de qualité. On parle déjà de les envoyer vers les deux lycées les plus proches; l’un est un lycée professionnel et sans décrier cet enseignement qui convient très bien à certains jeunes plus manuels, les enfants des quartiers n’auraient plus le droit d’avoir leur lycée d’enseignement général ou ne pourrait prétendre accéder aux lycées du centre ville; l’autre est un lycée de quartier moins mixte comme fréquentation que ne l’est le lycée Mounier. Où serait la mixité dont tout le monde parle en faisant toujours plus d’exclusion ? La lutte pour ce lycée et ses innovations comme le CLEPT (Collège et Lycée Élitaires Pour Tous) qui accueille et remet en selle les élèves décrocheurs ne fait que commencer.

Hier jeudi était inaugurée la « Fête de la Science 2009 » à Grenoble. Cette année, les stands sont installés bien au chaud dans les grandes salles de l’ancien Musée-Bibliothèque place de Verdun. Finies les tentes en plein air à Victor Hugo, place à des démonstrations plus vastes bien au chaud. Il reste tout de même un signal à l’extérieur avec ce dôme gonflable dans lequel se succèdent des projections de films. Même si la science n’est pas neutre et a engendré des progrès considérables pour le bien-être de chacun comme les pires armes de destruction massive, une formation scientifique permet d’exercer mieux son libre-choix et d’intervenir avec des arguments rationnels dans les débats de société comme celui qui aura lieu à Grenoble le 1er décembre autour des libertés individuelles et de la nano-médecine.

Cette exposition est vraiment à conseiller à tous les  jeunes et moins jeunes. Elle a pour but de susciter des vocations chez les futurs étudiants pour les inciter à choisir des filières scientifiques qui sont souvent à tort considérées comme plus difficiles. Mais les ainés y trouveront aussi l’occasion de parler directement avec des chercheurs qui souvent sont mes collègues dévoués qui tiennent bénévolement ces stands et ne se font pas prier pour répondre aux questions en plus de marcher sur l’eau ou de simuler une avalanche …

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